mardi 13 mai 2008
Le CLE fait encore des siennes...
dimanche 11 mai 2008
NONO [nouveau journal d'une mise en scène]
Que va-t-il rester de ces envies et souhaits artistiques? Rendez-vous en juillet pour le savoir...
jeudi 8 mai 2008
Réflexion esthétique
«Au bout du fil» de Évelyne de la Chenelière
Mise en scène: Dario Larouche
Théâtre Mic-Mac, 2004
Photographie: Christian Roberge
LE GROTESQUE
LE BAROQUE
On peut l'approcher à travers deux aspects caractéristiques : l'exaltation du mouvement et le jeu des apparences. [...] [L'art baroque a] le goût des contrastes, des surprises, des élévations et des chutes, qui peuvent composer un art du langage. Mais aussi dans ces mouvements du cœur que sont les émotions, les passions; l'inconstance est un thème baroque : qu'on pense à Don Juan dans les versions XVIIe siècle du personnage. - Et quant aux apparences, le théâtre est pour l'esprit baroque une ressource inépuisable : le monde est un théâtre sur lequel les hommes jouent; le trompe-l'œil règne, les décors apportent l'illusion, la vie est un songe; chacun porte un masque, et les travestissements de tous ne sont interrompus que par la mort, grande maîtresse et seule vérité, obsession de l'époque baroque. (http://www2.unil.ch/fra/HistLitt/Cours/XVI-XVII/16-8.Baroque.htm)
Puis viendrait probablement le temps où, mon discours oserait aller pointer le nez dans les méandres du Maniérisme... du Formalisme... du Chorégraphisme... qui finalement, pour faire simple, dénotent une recherche formelle, une souci permanent de la ligne et de la composition scénique, une quête du mouvement choral, de la fascination provoquée par la symbiose de corps interreliés par le jeu.
Bien que proches de ce que je fais, aucun de ces termes pourtant ne s'y collerait avec justesse...
lundi 5 mai 2008
Euh
Année: 1915
© nd
par Isabelle Labrie (ilabrie@lequotidien.com)
Parmi les points soulevés, il y a le manque de critiques de spectacles régionaux (Manque de rigueur artistique de ceux qui sont «de passage» serait plus juste. Souvent on a l'impression que le secteur culturel sert de rampe de lancement... ou de pis-allé. Rôles du critique (théâtral): rendre-compte d'un spectacle; étudier et réfléchir au sens, à la construction; constituer, en quelques sortes, une «mémoire du théâtre»; découvrir. ) et le traitement de l'information culturelle. Évidemment, ceux qui oeuvrent dans le milieu dans la région aimeraient que l'on parle davantage de ce qui se fait ici. Ils vont même jusqu'à dénoncer le fait que l'on fasse la critique du spectacle d'un artiste montréalais (En fait, ce n'est pas tant le fait de parler d'un artiste montréalais qui fait tiquer le milieu, mais bien l'espace qu'on lui accorde... Souvent, ce même artiste peut être le sujet de 2 pages pleines déclinées en 4 articles... alors que l'on sait l'espace limitée... et que d'autres événements sont passés sous silence faute de place.), mais qu'on ne fasse pas à tous les coups un pré-papier pour annoncer la tenue d'un événement régional. Ils trouvent aussi dommage qu'il n'y ait pas davantage d'espace dans les pages de journaux pour ce genre d'information. (Moi, si on prend par exemple Le Progrès-Dimanche, je déplore le manque d'espace, oui... mais surtout l'envahissement de la section culurelle par les horaires-télé... et le fait d'accorder deux pages pleines à un chien!)
Difficile d'en vouloir aux gens qui mettent énergie, coeur et émotions à faire connaître leur production, et de toujours souhaiter davantage de visibilité. Les revendications sont la plupart du temps légitimes, ou à tout le moins compréhensibles. Quand on crée quelque chose, on a la fierté de le montrer et de vouloir en faire parler.
Mais là où le bât blesse, c'est quand les gens (On parle de qui au juste?) mélangent dans un même panier des sujets d'importances. (J'avoue, je ne comprends pas de quoi il est question. Que signifie cette phrase exactement?) C'est ainsi que promotion, publicité et articles journalistiques son logés allègrement à la même enseigne. Et c'est ainsi que le travail des médias, qu'ils soient écrits ou électroniques, est dénoncé de la même manière.
