Voici une autre vidéo de ce collectif d'humoristes-comédiens français:
samedi 21 février 2009
vendredi 20 février 2009
L'ORDRE DU MONDE [carnets]
L'Ordre du monde s'inscrit dans quel contexte de production? Est-ce du théâtre expérimental? Est-ce une recherche, un laboratoire? Un atelier?
Il y aura bel et bien représentation... par conséquent, c'est un spectacle. Et selon Michel Corvin (et son Dictionnaire encyclopédique du théâtre), le théâtre de recherche ou expérimental refuse d'entrée la notion même de spectacle, se situe en dehors de l'action visible du théâtre... Ça règle donc la question.
Alors s'en pose une nouvelle: qu'est-ce qu'une création?
Alors qu'est-ce que la création?
L'acte de création est marginal dans son essence. Quand on crée, on ne se met pas sur la place publique, au milieu de l'institution. C'est quelque chose qui part d'un endroit inattendu. S'il y a création, il y a quelque chose d'insu, d'inouï, de non créé. (Roland Fichet)
Ces derniers mots sont toujours un peu dangereux... Faut-il chercher absolument quelque chose d'insu, d'inouï, de non créé? Encore là, créer pourquoi? Pour répondre à quoi? Ainsi répond Castelluci: La création n'est pas la réponse à une demande de salut, mais au contraire, elle est une autr question posée par rapport à une réponse de salut que nous venons de recevoir ou de deonner et qui, forcément, à long terme, n'est pas satisfaisante.
Ces derniers mots sont toujours un peu dangereux... Faut-il chercher absolument quelque chose d'insu, d'inouï, de non créé? Encore là, créer pourquoi? Pour répondre à quoi? Ainsi répond Castelluci: La création n'est pas la réponse à une demande de salut, mais au contraire, elle est une autr question posée par rapport à une réponse de salut que nous venons de recevoir ou de deonner et qui, forcément, à long terme, n'est pas satisfaisante.
jeudi 19 février 2009
Comment Garrick se grimait
Cette petite anecdote coiffée de ce titre donne une bonne idée de l'illusion théâtrale... de cette façon un peu ancienne du théâtre où le paraître de vient l'être... Cette anecdote est rapporté par Charles-Simon Favart dans une lettre au Comte de Durazzo, en décembre 1760, et raconte tout l'art illusionniste (très XVIIIième et XIXième siècle) du grimage selon Garrick:
Favart rapporte que Luigi Riccoboni fut fort surpris lors d'un voyage à Londres, d'y voir une comédie dans laquelle un vieillard de soixante ans au moins jouait le principal rôle. L'acteur qui le rendait lui parut un homme aussi âgé que le personnage qu'il représentait, et comme cet acteur débitait avec une chaleur, un intérêt et un naturel qu'il n'avait encore remarqués dans aucun de sa profession, dès que la pièce fut achevée il monta sur le théâtre et demanda quel était ce vieux comédien qui avait joué si parfaitement. On le conduisit à la loge d'un jeune homme de dix-sept à dix-huit ans, c'était le célèbre Garrick. «Monsieur, lui dit Lélio, est-ce Monsieur votre père qui a joué ce vieillard? - Non, Monsieur, c'est moi. - Cela n'est pas possible! s'écria Lélio; il était tout ridé.
- Monsieur, répliqua le jeune Garrick en lui montrant plusieurs petits pots qui contenaient différentes couleurs, voici où je prends l'âge que je dois me donner, selon les rôles que j'ai à représenter; une teinture légère de carmin me donne la fraîcheur de la jeunesse, le cinabre me fait paraître plus mâle; et avec un peu d'indigo dont je me frotte le menton, j'ai la barbe vigoureuse d'un homme de trente-cinq à quarante ans; je mêle un peu d'ocre au vermillon pour acquérir dix années de plus et, pour paraître décrépit, j'ajoute du safran, je me frotte de blanc d'Espagne les sourcils et le bas du visage et, avec ces petits pinceaux, je me fais des rides; alors, en mesurant ma voix, mon attitude et mes gestes aux différents caractères, je tâche, autant qu'il m'est possible, de m'approcher de la vérité pour faire plus d'illusions.»
