Petite note de dernière minute: C'est ce soir la représentation ultime (saguenéenne!) d'Une maison face au nord au Théâtre La Rubrique... Avis aux intéressés!
samedi 14 février 2009
Et ces grenouilles?

S'est tenu, hier soir, au Patro de Jonquière, le spectacle improvisé d'une durée d'une heure justement titré À quoi se résume l'espérance dans la vie d'un batracien?.
Les cinq comédiens devaient enchaîner les trois tableaux prévus par le maître de jeu - moi! - dans la peau de scientifiques dévoilant les résultats d'une recherche mondiale en anthropologie prouvant que les grenouilles sont nos plus proches parentes émotionnelles... recherche en trois partie distincte (l'introduction, le développement et la synthèse):
Les cinq comédiens devaient enchaîner les trois tableaux prévus par le maître de jeu - moi! - dans la peau de scientifiques dévoilant les résultats d'une recherche mondiale en anthropologie prouvant que les grenouilles sont nos plus proches parentes émotionnelles... recherche en trois partie distincte (l'introduction, le développement et la synthèse):
- LA PETITE GRENOUILLE DIT AU CRAPAUD... CONTE PHILOSOPHIQUE [démonstration amphibienne];
- CUISSES DE GRENOUILLE ET AUTRES DÉTAILS [soliloques scientifico-culinaires];
- NOUS SOMMES TOUS DES GRENOUILLES [tableau muet avec quelques coassements].
En cas de blocage, les comédiens-improvisateurs pouvaient piger dans une boîte de propositions remplies par le public, relançant du coup l'action.
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Quelques remarques post-création...
Les propositions des comédiens ont été intéressantes. Il émanait de la scène une certaine cohérence... du moins, une magnifique écoute. Bien qu'il y eut des moments plats et que le thème général se soit un peu perdu dans la transubstantiation vers le grhumain, il en résulte tout de même un spectacle avec de véritables moments forts, notamment avec les apports humanistes de Patrick Simard.
Trois choses semblent plus difficiles avec ce type de spectacle.
- La tenue d'un fil directeur qui se voit torturer tout au long de la soirée... peut-être les comédiens craignent-ils d'ennuyer le public et résistent à l'unicité (en tirant dans toutes les directions!) au lieu de s'y coller et de développer la fable.
- Le respect d'un rythme de longue durée... dans ce cas-ci, trois tableaux de vingt minutes chacun... En improvisation conventionnelle, il convient de boucler rapidement une histoire alors que dans ce contexte précis, le plus infime détail est de mise et la préparation d'une idée peut se faire calmement.
- Enfin (et ce point recoupe le précédent), les comédiens ont désespérément peur du vide, du silence. Ils donnent parfois l'impression de forcer le discours dès qu'une phrase se termine.
Bon. Ce ne fut pas le spectacle le plus complet que j'aie vu... Néammoins, ce fut une soirée très amusante!
vendredi 13 février 2009
CLAIRE-JOSEPH LERYS dite CLAIRON
La Clairon croquée par Gabriel Jacques de Saint-Aubin.
Claire-Joseph Lerys dite Clairon (1723-1803) fut l'une des plus grandes tragédiennes du XVIIIième siècle... et celle qui porta principalement les héroïnes de Voltaire.
Les documents d'époque disent d'elle qu'elle ne livrait rien au hasard, que sa voix, ses gestes étaient calculés... Ce n'était pas le coeur, mais la tête qui dirigeait. La Clairon, avec son style, servit d'ailleurs de modèle à Diderot lorsqu'il écrivit son fameux Paradoxe du comédien. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je l'aime bien...
Par ailleurs, très liée avec les philosophes des Lumières, elle se livra à une réflexion sur son métier, qui la conduisit à formuler une réforme de la diction dans le sens de la simplicité et du naturel. Elle jugeait qu’il fallait prêter une attention particulière au contexte historique de la pièce, tant dans le travail du comédien que dans le choix des costumes (qui étaient jusqu’alors interchangeables d’un spectacle à l’autre). Sans le savoir, elle posa les premières bases de ce qu’on appellera, deux siècles plus tard, la dramaturgie. (MSN Encarta) Il faut toutefois faire attention: ces révolutions doivent être vues dans le contexte historique (où l'illusionnisme et le surfait prenaient de plus en plus de place) et n'ont rien à voir avec le naturalisme et/ou le réalisme qui révolutionneraient définitivement le XXième siècle...