Le Progrès du Saguenay, avec les journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche, possèdent la salle de rédaction la plus importante au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour couvrir le monde artistique avec la présence de deux journalistes à temps plein, en plus de collaborateurs et d'un chroniqueur de livres qui publie un papier toutes les semaines. Personne dans la région ne met autant d'efforts dans ce domaine. (Nous le reconnaissons tous, je crois.) Certaines stations de radio et de télévision boudent même totalement ce créneau jugé pas assez «vendeur».
Au Quotidien et au Progrès-Dimanche, au contraire, il s'agit d'un domaine reconnu, qui bénéficie d'une attention soutenue et dont les sujets font régulièrement la Une. (Particulièrement s'il s'agit d'un artiste montréalais... je sais, c'est de la mauvaise foi... lol)
Évidemment, si on se compare à ce qui se fait dans les journaux des grands centres, force est de constater que les équipes sont plus imposantes et qu'il y a plus de pages réservées à la section des arts et spectacles. Mais les journaux sont plus gros en général et il y a donc davantage de pages dans toutes les sections.
En ce qui concerne le rôle du journaliste, il semble y avoir là aussi une certaine incompréhension et elle est très perceptible en arts. (!!!) Les journalistes ne sont pas là pour «annoncer» des événements (!!!): ça c'est le travail de la publicité. (Plusieurs artistes et compagnies n'ont pas les moyens de se payer une campagne publicitaire... parce que qui parle «publicité» parle inéluctablement «argent».) Ils sont là pour présenter des artistes par le biais de reportages; pour faire part de ce qui se passe par le biais de nouvelles (euh... je cite: «Les journalistes ne sont pas là pour annoncer des événements». Quelle est la nuance?) ; pour partager leurs impressions au moyen de critiques. (Mon avis sur la critique est connu... et je j'oserais affirmer encore une fois qu'il vaut mieux, dans ce cas-ci, parler de compte-rendu.)
Nous comprenons très bien que pour certains, le journal constitue un médium de choix pour lancer une invitation à la population et pour faire parler d'un événement. (D'ailleurs, merci... et vous le dites vous-mêmes, les stations de radio boudent le secteur culturel...) Nous nous y prêtons volontiers, avec bonne foi, autant que possible. Mais il demeurera toujours qu'en raison de la diversité de la vie culturelle régionale, il faudra faire des choix de couverture. (Et c'est normal... et justifiable!)
dimanche 4 mai 2008
LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène|... ÉPILOGUE
Définitivement, l'aventure robervaloise s'est terminée dans le plaisir et l'émotivité... dans la mesure où je sais me laisser aller à ce sentiment!
La dernière représentation n'a pas la même magie que la première. Elle ne revêt plus, en coulisse, la même fébrilité. Comme si, pour la première fois, la lucidité, la sensation de prendre son personnage pour un dernier tour de piste et le plaisir de se retrouver tous ensemble jusuq'à un prochain rendez-vous encore inconnu, teintent ce spectacle d'une douceur, d'une extrême sensibilité qui se ressent même dans le public.
Et pour moi, c'est le rôle ultime du spectateur... car demain, pas de notes. Pas de retour. Pas de changements. Ce soir de dernière, pas de stress... juste un pincement au coeur qui prend de l'ampleur au même rythme que passent les tableaux pour faire place au vide et à l'absence.
Bien sûr, ce n'est pas parfait. Mais qu'importe. C'est la soirée de la reconnaissance, de la fierté, de la camaraderie exacerbée par la fatigue et le deuil de cette production.
Et maintenant que tout est fini, vient le moment du bilan... Bilan qui durera plusieurs jours, plusieurs mois, voire plusieurs années.
Oui. Je dois l'admettre. Le Rire de la mer fut une production éprouvante à différents égards (de ce fait, cette production est sans doute porteuse d'innombrables richesses à découvrir...): météo affligeante, distribution d'envergure qui augemente la discipline, tensions de toutes sortes, gestion de stress ardue (temps de répétitions, boîtes et changements de décors) et angoisse personnelle propre à la mise en scène. La machine fut parfois très lourde à porter. De tous mes projets, probablement le plus difficile que j'aie fait. Celui qui m'a le plus fait douté...