La grande Sarah Bernardht avait aussi son opinion:
... Une actrice brune doit se farder à la poudre ocre ou safranée mise sur un fond de teint ocre, et très peu de rouge aux joues; elle doit avoir soin de rendre invisible le léger duvet que possède une femme de trente ans et au-delà, autour des lèvres... Un peu de blanc gras safrané au-dessus de la lèvre supérieure et le mal se répare. Une femme brune doit toujours découvrir une partie de son front pour éclairer le visage. Elle ne doit pas mettre de noir autour des yeux mais seulement allonger l'oeil avec un crayon marron, jamais un rayon noir. Elle peut se rougir les lèvres le plus possible, surtout si elle a les dents blanches. Mais il ne faut pas se servir de rouge gras: cela amollit l'articulation. Il faut user de rouge liquide dans lequel on introduit très peu soit de vinaigre, soit de vernis, soit d'acétone. Il n'est pas à craindre que cela flétrisse les lèvres le jour. Cette mixture a l'avantage de rester vivace sous l'humidité de la salive; elle donne aux lèvres une consistance qui leur permet de frapper l'une sur l'autre et de doubler ainsi la consonance d'un mot.
... Pour les blondes, le fond de teint est moins foncé que pour les brunes. Le rouge, plus abondant, doit être plus vif, moins jaune. La poudre qui vaporise le tout est, soit naturelle, soit «Rachel». Les paupières doivent être faites soit au marron clair, soit, et de préférence, au bleu, qui rend plus sensible le bleu des prunelles. Le rouge mis au coin de l'oeil agrandit celui-ci. Le rouge des joues doit monter très haut. Quant à la bouche des blondes elle doit être plus claires, d'un rouge rose assez vif. (1923)
La grande Sarah Bernardht avait aussi son opinion:
... Une actrice brune doit se farder à la poudre ocre ou safranée mise sur un fond de teint ocre, et très peu de rouge aux joues; elle doit avoir soin de rendre invisible le léger duvet que possède une femme de trente ans et au-delà, autour des lèvres... Un peu de blanc gras safrané au-dessus de la lèvre supérieure et le mal se répare. Une femme brune doit toujours découvrir une partie de son front pour éclairer le visage. Elle ne doit pas mettre de noir autour des yeux mais seulement allonger l'oeil avec un crayon marron, jamais un rayon noir. Elle peut se rougir les lèvres le plus possible, surtout si elle a les dents blanches. Mais il ne faut pas se servir de rouge gras: cela amollit l'articulation. Il faut user de rouge liquide dans lequel on introduit très peu soit de vinaigre, soit de vernis, soit d'acétone. Il n'est pas à craindre que cela flétrisse les lèvres le jour. Cette mixture a l'avantage de rester vivace sous l'humidité de la salive; elle donne aux lèvres une consistance qui leur permet de frapper l'une sur l'autre et de doubler ainsi la consonance d'un mot.
... Pour les blondes, le fond de teint est moins foncé que pour les brunes. Le rouge, plus abondant, doit être plus vif, moins jaune. La poudre qui vaporise le tout est, soit naturelle, soit «Rachel». Les paupières doivent être faites soit au marron clair, soit, et de préférence, au bleu, qui rend plus sensible le bleu des prunelles. Le rouge mis au coin de l'oeil agrandit celui-ci. Le rouge des joues doit monter très haut. Quant à la bouche des blondes elle doit être plus claires, d'un rouge rose assez vif. (1923)
L'ORDRE DU MONDE [carnets]
Plus que dix jours avant notre entrée en salle de répétition. Nous sommes à régler les derniers détails: horaires intensives, repas, promotion...
