dimanche 19 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Voici, en primeur, l'affiche de la production estivale 2013 du Théâtre 100 Masques (une réalisation de Patrick Simard). 

Décidément, le temps passe vite!

Hier matin, nous avons terminé la mise en place de la seconde pièce, La Jalousie du Barbouillé. Et demain soir, nous nous payerons le luxe d'un premier enchaînement des deux textes. Bien que précoce (à plus d'un mois et demi avant la première...) - et ô combien laborieux! - cet exercice permettra d'avoir une vue d'ensemble sur le résultat: énergie, dynamique, forces, faiblesses.

Certaines scènes trouvent une surprenantes vitalités dans leur exécution scénique... 

Esthétiquement parlant, les dossiers cheminent également. La scénographie et les accessoires nécessaires se précisent. Un plan d'action sera mis en branle d'ici quelques jours... Les costumes sont en chantier (et nous voyons de temps en temps un morceau de vêtement apparaître!) et promettent beaucoup! Une rencontre avec le concepteur de lumière est à prévoir...

Encore une fois, toutefois, j'ai beaucoup de difficultés à me faire une tête au sujet d'une éventuelle conception sonore... En fait, je suis de plus en plus convaincu de son inutilité dans ce cadre-là... d'autant plus que le son produit directement sur scène s'avère plutôt efficace...

À compter du milieu de la semaine, on remet tout sur le métier pour des répétitions concentrées!








vendredi 17 mai 2013

De classes et de castes...

Du même ouvrage que celui cité dans le billet précédent (là), voici une description qui - en faisant abstraction de la situation toute française qu'elle décrit et en lui donnant une valeur métaphorique - pourrait définir une certaine réalité: le positionnement de l'un par rapport à l'autre, les jeux d'egos, les jugements de valeur. 

Des directeurs de théâtre...



Extrait tiré de Recherches sur les causes de la décadence des théâtre et de l'art dramatique en France, publié en août 1841 sous la plume de J. P. Vallier. À tous mes collègues directeurs, tenez-vous le pour dit! :)

jeudi 16 mai 2013

Au théâtre, cet été...


Dans quelques semaines à peine, l'été prendra le relais et apportera, avec lui, les nombreuses productions estivales qui prendront l'affiche, les unes à la suite des autres! En voici, ce matin, un petit tour d'horizon quasi exhaustif. Si j'oublie quelque chose, ce sera possible de l'ajouter par le biais des commentaires...

Au Saguenay, les spectateurs auront à se séparer en quatre pour tout voir (en cinq, si on inclus à cette liste le retour de La Fabuleuse Histoire d'un Royaume pour sa vingt-sixième année)...

Le Collectif À tour d'rôle revient, pour une cinquième saison, avec une nouvelle mouture de son cabaret burlesque: La Commission Cabaret! Une équipe aguerrie qui saura assurément nous en mettre plein la vue sur la petite scène du Côté-Cour, à Jonquière, du 3 au 27 juillet (du mercredi au samedi).

Le Théâtre 100 Masques revient, pour son quatorzième été, avec non pas une mais deux pièces de Molière! Ce duo moliéresque, Le Mariage forcé suivi de La Jalousie du Barbouillé, est mis en scène par moi-même avec une distribution réduite à quatre comédiens - et quels comédiens! - qui évolueront sur les tréteaux (en costumes d'inspiration «époque des années») installés dans la Salle Murdock du Centre des arts et de la Culture de Chicoutimi, du 4 au 27 juillet (du jeudi au samedi).

À La Pulperie de Chicoutimi, Jimmy Doucet proposera une nouvelle aventure sur un mode «théâtre d'été traditionnel»: Bienvenu à Cayo Banano! Des rires aux accents du Sud! Encore une fois, les représentations s'échelonneront du 9 juillet au 28 août, à raison de deux soirs par semaine, les mardis et mercredis.

