lundi 8 février 2021

L'avenir du théâtre canadien... par L.-O. David


Laurent-Olivier David (le père du politien Athanase David, l'arrière grand-père de François, Hélène et Charle-Philippe David, figures connues du monde politique et médiatique), politicien, journaliste et historien, avait une opinion assez tranchée (et de son époque) sur le théâtre: 

Un bon théâtre est une école de de beau langage et de bonnes manières, une source de nobles inspirations, un élément puissant de civilisation.

Un mauvais théâtre, un théâtre immoral, est une source empoisonnée de sentiments et de pensées funestes, un élément de démoralisation dont l'histoire constate les résultats déplorables.

[...]

Or, il est incontestable que c'est de nos jours le théâtre à la mode dans les centres les plus brillants mais les moins vertueux pour ne pas dire plus. C'est le fruit défendu avec toutes ses séductions les plus attrayantes, avec les tentations les plus dangereuses pour l'esprit, pour le coeur et les sens.

Je le redoute ce théâtre pour notre société; pour la conservation de nos traditions religieuses, nationales et morales. Le théâtre affine et police l'esprit, dit-on, c'est vrai, mais je préfère que notre population ait un peu moins d'esprit et plus de morale, moins d'éclat et plus de vertu.

Plus je vieillis plus je m'aperçois que le roman et théâtre moderne, ne feront pas des générations futures ce qu'étaient nos ancêtres, un peuple fort, capable de tous les dévouements, de tous les sacrifices.

Ce beau petit morceau de littérature est paru dans l'Annuaire Théâtral de 1909.

dimanche 7 février 2021

Alors cette «Face cachée de la Lune»?

 

C'était présenté comme étant un événement théâtral: la présentation, sur différentes plateformes, de la pièce La Face cachée de la Lune de Robert Lepage en direct du Diamant, à Québec. Et pour l'occasion, le créateur et comédien des quelques cent premières représentations remonterait sur scène, en compagnie de Yves Jacques,  celui qui l'a remplacé depuis des années pour quelques trois cent autres soirées!

Les attentes étaient élevées pour plusieurs (après tout, Lepage n'est-il pas une sommité du théâtre technologique...)... et les déceptions nombreuses (après tout, Lepage n'est-il pas etc.), si je me fie aux nombreux commentaires pendant et après la diffusion: des nombreux problèmes techniques qui semblent avoir touchés les spectateurs jusqu'aux «ça manque de vie», «le rythme est brisé», «ce n'est pas aussi spectaculaire qu'en salle», «le théâtre c'est de l'art vivant», «la présence manque»... «ce n'est pas ça le théâtre!».

D'une part, j'ai particulièrement apprécié pouvoir voir ce spectacle (que je n'avais encore jamais vu), apprécié goûter l'ingéniosité du metteur en scène, sa façon quasi cinématographique d'aborder la scène, son intégration des technologies, sa construction dramaturgique.

Maintenant, qu'est-ce que j'ai vu hier? Du théâtre! Du théâtre qui cherche un moyen de se faire. Du théâtre autre. Car si la pandémie est éprouvante pour le milieu des arts vivants, elle lui aura donné un sacré coup de pied pour tenter de s'approprier de nouvelles façons de se diffuser. Et en cela, c'est admirable.

Donc hier soir, il y avait bel et bien, peu importe comment on tourne la question, rendez-vous, expérience commune, présence simultanée des comédiens dans un même lieu... ou une même plateforme. Il y a avait là une vraie expérience théâtrale. Les codes étaient théâtraux, avec toutes les conventions amenées par Lepage. Le rapport à l'espace. Le rapport à l'objet. Le rapport à l'esthétique général. Tout était théâtral. Le rapport à la scène était théâtral. Du moins, du côté du Diamant... dans sa salle vide.