D'ailleurs, sur ce point, je dois avouer qu'il est un peu étrange que de parler d'un spectacle, d'en écrire le communiqué, d'en concevoir (en fait, de faire concevoir!) l'affiche alors qu'outre le texte et une rencontre avec les comédiens, rien n'a encore été travaillé... C'est comme être virtuellement en création! De la parole en attendant de passer aux actes!
En même temps, j'essaie de demeurer dans un état le plus vierge possible, de me laisser aller à préparer une mise en scène sur papier pour me rassurer. Bon. Bien entendu, j'ai écrit le texte et, par conséquent, j'ai déjà une longueur d'avance sur les comédiens et les concepteurs. Eux, par contre, apprennent le texte depuis déjà plusieurs semaines (du moins, je l'espère!). Ils devraient alors pouvoir le maîtriser efficacement.
Donc, non, nous ne sommes pas totalement sans filet et ne partons pas de rien. Prétendre le contraire serait inutile Le reste (par reste j'entends la production même!) se construira officiellement du 1 au 5 mars et après la première (soit le 5 au soir), les deux jours suivant serviront à peaufiner, élaguer, préciser, revoir (avec une présentation publique à chaque soir).
L'ORDRE DU MONDE éclats scéniques
Texte et mise en scène: Dario Larouche
Conception esthétique: Jessyka Maltais-Jean
Régie: Mailyne Renaud
Distribution: Dominique Côté, Guillaume Ouellet, Audrey Savard, Mélissa Valiquette
Si des gens sont intéressés à venir assister au travail de répétitions, vous pouvez toujours faire la demande en m'envoyant un courriel à l'adresse suivante: les100masques@hotmail.com.
En même temps, j'essaie de demeurer dans un état le plus vierge possible, de me laisser aller à préparer une mise en scène sur papier pour me rassurer. Bon. Bien entendu, j'ai écrit le texte et, par conséquent, j'ai déjà une longueur d'avance sur les comédiens et les concepteurs. Eux, par contre, apprennent le texte depuis déjà plusieurs semaines (du moins, je l'espère!). Ils devraient alors pouvoir le maîtriser efficacement.
Donc, non, nous ne sommes pas totalement sans filet et ne partons pas de rien. Prétendre le contraire serait inutile Le reste (par reste j'entends la production même!) se construira officiellement du 1 au 5 mars et après la première (soit le 5 au soir), les deux jours suivant serviront à peaufiner, élaguer, préciser, revoir (avec une présentation publique à chaque soir).
L'ORDRE DU MONDE éclats scéniques
Texte et mise en scène: Dario Larouche
Conception esthétique: Jessyka Maltais-Jean
Régie: Mailyne Renaud
Distribution: Dominique Côté, Guillaume Ouellet, Audrey Savard, Mélissa Valiquette
Si des gens sont intéressés à venir assister au travail de répétitions, vous pouvez toujours faire la demande en m'envoyant un courriel à l'adresse suivante: les100masques@hotmail.com.
mardi 17 février 2009
Les citronniers
Plus d'infos sur ce film
Je suis allé voir ce film d'Eran Riklis hier au Ciné-club de Chicoutimi... un magnifique film, troublant... métaphorisant le conflit israëlo-palestinien avec force.
Dramatiquement (théâtralement) parlant, le scénario est d'une efficacité pathétique: dès le départ, on est fixé... et le reste n'est pas de l'ordre de la démonstration, mais de la fatalité.
Dramatiquement (théâtralement) parlant, le scénario est d'une efficacité pathétique: dès le départ, on est fixé... et le reste n'est pas de l'ordre de la démonstration, mais de la fatalité.
lundi 16 février 2009
Histoire du théâtre en images...
Bon... j'avoue, les références manquent un peu. N'empêche que ça donne une belle idée de la chronologie de cette longue histoire!
dimanche 15 février 2009
Deux autres mots croisés théâtraux!
