mercredi 11 janvier 2012

Pause «ecce mundienne»


Reviendra? Reviendra pas?

L'annonce a été faite hier: le spectacle à grand déploiement Ecce Mundo des Farandoles (pas du théâtre mais quand même dans la catégorie «art de performances») ne reviendra pas l'été prochain. Une pause décrétée par le conseil d'administration après la diminution des assistances (voir ici une partie de l'article du Quotidien).

Une autre victime de la désaffection du public pour ces grands spectacles. Un peu partout au Québec, dans les régions où de telles productions prenaient l'affiche, le constat est similaire: ce type de spectacles n'attire plus pour diverses raisons. Effet de mode passé. Spectacles gratuits ailleurs. Durée dans le temps.Outre ces éléments, qu'est-ce qui peut être en cause? La forme même? La qualité du spectacle? Je ne saurais me prononcer... après tout, il y a si longtemps que je ne l'ai vu...

Il y a aussi quelques années que la Fabuleuse (et feue sa suite, Les aventures d'un Flo) se débat avec le même genre problème en réussissant année après année pourtant (mais pour combien de temps encore?) à revenir sur les planches...

Quelque chose cloche manifestement... mais il semble que les bonnes questions ne sont pas toujours posées...

Manifestement, nous sommes rendus ailleurs dans l'offre culturelle. Alors, on tire la plogue et on passe à autre(s) chose(s)?

lundi 9 janvier 2012

Le critique (suite)

 Critique d'art (Honoré Daumier)

Et je continue, ce matin, avec la suite du billet d'hier portant sur le critique, tiré de l'ouvrage Le Théâtre d'aujourd'hui, paru en 1855 sous la plume d'Auguste Muriel. Et si hier l'auteur faisait part de ses aspirations, il se lance maintenant dans une diatribe contre le critique. Pittoresque.

[...] Pour faire un critique dans un journal de théâtres, vous prenez un jeune homme qui a fait à peu près ses études. Du moment où il sait écrire l'orthographe il est capable de remplir cette noble tâche; vous ne le payez pas et vous avez parfaitement raison, c'est l'estimer à sa valeur. Ce qu'il veut, c'est avoir ses entrées, soit pour obtenir un coup d'œil protecteur des actrices parce qu'il est riche, soit pour assister gratis au spectacle parce qu'il est pauvre; quelques-uns ont pour motif le désir de se mettre bien avec les directeurs pour leur écouler leurs vaudevilles et leurs drames. Vous donnez à ce jeune homme une liste des abonnés du théâtre dont il fait la critique; c'est le livre d'or ; il lui est interdit de toucher à ceux qui y sont inscrits. Il doit savoir choisir dans le dictionnaire une épithète qui reste accolée à leurs noms, comme celles-ci par exemple : X... le délirant comique; la ravissante B... ; le sublime C..., etc., etc. [...]

Il est généralement persuadé de son importance et tâche d'avoir une mise particulière qui le fasse remarquer des spectateurs. — II mettrait volontiers son nom sur son chapeau. Il va au café du théâtre et tranche les discussions des habitués sur la.pièce nouvelle avec une insolence qui en impose aux niais. —Détestable! — ravissant! il ne sort pas de là ; mais le motif de ce résumé d'appréciation? Pour qui le prenez-vous? Il décide, cela doit vous suffire.


Au reste, il faut avouer que les artistes et, le directeur aident beaucoup à propager cette espèce de critiques. [...]


Pauvres jeunes gens qui perdent le temps de l'étude à griffonner du papier sans utilité pour leur style, sans honneur pour leur avenir. [...]
Mais il faudrait pouvoir donner des conseils; pour cela il faudrait apprendre, étudier, et la jeune littérature a bien autre chose à faire, elle aime bien mieux écrire sans s'inquiéter de ce qu'elle écrit, cela fatigue moins, demande moins de travail, et puisque le public ne s'en plaint pas, qu'importe!

Le plus dangereux de ces critiques est celui qui subit telles ou telles influences, impose son amour pour un article, et se fait le serviteur du premier nez au vent qui excite sa convoitise. [...]

