mercredi 7 avril 2010

L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]



Le projet est enclenché.

Nous avons fait hier soir la première lecture de L'Assemblée des femmes d'Aristophane (dans la nouvelle version établie par moi-même). Il est bon d'entendre un texte de la bouche même de celles qui joueront. Ça colore les personnages différemment. Un metteur en scène (dont le nom ne me revient pas) disait de cet exercice qu'au moins, ça assurait que tout le monde avait lu le texte en entier au moins une fois!

Après les commentaires d'usage (à savoir ce qui m'intéressait dans ce texte) et les questions d'ordre historico-politico-morales qui ne manqueront pas d'intervenir tout au cours du travail, nous avons donc passé au travers des quelques 50 pages qui devraient, à mon avis, donner un spectacle d'environ une heure et vingt minutes.

Le début des répétitions est pour le 22 avril.

lundi 5 avril 2010

Maille égocentrique



Quand il s'agit d'interpréter un texte, pour Jean Cocteau, les acteurs doivent donner l'illusion du du naturel et ne pas manquer une virgule s'ils veulent que ce naturel conserve son surnaturel. S'il manque une virgule, c'est comme une maille qui saute, le bas craque.

Ce genre de phrase (prise dans Les entretiens avec André Fraigneau, éd. 10|18, 1965) me pose toujours la même question: et moi, qu'est-ce que je demande à mes comédiens qui doivent dire un texte?

En panne d'inspiration


Au centre

Bon. Rien ne vient aujourd'hui... J'ai beau écumer le web, tourner des dizaines de pages de carnets de notes et grappiller dans mes livres, je ne trouve pas de bougie d'allumage pour l'écriture d'un nouveau billet. Tant pis.

dimanche 4 avril 2010

Au théâtre, cette semaine! (du 4 au 10 avril 2010)



En ce dimanche pascal, voici quelques dates théâtrales pour la semaine à venir... Si j'en oublie, qu'on me le fasse savoir

Jeudi à samedi - 8 au 10 avril 2010
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h

Rendez-vous donné par le Théâtre Mic Mac pour cette seconde semaine de représentations de La Défonce de Pascal Chevarie mis en scène par moi-même. Pour plus de détails, voir, sur ce blogue (en cliquant sur Défonce dans la section Libellés de la colonne de gauche), les différents billets sur le sujet...

Vendredi - 9 avril 2010
Maison de la culture Frontenac (Mtl), 20h

Dans le cadre de la 15ième édition de Vue sur la relève professionnelle des arts de la scène, le Théâtre À Bout Portant (et Vicky Côté) présente une version écourtée de 45 minutes de sa dernière création (présentée en mars dernier), Rage. Pour plus d'information, cliquer sur le lien.

Je pense que c'est tout... sinon que c'est mardi soir, le 6 avril que je débute par la première lecture le travail fait sur L'Assemblée des femmes qui constituera le prochaine théâtre d'été du Théâtre 100 Masques!

samedi 3 avril 2010

De quelques mots sortis d'un autre âge...

Qu'il est bon, parfois, de replonger au coeur même de l'Histoire du théâtre... non pas dans les grandes théories mais bien dans la petite histoire anecdotique, surannée, qui dévoile, par ses mots d'esprits, ses cabales, ses épigrammes, un pan toute entier d'une pratique sortie d'un autre âge. En ce sens, Google Book devient un outil efficace permettant d'ouvrir des ouvrages (!) aujourd'hui introuvables, comme celui-ci, Anecdotes de théâtre, comédiens-comédiennes, bons mots des coulisses et du parterres paru en 1875 (l'entièreté du livre se trouve sur le lien suivant).

En voici un extrait donnant le ton de ce beau milieu:



Et un autre:

vendredi 2 avril 2010

La Défonce [Carnet de notes]



Voici un article paru ce matin sur le site (et probablement dans le journal... bien que je ne connaisse pas le jour de sa parution) de L'Étoile du Lac: Une pièce dure couronnée par l'audace d'Hélène Gagnon

Question de caractère...


