jeudi 23 août 2012

D'un dépliant à venir...


Lors de la tenue du dernier Forum sur le théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il a été convenu, pour augmenter la visibilité du milieu théâtral régional, de créer (du moins, pour la première année) un dépliant qui annoncerait la saison théâtrale 2012-2013. 

Dix compagnies pour autant (voire plus!) de productions! Un portrait global d'une région éloignée qui foisonne avec l'apport de nombreux artistes et artisans!

Depuis quelques semaines, le comité en charge de ce projet de concertation - parce que c'en est un! - s'active afin de lancer le produit final d'ici la mi-septembre. Déjà une maquette circule entre les compagnies en vue de validation. Elle est le fait de Christian Roberge qui signe, depuis nombre d'années, la plupart des décors et affiches du Théâtre Mic Mac, à Roberval.

Ce dépliant (qui pourra éventuellement se décliner sous différentes formes et sur différentes plate-formes) sera distribué, pour une première année, à quelques 10 000 exemplaires.

Décidément, le milieu théâtral d'ici s'unit de plus en plus... et je pense sincèrement que c'est bien.

mercredi 22 août 2012

Les claqueurs...

Je pense que je vais tenter de redonner ses lettres de noblesse au métier de claqueur!... Un autre élément spectaculaire venu des siècles précédents... tel que présenté ici par Théophile Gauthier dans son Histoire de l'art dramatique depuis vingt-cinq ans.

Ces artistes doivent travailler quatre heures tous les matins pour arriver à une telle perfection! Parmi la section des rieurs, il y a vraiment des sujets fort distingués! Comme ils partent juste sur la réplique! Comme aux endroits indiqués, ils se tordent sur les banquettes, demandant grâce, pâmés d'aise, se tenant les côtes, trépignant, suffoqués, étranglés, aboyant un bravo convulsif! Nous avons vu là des chefs-d'oeuvre de mimique. [...] Heureux claqueurs, qui admirent tout! Comme ils sont supérieurs aux critiques, qui n'admirent rien! Ils ne se nourrissent pas serpents, ils ne s'abreuvent pas de fiel, ceux-là; ils sont rubiconds au lieu d'être verdâtres, et vivent dans d'éternels transports.

lundi 20 août 2012

C'est reparti...


Les vacances sont véritablement terminées. Il faut maintenant revenir au travail... avec un dossier de taille à terminer: l'établissement de la programmation annuelle du Théâtre 100 Masques (bon, elle est déjà prête depuis quelques semaines) et surtout, le cadre financier nécessaire à son exécution.

C'est la période des choix. Des grandes lignes. Des calculs et des casses-têtes.


dimanche 19 août 2012

Extravagance scénique

Voici une description savoureuse de costumes traditionnels pour un ballet... Celle-ci date de 1802... mais remonte plus loin dans le temps. Malheureusement, je n'ai pas pris le temps de chercher l'origine exacte. De toute façon, là n'est pas le propos... Il est plutôt dans l'imagination déployée par ces artisans pour bien faire comprendre les personnages!

samedi 18 août 2012

«Orphée aux enfers» [Carnet de mise en scène]


Nathalie Dessay et Yann Beuron, dans le Duo du concerto, Opéra de Lyon.

Il y a quelque chose de libérateur, de fondateur, quand après plusieurs lectures du livret d'Orphée aux enfers, quand après plusieurs écoutes du coffret à ma disposition (la même production que dans la vidéo ci-haut, dirigée par Mark Minkovski), quand après des rencontres avec la direction et surtout, avec mes collaborateurs se profile une ligne directrice, le grand principe scénique sur laquelle pourraient s'édifier les jeux de scène et tout l'ensemble esthétique.

Et si nous partions donc du ton général de la pièce (où l'exaspération règne chez tous les personnages) pour l'étendre, par le biais du théâtre dans le théâtre, au contexte même de son énonciation (où l'exaspération règnera tout aussi bien chez les solistes et les choristes)?

Du coup, le potentiel événementiel serait énorme. Les perspectives s'ouvriraient. L'interprétation pourrait prendre différentes couleurs et pourrait s'étendre à de multiples rapports conflictuels avec la lumière, les costumes, la scénographie. La magie théâtrale serait, en quelques sortes, abordée par son absence ou, du moins, par son sabordement...

Cette mise en scène comporterait risque, oui. L'équilibre devrait nécessairement être trouvé afin que toute la construction dramaturgique et scénique soit, d'une certaine façon, un dispositif de mise en valeur du talent des chanteurs et de la beauté de la musique... Mais je crois que le jeu en vaudrait la chandelle...

Bon. C'est bien beau d'avoir les idées... Maintenant, il faut passer des paroles (écrites!) aux actes...

vendredi 17 août 2012

Les écrits restent-ils vraiment?