Tout au long des représentations, et ce malgré les critiques louangeuses, j'ai eu l'impression de n'avoir pas su transmettre la passion du projet à toute l'équipe. D'avoir frappé un stade que je n'ai pas su surmonter. D'avoir, en quelques sortes, perdu un temps précieux à des moments stratégiques, de n'avoir pas su aller là où on aurait dû se rendre...
Et pourtant...
Le Rire de la mer a permis, en même temps, l'éclosion de moments magiques. De véritables minutes, heures, journées de plaisir, de fous rires, de comédie pure. Des surgissements de folies incontrôlés et incontrôlables. De bonne entente et de confidences... Des liens se sont tissés (et raffermis) avec les gens du Mic-Mac. Des amitiés se sont consolidées. Et la complicité a su encore s'établir pour nourrir la construction de ce spectacle. Le travail y a été exigeant... ce qui, paradoxalement, laisse un sentiment de devoir bien accompli... de réussite...
Et pour tout cela, je remercie profondément tous mes acteurs qui m'ont suivis (plusieurs parmi eux depuis près de quatre ans), tous mes concepteurs qui se sont évertués à être imaginatifs et à répondre aux moindres de mes désirs, tous les intervenants autour de cette production pour leur confiance, leur soutien et leur dévouement. Merci à tous ces gens du Théâtre Mic Mac de m'avoir permis une nouvelle fois de m'investir dans un grand et beau projet en leur fidèle compagnie. Oui. L'instant présent appartient encore aux sourires et aux souvenirs. Et puissent-ils le demeurer encore longtemps...
Probablement des gens se demanderont pourquoi cette musique... C'était la musique finale du spectacle, l'apothéose, pendant la construction (littérale) du théâtre d'Épidaure...
samedi 3 mai 2008
Regards interposés...
Il y a quelque temps déjà, j’inscrivais un commentaire suite à l’article de Yoyo du 15 avril 2008, intitulé Recherche d’emploi. J’y demandais comment on crée de la richesse dans le milieu du théâtre.
Cette question est d'autant plus pertinente que ce nouvel article auquel je réponds parle d'économie et fait entendre l'idée que, parce que différente, la réalité du milieu culturel régional ne peut s'inscrire à l'intérieur des balises plus nationales, pour ne pas dire plus métropolitaines, des programmes de soutien et associations de toutes sortes (d'Emploi-Québec à l'UDA, en passant, par exemple, par le CALQ).
Si cette différence est bien réelle, quelqu’un peut-il m’expliquer alors pourquoi les compagnies d’ici m’apparaissent s’inscrire presque toutes à l’intérieur de ces balises que les artistes et les artisans, individuellement, rejettent ? Je ne dis pas que nos compagnies doivent disparaître, au contraire : elles réunissent une somme importante et précieuse d’expériences et de connaissances que je respecte. Je demande seulement : pouvons-nous imaginer le fonctionnement du théâtre à Saguenay davantage en accord avec cette réalité singulière dont tout le monde parle constamment ?
Bon, j’en entends déjà certains dire « de quoi il se mêle, lui ? Il ne fait plus de théâtre, par quelle autorité ose-t-il parler… ». C’est vrai, je ne me considère plus comme étant un artiste. Je sais cependant ce qu’est l’être et je respecte infiniment cela. Je ne suis pas un artiste, mais, depuis 1991, je n’ai jamais cessé de m’intéresser au théâtre ; seulement, je ne l’envisage plus beaucoup dans ses aspects artistiques, je laisse ça à ceux qui en ont le talent, et il y en a beaucoup chez nous!
Cela dit, depuis huit ans, je regarde davantage le théâtre dans la région d’un regard historique, politique et économique. J’ai eu l’incroyable chance de travailler plus de deux ans au projet de sauvegarde des archives sonores de CBJ et d’entendre toute l’activité théâtrale des années 60 et 70. J’ai pu, par exemple, prendre connaissance de sa vitalité étonnante, au point de présenter devant salle comble, à l’Auditorium Dufour, pendant quatre soirs, un festival canadien de théâtre amateur.
