vendredi 6 septembre 2013

La programmation du Théâtre 100 Masques pour 2013-2014


Avec le début du mois de septembre, c'est aussi la rentrée du Théâtre 100 Masques qui célébrera, au cours de l'année, son quinzième anniversaire de fondation.... Qui l'eût cru! L'équipe en place (Sophie Larouche, Erika Brisson et moi) est prête!

Au chapitre de nos formations...

Il y aura, encore une fois cette année, deux sessions d'ateliers réguliers (pour les 7 à 9 ans et pour les 10 à 12 ans), des initiations théâtrales, qui se dérouleront du 28 septembre au  7 décembre, puis du 11 janvier au 16 mars. (L'information se trouve ici.)

Il y aura également la reprise, avec de nouveaux thèmes, de L'Heure du Théâtre - Une histoire du théâtre par ses grands textes. Ces rencontres, élaborées autour d'une époque précise, d'une oeuvre marquante pour l'illustrer et d'une tasse de thé, mèneront les participants de la Rome antique (Plaute) au théâtre du quotidien (Kroetz) en passant par le nô japonais (Zeami), le jeu médiéval (Adam de la Halle), le grand Siècle d'or espagnol (Caldéron), le marivaudage, le mélodrame (Pixérécourt), le théâtre russe (Gogol), l'ère victorienne (Oscar Wilde) et le théâtre de la subversion (Jarry). À compter du 6 octobre, un dimanche sur deux. (L'information se trouve ici.)

La compagnie reprendra de nouveau ses ateliers scolaires (dont un projet de concentration - ici - s'étirant sur l'année complète au Séminaire de Chicoutimi) même que ses ateliers spécifiques (comme le programme Sous les masques : une initiation théâtrale dédié aux aînés en résidence, ici), sur demande. 

À l'été, une nouvelle édition des Camps de théâtre thématiques verra le jour. Au cours des mois à venir, il y aura une révision de ce projet (de la formule) pour demeurer en phase avec son développement constant au fil des années. (L'information se trouve ici.)

Au chapitre des productions...

Deux productions principales marqueront l'année à venir...

D'abord, le retour (eh oui!) de la production de Noël, les 6, 7 et 8 décembre, à la Salle Marguerite-Tellier, Sous le gui - 175 bonnes raisons de fêter la Noël - Spectacle non-gratuit... En cette année, 175ième de la région oblige (hum… hum…), voici un tour d’horizon des moments marquants des Noëls d’autrefois…
du premier Noël au poste de traite de Chicoutimi en passant par celui des employés de Sir William Price… en occultant pas, bien entendu, la préparation des fêtes chez Maria Chapdelaine et celle d’Alexis le trotteur. Sous une profusion de gui et de poinsettias… menés de mains de maîtresses d’écoles par deux dames de société ornées pour l’occasion et leur homme-objet… ces tableaux sauront se faire remarquer.

Puis viendra la quinzième théâtre d'été de la compagnie, La Paix chez soi et autres bêtises humaines d'après l'oeuvre de l'un des maîtres du théâtre de boulevard, Georges Courteline. Présenté du 2 au 25 juillet (du mercredi au jeudi), à la Salle Murdock. Composé d’un assemblage de 7 ou 8 courtes pièces en un acte (La Paix chez soi, Le Gora, Sigismond, Monsieur Badin, Gros Chagrin, La peur des coups et Le petit malade) pourfendant la bêtise humaine sous toutes ses formes en mettant en lumière ses pires défauts - la naïveté, la paresse, la frivolité, l’avarice, la jalousie, l’ignorance, la soumission, etc. -, cette production tendra aux spectateurs, sous le couvert de la comédie et du divertissement, un miroir tout aussi décapant qu’ironique.

Ces deux productions seront dirigées par moi... du moins, jusqu'à preuve du contraire (selon mon agenda qui se remplit à ma plus grande surprise... alors que je m'attendais à une année plutôt calme!)...

Les autres activités...

Il y a plusieurs années déjà que le Théâtre 100 Masques souhaite développer, dans la même lignée que sa production de Noël, un petit projet autour de la Saint-Valentin... Peut-être verra-t-il enfin le jour, cette année...