Voici quelques mots d'elle dans ses Mémoires, en 1798 (version intégale avec ce lien):
Une bonne constitution est un point capital. Il n'est point de profession plus fatiguante. Des nerfs, des poumons, un estomac délicats ne peuvent suffire longtemps à la tragédie.
Tous les arts, tous les métiers ont des principes connus; il n'en existe point pour le comédien tragique. C'est dans l'histoire de tous les peuples du monde qu'il doit puiser ses lumières; la lire ne serait rien [...].
L'étude de la langue est la plus importante de toutes... Qui ne sait pas la valeur des mots ne peut atteindre la valeur des choses... Et le droit de juger les auteurs qui travaillent pour le théâtre, fait un devoir au comédien de se donner toutes les connaissances qui peuvent le mettre en état de prononcer, pour juger, une seule lecture, du mérite d'un ouvrage qui coûte au moins une année de travail. Une connaissance approfondie des effets et des règles du théâtre, une oreille exercée, un goût sûr, un esprit sage, fin, attentif, ne sont point encore assez; il faut savoir la fable, l'histoire, la géographie, la langue il faut connaître tous les genres de poésie, et tous les auteurs dramatiques anciens et modernes.
[...] L'acteur tragique doit s'approprier dans sa vie habituelle le ton , le maintien, dont il a le plus besoin au théâtre: rien n'est aussi puissant que l'habitude.
Si l'on ne voit en moi qu'une bourgeoise pendant vingt heures de la journée, quelques efforts que je fasse, je ne serai qu'une bourgeoise dans Agrippine. Des tons, des gestes familiers m'échapperont à chaque instant; mon âme affaissée par l'habitude d'une tournure craintive et subordonnée, n'aura point ou n'aura que momentanément les élans de grandeur qu'il faut continuellement au rôle que je représente. Sans jamais oublier ma place, je me suis fait un devoir de ne rien faire, de ne rien dire qui ne portât le caractère de la noblesse et de l'austérité.
Tout un contrat!
Les documents d'époque disent d'elle qu'elle ne livrait rien au hasard, que sa voix, ses gestes étaient calculés... Ce n'était pas le coeur, mais la tête qui dirigeait. La Clairon, avec son style, servit d'ailleurs de modèle à Diderot lorsqu'il écrivit son fameux Paradoxe du comédien. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je l'aime bien...
Par ailleurs, très liée avec les philosophes des Lumières, elle se livra à une réflexion sur son métier, qui la conduisit à formuler une réforme de la diction dans le sens de la simplicité et du naturel. Elle jugeait qu’il fallait prêter une attention particulière au contexte historique de la pièce, tant dans le travail du comédien que dans le choix des costumes (qui étaient jusqu’alors interchangeables d’un spectacle à l’autre). Sans le savoir, elle posa les premières bases de ce qu’on appellera, deux siècles plus tard, la dramaturgie. (MSN Encarta) Il faut toutefois faire attention: ces révolutions doivent être vues dans le contexte historique (où l'illusionnisme et le surfait prenaient de plus en plus de place) et n'ont rien à voir avec le naturalisme et/ou le réalisme qui révolutionneraient définitivement le XXième siècle...
Voici quelques mots d'elle dans ses Mémoires, en 1798 (version intégale avec ce lien):
Une bonne constitution est un point capital. Il n'est point de profession plus fatiguante. Des nerfs, des poumons, un estomac délicats ne peuvent suffire longtemps à la tragédie.
Tous les arts, tous les métiers ont des principes connus; il n'en existe point pour le comédien tragique. C'est dans l'histoire de tous les peuples du monde qu'il doit puiser ses lumières; la lire ne serait rien [...].
L'étude de la langue est la plus importante de toutes... Qui ne sait pas la valeur des mots ne peut atteindre la valeur des choses... Et le droit de juger les auteurs qui travaillent pour le théâtre, fait un devoir au comédien de se donner toutes les connaissances qui peuvent le mettre en état de prononcer, pour juger, une seule lecture, du mérite d'un ouvrage qui coûte au moins une année de travail. Une connaissance approfondie des effets et des règles du théâtre, une oreille exercée, un goût sûr, un esprit sage, fin, attentif, ne sont point encore assez; il faut savoir la fable, l'histoire, la géographie, la langue il faut connaître tous les genres de poésie, et tous les auteurs dramatiques anciens et modernes.