Et cet autre-là, est sur le théâtre antique... plus difficile un peu... il mérite qu'on aille voir les pages de ce site...
Ce jour où l'Auditorium Dufour sera rénovée...
Située au coeur de ville Saguenay, dans le Cégep de Chicoutimi, l'Auditorium Dufour (construite en 1963-64) est la salle que gère le Théâtre du Saguenay depuis 1973. L'amphithéâtre de 970 places a une configuration qui permet d'offrir une réceptivité incroyable du public. Cette particularité est d'ailleurs reconnue et fort appréciée par tous les artistes qui s'y produisent. Il suffit de vous laissez tenter et d'oser.
Il convient, après la lecture de ce passage tiré du site du diffuseur, de se scandaliser de multiples façons en ce jour dominical!
Parce que d'abord, peut-être les artistes apprécient-ils la configuration.. mais c'est mépriser le spectateur que de le laisser choir - comme ce fut mon cas lorsque je suis allé voir Le Retour dernièrement! - sur un banc tordu, dont le coussin ne laisse percevoir que la dureté de la planche sur laquelle j'étais assis; que de le laisser se contorsionner pour entrer les jambes dans des allées conçues avec je ne sais quelles mesures...
Parce que Saguenay mérite une salle digne de ce nom... en lieu et place d'une reprise qui n'aboutit jamais...
La demande du maire Jean Tremblay de faire passer le coût de la rénovation de l'Auditorium Dufour de 13 M $ à 9 M $ ne consitute pas un obstacle infranchissable même s'il nécessite un ajustement dans le projet actuellement en préparation. [Note de moi-même: après tout, le seul obstacle réel est la mauvaise foi des parties en cause...]
A quelques jours de la présentation du projet final [Note de moi-même: on devrait faire un musée avec tous les projets finaux concernant ce sujet!] au ministre Serge Simard et au maire Jean Tremblay, le directeur général du Théâtre du Saguenay, Robert Hakim, est favorable à la demande du maire et y voit même un exercice de bonne gestion. [Note de moi-même: bel euphémisme!] «Le diffuseur est favorable à la demande du maire en autant que l'on puisse conclure le dossier rapidement [Note de moi-même: rapidement? Juste affirmer cela est une blague, dans le contexte!] et qu'on ne touche pas l'aspect technique et à l'intérieur de la future salle rénovée», mentionne M. Hakim. [...]
L'atteinte de l'objectif d'abaisser de 30% les coûts du projet initial passe par la mise au rancart de l'aménagement de la nouvelle aile devant loger les bureaux administratifs. Il serait possible, selon M. Hakim, de réaménager l'administration de la salle à l'intérieur des locaux du Cégep. Les salles de toilettes aménagées à la hauteur de la mezzanine pourraient demeurer sur le même site tout en faisant l'objet d'une rénovation complète, ce qui viendrait encore diminuer les coûts. [...]
Bon... Peut-être cette fois pouvons-nous croire à un dénouement prochain... Après tout, 2009 n'est-elle pas une année électorale pour la municipalité?
L'atteinte de l'objectif d'abaisser de 30% les coûts du projet initial passe par la mise au rancart de l'aménagement de la nouvelle aile devant loger les bureaux administratifs. Il serait possible, selon M. Hakim, de réaménager l'administration de la salle à l'intérieur des locaux du Cégep. Les salles de toilettes aménagées à la hauteur de la mezzanine pourraient demeurer sur le même site tout en faisant l'objet d'une rénovation complète, ce qui viendrait encore diminuer les coûts. [...]
Bon... Peut-être cette fois pouvons-nous croire à un dénouement prochain... Après tout, 2009 n'est-elle pas une année électorale pour la municipalité?
samedi 14 février 2009
Une semaine de théâtre...
Ça y est! Débute cette semaine le Festival des étudiants en arts de l'UQAC appelé, pour cette année (après avoir déjà changé de nom au fil du temps!), TOUSKI restants d'arts...