Du côté des spectateurs, c'était, en quelque sorte, la même chose: rendez-vous, expérience de groupe, code théâtraux, etc... mais sur un autre mode de rencontre.  Ni simple retransmission. Ni télé-théâtre. Du théâtre autre

Les paramètres de la diffusion par voie numérique, avec ses forces et faiblesses, ont accentué ainsi les forces et faiblesses du théâtre. Bien sûr, on pourra questionner l'absence de l'effet de présence, d'autant que les regards des comédiens n'étaient jamais directement braqués sur les caméras, amoindrissant du coup l'effet d'être les interlocuteurs principaux. Bien sûr, on pourra questionner le fait que ces mêmes caméras, par les changements de plans fréquents, affectaient le rythme (je ne parlerai pas ici des publicités qui n'auraient pas dû trouver un chemin jusqu'à ce projet); affectaient la perception en retirant la possibilité d'avoir une vue globale, imposant un point de vue unique; affectaient le plaisir du spectacle. Bien sûr, on pourra - pour ceux qui ont pu voir la pièce en salle - comparer les deux versions avec une nette préférence pour la première.

Était-ce donc du théâtre? Oui. Du théâtre autre. Imparfait. Toujours en quête de la plus efficace des diffusions pour toucher le plus grand nombre de personnes. Plein de promesses. Comme il a toujours fait avec les différents médias qui sont apparus au fil des décennies. 

Moi, encore une fois, j'ai adoré pouvoir assister (sans aucun problème de connexion, chanceux que je suis!) à ce spectacle. Mon événement annoncé, je l'ai eu. Et je crois profondément que le théâtre a, dans ces expériences de toutes sortes, une exceptionnelle voie de démocratisation (comme le furent, en leur temps, la radio et la télé) et qu'il n'y perdra jamais son âme. 

samedi 6 février 2021

Ah... ce théâtre du début du vingtième siècle...

Dans l'histoire du théâtre québécois, la période du début du vingtième siècle (1900-1930) voit une intensification inouïe de l'activité théâtrale dans les grands centres que sont Montréal et Québec. De nombreuses troupes sont créées. Plusieurs deviendront de véritables objets d'attractions populaires alors que d'autres seront plus qu'éphémères, le temps d'une seule saison, d'une tournée, soldée par une faillite ou une guerre intestine. Les artistes passent donc de l'une à l'autre, apprennent leur métier sur le tas en pratiquant le théâtre à la chaîne, en changeant de pièce à chaque semaine, donnant près d'une dizaine de représentations chaque fois. C'est donc dire le rythme effréné de travail... et en même temps, la réduction de celui-ci au minimum pour donner une nouvelle première à tous les sept jours!

C'est aussi l'époque de l'âge d'or du burlesque et du mélodrame, venus des États-Unis et de l'Europe par le biais de grandes tournées

Bref, ça bouge. Le théâtre est hyperactif.

Mais de plus en plus, des intellectuels s'élèvent contre cette façon de faire de théâtre, contre sa médiocrité... Des penseurs appellent à une véritable professionnalisation du théâtre au Québec avec ce que ça implique de formation (quasi inexistante), de répertoire (plutôt faible dans l'ensemble), d'infrastructure nationale (qu'on rêve calquée sur le modèle de la Comédie-Française). 


Cet article date de 1920, paru dans l'édition du 3 janvier du journal L'Autorité. Mais ils faudra encore la venue de Jean Béraud, du Père Émile Legault et de Gratien Gélinas pour que les choses changent. 

Le plus dommage, dans cette (juste!) professionnalisation à venir, c'est qu'elle va quand même gommer cette fabuleuse période qui n'aura plus jamais d'équivalent... la reléguer dans un Moyen-Âge théâtral barbare immérité. 
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J'ai déjà donné, le 12 décembre dernier, quelques extraits du livre mentionné en début d'article, Comédiens et Amateurs - Les dessous du théâtre.


mercredi 3 février 2021

Les principes meyerholdiens - révision!

Portrait de Vsevolod Meyerhold (cubisme), Nikolaï Kulbin, 1913

Portrait de Vsevolod Meyerhold (expressionnisme), Nikolaï Kulbin, 1913

Je me suis longtemps référé à Meyerhold pour expliquer ma vision du théâtre, ma façon d'aborder les textes, la mise en scène, les répétitions, le jeu, la scène... et je le fais encore tant je trouve son oeuvre inspirante, d'une richesse inouìe. Je suis un fan fervent!