[...] L'acteur tragique doit s'approprier dans sa vie habituelle le ton , le maintien, dont il a le plus besoin au théâtre: rien n'est aussi puissant que l'habitude.
Si l'on ne voit en moi qu'une bourgeoise pendant vingt heures de la journée, quelques efforts que je fasse, je ne serai qu'une bourgeoise dans Agrippine. Des tons, des gestes familiers m'échapperont à chaque instant; mon âme affaissée par l'habitude d'une tournure craintive et subordonnée, n'aura point ou n'aura que momentanément les élans de grandeur qu'il faut continuellement au rôle que je représente. Sans jamais oublier ma place, je me suis fait un devoir de ne rien faire, de ne rien dire qui ne portât le caractère de la noblesse et de l'austérité.
Tout un contrat!
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jeudi 12 février 2009
À quoi se résume l'espérance dans la vie d'un batracien?
Le principe: j'impose un thème, un style, un fonctionnement, des contraintes ou n'importe quoi d'autres... bref, un cadre dans lequel ceux-ci devront improviser pendant une heure! Une fort bonne gymnastique pour des comédiens habitués au travail conventionnel...
Mon thème: À quoi se résume l'espérance dans la vie d'un batracien? Un théâtre improvisé fort existentiel...
Donc, pour nous voir à l'action, il faut être là à 22h, au Patro (je crois qu'il en coûte 2$ pour entrer...).
Au revoir...
Jérémie Desbiens prépare son départ saguenéen pour rejoindre la métropole... du moins, s'en approcher... car il a été accepté au Cégep de Saint-Hyacinthe... C'est donc un retour aux études (collégiales!) pour lui dans un programme technique en interprétation théâtrale.
Dans les dernières années, on a pu le voir comme danseur dans Ecce Mundo... et comme acteur dans, entres autres, Tordus, des gens biens des gens bons (son projet de fin de bacc.), L'Orchestre sans dessus dessous (OSSLSJ), Les Monstres de l'orgueil (TCM), KAPOS B12 730 (CRI), Nono (TCM) et dernièrement dans Parents et amis sont invités à y assister (CRI)...
Peut-être ce nouveau chapitre comblera-t-il ses doutes, ses questionnements, ses impressions de manques, etc...
___________________________
Toujours en attente en ce qui concerne les Alexandre Larouche, Émilie Bouchard-Jean et Valérie Tremblay qui font, eux aussi, des demandes pour d'autres écoles...
Il y avait longtemps qu'on avait quitté la région en si grand nombre... Outre le fait qu'il est normal de vouloir se perfectionner, de voir autre chose, de quitter pour d'autres cieux, cela dénote peut-être aussi un malaise intrinsèque quand on arrive dans le milieu théâtral d'ici... Sur la place qu'on peut y occuper... Sur son professionalisme... Faudrait voir...
mercredi 11 février 2009
La belle jambe!
Il y a quelques semaines, une nouvelle a fait grand bruit dans le milieu théâtro-scientifique français: on a retrouvé la jambe de Sarah Bernardht!
Ici, une petite note s'impose pour la suite: en 1915, la divine actrice s'est faite amputée après s'être blessée sur un clou rouillé, quelques années auparavant, en tombant d'une scène... et le morceau fut conservé dans le formol...
Pour de plus amples détails, cliquez sur l'image suivante afin de lire cet article... ou visitez le blogue (qui rassemble toutes les nouvelles sur le sujet) de Richard Zeboulon (d'où est tirée cette image), photographe bordelais qui a retrouvé la dite relique, La jambe de Sarah Bernardht... parce que cette jambe, bien qu'esseulée, n'en continue pas moins de faire du chemin: miracle, canular ou simple erreur? Les pronostics s'accumulent!
Ici, une petite note s'impose pour la suite: en 1915, la divine actrice s'est faite amputée après s'être blessée sur un clou rouillé, quelques années auparavant, en tombant d'une scène... et le morceau fut conservé dans le formol...
Pour de plus amples détails, cliquez sur l'image suivante afin de lire cet article... ou visitez le blogue (qui rassemble toutes les nouvelles sur le sujet) de Richard Zeboulon (d'où est tirée cette image), photographe bordelais qui a retrouvé la dite relique, La jambe de Sarah Bernardht... parce que cette jambe, bien qu'esseulée, n'en continue pas moins de faire du chemin: miracle, canular ou simple erreur? Les pronostics s'accumulent!