Pour marquer le début des festivités de son quinzième anniversaire (et faisant office d’activités de financement), le Théâtre 100 Masques prépare, pour avril, un grand Bal Masqué (en phase avec son nom!) réunissant ses partenaires, ses collaborateurs, le milieu théâtral et le grand public. Un Bal Masqué officiel, quasi princier, en robe longue et en habit. Un Bal Masqué rétrospectif. Un Bal Masqué animé. Un Bal Masqué surprenant. Un Bal Masqué à l’image de la compagnie. Un Bal Masqué à ne pas manquer!

Voilà. Ça devrait ressembler à cela.

jeudi 5 septembre 2013

Du Théâtre Mic Mac...

Le Théâtre Mic Mac est présentement en route pour se rendre au Festival international de théâtre de Mont-Laurier... où il présentera la production Albertine en cinq temps de Michel Tremblay, mise en scène par Réjean Gauthier (production qui s'est méritée, par ailleurs, deux prix au dernier Gala des Arlequins: Meilleure production 2012 et Meilleure comédienne pour Jocelyne Simard). C'est la seconde fois que la troupe y participera, après un passage en 2011 (duquel j'étais!) avec La Défonce de Pascal Chevarie. Leur représentation aura lieu le 8 septembre, soit dimanche, à 16h30.


Par ailleurs, le Théâtre Mic Mac s'est déniché, après quelques revirements, un metteur en scène pour sa prochaine production, Au Champs-de-Mars de Michel Tremblay: moi!

Ce sera là ma septième collaboration avec eux après Au bout du fil (2004) d'Évelyne de la Chenelière, Bonbons assortis (2006) de Michel Tremblay, Les Reines (2007) de Normand Chaurette, Le rire de la mer (2008) de Pierre-Michel Tremblay, La Défonce (2010) de Pascal Chevarie et La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir (2011) de Michel-Marc Bouchard. 

Mon agenda continue de se remplir!

«Quelle peste fuyons-nous?»


Depuis des siècles, le théâtre s'est de plus en plus enfermé dans des salles. Quittant le grand air, il s'est créé pour y loger ses fêtes un espace aseptisé, incolore, insonore et sans saveur. Ah! le gris ou le noir des salles de spectacle! l'absence de fenêtres! la chasse aux bruits extérieurs! Tout ce contexte de préservation de l'objet théâtral dans sa pureté absolue a contribué à sa dignité rituelle, à son ennui et parfois à sa mort. Cela me rappelle la parabole des gens qui, pour fuir la peste, calfeutrent hermétiquement les portes et les fenêtres de leur habitation... et meurent asphyxiés. Quelle peste fuyons-nous?

Cette image de la salle de spectacle est du grand Jean-Pierre Ronfard, dans «Le Démon et le cuisinier» paru dans le vingt-cinquième numéro de Jeu, en 1982. 

Intéressant que ce questionnement... Le théâtre, en se donnant des codes, s'est-il vraiment lui-même condamné?

mercredi 4 septembre 2013

«La Fille du Tambour Major»... [Carnet de mise en scène]

Le sacre de Napoléon par Jacques-Louis David, 1807

En cette fin d'été, le travail de conception pour La Fille du Tambour Major continue de se faire... et mes collaborateurs (la même équipe que l'an dernier, pour Orphée aux enfers) m'ont déjà fait des propositions , m'ont montré les premières esquisses des différents éléments à venir... et ça augure bien!

La grande ligne esthétique est assez simple: on se la joue historique... et de là, il faudra, pour éviter de tomber dans l'archéologie, trouver un ancrage pour rendre cette histoire  (qui se déroule en 1800, en Italie... avec des Français et, bien sûr, des Italiens) moderne et contemporaine (la mise en scène étant le catalyseur).

Jacynthe Dallaire fait des recherches pour trouver des formes de costumes appropriés qui permettront, d'une certaine façon, d'identifier l'époque et les nations. J'ai aussi manifesté le désir de voir ces costumes être confectionnés avec des tissus lourds. Lors de la dernière rencontre, la semaine dernière, nous validé les choix et définit quelques paramètres.