En indexant ces archives, j’ai pu aussi entendre la naissance du théâtre professionnel à Saguenay : la création du théâtre la Rubrique, avec une mission sociale qui s’est passablement transformée avec les années, puis l’arrivée d’un programme de certificat en théâtre, à l’UQAC, et la constitution des Têtes heureuses. Bref, ces perspectives historiques m’apparaissaient si riches en enseignement que, depuis deux ans, le théâtre d’ici, de 1956 à nos jours, est devenu mon sujet de maîtrise en études et interventions régionales, pour laquelle j’entre en rédaction en 2009. J’ai joint également à cette maîtrise une particule en gestion des organisations afin de pouvoir envisager ces aspects en plus de l’histoire de notre théâtre régional. J’imagine que cela m’offre quelques compétences et je n’espère qu’une chose : en faire profiter les artistes et artisans de la région à court, moyen et long terme.
Ça me déchire de voir des talents s’arracher la vie, ou simplement abandonner. Ça m’attriste quand je vois des gens pleins de potentiel ne pouvoir l’exploiter à leur maximum, comme Yoyo, comme des dizaines d’autres d’ailleurs. Alors, j’ose rêver d’un Saguenay où toutes les salles de théâtre sont bondées comme pour un show des clowns noirs (le plus bel exemple de l’importance de s’inscrire symboliquement dans l’imaginaire de la ville, bravo !). J’imagine un milieu effervescent, où on retrouve encore plus d’artistes et d’artisans de la scène qu’actuellement, où l’offre de nouveaux spectacles est généreuse et permet l’émergence de nouveaux talents ET de plusieurs comédiens nationaux, d’auteurs, et de metteurs en scène rayonnant à travers le Québec et le monde.
Je vous propose alors ma vision. Ce n’est pas LA réalité du milieu théâtral ni LA solution. Si les deux existent, c’est collectivement, pas dans l’esprit d’un seul individu, ni dans la mission d’une seule compagnie. Je vous propose une vision qui est le fruit de mon analyse et où je ferai en sorte, après quelques digressions, que deux termes se rencontrent : amateur et professionnel.
En octobre 2006, je devenais administrateur du Théâtre 100 masques. Cette compagnie, dont la mission de base était alors le soutien à la relève, venait, depuis plus d’un an, de reprendre les activités pédagogiques abandonnées par l’Atelier de théâtre l’Eau vive. Cet aspect pédagogique m’intéressait vivement, car j’y voyais là un levier puissant de sensibilisation de notre collectivité au théâtre. J’y voyais aussi des possibilités de carrière d’appoint pour les artistes et artisans, un emploi régulier assorti d’un salaire décent qui leur permettrait de se concentrer sur des projets artistiques et d’envisager leur vie ici, sans être constamment aux abois financièrement.
Bien que j’y ai découvert une compagnie en piteux état, qui est d’ailleurs actuellement sous respirateur, parasitée par sa mauvaise réputation professionnelle, cette vision pour l’enseignement du théâtre ne m’abandonne pas, au contraire.
Une de mes propositions, donc, pour créer de la richesse est la suivante : mettre en place une véritable structure professionnelle vouée à la formation théâtrale, gérée par des artistes et artisans du milieu ; construire un programme pédagogique à partir des compétences que les artistes veulent partager, une offre de service que le client peut lui aussi construire à la carte, selon ses besoins et ses attentes ; soutenir cette structure par une équipe de gestionnaires et d’administrateurs capable d’en baliser le développement, dès l’incorporation.
Quant aux clients, cette structure ne se contenterait pas des perspectives traditionnelles que sont les écoles et les services des loisirs. L’équipe de gestionnaires aurait également comme mandat de développer un produit pour les compagnies. Le but ultime serait la création d’un festival amateur annuel durant lequel on pourrait voir sur les planches, par exemple, les employés de Rio Tinto – Alcan, de Bell Canada, du Complexe hospitalier de la Sagamie, des restaurants Saint-Hubert de Saguenay, du Cégep de Jonquière, de la base de Bagotville, et cetera.
Redonner le droit au théâtre aux citoyens de Saguenay permettrait peut-être le retour de l’intérêt porté pour la discipline dans les années 60 et 70. Ce genre de manifestation aurait comme principal impact de réintroduire de façon significative le théâtre dans l’univers symbolique régional.