Par ailleurs, et pour terminer!, je tiens a rappeler qu'une blague cynique évoque que les trois coups annonciateurs du début d'un spectacle seraient, en fait, en coulisse, le bruit des pas de l'actrice affublée de sa jambe de bois!
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Un camp de théâtre thématique pour la Relâche 2009
Avis aux parents d'enfants!!!
Pour la première fois de son histoire*, le Théâtre 100 Masques offre, durant la semaine de relâche - soit du 2 au 6 mars 2009 - un Camp de théâtre thématique pour les enfants (selon notre formule déjà éprouvée dans le cadre estival)!
Le Camp de théâtre thématique est une formation intensive en théâtre sous forme de camp de jour d'une semaine s'adressant aux jeunes de 8 à 13 ans et ayant pour objectif la création d'un petit spectacle présenté au terme de celui-ci.
Une succession d'ateliers - dispensés par des professionnels de la scène régionale - permettent aux participants d'explorer et d'approfondir différentes facettes du jeu de l'acteur selon une thématique précise, tout en s'amusant dans un cadre artistique reconnu.
Un premier groupe (les 8 à 10 ans) travaillera autour du thème Un clown en scène?!. Comment construire un personnage clownesque? Comment le faire évoluer? Comment l'utiliser? Quel discours lui mettre en bouche? Telles seront les questions abordées par l'animatrice-responsable, Dominique Breton et par les différents intervenants.
Un second groupe (les 11 à 13 ans) travaillera, pour sa part, le jeu choral (en quelques sortes, une chorégraphie d'acteurs) à partir d'un conte arménien de Hovhannès Toumanian, La goutte de miel, sous la direction de Sabryna Tremblay et des formateurs en expression corporelle, diction et coopération.
À noter qu'il en coûte 160 $ pour la semaine et que les places sont fort limitées! Il faut donc faire vite!
Pour information et/ou inscription, contacter Dario Larouche, directeur général et artistique, au 418-698-3000 poste 6562 avant le 28 février 2009!
Le Camp de théâtre thématique est une formation intensive en théâtre sous forme de camp de jour d'une semaine s'adressant aux jeunes de 8 à 13 ans et ayant pour objectif la création d'un petit spectacle présenté au terme de celui-ci.
Une succession d'ateliers - dispensés par des professionnels de la scène régionale - permettent aux participants d'explorer et d'approfondir différentes facettes du jeu de l'acteur selon une thématique précise, tout en s'amusant dans un cadre artistique reconnu.
Un premier groupe (les 8 à 10 ans) travaillera autour du thème Un clown en scène?!. Comment construire un personnage clownesque? Comment le faire évoluer? Comment l'utiliser? Quel discours lui mettre en bouche? Telles seront les questions abordées par l'animatrice-responsable, Dominique Breton et par les différents intervenants.
Un second groupe (les 11 à 13 ans) travaillera, pour sa part, le jeu choral (en quelques sortes, une chorégraphie d'acteurs) à partir d'un conte arménien de Hovhannès Toumanian, La goutte de miel, sous la direction de Sabryna Tremblay et des formateurs en expression corporelle, diction et coopération.
À noter qu'il en coûte 160 $ pour la semaine et que les places sont fort limitées! Il faut donc faire vite!
Pour information et/ou inscription, contacter Dario Larouche, directeur général et artistique, au 418-698-3000 poste 6562 avant le 28 février 2009!
*dans mon souvenir cependant, un tel camp existait du temps de L'Atelier de théâtre L'Eau vive sous la direction de Roger Malaison...
Mes Mémoires minuscules... 9
2004 ou l'année de recherche...
Incursion robervaloise

Retour au Théâtre 100 Masques
Puis vint les Fêtes.
Cette année là, La Rubrique présenta Jacynthe Rioux, 609 Saint Gabriel et Pierre Marie et le démon et le CRI, Le Roi se meurt.
Après avoir complété mon année théorique à la maîtrise en arts, j'entreprends la seconde, celle de la recherche. Je me lance aussitôt dans une lecture intensive de nombreux livres, essais, biographies touchant le théâtre, particulièrement le formalisme... avec des incursions chez Meyerhold (bien sûr!), Taïrov, Oskar Schlemmer et le Bauhaus, Kantor, Barba, Jarry et son inutilité du théâtre au théâtre, Mesguish, Régy, Vakhantagov, Piscator, Brecht et j'en passe. Je passe en revue de nombreuses revues théâtrales: les Théâtre/Public, Alternatives théâtrales, Jeu, Annuaire théâtral, etc... consignant dans deux cahiers mes différentes notes, opinions, pensées... des cahiers qui, après coup, ressemblent beaucoup à ma façon de fonctionner sur ce blogue.