Lundi, mardi et mercredi - 16, 17 et 18 février 2009
19h au Studio-théâtre de l'UQAC
La première à se lancer en théâtre est Cindy Gauthier, dans le jeu (mise en scène par Annick Martel) avec la pièce Christophe au grand coeur de Nathalie Loignon. Christophe vit avec son père. Sa mère est décédée. Il habite un village sans guerre, ni canons où les gens meurent généralement de vieillesse. Sa mère devait être emportée par un cancer, mais elle s'est noyée dans la mer, tout près. Lui-même a des troubles cardiaques, un coeur trop petit. Il passe la moitié de son temps à l'hôpital où les enfants s'amusent entre les piqûres et les souffrances. Seul une transplantation peut le sauver. Encore faut-il trouver le bon donneur! Le coeur espéré ne se présente pas et, demain, Christophe ne se lèvera pas. Peut-être ira-t-il voler avec sa maman au-dessus d'un champ de tournesols.
Mardi, mercredi et jeudi - 17, 18 et 19 février 2009 20h30 au Petit Théâtre de l'UQAC
Vient ensuite, toujours en interprétation, Érika Brisson (mise en scène par Hélène Juteau) avec le monologue de Normand Chaurette, Ce qui meurt en dernier (créé l'an dernier par Denis Marleau, avec Christiane Pasquier dans le rôle). Une femme lit près de sa lampe à pétrole, seule, dans un quartier de Londres, par un soir brumeux d’octobre 1888. Elle lit le récit de l’ultime rencontre entre une comtesse et son tueur. Il est vrai que, depuis peu, la police enquête sur un mystérieux Jack l’Éventreur dont la hantise pousse les londoniennes à se barricader le soir, et à lire. Tout est calme chez la lectrice qui ne peut que constater d’étranges ressemblances entre elle et l’héroïne de la short story, une certaine Martha. Apparences physiques, odeurs, analogie des décors chez l’une et chez l’autre. Soudain, le bruit d’une voiture. Un moteur qui ralentit puis s’éteint dans la nuit. Juste devant l’immeuble. Des pas dans l’escalier. Une visite, de celles qu’on redoute et dont on rêve à la fois. À condition que ça demeure de la fiction...
Merde à elles!
P.S....
Petite note de dernière minute: C'est ce soir la représentation ultime (saguenéenne!) d'Une maison face au nord au Théâtre La Rubrique... Avis aux intéressés!
Et ces grenouilles?

S'est tenu, hier soir, au Patro de Jonquière, le spectacle improvisé d'une durée d'une heure justement titré À quoi se résume l'espérance dans la vie d'un batracien?.
Les cinq comédiens devaient enchaîner les trois tableaux prévus par le maître de jeu - moi! - dans la peau de scientifiques dévoilant les résultats d'une recherche mondiale en anthropologie prouvant que les grenouilles sont nos plus proches parentes émotionnelles... recherche en trois partie distincte (l'introduction, le développement et la synthèse):
Les cinq comédiens devaient enchaîner les trois tableaux prévus par le maître de jeu - moi! - dans la peau de scientifiques dévoilant les résultats d'une recherche mondiale en anthropologie prouvant que les grenouilles sont nos plus proches parentes émotionnelles... recherche en trois partie distincte (l'introduction, le développement et la synthèse):
- LA PETITE GRENOUILLE DIT AU CRAPAUD... CONTE PHILOSOPHIQUE [démonstration amphibienne];
- CUISSES DE GRENOUILLE ET AUTRES DÉTAILS [soliloques scientifico-culinaires];
- NOUS SOMMES TOUS DES GRENOUILLES [tableau muet avec quelques coassements].
En cas de blocage, les comédiens-improvisateurs pouvaient piger dans une boîte de propositions remplies par le public, relançant du coup l'action.
____________________
Quelques remarques post-création...