Voici une brève synthèse qui me semble éclairante, tirée de l'Introduction aux grandes théories du Théâtre, par Jean-Jacques Roubine, publié en 1990, chez Bordas.

[...] Récusant le point de vue de son maître Stanislawski, il refuse d'enfermer le théâtre dans le mimétisme imposé par la tradition naturaliste. La virtuosité du geste et du corps, l'acrobatie deviennent, au détriment de la «récitation» et de la «déclamation», les outils essentiels de la représentation meyerholdienne.

De même le décor se transforme-t-il en «dispositif scénique» en ce sens qu'il cesse d'être la réplique plus ou moins exacte d'un modèle découpé dans la réalité. Il devient pure structure, architecture abstraite offrant des points d'appui et tremplins aux corps des acteurs. Bref, non plus une image, mais une machine à jouer qui ranime toutes les dimensions de l'espace.

Le costume connaît la même mutation. [...]

Les techniques de jeu découlent des principes de la biomécanique, d'une théorie qui - son nom le suggère - s'intéresse à l'acteur comme à une machine vivante. Sont exclus l'interprétation psychologisante, le «revivre» stanislawskien qui exigeait que l'acteur recherchât au tréfonds de sa mémoire le souvenir d'une émotion homologue de celle qu'il a à représenter. [...]

Le modèle meyerholdien oscille entre un besoin de dépouillement, un désir de nudité, de pureté qui visent à ramener le théâtre à son noyau fondateur (l'acteur) et un foisonnement baroque n'hésitant pas à mobiliser toutes sortes de techniques mises au service de cette exploration de la théâtralité. Les comédiens ne sont pas enfermés dans un rôle unique. Ils peuvent même figurer des éléments inanimés. C'est le principe du montage, la règle de l'hétérogénéité, une esthétique de la rupture conjuguant les techniques les plus diverses, pantomimes, guignol, music-hall, clownerie... 

C'est là, en quelques mots simples, tout ce qui m'intéresse au théâtre!

(Ce billet marquera le cap des 600 000 pages consultées sur ce blogue, depuis son ouverture en 2008... après la perte du premier - d'où le II dans le nom - ouvert, lui, en 2007).

lundi 1 février 2021

Des acteurs comme des oiseaux...

 

Une troupe d'oiseaux de passage ne regarde pas ceux qui tombent en volant,
mais continue sa route avec le vent.
Une troupe d'acteurs lui est pareille;
elle ne s'arrête pas à voir ceux qui se brisent
ni ceux qui ne peuvent plus voler;
elle continue sans pitié.
Tout est pour elle dans l'instant présent.

C'est par cet extrait d'Alfred de Musset que débute le bouquin sur la vie de Marie Dorval dont j'ai parlé il y a quelques jours.  Je trouve ça très beau... quoiqu'un peu triste comme vision du monde théâtral...

dimanche 31 janvier 2021

Le cinéma menace-t-il le théâtre?

   

Cette question a été posée le 22 novembre 1931, dans le journal L'Autorité... Il faut dire que depuis toujours, on a l'habitude d'élever rapidement la stèle funéraire du théâtre sur le riche terreau des nouvelles technologies... que ce soit le phonographe, la radio, le cinéma, la télévision, le numérique. 



samedi 30 janvier 2021

Marie Dorval - Grandeur et Misère d'une actrice romantique


Marie Dorval (1798-1849) fait partie de ces grandes figures féminines qui régnèrent, à un temps ou un autre, sur le théâtre.

Elle est connue comme étant une des grandes actrices des théâtres du boulevard du Crime (et du coup, du mélodrame), partenaire idéale de Frédéric Lemaître. Puis elle se retrouve sur la scène de la Comédie-Française pour devenir l'égérie du drame romantique, étant de la création de grandes oeuvres d'Alfred de Vigny (dont elle est la maîtresse) et de Victor Hugo. 

Mais comme toute bonne histoire, sa passion pour le théâtre la fragilise... sa passion pour ses amours la blesse... sa passion pour ses enfant et son petit-fils malade la détruit. À la mort de ce dernier, elle sombre dans la folie. Elle finit complètement ruinée, quasi oubliée de la population, dans l'ombre de ses triomphes. Seule. 