Imaginons maintenant qu’on mélange les deux : le talent dit naturel, mis en lumière, par exemple, dans le spectacle des travailleurs sociaux du CLSC de Chicoutimi, donnant la réplique à Marie Villeneuve, où encore une expérimentation du théâtre CRI avec 15 retraités d’Abitibi Consolidated ? Ne voyez-vous pas, comme moi, des salles pleines, une demande plus forte, des artistes et des artisans qui peuvent se développer pleinement ?
J’ai parlé un peu plus tôt du Théâtre du Faux-coffre. Au-delà de leur travail artistique, ce qui me fascine chez eux, c’est leur capacité à s’inscrire dans le tissu urbain, à devenir des personnages emblématiques auxquels une cohorte s’identifie, et à faire partie d’un imaginaire collectif qui dépasse le milieu du théâtre et son habituelle clientèle.
Ma proposition – qui n’a rien d’artistique – ne vise que cela : faire en sorte que l’ensemble des citoyens de Saguenay se sent aussi concerné par le théâtre que par son équipe de hockey junior majeur, que ses artistes et artisans soient supportés par lui, et que cette réalité singulière du monde du théâtre dont on se réclame depuis bientôt 30 ans ne soit plus nommée que par des gens de l’extérieur, jaloux de ce petit miracle économique et culturel.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
jeudi 1 mai 2008
LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène|... ÉPILOGUE
Définitivement, l'aventure robervaloise s'est terminée dans le plaisir et l'émotivité... dans la mesure où je sais me laisser aller à ce sentiment!
La dernière représentation n'a pas la même magie que la première. Elle ne revêt plus, en coulisse, la même fébrilité. Comme si, pour la première fois, la lucidité, la sensation de prendre son personnage pour un dernier tour de piste et le plaisir de se retrouver tous ensemble jusuq'à un prochain rendez-vous encore inconnu, teintent ce spectacle d'une douceur, d'une extrême sensibilité qui se ressent même dans le public.
Et pour moi, c'est le rôle ultime du spectateur... car demain, pas de notes. Pas de retour. Pas de changements. Ce soir de dernière, pas de stress... juste un pincement au coeur qui prend de l'ampleur au même rythme que passent les tableaux pour faire place au vide et à l'absence.
Bien sûr, ce n'est pas parfait. Mais qu'importe. C'est la soirée de la reconnaissance, de la fierté, de la camaraderie exacerbée par la fatigue et le deuil de cette production.
Et maintenant que tout est fini, vient le moment du bilan... Bilan qui durera plusieurs jours, plusieurs mois, voire plusieurs années.
Oui. Je dois l'admettre. Le Rire de la mer fut une production éprouvante à différents égards (de ce fait, cette production est sans doute porteuse d'innombrables richesses à découvrir...): météo affligeante, distribution d'envergure qui augemente la discipline, tensions de toutes sortes, gestion de stress ardue (temps de répétitions, boîtes et changements de décors) et angoisse personnelle propre à la mise en scène. La machine fut parfois très lourde à porter. De tous mes projets, probablement le plus difficile que j'aie fait. Celui qui m'a le plus fait douté...
Tout au long des représentations, et ce malgré les critiques louangeuses, j'ai eu l'impression de n'avoir pas su transmettre la passion du projet à toute l'équipe. D'avoir frappé un stade que je n'ai pas su surmonter. D'avoir, en quelques sortes, perdu un temps précieux à des moments stratégiques, de n'avoir pas su aller là où on aurait dû se rendre...
Et pourtant...
Le Rire de la mer a permis, en même temps, l'éclosion de moments magiques. De véritables minutes, heures, journées de plaisir, de fous rires, de comédie pure. Des surgissements de folies incontrôlés et incontrôlables. De bonne entente et de confidences... Des liens se sont tissés (et raffermis) avec les gens du Mic-Mac. Des amitiés se sont consolidées. Et la complicité a su encore s'établir pour nourrir la construction de ce spectacle. Le travail y a été exigeant... ce qui, paradoxalement, laisse un sentiment de devoir bien accompli... de réussite...