Tiens, tiens...

Quand je fais une mise en scène (et, là-dessus, les comédiens du Mic Mac acquiesceront sans doute!), je suis plutôt avare de compliments. Non par manque d'enthousiasme ou d'ennui. Non par lassitude ou par absence d'émotions. Non. J'ai toujours cru manifester mon euphorie de travailler avec les acteurs, ma tendresse et mon intérêt pour la production d'une autre façon que la flatterie (entres autres choses par mon plaisir d'être, avec eux, dans la salle de répétition et en pleine création). De cette façon, oui, au moment des notes, des commentaires, je pointe les points négatifs, les erreurs, les faiblesses au détriment des grandes scènes, des beaux morceaux et des moments de grâce...

C'est comme cela et je ne me suis jamais posé plus de questions... et ce matin, en lisant le bouquin sur André Brassard paru il y a peu (Brassard de Guillaume Corbeil, Éd. Libre Expression, 2010), je trouve cet extrait (p.133) qui me fait sourire et que j'aurais presque pu répondre quand on me reproche cet état de fait:



Depuis longtemps, je choisis mes mots avec prudence pour parler d'un spectacle ou du jeu d'un acteur. Après une répétition, je vais dire que c'était pas pire, et des fois que c'était bien. C'est le maximum. Quand tu dis à un acteur qu'il est extraordinaire, ça l'empêche de travailler. Ça lui crée un stress, il a l'impression qu'il doit toujours répondre à ça, être à la hauteur de standards qu'il a lui-même fixés. Ces mots-là sont terriblement dangereux. Si tu as le malheur de dire à quelqu'un que c'est bon, ce qu'il a fait pendant sa scène au deuxième acte, il ne sera peut-être plus jamais capable de la rejouer aussi bien. Il se mettra à ruminer, à se demander ce qu'il a fait de spécial pour être bon cette fois-là.
[...] Il voudra s'imiter lui-même et ne trouvera plus la vérité de ce qu'il a fait. Il ne vivra plus la scène, il tentera de la reproduire. Alors mieux vaut parler de ce qui ne marche pas plutôt que de ce qui marche. Ça semble méchant, mais au fond c'est une façon de protéger les gens d'eux-mêmes.

C'est bien dit... un peu sentimental, mais bien dit.


La Défonce [Carnet de notes]




Quelques mots sur la première d'hier...

Il me semble que ça allait. La nervosité n'a jamais été apparente chez les comédiens qui paraissaient en contrôle, en pleine possession de leur moyen. Petits accrochages minimes... mais rien de catastrophiques. Le seul véritable problème réside en la force de la voix parce qu'une salle recouverte de tapis, ceinturée de rideaux et pleine de personnes a la fâcheuse tendance à absorber le son. Mais encore là, rien de catastrophique. Pendant une heure et dix minutes, les spectateurs ont partagé ce moment de théâtre.

Les réactions étaient généralement positives.

Pour ma part, pour une des rares fois, je me retrouvais parmi le public, assis, à l'aise, à regarder cette production prendre son envol avec plaisir. Je suis vraiment très content du résultat obtenu.

Mais ce n'est pas fini...

Meyerhold (bon, j'y reviens toujours comme un mantra!) disait (et je l'appuie!) que les critiques souhaiteraient tout particulièrement que la maturation de l'artiste ait lieu quelque part dans un laboratoire avec des fenêtres voilées et des portes closes. Mais nous poussons, mûrissons, cherchons, nous nous trompons et nous trouvons sous les yeux de tout le monde, et en collaboration avec le spectateur. C'est le sang versé sur le champ de bataille qui instruit le chef d'armée. L'artiste, lui, apprend au prix de son propre sang... Et qu'est-ce qu'une erreur? L'erreur d'aujourd'hui peut parfois engendrer le succès de demain.