Et pourtant ces jeunes ignorants qui s'arrogent le droit de juger les autres de par leur porte-monnaie, sont cependant plus amusants que méprisables ; le malheur est que beaucoup de gens se laissent prendre à leurs analyses et entourent encore du même respect la critique et ses pitres ridicules qui se disent ses représentants. [...]

Il y a une autre espèce de critiques; celle-là est cent fois plus méprisable que l'autre; qu'on vende
ses louanges pour une somme ou un abonnement, on ne porte préjudice qu'à soi-même, et l'on n'a de comptes à rendre qu'à sa conscience; mais exhaler sa rage contre tout ce qui est beau, fouler aux pieds avec fureur tout ce qui est talent, s'acharner, sans motifs, sans justice, contre ceux qui travaillent pour atteindre une position digne et honorable; accabler d'expressions méprisantes une femme qui a eu le bon goût ou la vertu de refuser votre hommage; s'acharner après une direction parce qu'elle ne vous accorde pas vos entrées ou n'accepte pas vos pièces, c'est là un métier honteux et méprisable; si l'on est un petit de la presse, c'est de l'envie, et l'envie est un vice qui répugne-, si l'on est puissant dans le journalisme, c'est une infamie et une lâcheté, parce qu'on use pour le mal du pouvoir que l'esprit vous a donné pour le bien; et combien de gens se servent de ce moyen pour se créer un nom à l'abri des talents qu'ils attaquent, parce qu'un jour vient où, fatigués d'entendre aboyer après leurs jambes, ceux-ci se retournent et chassent l'importun à coups de pied, ce qui lui donne le droit de crier plus fort. Disons bien vite, pour l'honneur du critique, que c'est là une exception très-rare, et que le mépris en fait vite justice. [...]

Aussi ne le voyez-vous aux premières représentations que dans les foyers des coulisses, où il écoute les histoires scandaleuses et pince le menton à l'actrice en vogue ; quelquefois il se chauffe les pieds dans le foyer du théâtre, afin de faire voir qu'il était là, et pouvoir dire le soir dans les salons, en bâillant et s'essuyant le front :


— Quel métier! mon Dieu! quel métier!

Et franchement, dans un autre sens, nous dirons absolument comme lui :

— Quel métier!

dimanche 8 janvier 2012

Le critique

Voici l'un de mes sujets de prédilection: la critique dramatique. Parce que je déplore sa quasi absence. Parce que j'aspire à une plus grande participation de celle-ci (comme il se devrait). Parce que, finalement, c'est devenu une véritable lubie pour ma part.

Le critique d'art (Honoré Daumier)

Cette fois, il s'agit d'un chapitre (allégé!) d'un petit bouquin (qu'on peut retrouver ici) paru en 1855 par Auguste Muriel, rédacteur en chef de la Presse Théâtrale, Le Théâtre d'aujourd'hui - l'auteur, le directeur, l'acteur, l'actrice, le critique, le public. J'y crois encore!

Le critique. L'homme qui doit fixer le goût du public, celui qui a pour mission de diriger l'art, d'en montrer les débauches et les beautés, la plus sérieuse et la plus honorable des missions.

Quelle immense influence a le critique, que de bonnes choses il peut faire, que de mauvaises il peut empêcher! Ses études ont une application constante; le public a confiance en ses jugements et ne se décide en faveur d'une pièce qu'après avoir pris conseil de lui.
 À la première représentation il est là, assis dans un coin obscur, s'isolant le plus possible de toute distraction; il suit avec une attention sérieuse les progrès de la pièce, il en cherche les ressorts, il épie les fautes, note les passages remarquables, cherche s'il n'y a pas un point de ressemblance avec des œuvres connues ; s'il sent une fâcheuse tendance de style, il la grave dans sa mémoire pour la reprocher à son auteur. Bienveillant sans faiblesse, sévère sans dureté, juste toujours, il prépare les matériaux qui formeront sa décision.

Il revient le lendemain, et alors il étudie le jeu des artistes à leur tour.
[...] ce qu'il cherche, ce qu'il voit, c'est la manière dont leurs rôles sont remplis, et ses louanges et ses reproches tomberont juste, seront appuyés sur des considérations détaillées, sur des observations précises, seront présentés comme des conseils et ne se formuleront pas par une épithète banale.