Un éparpillement intellectuel, un brouillard théorique qui ne cesse encore aujourd'hui de me nourrir!
Un éparpillement intellectuel, un brouillard théorique qui ne cesse encore aujourd'hui de me nourrir!
Incursion robervaloise
Ce début de recherche coïncide également avec un autre début: ma première expérience avec le Théâtre Mic Mac de Roberval. Il avait été conclu, en décembre de l'année précédente, que je serais le metteur en scène de leur prochaine production, Au bout du fil, un texte magnifique d'Évelyne de la Chenelière qui fait se condenser le temps pour onze personnages engoncés dans une activité-pêche aux limites simultanées et de l'enfance et de la vieillesse. La création se fait autour du principe choral, où chaque scène devient prétexte à une image scénique statique. Ce fut un spectacle déconcertant pour certains, tant pour les spectateurs que pour les acteurs et concepteurs. Un spectacle où le corps devenait sculpture, où les mots n'étaient que musique fredonnée avec le regard vide, fixe, comme si le public était miroir. Après tout ce temps, cela reste mon spectacle le plus marquant... Pour la première fois (et peut-être pour la seule fois!) la forme appuyait réellement le contenu... Par ailleurs, ce spectacle sera acheté, en septembre, par Ville d'Alma pour le présenter dans le cadre des Journées de la Culture...
Retour au Théâtre 100 Masques
Après avoir essayé d'aggrandir le cercle de la direction (en y intégrant Sara Moisan, Pierre Tremblay, Moïra Sheffer-Pineault et Jessyka Maltais-Jean) et après avoir fait, avec un immense succès, La serva amorosa de Goldoni sous la direction d'Éric Chalifour, le Théâtre 100 Masques voit la plupart de ses administrateurs quitter le navire (encore une fois!) et c'est ainsi que je reviens à nouveau au sein de l'équipe composée de Sophie Larouche et de Madame Maltais-Jean. C'est cette année-là que la compagnie reçoit une subvention du RAJ de 35 000$ pour l'embauche d'une ressource qui aidera (!) à développer l'organisme... Bien que tout n'aille pas pour le mieux, la santé du TCM est encore viable... Nous réussissons à obtenir de l'argent de la Fondation TIMI pour faire une formation sur l'improvisation... formation offerte par Monsieur Réal Bossé de la L.N.I. Quelques heurts, sans plus... et un projet de cabaret-cirque érotique...
Début de rédaction... à la recherche d'un néo-maniérisme meyerholdien
Nous revoici donc à l'automne... et au début de la rédaction de mon mémoire... de mon essai qui concluera mes études à la maîtrise en art. Cet essai prend la forme d'un précis de mise en scène portant sur ma création en cours (avec Isabelle Boivin et Marc-André Perrier) d'Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'Alfred de Musset (après avoir cherché pendant quelques semaines une pièce en un acte...).
En cours de rédation, il convenait de tenter de définir mon style, mon esthétique, ma vision du théâtre... de ramasser le tout sous une appelation théorico-savante. Après avoir opté pour le néo-trad, je me suis vu guider, à partir de mes penchants pour Meyerhold et ses écrits, vers un terme plus conséquent (bien que demandant de nomreux éclaircissements!): le néo-maniérisme meyerholdien qui reviendrait, en quelques sortes, à concevoir le texte comme matériel émetteur de théâtralité, le corps comme exécuteur et la scène comme diffuseur de celle ci...
Tout en poursuivant cette période intense d'écriture, je m'appliquai, en décembre, à présenter une première version de mon spectacle aux étudiants du BIA pour tester le tout, recevoir des commentaires, vérifier les options esthétiques: le jeu mécanique, le chorégraphisme, le texte comme partition, etc.
Puis vint les Fêtes.
Cette année là, La Rubrique présenta Jacynthe Rioux, 609 Saint Gabriel et Pierre Marie et le démon et le CRI, Le Roi se meurt.
mardi 10 février 2009
lundi 9 février 2009
«Le théâtre a-t-il fait son temps?»