Maintenant, par exemple, les comédiens (soutenus par l'équipe du Mic Mac) doivent poursuivre le travail avec rigueur et professionnalisme pour parfaire l'évolution scénique de La Défonce. Une production comment véritablement à vivre à partir des représentations! Pour ça, compte-tenu de mon éloignement, je leur fais entièrement confiance!

La prochaine fois que j'irai, la semaine prochaine, je m'attends à remarquer cette évolution!

jeudi 1 avril 2010

En cette journée de première...



La jouissance artistique, esthétique, nous la recevons au théâtre de l'interprète, non de la pièce disait Valery Brioussov dans son manifeste Une vérité inutile paru en 1902. Pour lui, [les auteurs dramatiques] sont des artistes souverains que tant qu'on les lit; sur scène, leurs pièces ne sont que des formes dans lesquelles les acteurs instillent leur contenu. Donnez sa place à l'interprète, placez-le sur le piédestal de la scène pour qu'il règne sur elle en tant qu'artiste. Par sa création, il donnere un contenu à la représentation dramatique.
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À tous les comédiens de LA DÉFONCE
(Benoît, Charles, Jean-Sébastien, Joan et Réjean)
À toute l'équipe de conception
(Sonia, Christian, Alexandre, Ursule,
Francine et tous les autres)

MERDE! MERDE! MERDE!
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Paru ce matin, dans le Voir de la semaine, un article de Jean-François Caron, Audace et défonce qu'il est possible de lire ici.

mercredi 31 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]


Image tirée du blogue Blog.bassin-nature.com

La générale de La Défonce a eu lieu hier soir, à Roberval. Une bonne générale, à mon sens (avec juste bien assez de bémols).

Une dizaine de spectateurs ont pris place... et, par conséquent, pour la première fois, je délaissais (le mot est fort mais il image bien la situation) mon rôle de metteur en scène pour devenir spectateur. Enfin, disons plutôt que, pour la première fois, je regardais le spectacle avec les yeux d'autres personnes. C'était (comme toute générale) la soirée du détachement. Car bien que présent, en soutien, en observation (et avec la possibilité d'apporter par la suite des correctifs), l'heure et quart que dure le spectacle appartient désormais aux acteurs seuls.

Une bonne générale donc.

Encore une fois, quelques notes concernant certains ajustements de tons, de déplacements, de rythmes... Faire remarquer qu'une scène (4ième silence) tombe (dans le sens où tout semble perdre de l'éclat) et nuit aux trois suivantes... Chercher des solutions à des problèmes techniques mineurs... Corriger quelques entrées et sorties des lumières... Bref, voir l'ensemble et en pointer les forces et les faiblesses.

Par ailleurs, je dirais que ce fut une bonne générale malgré les comédiens eux-mêmes qui, malheureusement, se voient affliger d'un bon rhume, conséquence probable de l'intimité et de la proximité de certaines scènes! Voilà un obstacle un peu contraignant qui modifie quelque peu la donne scénique... Enfin, qu'ils se reposent aujourd'hui et demain dans la journée; ils le méritent amplement!

mardi 30 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Hier soir se tenait la première des deux générales successives de La Défonce au Théâtre Mic Mac. Le résultat était - malgré mes bémols (mais je suis peut-être trop exigeant!) - fort satisfaisant. Je suis bien fier du travail effectué par tous dans cette production. Pour donner un autre avant-goût de ce spectacle, voici quelques photos prises pendant cet exercice par Christian Roberge qui en signe tous les éléments esthétiques (j'imagine qu'en cliquant sur celles-ci, elles s'agrandiront).






Encore quelques ajustements à faire ( soit, même si ça ne dit rien aux non-initiés, la transition entre le 5ième cri et le 5ième silence, quelques durées de «cues» à revoir, etc.) mais l'ensemble me plaît bien. J'ai placé la barre haute pour les comédiens! Pauvres eux!

Histoire de fous...


Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie: l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
Enzo Cormann