Puis, rentré chez lui, le critique relira ses notes, se rappellera ses impressions, les examinera froidement, recherchera dans tel auteur les jugements portés en pareil cas, compulsera, comparera, étudiera et fera son article en toute connaissance de cause et de telle sorte que tout le monde puisse reconnaître la justesse de ses appréciations.

Voilà le critique!

Que cherchez-vous ainsi autour de vous? Vous vous demandez avec étonnement qui j'ai voulu peindre ici.

Ne cherchez pas, vous fatigueriez inutilement vos yeux et votre mémoire. Je vous ai peint le critique tel qu'il n'est pas et devrait être; voyons-le un peu tel qu'il est aujourd'hui, et si vous y trouvez un seul trait de ressemblance avec le portrait que je viens de faire, soyez assuré que je me trompe et que je vois avec trop d'indulgence.

Et ça continue encore sur quelques pages... que je publierai demain pour ne pas faire un billet trop long...

samedi 7 janvier 2012

«Sortez le bouffon! »

Sortez le bouffon !dessin de Schot paru dans NRC Handelsblad
J'aime bien lire le Courrier International... une revue synthèse hebdomadaire des grands médias papiers partout dans le monde. Et ce qui est bien avec cette revue, c'est tout l'apport des caricaturistes étrangers (qu'on peut retrouver sur leur site)... comme cette théâtrale image du bouffon Berlusconi (avec un chapeau aux grelots significatifs...) qu'on pousse vers la sortie. 

vendredi 6 janvier 2012

Espace(s)


Il est de l'espace au théâtre comme d'une chose parfaitement changeante, selon le point de vue adopté et selon les visées du lecteur ou du metteur en scène. Car l'espace est mouvant. Et le choix de donner la priorité à l'un d'entre eux influe directement sur l'esthétique choisie.

Dans son Dictionnaire encyclopédique du théâtre - ma bible -, Michel Corvin (enfin, Anne Ubersfeld... l'auteure de l'article) y va de ces distinctions:

Si le comédien est l'élément fondamental au théâtre, il ne saurait exister sans un espace où se déployer; et l'on peut définir le théâtre comme un espace où se trouvent ensemble des regardants et des regardés et la scène comme l'espace des corps en mouvement. L'espace théâtral comprend acteurs et spectateurs, définissant entre eux un certain rapport. L'espace scénique est l'espace propre aux comédiens; le lieu scénique est cet espace en tant qu'il est matériellement défini; l'espace dramatique, lui, est une abstraction: il comprend non seulement les signes de la représentation, mais toute la spatialité virtuelle du texte, y compris ce qui est prévu comme hors-scène.

En d'autres termes, si on reprend la pyramide à partir d'en bas... Dans le texte il est question d'une cuisine. Cette cuisine est décrite avec son mobilier et ses différentes portes donnant sur un ailleurs. C'est l'espace dramatique. Puis, on voit, sur scène, une table et un mur de portes. C'est l'espace physique ou le lieu scénique. Ce lieu est limité par un cadre précis, la scène. Avec sa dimension, ses coulisses. Cette aire de jeu est dans un espace plus grand, le théâtre. 

Ubersfled  va plus loin dans son article:

[...] [De nos jours] l'espace théâtral n'est plus un donné, il est une proposition, où peuvent se lire une poétique et une esthétique, mais aussi une critique de la représentation, et du même coup la lecture par le spectateur de ces espaces-créations le renvoie à une nouvelle lecture de son espace socioculturel et à la limite de son rapport au monde. Dans tous les cas, l'espace théâtral joue un rôle de médiation entre le texte et la représentation, entre les divers codes de la représentation, entre les moments de la scène (comme espace-temps unificateur), enfin entre spectateurs et comédiens.

Cette question, je la trouve intéressante. Parce qu'il en va de même, au fond, de tous les éléments théâtraux tout au long du processus qui transforme l'écriture textuelle en écriture scénique.

jeudi 5 janvier 2012

De l'ennui... encore...