Pendant ce temps, Christian Roberge réfléchit à la scène. La demande est assez précise: j'aimerais travailler les tableaux comme des bas-reliefs... sur une scène large mais très peu profonde. Il faut un espace différents pour chacun des actes. Les premières propositions (stimulantes!) vont en ce sens. 

Pour établir les couleurs de l'ensemble, la référence sera le tableau qui illustre ce billet... Des couleurs vives mais marquées par le temps. Une patine comme une brume, un souvenir. Il y a là ce qu'il faut, je pense, pour inspirer Alexandre Nadeau qui fera de nouveau l'éclairage. 

mardi 3 septembre 2013

«Les Comédiens»

Voici une petite web-série, en cours, Les Comédiens, d'Emmanuel Berthelot (la page Facebook de la série est ici)... plutôt amusante! Qui décrit avec plaisir tout le système de clichés entourant la profession . J'aime particulièrement le quatrième épisode!




lundi 2 septembre 2013

La (les) perte(s) du théâtre...


Comme je le mentionnais dans les derniers billets, le dossier Horizon incertain pour le théâtre québécois publié dans la dernière édition (été 2013) de la Revue Spirale donne une lecture sans fard du milieu théâtral, posant (encore une fois!), de nombreuses questions dont les réponses peuvent faire mal.

En parcourant ces quelques trente pages d'opinions, d'analyse et de propositions, une seule certitude: voici le théâtre dans une impasse. C'est questionnant. Troublant. Préoccupant. Comme en témoigne cet extrait d'un article (les quatre derniers paragraphes) d'Yves Jubinville, Le théâtre québécois est-il soluble dans le présent?, où il est notamment question de la succession dans les organismes et du trou de mémoire qui est entrain de se faire (entre les générations):

[...] Tout cela pour dire que cette préoccupation pour la transmission [note de moi-même: des directions, des organismes], pour le patrimoine, pour les savoir-faire développés pendant quarante ans au Québec, débouche également sur ce qui a été perdu ou risque de l'être à plus ou moins brève échéance. À une autre échelle, celle de la formation,  une réflexion s'impose en ce sens sur les traditions théâtrales qui, faute d'être réactivées ou consciemment transmises par l'école, ne feront plus partie du paysage dans une avenir rapproché. Victime, dira-t-on, d'une idéologie qui valorise la nouveauté à tout prix, qui s'abîme dans les modes et les styles du présent, le jeu classique, pour ne citer qu'un exemple, ne sera peut-être plus qu'un vague souvenir dans quelques années si, dans les nombreuses écoles de théâtre du Québec, des efforts ne sont pas consentis pour préserver ce savoir spécifique.

On devine, à la rareté des productions empruntant au répertoire classique français - qui ne peut être, à la différence du corpus shakespearien, être «rafraîchi» au moyen de la traduction - que tout un pan de cette dramaturgie est déjà en train de glisser dans l'oubli. Plus le temps passe, plus les jeunes diplômés des écoles professionnelles mesurent le fossé qui les sépare de ce monde ancien. Si l'on ajoute à cela que le public lui-même a peut-être déjà tourné la page sur ce chapitre, on comprend qu'il sera à l'avenir de plus en plus difficile de restituer cette mémoire, sinon sous forme de parodie ou d'actes de commémoration. 

[...] Tout indique que l'école de théâtre au Québec est plus que jamais au service d'un système en perdition refusant de remettre en question son rôle dans la société actuelle, sinon pour réaffirmer son droit à un meilleur financement. Nul indice ici d'une profession qui prendrait acte de la place résolument inconfortable et décalée qu'elle y occupe pour se réinventer... et pour éviter la disparition.

Même si notre théâtre, le saguenéen, passe définitivement sous le radar lors de ces grandes considérations, les mêmes problématiques (peut-être même amplifiées du fait de la petitesse du milieu) peuvent se poser, en des termes quasi similaires: nos organismes sont-ils aptes à passer d'une génération à une autre tout en conservant leur mémoire... tandis que l'UQAC (quasi unique source de formation) est-elle encore en phase avec le milieu professionnel?