Tous les auteurs qu'elle a joué, ses partenaires de scène, ont contribué financièrement à ses obsèques, sa sépulture, sa succession (pour ses enfants)... mais les tribulations continuèrent alors que la concession temporaire ne put être renouvelée et que cinq ans plus tard, sa dépouille dût être déplacée. 

Vraiment, un personnage tout aussi pathétique que fascinant. 


Si j'en parle un peu ce matin, c'est qu'étant compulsif sur l'achat de bouquins sur le théâtre, je viens tout récemment de recevoir cette biographie, parue en 1989. Ce sera donc une prochaine lecture qui s'annonce fort passionnante.

dimanche 24 janvier 2021

Le plaisir du mélodrame!

L'effet du mélodrame, Louis-Léopold Boilly, 1830

Ce weekend, je me suis (re)lancé dans la lecture compulsive de textes extraits d'un genre particulièrement aimé en cette première moitié du XIXe siècle: le mélodrame, règne de la douleur et de la misère, d'un pathos assumé et cliché. Orphelin-e-s, faillites, amours contrariées, trahisons, reniements, malédictions... dans ces pages, le destin n'a qu'un but: s'acharner sur le ou la pauvre protagoniste principal. Les situations, manichéennes sous un vernis plus souvent qu'autrement aristocratiques, sont rocambolesques.On y reçoit des révélations affreuses. On y meurt d'un évanouissement. On y découvre par hasard famille et fortune. On y accède enfin à une fin heureuse (même si parfois, c'est la Mort qui attend au détour) après avoir passé une heure de malheurs en malheurs! De quoi attaquer durement la santé mentale de quiconque... sauf au théâtre!

Les spectateurs y accourent pour s'émouvoir et s'épancher dans la pitié pour ces êtres et ces histoires finalement construits sur des canevas éprouvés et repris en de multiples variantes!

Ce sont là, en quelques sortes, les ancêtres des soaps et des téléfilms (notamment ceux de la collection Hallmark). Prévisibles. Truffés de bons sentiments. 

Mais ô combien amusants avec le recul!

Voici les quelques textes que j'ai lus:
  • Le Mont Sauvage ou Le solitaire de René-Charles Guilbert de Pixérécourt (l'un des dramaturges les plus populaires de son époque, considéré comme le père du genre, avec ses pièces jouées des milliers de fois - on avance même le chiffre difficile à croire de 30 000 - entre 1800 et 1830)
  • Edmond ou Imprudence et perfidie de Laurent
  • Saphira ou L'Épouse d'un jour de Philippe-Jacques de Laroche de Letoile
  • La morte vivante de Louis-Charles Caigniez
  • La fille coupable et repentante de E. Varez
En voici d'autres que je me promets de lire sous peu:
  • Nelly ou La fille bannie de Laqueyrie
  • La fille adoptive ou Les deux mères de Caigniez
  • L'honneur ou l'échafaud de Hubert Haddot
  • Jules ou Le toit paternel de Hubert Haddot... 
Il y a là une riche matière... avec des dizaines et des dizaines de dizaines d'oeuvres oubliées (parce que  oui, la valeur littéraire est quelque peu discutable et parce que le genre devient vite redondant), d'auteurs obscurs aujourd'hui qui ont pourtant ardemment brillé en leur temps. 

Il ne m'en faut guère plus pour que la machine à projets s'emballe! 

samedi 23 janvier 2021

Les avantages du radio-théâtre!

Les méthodes alternatives pour diffuser du théâtre n'ont pas que des inconvénients... comme en fait foi ce petit encadré paru dans la revue Le Samedi en ce 19 août 1922!


 

mercredi 20 janvier 2021

En route pour une nouvelle production.

Cet hiver, je suis le titulaire de la charge de cours 7THE505 à l'UQAC... soit le cours Création théâtrale (six crédits) où un metteur en scène fait une production avec les étudiants. Pour ma part, ils seront six. 