C'est à cette question liminaire que Karel Capek, immense monument (du moins, apparemment...) du théâtre tchécoslovaque de la première moitié du XXième siècle, tente de répondre (négativement...) dans un article paru dans Choses de théâtre, en juillet 1923.
Pourtant, cette question mériterait encore - avec encore plus d'acuité! - d'être posée aujourd'hui... car malgré toutes les bonnes volontés, malgré toutes les tirades sur son utilité, malgré même sa véritable utilité, le théâtre peine à se relever des nombreux coups assenés par le dernier siècle (révolutions technologiques, interdisciplinarisation), à reprendre la place centrale qu'il occupait dans la société et ce, depuis sa romantique création sous les cieux hellénistes! Trop coûteux, trop vieillot, trop trop... Mais...
Notre réponse serait-elle aussi convaincue?
Kapek, donc, écrivit ceci... il y a quatre-vingt-six ans:
Beaucoup de ceux dont le métier est de faire du théâtre ou de la critique dramatique affirment, avec une déplorable assurance, que le théâtre a fait son temps. Certains indices, il est vrai, semblent leur donner raison, particulièrement la faiblesse de la production dramatique actuelle. D'autre part, le «grand public» délaisse le théâtre pour les salles de cinéma [NDLR: salles qui ont pris le nom de... théâtre!] et les réunions sportives. Le cinéma satisfait mieux son imagination, le sport lui donne le spectacle de la lutte, le fait assister à la mise en oeuvre de toutes les énergies humaines tendues jusqu'à l'effort suprême. Au contraire, le théâtre, avec ses ressources limitées, n'est déjà plus , semble-t-il, assez passionnant pour exciter son imagination ni pour retenir son attention. Le théâtre a donc à lutter aujourd'hui contre une dure concurrence. Il ne doit jamais le perdre de vue; il doit comprendre qu'il n'a plus la place privilégiée qu'il tenait naguère dans la vie sociale. À la question posée, je réponds donc: «Si le théâtre se montre encore capable de lutter dans ces conditions, c'est qu'il n'est pas près de disparaître». Mais il doit lutter.
Il semble qu'il existe deux façons de s'affirmer contre un concurrent: ou bien l'imiter, pour le vaincre par ses propres armes ou bien prendre le contre-pied de ce qu'il fait. Il reste encore, cependant, une troisième ressource: c'est de faire à la fois l'un et l'autre. Telle doit être, à mon sens, l'attitude du théâtre contemporain. Il doit conserver intacts les caractères qui le différencient des autres spectacles: l'inspiration poétique et le lyrisme, la pensée et «l'intimité» psychologique. Cependant il peut, voire même il doit être émouvant, puissant et admirable. Il doit, lui aussi, montrer l'homme tendu dans l'effort suprême, faire entrer en jeu les grandes forces qui commandent la vie humaine, celles que nous révèlent, pas à pas, la biologie, la sociologie, la science économique. Il doit apparaître à nos yeux toutes les formes à travers lesquelles, par l'acte et par l'idée, s'affirme l'esprit contemporain. [...] Chaque jour, sous nos yeux, croît et mugit en tempête la matière dramatique de la vie. Peut-on dire, en vérité, que le drame, cet émouvant raccourci de la vie, ait perdu sa raison d'être?
Beaucoup de ceux dont le métier est de faire du théâtre ou de la critique dramatique affirment, avec une déplorable assurance, que le théâtre a fait son temps. Certains indices, il est vrai, semblent leur donner raison, particulièrement la faiblesse de la production dramatique actuelle. D'autre part, le «grand public» délaisse le théâtre pour les salles de cinéma [NDLR: salles qui ont pris le nom de... théâtre!] et les réunions sportives. Le cinéma satisfait mieux son imagination, le sport lui donne le spectacle de la lutte, le fait assister à la mise en oeuvre de toutes les énergies humaines tendues jusqu'à l'effort suprême. Au contraire, le théâtre, avec ses ressources limitées, n'est déjà plus , semble-t-il, assez passionnant pour exciter son imagination ni pour retenir son attention. Le théâtre a donc à lutter aujourd'hui contre une dure concurrence. Il ne doit jamais le perdre de vue; il doit comprendre qu'il n'a plus la place privilégiée qu'il tenait naguère dans la vie sociale. À la question posée, je réponds donc: «Si le théâtre se montre encore capable de lutter dans ces conditions, c'est qu'il n'est pas près de disparaître». Mais il doit lutter.