Les propositions des comédiens ont été intéressantes. Il émanait de la scène une certaine cohérence... du moins, une magnifique écoute. Bien qu'il y eut des moments plats et que le thème général se soit un peu perdu dans la transubstantiation vers le grhumain, il en résulte tout de même un spectacle avec de véritables moments forts, notamment avec les apports humanistes de Patrick Simard.
Trois choses semblent plus difficiles avec ce type de spectacle.
- La tenue d'un fil directeur qui se voit torturer tout au long de la soirée... peut-être les comédiens craignent-ils d'ennuyer le public et résistent à l'unicité (en tirant dans toutes les directions!) au lieu de s'y coller et de développer la fable.
- Le respect d'un rythme de longue durée... dans ce cas-ci, trois tableaux de vingt minutes chacun... En improvisation conventionnelle, il convient de boucler rapidement une histoire alors que dans ce contexte précis, le plus infime détail est de mise et la préparation d'une idée peut se faire calmement.
- Enfin (et ce point recoupe le précédent), les comédiens ont désespérément peur du vide, du silence. Ils donnent parfois l'impression de forcer le discours dès qu'une phrase se termine.
Bon. Ce ne fut pas le spectacle le plus complet que j'aie vu... Néammoins, ce fut une soirée très amusante!
vendredi 13 février 2009
CLAIRE-JOSEPH LERYS dite CLAIRON
La Clairon croquée par Gabriel Jacques de Saint-Aubin.
Claire-Joseph Lerys dite Clairon (1723-1803) fut l'une des plus grandes tragédiennes du XVIIIième siècle... et celle qui porta principalement les héroïnes de Voltaire.
Les documents d'époque disent d'elle qu'elle ne livrait rien au hasard, que sa voix, ses gestes étaient calculés... Ce n'était pas le coeur, mais la tête qui dirigeait. La Clairon, avec son style, servit d'ailleurs de modèle à Diderot lorsqu'il écrivit son fameux Paradoxe du comédien. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je l'aime bien...
Par ailleurs, très liée avec les philosophes des Lumières, elle se livra à une réflexion sur son métier, qui la conduisit à formuler une réforme de la diction dans le sens de la simplicité et du naturel. Elle jugeait qu’il fallait prêter une attention particulière au contexte historique de la pièce, tant dans le travail du comédien que dans le choix des costumes (qui étaient jusqu’alors interchangeables d’un spectacle à l’autre). Sans le savoir, elle posa les premières bases de ce qu’on appellera, deux siècles plus tard, la dramaturgie. (MSN Encarta) Il faut toutefois faire attention: ces révolutions doivent être vues dans le contexte historique (où l'illusionnisme et le surfait prenaient de plus en plus de place) et n'ont rien à voir avec le naturalisme et/ou le réalisme qui révolutionneraient définitivement le XXième siècle...
Voici quelques mots d'elle dans ses Mémoires, en 1798 (version intégale avec ce lien):
Une bonne constitution est un point capital. Il n'est point de profession plus fatiguante. Des nerfs, des poumons, un estomac délicats ne peuvent suffire longtemps à la tragédie.
Tous les arts, tous les métiers ont des principes connus; il n'en existe point pour le comédien tragique. C'est dans l'histoire de tous les peuples du monde qu'il doit puiser ses lumières; la lire ne serait rien [...].
L'étude de la langue est la plus importante de toutes... Qui ne sait pas la valeur des mots ne peut atteindre la valeur des choses... Et le droit de juger les auteurs qui travaillent pour le théâtre, fait un devoir au comédien de se donner toutes les connaissances qui peuvent le mettre en état de prononcer, pour juger, une seule lecture, du mérite d'un ouvrage qui coûte au moins une année de travail. Une connaissance approfondie des effets et des règles du théâtre, une oreille exercée, un goût sûr, un esprit sage, fin, attentif, ne sont point encore assez; il faut savoir la fable, l'histoire, la géographie, la langue il faut connaître tous les genres de poésie, et tous les auteurs dramatiques anciens et modernes.