Après le temps de la concertation (ou grâce à elle), il faudra peut-être s'y attarder...

dimanche 1 septembre 2013

Du théâtre amateur...

Théâtre amateur est souvent synoyme de médiocrité, de pauvreté artistique... Pourtant, au Québec, il y a un véritable milieu amateur dynamique et structuré, qui tente de se développer sur des bases solides et efficaces. À ce chapitre, la Fédération Québecoise de Théâtre Amateur (leur site est ici) - équivalent de l'ACT, TAI et autres regroupements/associations de compagnies professionnelles) fait du bon boulot.

Au théâtre, cette semaine! [Du 1er au 7 septembre 2013...]

Un seul événement à retenir, cette semaine, pour qui souhaite suivre ce qui se passe en théâtre dans la région...

Mercredi à samedi - du 4 au 7 septembre 2013
Petit Théâtre (UQAC), 19h30


La Chaire de recherche du Canada pour une dramaturgie sonore au théâtre présente Revif pour ma soeur Ginette, une création issue de divers ateliers, réunissant toute une équipe de chercheurs autour d'un texte de Jean-Paul Quéinnec. Ginette marche 30 km entre deux frontières dans un désert brûlant pour atteindre, à 4798 km, son phare sur la côte nord à Natashquan. Pour y arriver, elle s’imagine des gens qui lui parlent, des mojados qui l'attendraient là-bas. Sur son chemin, elle reconnaît un arbre, un palo verde. Le reconnaître c’est comprendre qu’elle tourne en rond. Dès lors, les voix gagnent en autonomie. Ginette plus passive se laissera devenir autrement. Et c’est comme si l’issue n’était plus le but de la traversée… Les détails sont ici

Du moins, c'est tout ce qui apparaît sur mon écran radar... Si j'oublie un truc, on pourra toujours me le faire savoir...

samedi 31 août 2013

«La bataille perdue de la visibilité médiatique du théâtre» (H. Guay)


Si, comme le soutient Nathalie Heinich, la visibilité est liée au visage, le théâtre a perdu la bataille de la visibilité, au Québec comme ailleurs, au profit des médias de masse. Par les moyens de captation dont ils disposent, ces médias sont en effet bien équipés pour accorder aux visages une importance qu'ils ont rarement à la scène. Le plateau fait voir tout le corps et montre les interprètes en interaction, en train de dialoguer, pas seulement en train de minauder. Échanges verbaux d'abord, devenus aujourd'hui interartistiques et intermédiatiques mais dans une certaine mesure seulement. Difficile à capter, à médiatiser, à «humaniser» du point de vue audiovisuel, le théâtre ne fait plus le poids dans l'univers médiatique même si les médias sociaux ont laissé croire un moment que les communautés numériques allaient pouvoir lui être favorables par leur capacité de fédérer un certain nombre de fidèles autour d'une activité commune. L'illusion est bien vite passée, puisque comme tout média, les réseaux sociaux contribuent avant tout à leur propre promotion, que les médias traditionnels, de peur d'être dépassés, ne cessent de relayer, creusant ainsi leur propre tombe.

C'est là le premier paragraphe de l'article - dont le titre coiffe ce billet - d'Hervé Guay paru dans le (désespérant!) dossier Horizon incertain du théâtre québécois du dernier numéro (été 2013) de la revue Spirale. Il donne le ton au reste de l'article... au reste du dossier.

Le théâtre, au Québec (que d'aucuns ramènent aux seules capitale et métropole...), gémit dans un concert de récriminations duquel émergent quelques voix fortes (évidemment grand'centristes!) qui réclament une révision en profondeur du mode de fonctionnement, du mode de financement...

Le théâtre, au Québec, gronde.

Le théâtre, au Québec, craque.

Devant ce dossier qui réunit plusieurs personnes (Gilbert David, Yves Jubinville, Sylvain Bélanger, Raymond Cloutier, Jean-Frédéric Messier, Patrice et Frédéric Dubois, Brigitte Haentjens, Anne-Marie Olivier, Christian Lapointe et bien d'autres), le praticien en région éloignée sera définitivement partagé entre un profond découragement et une vertigineuse désillusion... et une envie de se battre et de joindre aussi ce mouvement de révolte...