Il est toujours intéressant, je trouve, de lire les grands auteurs dramatiques de l'histoire... mais plus encore que leur œuvre, ce sont souvent leurs écrits quotidiens qui donnent tout l'éclat d'une véritable passion théâtrale... Comme celle-ci, de la plume de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, l'auteur très dix-huitième siècle du Mariage de Figaro et du Barbier de Séville , en réponse à une critique de cette dernière pièce, en 1775 (lettre qu'on peut retrouver dans son intégralité dans la préface de la pièce ou, en suivant ce lien de Google Books, en p.87):

Les ouvrages de Théâtre, Monsieur, sont comme les enfants des femmes: conçus avec volupté, menés à terme avec fatigue, enfantés dans la douleur et vivant rarement assez pour payer les parents de leurs soins, ils coûtent plus de chagrins qu'ils ne donnent de plaisirs. Suivez-les dans leur carrière, à peine ils voient le jour que, sous prétexte d'enflure, on leur applique les Censeurs; plusieurs en sont restés en chartre. Au lieu de jouer doucement avec eux, le cruel Parterre les rudoie et les fait tomber. Souvent, en les berçant, le Comédien les estropie. Les perdez-vous un instant de vue, on les retrouve, hélas! traînant partout, mais dépenaillés, défigurés, rongés d'Extraits et couverts de Critiques. Échappés à tant de maux, s'ils brillent un moment, le plus grand de tous les atteint, le mortel oubli les tue; ils meurent, et, replongés au néant, les voilà perdus à jamais dans l'immensité des Livres.

Une belle description, émouvante. Qui rappelle, à quiconque s'intéresse au théâtre, qu'il y a d'innombrables textes qui dorment dans les bibliothèques, dans les cartons, les greniers de vieux bâtiments. Que nombre de pièces ne parviendront plus à revoir la lumière électrique de la scène. Que des dizaines d'auteurs dramatiques même ne sont pas parvenus à traverser l'histoire...

jeudi 16 août 2012

«Orphée aux enfers» [Carnet de mise en scène]

Demain après-midi, j'ai une première réunion de conception en vue de cette production de la Société d'Arts Lyriques du Royaume. Encore une fois, j'ai la chance de pouvoir m'entourer d'une équipe solide avec qui j'ai beaucoup de plaisir à travailler: Christian Roberge à la scénographie et Alexandre Nadeau à la lumière. Jacynthe Dallaire reprend son rôle de costumière.

Sinon, le livret est mis à jour. Quelques coupures... mais dans l'ensemble, il sera pris dans sa quasi intégralité. Sans ajout (si ce n'est de deux airs tirés de la version de 1874).

D'ici là, voici encore quelques extraits de diverses production de la même opérette:

Le premier air d'Eurydice, l'épouse volage, chanté ici par Nathalie Dessay dans la production de l'Opéra de Lyon:


Puis voici le Duo du concerto par Euridyce (Pauline Courtin) et Orphée (Julien Behr)... au Festival d'Aix en Provence, en 2009.


mercredi 15 août 2012

Pour une culture théâtrale approfondie


Le Théâtre 100 Masques proposera, à compter du 30 septembre prochain, un nouveau type d'atelier de théâtre axé d'abord sur la découverte de l'histoire théâtrale puis sur l'exploration des différentes formes dramatiques qui ont marqué les siècles... 

L’heure du théâtre ce seront dix rencontres – autour d’une tasse de thé (différent à chaque fois et en lien avec le sujet du jour…) - qui s’étaleront «de l’Antiquité à l’époque contemporaine»… chaque fois autour d’un texte et d’un auteur emblématiques. Ces rencontres seront animées par des professionnels de la scène saguenéenne.

L’heure du théâtre ce sera une première partie sous forme de conférence ou d’exposé pour bien situer l’œuvre sur la ligne du temps de même que dans la pratique universelle. Images, extraits vidéo, musique… tout pour mettre en appétit les lecteurs avides!

L’heure du théâtre ce sera ensuite une lancée, en groupe, dans la lecture à voix haute du texte choisi… une lecture abondamment commentée par l’animateur qui soulignera les passages marquants, les liens nécessaires à la compréhension, les détails stylistiques. Une expérience riche et amusante à tout coup! Faire du théâtre sans la pression de la scène!

Enfin, L’heure du théâtre ce sera un temps d’arrêt, de partage entre les participants pour discuter de leurs impressions et les aider à pousser plus loin la réflexion… telle une véritable activité de médiation culturelle (À noter qu’à chaque rencontre, une paire de billets de théâtre sera tirée.).

Un moment de culture générale dans le plaisir et la convivialité! Un projet dynamique et différent dans l’offre actuelle! 

Ce projet reçoit le soutien du Conseil des Arts de Saguenay pour les projets spéciaux.