[...] L'acteur tragique doit s'approprier dans sa vie habituelle le ton , le maintien, dont il a le plus besoin au théâtre: rien n'est aussi puissant que l'habitude.
Si l'on ne voit en moi qu'une bourgeoise pendant vingt heures de la journée, quelques efforts que je fasse, je ne serai qu'une bourgeoise dans Agrippine. Des tons, des gestes familiers m'échapperont à chaque instant; mon âme affaissée par l'habitude d'une tournure craintive et subordonnée, n'aura point ou n'aura que momentanément les élans de grandeur qu'il faut continuellement au rôle que je représente. Sans jamais oublier ma place, je me suis fait un devoir de ne rien faire, de ne rien dire qui ne portât le caractère de la noblesse et de l'austérité.
Tout un contrat!
Les documents d'époque disent d'elle qu'elle ne livrait rien au hasard, que sa voix, ses gestes étaient calculés... Ce n'était pas le coeur, mais la tête qui dirigeait. La Clairon, avec son style, servit d'ailleurs de modèle à Diderot lorsqu'il écrivit son fameux Paradoxe du comédien. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je l'aime bien...
Par ailleurs, très liée avec les philosophes des Lumières, elle se livra à une réflexion sur son métier, qui la conduisit à formuler une réforme de la diction dans le sens de la simplicité et du naturel. Elle jugeait qu’il fallait prêter une attention particulière au contexte historique de la pièce, tant dans le travail du comédien que dans le choix des costumes (qui étaient jusqu’alors interchangeables d’un spectacle à l’autre). Sans le savoir, elle posa les premières bases de ce qu’on appellera, deux siècles plus tard, la dramaturgie. (MSN Encarta) Il faut toutefois faire attention: ces révolutions doivent être vues dans le contexte historique (où l'illusionnisme et le surfait prenaient de plus en plus de place) et n'ont rien à voir avec le naturalisme et/ou le réalisme qui révolutionneraient définitivement le XXième siècle...
Voici quelques mots d'elle dans ses Mémoires, en 1798 (version intégale avec ce lien):
Une bonne constitution est un point capital. Il n'est point de profession plus fatiguante. Des nerfs, des poumons, un estomac délicats ne peuvent suffire longtemps à la tragédie.
Tous les arts, tous les métiers ont des principes connus; il n'en existe point pour le comédien tragique. C'est dans l'histoire de tous les peuples du monde qu'il doit puiser ses lumières; la lire ne serait rien [...].
L'étude de la langue est la plus importante de toutes... Qui ne sait pas la valeur des mots ne peut atteindre la valeur des choses... Et le droit de juger les auteurs qui travaillent pour le théâtre, fait un devoir au comédien de se donner toutes les connaissances qui peuvent le mettre en état de prononcer, pour juger, une seule lecture, du mérite d'un ouvrage qui coûte au moins une année de travail. Une connaissance approfondie des effets et des règles du théâtre, une oreille exercée, un goût sûr, un esprit sage, fin, attentif, ne sont point encore assez; il faut savoir la fable, l'histoire, la géographie, la langue il faut connaître tous les genres de poésie, et tous les auteurs dramatiques anciens et modernes.
[...] L'acteur tragique doit s'approprier dans sa vie habituelle le ton , le maintien, dont il a le plus besoin au théâtre: rien n'est aussi puissant que l'habitude.
Si l'on ne voit en moi qu'une bourgeoise pendant vingt heures de la journée, quelques efforts que je fasse, je ne serai qu'une bourgeoise dans Agrippine. Des tons, des gestes familiers m'échapperont à chaque instant; mon âme affaissée par l'habitude d'une tournure craintive et subordonnée, n'aura point ou n'aura que momentanément les élans de grandeur qu'il faut continuellement au rôle que je représente. Sans jamais oublier ma place, je me suis fait un devoir de ne rien faire, de ne rien dire qui ne portât le caractère de la noblesse et de l'austérité.
Tout un contrat!
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