Pour revenir à l'article de M. Guay...

Il termine en parlant des blogues: Au Québec, les blogues sur le théâtre n'ont guère pris la relève des hebdos culturels disparus. Dans le site Toutlemondeenblogue, on recence 64 blogues voués aux arts et à la culture. De ce nombre, aucun n'est consacré au théâtre. Deux voix font exception. L'une, Gaétan Charlebois, s'est recyclée après son départ du Mirror et du Hour, en fondant un blogue dont le mandat, très large, est annoncé dans son intitulé (The Charlebois Post-Canada. We are Canadian Theatre). L'autre est originale, Yves Rousseau par le truchement de son blogue (lequatrième.com) se présentant comme «Un point de vue indépendant sur le théâtre». En somme, les blogueurs ne se bousculent pas au portillon pour parler d'art dramatique [...].

vendredi 30 août 2013

À la chandelle...


La chandelle (à ne pas confondre, comme je le fais avec l'illustration, avec la bougie!) a eu une incidence importante sur le théâtre... ne serait-ce parce qu'elle a permis aux acteurs de jouer tout en se faisant voir de la salle! Mais plus encore... tel que l'indique Agnès Pierron dans son Dictionnaire de la langue du théâtre:

Chandelle: Composée d'une mèche brûlant dans un récipient contenant un mélange d'huile et de suif, la chandelle, jusqu'en 1720, sert d'éclairage. Elle dégage une fumée noire et âcre, peu agréable pour les acteurs. La rumeur a d'ailleurs attribué la mort de Molière aux inconvénients des chandelles.

Elles n'entrent pas seulement dans l'histoire des curiosités théâtrales. Elles ont eu des conséquences directes sur le rythme d'un spectacle. [Note de moi-même: la durée d'un acte était déterminée par la durée de combustion de ces dites chandelles...] On leur doit les intermèdes, et surtout les entractes. Aux XVIIième siècle, le moucheur de chandelles est un véritable acteur que le public applaudit ou siffle, selon sa plus grande habileté à empêcher la fumée et à remplacer les mèches. Les plus experts se retrouvaient à l'Opéra. Le remplacement des chandelles par des bougies a représenté un grand progrès.

Un spectacle à la chandelle a quelque chose d'intriguant et de fascinant... Alexandre Nadeau, dans le cadre d'une Carte Blanche des Têtes Heureuses, en 2002 (?) s'était lancé das un spectacle sans électricité, Boîtes de conserve, chandelles et fin du monde, avec tout un système de poulies et de bougies pour créer des effets... 

jeudi 29 août 2013

Le TNM réagit, en conférence de presse, aux coupures du Conseil des arts du Canada pour le théâtre...

ATTENDU QUE :
Le Conseil des arts du Canada, tenu de composer avec la politique du gouvernement conservateur de resserrer les budgets voués à la culture, a procédé récemment à des coupures importantes de subventions pour les compagnies de théâtre dans le but d’assurer une plus grande distribution des fonds publics et ce, malgré les vives protestations de plusieurs acteurs du milieu théâtral québécois ;

ATTENDU QUE :
Plusieurs compagnies touchées par ces réductions se voient dans l’obligation d’exercer une pression indue sur leurs revenus autonomes (billetterie et financement privé) pour continuer à rencontrer les critères d’excellence artistique qu’elles se sont fixés en plus de maintenir l’emploi culturel dont elles assument la responsabilité et de viser une plus grande démocratisation de l’art notamment auprès du jeune auditoire ;

ATTENDU QUE :
Les nombreuses prises de parole de plusieurs intervenants du milieu culturel n’ont trouvé aucun écho auprès des représentants du gouvernement conservateur pour défendre la nécessité de la culture et son accessibilité comme valeurs essentielles du développement de notre société ;

ATTENDU QUE :
Les artistes et artisans qui ont fait partie des comités d’évaluation se sont trouvés en porte-à-faux entre les politiques du Conseil des arts du Canada et les besoins des artistes en acceptant d’affamer des compagnies pour en nourrir d’autres, ce qui n’a pour conséquence que de diviser un milieu fragilisé par le manque de financement et de générer un climat malsain au sein de la pratique théâtrale ;

