Le journal La Presse du 15 mars 1933 rapporte le point de vue du professeur René du Roure, de McGill, sur l'état rachitique (et historique!) du théâtre français à Montréal.
Et la faute en est imputée... au public!
Le journal La Presse du 15 mars 1933 rapporte le point de vue du professeur René du Roure, de McGill, sur l'état rachitique (et historique!) du théâtre français à Montréal.
Et la faute en est imputée... au public!
En ce 5 décembre 1929, Henri Letondal, comédien (qui ira tenter sa chance à Hollywood) et critique québécois, y va, dans La Presse, d'un vibrant plaidoyer pour le théâtre légitime et sa situation désastreuse dans la métropole qui n'a d'yeux que pour le burlesque venu des États-Unis.
C'est fort intéressant, ce qui est dit dans ce billet (dont j'ignore qui est l'auteur), publié dans le Télé-radiomonde du 11 novembre 1967. Je trouve qu'il relativise bien les choses.
En cette période où la véritable critique s'amenuise dans l'espace médiatique, c'est un peu un état de fait que de laisser le public se faire sa propre idée!
Pourquoi avoir choisi ce texte, comme théâtre d'été en 2021 (bon... il faut savoir que nous devions déjà la présenter l'an dernier... mais la suite pandémique nous a empêché d'entreprendre les répétitions!)?
La raison principale est toute simple: parce que c'est La Cantatrice Chauve! C'est une pièce que j'affectionne beaucoup depuis le cégep... que je trouve fort intéressante tant du point de vue littéraire que du point de vue scénique... que je connais aussi de l'intérieur pour l'avoir déjà travaillé, dans un autre contexte, en 2006.
Mais plusieurs autres raisons ont consolidé ce choix.
D'abord, parce qu'il s'agit de l'un des plus grands chefs-d'œuvre dramatiques du XXième siècle. Une pièce phare dans l'histoire universelle du théâtre avec son histoire rocambolesque (processus d'écriture d'après la méthode Assimil, incompréhension du public lors de la création, présentation sans discontinuer depuis 1952 au Théâtre de la Huchette).
Son épithète de chef-d'oeuvre, La Cantatrice le tient aussi du fait que plusieurs productions se sont enchaînées (dont ici au SLSJ) que plusieurs cohortes d'étudiants l'ont vue en classe... et que du coup, de nombreuses scènes et répliques sont connues: «Tiens, il est neuf heures» et l'omniprésence de la pendule, les Bobby Watson, les anecdotes dont celle du rhume, «comme c'est étrange, curieux et quelle coïncidence», «prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux» etc... au point de vouloir tout remettre dans son contexte, d'en donner notre propre version de l'intégral!
Puis parce que c'est la première pièce d'Eugène Ionesco, immense dramaturge - et théoricien à son heure - qui donnera de nombreuses autres pièces marquantes: La leçon, Les chaises, Rhinocéros, Délire à deux (dont nous présenterons un bref extrait en prologue), Le roi se meurt et plusieurs autres. Pièce fondatrice, donc... comme un retour aux sources!
Qui plus est, elle est souvent considérée comme l'une des pièces majeures de ce théâtre de l'absurde qui se cristallise après la Seconde Guerre, qui met en scène l'existentielle angoisse liée à l'absurdité de la vie humaine dans un monde détraqué.
Pour toutes ces raisons, il allait de soit que ma compagnie, dédiée à l'exploration du répertoire et des différentes formes de théâtre, s'y frotterait un jour!
Bien sûr, nous l'abordons sous l'angle comique. Car bien que profondément minée de l'intérieur par le vide du langage qui pourrait fort bien la faire basculer dans un univers aliénant et obsédant, il n'en demeure pas moins que cette pièce recèle aussi une puissante charge ludique dont la vacuité assumée des discours peut faire échos, pour certains, à l'œuvre d'un Claude Meunier, par exemple!
Enfin.
Voici les raisons qui m'ont poussé à faire le saut avec toute mon équipe.
De quel peuple parle-t-on, dans ce petit article du journal L'Action Populaire du 7 janvier 1943? Du Canada-Français, bien sûr...! Peuple sain. Peuple saint, bien que soumis aux affres terribles de l'immoralité.