Il semble qu'il existe deux façons de s'affirmer contre un concurrent: ou bien l'imiter, pour le vaincre par ses propres armes ou bien prendre le contre-pied de ce qu'il fait. Il reste encore, cependant, une troisième ressource: c'est de faire à la fois l'un et l'autre. Telle doit être, à mon sens, l'attitude du théâtre contemporain. Il doit conserver intacts les caractères qui le différencient des autres spectacles: l'inspiration poétique et le lyrisme, la pensée et «l'intimité» psychologique. Cependant il peut, voire même il doit être émouvant, puissant et admirable. Il doit, lui aussi, montrer l'homme tendu dans l'effort suprême, faire entrer en jeu les grandes forces qui commandent la vie humaine, celles que nous révèlent, pas à pas, la biologie, la sociologie, la science économique. Il doit apparaître à nos yeux toutes les formes à travers lesquelles, par l'acte et par l'idée, s'affirme l'esprit contemporain. [...] Chaque jour, sous nos yeux, croît et mugit en tempête la matière dramatique de la vie. Peut-on dire, en vérité, que le drame, cet émouvant raccourci de la vie, ait perdu sa raison d'être?
Notre réponse serait-elle aussi convaincue?
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dimanche 8 février 2009
Le grand malentendu théâtral 2... la théorie!
Après avoir écrit quelques mots sur le grand malentendu théâtral (voir le billet suivant), je propose aujourd'hui une description plus détaillée, plus savante... bref, plus approfondie de ce même phénomène de la communication théâtrale tirée de Les termes clés de l'analyse du théâtre, par Anne Ubersfeld (paru en 1996 aux éditions Le Seuil... et que je conseillerais à quiconque s'intéresse au théâtre!):

COMMUNICATION THÉÂTRALE:
La communication théâtrale est un phénomène complexe, infiniment plus que dans tous les autres arts.
- Il y a communication entre un émetteur A, le scripteur du texte (ou canevas, ou scénario), et un récepteur A', les spectateurs, le public.
- La communication entre A et A' se fait à l'aide de toute une série de messages médiats, lesquels ont pour source une série d'émetteurs B1, B2, B3..., qui sont le metteur en scène, le scénographe, l'éclairagiste, les comédiens. À proprement parler, on ne sait plus qui est l'émetteur principal, l'auteur, ou le metteur en scène ou les comédiens. Cette indécision est la base même de la communication théâtrale; c'est elle qui fait du théâtre non pas un médium par lequel un individu parle à un autre individu, mais une activité par laquelle une collection d'artistes, unis dans le même projet, parle à une collection d'individus unis dans la même activité, la réception du théâtre.
- La communication théâtrale se fait aussi sur un plan interne: elle est communication entre les émetteurs B... que sont les comédiens, qui communiquent entre eux par parole et par geste. Ce qui fait des spectateurs des récepteurs qui reçoivent le spectacle d'une communication interne, communication dont ils sont les récepteurs indirects: ils peuvent juger et comprendre un procès de communication dans lequel ils ne sont pas impliqués; telle est l'origine de la vertu critique du théâtre.
- Le spectateur reçoit donc deux types de messages: les uns (ceux provenant de l'ensemble de la représentation A) dont il est proprement le récepteur; d'autres (et certains se confondent avec les premiers) dont il est à la fois le récepteur et le spectateur: ce sont ceux qui montrent les rapports entre les personnages.
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Une semaine de théâtre
Maintenant que Février- l'insaisissable Février! - est bel et bien en selle dans le cycle inaliénable des saisons et qu'une nuée opaque et dense de flocons de neige laisse échapper, à qui veut l'entendre, de faibles gémissements lorsqu'elle entre douloureusement en contact avec le sol, voici quelques dates théâtrales pour la prochaine semaine:
De mercredi à samedi (les 11, 12, 13 et 14 février 2009)
Salle Pierrette-Gaudreault, 20hC'est la dernière semaine de représentations d'Une maison face au nord, une (co-)production du Théâtre La Rubrique, avec notamment Guy Mignault, Louisette Dussault, Éric Chalifour et Sara Simard. Pour quelques commentaires sur le spectacle, se référer ici et/ou ici.
C'est tout? Bon ben... tant pis, sortons la pelle et allons gratter!
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