Alfred de Musset, en son temps (et je prends ici quelques raccourcis, parce que là n'est pas l'objet de mon billet), écrivait des pièces réputées injouables - qui se heurtèrent, comme Les nuits vénitiennes, à l'échec - ou ambigües, complexes, comme son Lorenzaccio (écrit en 1834 mais joué qu'en 1896...) . 

Toujours est-il que l'orgueilleux dramaturge, désenchanté par la chose théâtrale, mets une croix sur la scène et, au lieu de faire jouer ses pièces, les publie dans un recueil sous le titre Un spectacle dans un fauteuil.

Voici comment, dans un sonnet savoureux, il règle son cas au théâtre:

Au lecteur du «Spectacle dans un fauteuil»

Figure-toi, lecteur, que ton mauvais génie
T'a fait prendre ce soir un billet d'Opéra.
Te voilà devenu parterre ou galerie,
Et tu ne sais pas trop ce qu'on te chantera.

Il se peut qu'on t'amuse, il se peut qu'on t'ennuie;
Il se peut que l'on pleure, à moins que l'on ne rie;
Et le terme moyen, c'est que l'on bâillera.
Qu'importe? c'est la mode, et le temps passera.

Mon livre, ami lecteur, t'offre une chance égale.
Il te coûte à peu près ce que coûte une stalle:
Ouvre-le sans colère, et lis-le d'un bon œil.

Qu'il te déplaise ou non, ferme-le sans rancune;
Un spectacle ennuyeux est chose assez commune.
Et tu verras le mien sans quitter ton fauteuil.

mercredi 4 janvier 2012

Du plaisir

 Thomas Ostermeier. Photographe: Falko Siewert

Ce qui doit primer, c'est la dimension ludique, le fait que le théâtre ne doit pas être un espace de souffrance, mais un espace de vie et de joie, la joie du jeu vivant, du jeu accéléré, rythmique, explosif, avec un montage d'attractions, avec quelque chose qui est plus vivant que la vie. C'est cet aspect du théâtre de Meyerhold que je revendique.

Bravo, Thomas [Ostermeier... le mi-jeune metteur en scène allemand qui co-dirige artistiquement la Schaubühne de Berlin]! C'est un metteur en scène pro-meyerholdien... une référence contemporaine pour mes recherches. Toujours est-il que cette philosophie théâtrale me plaît bien et se rapproche  sensiblement de la mienne... Elle est tirée du petit ouvrage simplement titré Thomas Ostermeier paru en 2006 aux éditions Actes Sud-Papiers.


mardi 3 janvier 2012

Bientôt... bientôt...

Plate à mort...


 Dans le dernier numéro de la revue Jeu (paru il y a quelques semaines), un dossier est consacré à l'ennui au théâtre. C'est dans ce cadre que Paul Lefebvre écrit un petit article satirique, Comment survivre à un mauvais spectacle de théâtre, où il donne dix trucs tous plus excentriques les uns que les autres avec moult explications: dormir; observer des détails; refaire la production; fantasmer; repérer les ex; jouir des tics; regarder l'heure; faire des exercices; simuler un grave malaise...

Et le dernier... et non le moindre:


Mourir

C’est radical : il s’agit de prendre au pied de la lettre l’expression « c’est plate à mort ». Efficacité garantie : le show disparaît, vous aussi et l’ennui du même coup. L’auteur de ces lignes a déjà eu un voisin de siège qui, pendant la représentation d’un Beckett, a ainsi décidé de tuer son ennui en mourant sur place. (Sans même avoir l’élémentaire délicatesse de prévenir sa conjointe, ce qui était quelque peu déplorable : elle chuchotait à pleins poumons «Henri ! Henri ! Que c’est que t’as ? ». C’était agaçant.) Ce spectateur a pris la peine de mourir subitement, ce qui est la façon correcte : si la scène est l’endroit rêvé pour longuement agoniser, il n’en est pas de même pour la salle. Cette solution a aussi l’avantage non négligeable de créer une brève distraction, qui pourra dissiper pendant un court instant l’éventuel ennui affligeant des spectateurs assis près de vous.

L'article complet est publié sur le blogue de la revue. À la lecture, on peut fort bien s'imaginer ces situations qui, malgré le côté caricatural de la chose, nous sont parfois connues...

lundi 2 janvier 2012

Alors, ce 2012?