Une reconstitution du «Ballet triadique» d'Oskar Schlemmer

Voici une reconstitution du fameux Ballet triadique d'Oskar Schlemmer (1927) réalisée dans les années 70. Une oeuvre qui me fascine depuis mes cours d'arts au BIA. Cette vidéo représente bien le théâtre tel qu'on le pratiquait au Bauhaus: 

Le Théâtre:
abstrait, formel et coloré

statique, dynamique et tectonique
mécanique, automatique et électrique
gymnastique, acrobatique et équilibriste
comique, grotesque et burlesque
sérieux, pathétique et monumental
politique, philosophique et métaphysique



J'aime bien ces explorations de l'espace, du corps, des interactions et des actions-réactions qui peuvent se développer dans un contexte donné. C'est là, à mon sens, pour un regard contemporain, tout l'intérêt de cette œuvre magistrale de Schlemmer.

mardi 14 août 2012

Une carrière glorieuse...

Je ne me suis jamais vraiment trouvé à l'aise sur une scène. En fait, j'ai même - plus souvent qu'autrement! - détesté m'y trouver. 

Je l'ai fait à l'Université en 1998 et 1999, dans le cadre du BIA (où, en plus de mes cours obligatoires je me suis aussi commis, à l'occasion, dans quelques autres productions). Je l'ai fait une fois avec le Théâtre 100 Masques, en 2002, lors du théâtre d'été Comédies et vaudevilles (où je jouais un journaliste... faute d'argent pour embaucher un autre comédien... pris dans une situation un peu délicate).



Puis je fus longtemps sans monter sur les planches... jusqu'en 2009. Avec les Têtes Heureuses. Car oui, j'ai joué avec cette compagnie. Dans La Cerisaie de Tchechkov. À la toute fin de l'acte II. Un passant... dans le passage (!) suivant:

Un passant apparaît; il porte une vieille casquette blanche et un manteau; il est un peu ivre.
Le passant.  Pardonnez le dérangement, je peux passer par ici pour aller à la gare?
Gaev. Oui, prenez ce chemin-là.
Le passant. Je vous remercie mille fois. (Il toussote.) Quel temps splendide... (Il déclame.) «Frère, ô mon frère de souffrance... descends vers la Volga, dont les gémissements...» (À Varia.) Mademoiselle, permettez à un Russe affamé de vous demander, disons, trente kopecks...
Varia, effrayée, pousse un cri.
Lopakhine (furieux). Il y a des limites à tout!
Lioubov Andréevna (saisie). Prenez... tenez... (Elle cherche dans son porte-monnaie.) Je n'ai pas de pièce d'argent... C'est égal, prenez cette pièce d'or...
Le passant. Je vous remercie mille fois! (Il sort.)

Et c'était fait.

C'est là, en résumé, toute ma carrière de comédien. Jamais de rôle assez conséquent pour que je prenne mon pied. Toujours du par défaut... mais avec, depuis le temps - sans fausse modestie - une bonne expérience du théâtre comme metteur en scène. D'ailleurs, en répétition, je joue beaucoup... et avec plaisir (plaisir qui manque à mes performances publiques).

Alors, aurai-je la piqûre, cet automne, dans ce projet où je ferai partie intégrante d'une distribution? Me découvrirai-je une vocation tardive? Les paris sont ouverts.


lundi 6 août 2012


Au moins une bonne grosse semaine... de «vraies» vacances du théâtre... quoique...

samedi 4 août 2012

Oh! Cabaret

 
J'ai revu, hier soir, l'édition 2012 du Oh! Cabaret (après avoir assisté à la première, le 11 juillet dernier) avec encore le même plaisir.

D'emblée, il faut saluer le talent comique des trois comédiennes - Vicky Côté, Maud Côté et Guylaine Rivard - qui enchaînent les numéros et les personnages avec une énergie débordante et un engagement manifeste. Soutenues par la musique et les apports sonores de Michel Otis, elles déploient sur scène un feu roulant de sketchs qui font rire et sourire.

Certains numéros ressortent évidemment du lot: comme celui - hilarant - du reportage sur un accident survenu au Pavillon du hot-dog et du vox-pop qui présente les clients de la place; comme celui de la crise d'une dame (dans un pastiche de Jean-Luc Mongrain) à propos des listes scolaires de la rentrée; comme celui des trois dames de petites vertus qui se lancent dans un conte à dormir debout. Les autres (dont les solos de chacune des actrices) atteignent aussi la cible facilement.

Les scénarios sont bien écrits... et s'ils s'étirent parfois en longueur, ils gardent tout de même l'intérêt du spectateur par la vivacité du jeu et la folie des situations. La simplicité esthétique règne et, du coup, l'ingéniosité (notamment dans les costumes!) est au rendez-vous. La formule du cabaret (prise au sens de variétés et non au sens politique) est ainsi bien servie: avec peu de moyens, elles réussissent à créer plusieurs mondes, à se renouveler, à se dépasser.

Au fil des représentations (le plaisir de revoir deux fois un même spectacle!), cette production s'est enrichie de mille détails et a trouvé une dynamique plus équilibrée entre la première et la seconde partie pour donner, hier, un résultat solide à la hauteur de la compétence de ses artisans.