Et pour tout cela, je remercie profondément tous mes acteurs qui m'ont suivis (plusieurs parmi eux depuis près de quatre ans), tous mes concepteurs qui se sont évertués à être imaginatifs et à répondre aux moindres de mes désirs, tous les intervenants autour de cette production pour leur confiance, leur soutien et leur dévouement. Merci à tous ces gens du Théâtre Mic Mac de m'avoir permis une nouvelle fois de m'investir dans un grand et beau projet en leur fidèle compagnie. Oui. L'instant présent appartient encore aux sourires et aux souvenirs. Et puissent-ils le demeurer encore longtemps...
mercredi 30 avril 2008
L'éthique, c'est l'esthétique du dedans (Pierre Reverdy)
La réponse sera, bien entendu, laissée au point de vue du lecteur...
Et moi?
Alors l'éthique...
mardi 29 avril 2008
La Duse
samedi 26 avril 2008
LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène]
Au gré des représentations, Le Rire de la mer évolue... et je n'en fais pas partie (ou si peu)... C'est vivre avec l'impression de devoir abandonner (façon de parler peut-être un peu drastique, mais bon...) le travail au moment même où le travail des représentations commence (le véritable travail théâtral puisqu'il prend soudainement en compte le caractère essentiel du théâtre: faire acte de communication avec le public!). C'est de ne pouvoir apporter qu'un soutien bien lointain.
J'étais à nouveau assis dans la salle lors de la représentation d'hier. Et, regardant le spectacle, je prenais des notes sur ce que je pourrais changer, modifier, ajuster... Je me suis pris mentalement à refaire de nouvelles entrées chorales, à recréer une mise en place imaginaire, à redessiner les contours de certains personnages, à en redresser la ligne dramatique... Et c'est là que le bât blesse. Je n'aurai ni le temps, ni l'occasion de pouvoir passer aux actes... Ce besoin de rester en contact direct avec la production, de maintenir actif ce corps-à-corps créatif, se manifeste en vain: je ne peux faire ce genre de travail par échange de courriels ou par téléphone... Il faut une présence effective. Une présence à l'écoute et à l'affût de toutes propositions. Une présence qui n'est pas de passage. Et de la volonté!
Ma plus intime conviction théâtrale m'affirme avec force qu'un spectacle doit demeurer un chantier jusqu'à la dernière représentation... jamais il ne doit être considéré comme étant un produit fini. Jamais il ne peut être fini.
Malgré tout, hier soir, j'ai regardé avec plaisir mes comédiens s'évertuer (avec succès) à tenir le fort... et dans ces moments, la fierté (toute aussi narcissique puisse-t-elle être!) prend le dessus et remise alors (heureusement!) tout autre questionnement.
lundi 21 avril 2008
Superstitions théâtrales... 2
Chapeau sur un lit: Il n'est pas recommandé de poser un chapeau sur un lit (il y avait systématiquement un lit dans les couchonnerires), que ce soit sur la scène ou dans une loge d'artiste. En effet, il y a encore quelques années, les hommes portaient des chapeaux lors des enterrements, et on le retirait dans la chambre mortuaire pendant les derniers hommages au mort. Poser son chapeau sur son lit signifie donc que la mort n'est pas loin.
Faire les ciseaux: Se croiser sur une scène pour des acteurs; c'est un interdit dans une mise en scène. De même que le fait de croiser des couverts sur une table est considéré comme portant malheur, se croiser sur une scène est à éviter.
Dire «Lapin» en scène est aussi néfaste que dire «Corde»: L'interdit est le même sur un bateau: la lapin est un rongeur qui s'en prend aux cordages... Ah bon!
En voici une petite dernière (qui est sans explication pour le moment...):
Ne pas proposer trois sources lumineuses dans un décor.
jeudi 17 avril 2008
Comédien ou acteur?
Voici ce qu'en dit le très subjectif Wikipédia: L’acteur est celui qui met en acte, en action, le texte écrit par le dramaturge, et les situations organisées par le metteur en scène. C'est lui qui agit et donne la vie au personnage. Aujourd’hui, par l'influence de l’anglais, l'usage tend à réserver parfois le terme « acteur » aux interprètes de cinéma et le terme « comédien » aux interprètes de théâtre. Littéralement, le comédien est un acteur plus particulièrement spécialisé dans la comédie (κωμῳδία), de même que le tragédien est davantage spécialisé dans la tragédie (τραγῳδία). Toutefois, le terme de « comédien » recouvre surtout une notion d'état, de métier, tandis que celui d’« acteur » recouvre une notion de rôle, de fonction.
Bref, cet acteur que nous trouvons si bon est peut-être, en fait, un comédien...