Enfin, faisant suite aux années antérieures, le Théâtre du Faux Coffre profite de la saison pour remettre en piste l'un des épisodes marquants des aventures de ses célèbres Clowns Noirs. Cette année, place au Clown Noir et le Masque de Fer. Comme d'habitude, ce spectacle sera présenté en août-septembre (les dates restent à confirmer) à la Salle Murdock du Centre des arts et de la Culture de Chicoutimi. 

Pendant ce temps, au Lac Saint-Jean...

Le Complexe touristique de la Dam-en-Terre, à Alma, revient, après un arrêt l'an dernier, à leur habituel théâtre d'été venu de l'extérieur: Le dîner de cons, de Francis Veber. Du 27 juin au 24 août, du mardi au samedi.

La Route des milles et une histoires se concentre, cette année, sur un seul spectacle, Le secret des Pères, présenté du 4 au 27 juillet, à la halte routière du parc de la Pointe-des-Pères de Dolbeau-Mistassini.

Ça fait le tour, je pense... Le Théâtre Mic Mac, dans le cadre de la Traversée, présentera sûrement quelque chose (un spectacle invité) et peut-être Jimmy Doucet fait-il un truc dans le haut du Lac... Mais dans l'ensemble, c'est ça qui est ça.



mardi 14 mai 2013

Nostalgie risquée


Dans mon bureau, sur ma grande bibliothèque, trône un objet... banal en apparence... Il s'agit d'un coffre. En carton. De taille moyenne. Pas vraiment beau. Qui passe fort probablement inaperçu à travers une pile de livres de théâtre, entre Meyerhold et d'autres bouquins théoriques. Et pourtant...

Cette boîte renferme toutes les cartes, les mots de comédiens et de collaborateurs que j'ai reçus à la suite de productions. Depuis le tout premier spectacle que j'ai fait (comme comédien!, à l'UQAC) au tout dernier... Une quinzaine d'années de rencontres ponctuelles, de rencontres récurrentes, d'amitiés sur des bouts de papiers. Des noms et des projets oubliés. D'autres, inoubliables. 

Mon émotive mémoire théâtrale (et mon plus précieux - et le plus irremplaçable! - bien relié à mon travail)... Ma ghost light personnelle... 

Une lecture (oh... très rare... sauf les jours de grand ménage comme aujourd'hui!) qui rend nostalgique... et qui, devant tant d'épithètes positifs écrits dans la fébrilité d'une première ou d'une dernière, rend prétentieux l'ego créateur!

samedi 11 mai 2013

Entre l'illusion et la vérité...


Cette magnifique description du théâtre, de son lien infrangible entre la vérité et l'illusion, a été écrite par un autre des grands acteurs de la seconde moitié du XIXième siècle, Constant Coquelin (dans son bouquin L'Art du comédien). Une description toute simple mais ô combien sensible...

vendredi 10 mai 2013

Un autre départ...

Le milieu théâtral perd une grande figure avec le décès d'Huguette Oligny (voir l'article sur Cyberpresse). Pour un métier comme le théâtre qui a peu de mémoire, le deuil n'en est que plus grand. Parce qu'avec ces grands noms qui nous quitte, c'est toute une génération de créateurs - ceux là même qui ont fondé le théâtre professionnel au Québec - qui disparaît.

Exo-... Endo-...


Ce que je cherche, ce n'est pas tant un interprète qui créera un personnage cohérent en l'enrobant d'une pensée et d'une vie intérieure mais plutôt un technicien du jeu qui sera en mesure de créer des effets scéniques et des chorégraphies qui eux, constitueront une figure proche du personnage. C'est une préférence pour l'exopersonnage, son extérieur, son image, sa forme (par rapport à  l'endopersonnage qui passe par un travail intérieur).

Je préfère une interprétation exécutoire à une interprétation psychologique. 

Si, au final, le résultat peut sembler être du pareil au même pour le spectateur, il en va tout autrement du type de travail en salle de répétition. 