Bon. C'en est fini du temps des Fêtes pour cette année-là. Et après tout, aujourd'hui, c'est lundi. Il faut donc sortir un peu des vapeurs de l'alcool et l'orgie gastronomique. Maintenant est venu le moment de regarder ce qui s'en vient... disons pour les prochaines semaines et les prochains mois...

D'abord, parce que ça demeure mon principal employeur, il y a encore le Théâtre 100 Masques et sa direction générale et artistique. Avec nos ateliers (réguliers, scolaires, pour aînés). Et avec nos projets: la résidence intensive, pour The Mélanie's Show, et la reprise (et la sortie française!) de Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'après Alfred de Musset.

Par ailleurs, d'ici quelques jours, nous déposerons un projet dans le cadre du 175ième anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Et alors qu'entreront les différentes réponses aux différentes demandes de subventions, nous en ferons d'autres et nous préparerons activement pour la tenue de nos activités estivales - soit La Marmite de Plaute sous la direction d'Élaine Juteau et nos camps de théâtres thématiques - et pour la programmation de la saison 2012-2013.

Je dis «nous»... mais dans les faits, pour les trois ou quatre prochains mois à venir, ce sera plutôt «eux», mon équipe. Parce que moi, je serai dans la préparation de mes cours - Dramaturgie et mise en scène et Atelier de production - et dans la participation à des activités connexes. Un retour aux sources universitaires... bien qu'avec le doctorat (même mis un peu en plan), je ne l'ai jamais vraiment quittées encore!

Pour ma part, je poursuivrai sans doute le tenue de ce blogue... bien que les sujets me manquent parfois (et ce, de plus en plus souvent). J'aimerais avoir des collaborateurs, un comité de rédaction... ou un comité mis en place dans le but de me fournir du matériel. J'aimerais aussi me procurer une caméra-vidéo et un logiciel de montage simple, efficace... et gratuit! pour faire de petites capsules. Diversifier le contenu... tout en revenant un peu plus sur des sujets locaux, nationaux.

Enfin, il reste, sur la table, de nombreuses activités de concertation à venir. Et elles viendront. En temps et lieux.

Ça commence donc comme ça. 1, 2, 3, go!

Du théâtre comme d'un sanctuaire de l'impudicité...

 
Un autre morceau de fiel contre le théâtre - un type de littérature que j'aime bien par le style et la fureur - rédigé par un des Pères de l'Église, Quintus Septimus Florens Tertullianus, dit Tertullien dans son De Spectaculis (qu'on peut lire ici).Une petite lecture qui nous reporte à la fin du second siècle et au début du troisième.

De même on nous commande de renoncer à toute sorte d’impureté: on nous ferme donc le théâtre, qui est, à proprement parler, le sanctuaire de l’impudicité, où l’on n’approuve que ce qui est désapprouve partout ailleurs. Aussi le plus grand charme du théâtre consiste d’ordinaire dans le spectacle des plus grandes infamies. Ce sont ces infamies que représente, ou un Toscan par ses gestes impudiques, ou un comédien aidé par des femmes, auxquelles il fait fouler aux pieds la pudeur de leur sexe, et qui ne rougissent pas sur lascène de ce qui les couvrirait de honte dans tout autre lieu; ou un pantomime, par les poses indécentes auxquelles on a accoutumé son corps dès l'enfance, afin qu’il pût en donner aux autres des leçons. Bien plus, ces misérables victimes de l’impudicité, qui ont prostitué leur corps au public, ne paraissent-elles pas aussi sur le théâtre, d’autant plus misérables, que ne découvrant ailleurs leur turpidité qu’aux hommes, ici elles la font paraître aux yeux des autres femmes, à qui elles avaient eu soin de se cacher jusqu’alors. On les expose à la vue de gens de tout âge et de toute dignité. De plus, un crieur public annonce ces courtisanes à ceux qui ne les connaissent déjà que trop. Voilà, dit-il, la loge d'une telle, il faut donner tant pour la voir : elle a telle et telle qualité. Mais passons sous silence des infamies qui devraient être ensevelies sous les plus épaisses ténèbres, afin que le jour même n'en fût pas souillé. Cependant, vous sénateurs , vous magistrats, vous citoyens romains, rougissez de honte et de confusion! Et ces malheureuses, qui ont étouffé en elles toute pudeur, qu’elles craignent de montrer au grand jour, aux yeux du peuple entier, les indécences de leurs gestes , et qu’elles rougissent au moins une fois l’an. Si donc nous devons avoir en exécration toute sorte d’impureté, pourquoi nous sera-t-il permis d'entendre ce qu'on ne saurait dire sans crime? sachant d'ailleurs que Dieu condamne toute plaisanterie et toute parole inutile. Pourquoi nous sera-t-il permis de regarder ce qu’il nous est défendu de faire ? Pourquoi les mêmes choses qui souillent l’homme par la langue ne le souilleraient-elles point par les yeux et par les oreilles? Les oreilles et les yeux sont comme les avenues de notre ame, et il est difiicile que le cœur soit bien net, lorsque les voies en sont corrompues. Voilà donc le théâtre interdit dès là que l’impureté est condamnée.