Et voici la proposition que j'ai faite et à partir de laquelle nous travaillerons:

Drôle d’époque que la nôtre. Les changements climatiques, la pandémie et sa radicalisation qui rejette la science, les problèmes mentaux, les soubresauts politiques, la violence partout… tout concourt à générer de l’angoisse, voire même, parfois, de la terreur. 

Dans le cadre de la création théâtrale, je compte mettre ces sentiments en parallèle avec un genre spécialisé du théâtre : le Grand-Guignol. Spécialisé parce qu’il cristallise l’angoisse de son époque (la fin du XIXe et le début du XXe siècle) et porte, en lui-même, les mêmes craintes que nous pouvons reconnaître : la peur des éléments de la nature, des savants, de la folie, des dirigeants, de la cruauté humaine. Il exploite délibérément toutes ces ficelles pour établir ses propres codes qui feront la part belle aux extrêmes et à la sensualité. 

Ce sera donc une plongée dans un répertoire quasi oublié, parfois méprisé dont l’unique objectif était de susciter des émotions fortes, de faire ressentir les effets de la peur! Un peu un ancêtre des films de séries B, rempli d’hémoglobine, d’effets spéciaux… 


Plus précisément, nous travaillerons sur un texte d'André de Lorde (une adaptation d'une nouvelle d'Edgar Allan Poe), Le système du docteur Goudron et du Professeur Plume, et sur un ou deux autres petits textes.

Et le contexte actuel? 

Le cours se donnera en personne - presque un luxe! -, dans ce laboratoire qu'est le Petit Théâtre. La distanciation est de mise. Et assumée comme outil de tension. La diffusion devra se faire en fonction du web. Et là se posera le véritable défi de ce projet. Comment surpasser la simple captation? Augmenter le potentiel de cette diffusion?

L'exploration sera de mise! Pourtant, quelques pistes sont déjà établies...

L’une des caractéristiques essentielles de ce type particulier de théâtre est de placer le spectateur sur le qui-vive, dans une position de voyeur, dans un jeu constant de dissimulation et de monstration... dans de fréquentes bascules de points de vue.

La création de cette année  jouera à fond sur ce point et intégrera, à la mise en scène, tout un jeu de caméras subjectives portées par les interprètes qui permettra à des spectateurs-webs, sur une plateforme à définir, d’avoir accès à tous ces points de vues, et de passer de l'un à l'autre au gré de leur intérêt. Si le contexte le permet, des spectateurs pourront être intégrés dans le lieu même.

Du coup, cette production se fera sur un mode éminemment immersif. 

Tel est le projet à venir! Rendez-vous à la fin d'avril! 

mardi 19 janvier 2021

L'essence du théâtre

Adrienne Lecouvreur de Scribe, Alexandre Taïrov, 1919

Dois-je dire qu'au théâtre l'essentiel c'est l'Acteur, que le théâtre a connu, dans son histoire, de longues périodes où il existait sans pièces, où il se passait de tout décor, mais qu'il n'y eut aucune époque où il fût sans acteur?

[...] S'il en est ainsi, si l'essence du théâtre réside dans l'acteur, il ne fait aucun doute que l'évolution du théâtre et sa situation se trouvent dépendre directement de celles de l'art de l'acteur à un moment donné et que les périodes d'essor et d'épanouissement de la maîtrise de l'acteur, les époques de déclin et de crise du premier, avec les époques de décadence de la seconde.

Tiré du bouquin Le théâtre libéré d'Alexandre Taïrov (p. 29), publié en 1974 aux Éditions L'Âge d'Homme - La Cité.

Taïrov n'est pas particulièrement cher à mon coeur... je n'adhère pas beaucoup à ses vues théâtrales... mais il reste qu'il dit quand même parfois des choses intéressantes!

lundi 18 janvier 2021

Quand une technologie en supplante une autre...

Ah, la technologie... Et à chaque fois, la technologie du jour (notamment la radio et le cinéma) est décriée comme une menace au théâtre. Et parfois, comme une ouverture à prendre... comme le fait ce petit article suivant, tiré de L'Avenir du Nord du 14 février 1936, qui voit, dans l'arrivée promise de la télévision, un potentiel de développement à ne pas rater!