ATTENDU QUE :
Il est scandaleux que ce soit les artistes engagés par les compagnies qui se trouvent à faire les frais du manque de moyens financiers de celles-ci par leur chômage et leur maigre reconnaissance salariale ;

NOUS, MEMBRES DE L’ÉQUIPE DU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE
Croyons qu’il est de notre devoir de réagir concrètement à ce que nous considérons comme une volonté de la part du gouvernement fédéral de censurer les artistes en les privant de l’argent nécessaire à l’expression de leur art et en privant le public de cette connaissance essentielle à son développement intellectuel et à son ouverture sur le monde en proposant les actions suivantes :

1- Aller faire du théâtre à Ottawa
Le TNM et sa direction artistique s’engagent à créer un court spectacle avec des acteurs importants du milieu et de le présenter sur la colline parlementaire à Ottawa lorsque la Chambre des communes est en session.

2- Réserver deux fauteuils au TNM
Le TNM et sa direction artistique réserveront d’office deux fauteuils à madame Shelly Glover, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, les soirs de grande première. Sera inscrit sur ces fauteuils, la mention : Réservé à la ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles. Si absence il y a, cette dernière sera mentionnée tous les soirs de première par la direction artistique du TNM.

3- Plus de fonds au Conseil des arts du Canada
Le TNM et sa direction artistique demandent au gouvernement fédéral d’augmenter substantiellement le budget du Conseil des arts du Canada et ce, dès l’annonce du budget 2014 afin de revoir à la hausse les subventions des compagnies qui ont subi des réductions pour les quatre prochaines années. Si cette hausse ne devait pas être accordée, nous nous engageons à faire les pressions nécessaires auprès du gouvernement québécois afin que les fonds canadiens alloués à la culture soient rapatriés au Québec afin de permettre une distribution juste et équitable.

4- Conclusion
Le TNM et sa direction artistique n’entendent pas faire cavalier seul et espèrent par ces mesures créer un mouvement de solidarité au sein du milieu théâtral pour que d’autres actions soient mises en œuvre pour une plus grande reconnaissance de l’art et la culture au sein de l’appareillage politique fédéral.

Lorraine Pintal
Directrice artistique et générale
Théâtre du Nouveau Monde

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Pour d'autres détails, il sera bon de consulter cet article paru sur Cyberpresse... 

La Rubrique se lance!


J'étais au lancement de la programmation 2013-2014 du Théâtre La Rubrique, hier soir, à la Salle Pierrette-Gaudreault... sa trente-cinquième!... comme une trentaine d'autres curieux.

Une autre programmation costaude (toute ici) pour la compagnie jonquiéroise.

À commencer d'abord par sa production maison (en co-production avec le Théâtre du Trillium d'Ottawa), Les Mains de Jonathan, premier texte dramatique du romancier et poète (et ex-rédacteur en chef du Voir Saguenay-Alma et ex-directeur des communications de La Rubrique) Jean-François Caron, un auteur à l'écriture toute aussi fine que solide. Bien hâte de voir ce que ça donnera sur scène!

La compagnie recevra, par ailleurs, une douzaine d'autres spectacles dont mes coups de coeur (sur présentation d'extraits!) sont:

  • Moi, dans les ruines rouges du siècle, une production adulte des Trois Tigres Tristes sur un texte et une mise en scène d'Olivier Kemeid qui nous ramène dans une Union Soviétique au bord de l'éclatement;
  • Clip!, un spectacle jeune public (4-8 ans) qui met en scène un vieil employé de théâtre qui s'amuse sur la scène dans un jeu très physique, quasi chaplinesque;
  • L'Oubliette, encore un spectacle jeune public (7-11 ans) qui allie jeu, acrobatie et danse dans un univers carcéral déjanté.

Daniel Côté traite d'ailleurs de ce lancement (et du soutien financier supplémentaire octroyé par la Ville) dans l'édition du jour du Quotidien (ici).