Il peut être question de distanciation, oui. Il peut être question de jeu mécanique, oui (sans aller jusqu'au robotique!). Il peut être question de control freak de ma part, oui. 

jeudi 9 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Ce qui est intéressant, avec l'oeuvre de Molière, c'est sa capacité à faire appel à diverses sources pour exister... et qu'elle s'auto-citera par la suite!

De La Jalousie du Barbouillé, vraisemblablement tiré du Jaloux Corrigé  (Le Décaméron de Boccace) Molière reprendra et développera dans Le Mariage forcé la fameuse scène du docteur (de même que dans Le Dépit amoureux)... puis reprendra l'anecdote comme base pour écrire son George Dandin...

Le Mariage forcé, lui, serait tiré notamment du Tiers Livre de Rabelais où Panurge consulte des docteurs pour savoir s'il doit se marier...

Et aussi, l'an dernier, le Théâtre 100 Masques montait La Marmite de Plaute qui servit de base à L'Avare.

Il y a quelque chose de stimulant dans cette filiation Plaute-Rabelais-Molière. Il y a un rire gras, licencieux. Une obscénité comique dont il ne faut pas avoir peur, dont il faut faire un mécanisme scénique. 

mercredi 8 mai 2013

Quand Meyerhold rencontre Jouvet

Louis Jouvet et Vsevolod Emilievitch Meyerhold

Meyerhold a fait quelques voyages en France, à Paris, dans les années 20. En 1927, d'ailleurs, il y a rencontré nul autre que le monument du théâtre français, Louis Jouvet. 

Armand Salacrou, un auteur dramatique de l'époque (né en 1899 et mort quatre-vingt-dix ans plus tard...), a décrit une scène de cette rencontre dans son ouvrage C'était écrit. Du même coup, il donne un bon aperçu de l'approche meyerholdienne:

Dans la loge de Jouvet, Meyerhold. Un air bourru et timide à la Dullin. Il ne dit rien. Puis comme Jouvet parle de l'encombrement des bagages dans les tournées, il dit gentiment: «Supprimez les décors, la lumière suffit. Supprimez les accessoires, les gestes suffisent.» Et il mime une scène: il mange. Il boit. Il apporte une lettre sur un plateau et s'assied sur une chaise invisible et qu'il nous fait apparaître... Jouvet pense-t-il à sa jeunesse, du temps où il déclara au Vieux-Colombier pendant que Copeau plaçait un paravent sur mur nu de la chaise: «Alors, ici, maintenant, c'est le Châtelet?»

mardi 7 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Comme je le mentionnais dans le dernier billet d'hier, c'est ce soir que débuteront les répétitions de la seconde pièce au programme de cet été: La Jalousie du Barbouillé... qui n'est pas la plus connue de Molière (d'ailleurs, il faut préciser que cette oeuvre lui est hypothétiquement attribuée).

Un peu comme dans Le Mariage Forcé, il est question de mariage... cette fois consommé. Un homme, le Barbouillé, se plaint de la frivolité de sa femme alors que celle-ci fait tout en son possible pour s'amuser et pour rejoindre son amant. 

Dans cette pièce, deux scènes me semblent principalement importantes (et constituent le coeur de ce texte plutôt court): une très longue scène avec un docteur-philosophe (principe qui sera repris dans l'autre pièce... écrite une dizaine d'années plus tard) et une autre longue scène entre les deux époux proche, dans un esprit contemporain, de la célèbre scène burlesque d'Olivier Guimond rentrant chez lui saoul et découvrant, à la fenêtre, sa femme personnifiée par Manda Parent...

Il y a là un bon défi en perspective...

lundi 6 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Petite esquisse griffonnée samedi matin, pendant le premier enchaînement du Mariage Forcé... C'est vers ce type de métamorphose des coffres que j'aimerais aller pour la seconde pièce, La Jalousie du Barbouillé dont les répétitions débutent demain (ou mercredi?)