Qu'on se le tienne pour dit!

dimanche 1 janvier 2012

Pour nos scènes et pour le milieu en 2012!


Quelques souhaits pour l'année qui commence à peine!

Pour les compagnies de théâtre de la région, de Roberval à Chicoutimi en passant par Jonquière et ailleurs dans la région... pour la Rubrique, les Têtes Heureuses, les Amis de Chiffon, le C.R.I., le 100 Masques, le Faux Coffre, la Tortue Noire, le Théâtre À Bout Portant, ManiganSes, la R.I.A. et le Mic Mac... de belles productions avec un financement adéquat et des salles pleines!

Pour les directions et les administrateurs, du courage, de la persévérance et de l'imagination pour la suite des choses...

Pour les compagnies du Saguenay, sous la houlette des Têtes Heureuses, bien du plaisir à Lyon en mars qui vient...

Pour les auteurs,bien des mots... et surtout, du temps!

Pour les metteurs en scène, de bons textes, de belles équipes, de beaux défis et des concepteurs attentifs et talentueux...

Pour les concepteurs, de bons textes, de belles équipes, de beaux défis et des metteurs en scène qui savent où ils s'en vont...

Pour les acteurs, de la rigueur, du plaisir, de la confiance... et de nombreux contrats...

Pour les professeurs en théâtre, des étudiants consciencieux pour absorber toute la passion qui vous anime...

Pour les étudiants en théâtre, de bons professeurs!

Pour les spectateurs, du plaisir dans toutes nos salles... et parfois, une légère gêne!

Pour les chroniqueurs culturels,  de la curiosité pour ce qui se fait et surtout, de l'intérêt... et plus encore, de la continuité pour ceux qui sont en place... et encore une fois, de l'espace!

Pour les subventionneurs, des augmentations substantielles des enveloppes budgétaires, de la souplesse et une générosité qui se prendra fort bien...

Pour tous les passants sur ce blogue, la poursuite de cette bonne habitude!

Pour ceux qui ignorent l'existence du théâtre, une illumination soudaine.


Pour Benoît, Lyne, Serge L., Stéphane, Josée L., Isabelle, Rodrigue, Hélène B., Geneviève, Éric C., Blaise, Guylaine, Serge P., Andrée-Anne, Sara B., Sophie, Hélène D., Jeannot, Pierre, Pascal, Martin, Éric L., Patrice, Francine, Gervais, Réjean, Christian R., Sonia, Joan, Stéphane D., Mélanie T., Jean-Sébastien, Benoît B., Charles, Christian O., Dany, Martin G., Sara M., Vicky C., Erika, Anick, Élaine, Mélanie P., Alexandre, Jean-Paul, Valérie, Patrick, Maude, Jacynthe, Jimmy, Josée G., Véronique, Ursule, Marilyne R., Marilyne T., Émilie GG, Marie-Noëlle, Frédéric, Marc-André, Carolyne et tous les autres qui devraient être nommés ici,

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2012... 
SUR LES PLANCHES 
ET DANS LES COULISSES DE LA VIE!!!