jeudi 3 décembre 2009

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quelques notes

Lors d'une répétition... en octobre...
Sur la photo: Jessyka Maltais-Jean (Beatrice) et une demie Marilyne Renaud (Mme Weiss)

Course finale...

Parce que malgré toute la bonne volonté et une bonne préparation, il reste toujours, en ce jour de première, une multitude d'emplettes à faire, une liste d'accessoires à réparer, un tas de costumes qui n'ont pas survécu aux derniers enchaînements.

N'empêche que je profite de ce petit matin encore tranquille pour souhaiter, à toute l'équipe qui m'entoure - Marilyne, Jessyka, Patrick, Sarah, Carol -

MERDE!!! ET AMUSEZ-VOUS!!!

Et tout ce qui peut advenir sur scène... eh bien... ce n'est pas grave, joyeux Noël.

mercredi 2 décembre 2009

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quelques notes

Autre photographie impressionniste en répétition... (défaut d'appareil!)

Bon. La générale est passée.

Dans l'ensemble, le résultat est assez probant. Dans l'ensemble... car il est difficile de bien juger de celui-ci avec un public composé de trois personnes... ce qui, du coup, fausse la perception des comédiens qui se mettent littéralement à courir après les réactions quand ils ne tentent pas carrément d'accélérer pour mettre fin à ce qu'ils considèrent comme un supplice.

Mais, dans l'ensemble, le tout me semble (!) prêt (après quelques correctifs...) à prendre son envol.

Cette générale ressemble à beaucoup d'autres. Avec sa fragilité. Avec ses accents nerveux et abrupts. Avec ses accrocs, ses erreurs, ses décrochages. Avec ses rythmes changeants... Cette générale ressemble à beaucoup d'autres avec aussi et surtout l'impression qu'elle dégage: celle de voir des comédiens faire des choses pour la première fois! Comme si aucune répétition n'avait précédé. La toile vierge. Le regard neuf. L'anxiété!

Cette générale me rappelle également un élément important que je demande à mes comédiens dans mes différents projets: la confiance. La confiance tout d'abord en eux pour maximiser leur aisance. La confiance en moi par la suite, en ma qualité de metteur en scène. La confiance au projet en lui même qui devrait se nourrir de leur conviction... Cette confiance est nécessaire et dynamique. Et ma crainte, c'est qu'une générale comme ce soir (c'est-à-dire sans public donc sans réaction) mine la leur...

Les rires s'en viennent... et ils doivent y croire!

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quelques notes

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quand viennent les boules et les grelots
Photographie (impressionniste!) en répétition: Dario Larouche

Après un dernier avant-midi (aujourd'hui) consacré aux retouches et à un enchaînement, nous passerons, vers 17h, à l'exercice ultime avant les représentations: la générale. Cette représentation comme si qui va pourtant, par l'absence du public, à l'encontre d'une véritable représentation... élément fondamental de ce type de spectacle plus près, dans le fond, de l'humour que du théâtre...

L'enchaînement d'hier, dans les décors et avec tous les accessoires, a laissé apparaître certains moments qui demandent à être resserrés. Certains moments qui, bien que bien faits, ne réussissent pas encore à se hisser vers l'exigeante performance qui poussera les spectateurs dans leurs derniers retranchements, les obligeant à rire à gorge déployée!

Car oui, jouer sur les limites de l'ironie, de la causticité et de l'humour noir de façon soutenue pendant près d'une heure demande, aux comédiens, un dose d'énergie renouvelable constante. Il est, par ailleurs, intéressant, de voir comment un numéro dynamique et déjanté peut influer sur le numéro suivant, lui porter ombrage, l'amoindrir... Un spectacle qui demande un jeu poussé à l'extrême et qui ne supporte aucun relâchement. Là repose le véritable défi posé aux acteurs.

Toujours est-il que nous voilà au bout, en quelques sortes, de la première partie du travail... la seconde se fera avec le public.

Pendant que nous préparerons le chocolat chaud et les biscuits, il sera bon de noter que la représentation de samedi sera complète (du moins, sera-t-il nécessaire de s'informer! avant de se déplacer vers la salle Marguerite-Tellier!) et que déjà beaucoup de réservations se font pour les deux prochains jours...


mardi 1 décembre 2009

Improvisation politique

Match d'impro politique... photographie: Dario Larouche

Hier soir avait lieu, au Côté-Cour de Jonquière, un match d'improvisation politique organisé par Alexandre Banville et l’Association Générale des Étudiantes et Étudiants du Cégep de Jonquière (AGEECJ) Politique car, parmi les joueurs habituels de la Ligue d'Improvisation Étudiante de Jonquière (LIEJ), quatre invités de marque: Sylvain Gaudreault (député de Jonquière), Julien Gagnon (président de la commission jeunesse libérale), Xavier Lefebvre Boucher (président de la Fédération Étudiante Collégiale du Québec) et Alexandre Thériault-Marois (président du Comité national jeune du Parti Québécois).

Sous la surveillance de l'arbitre bien connu dans le milieu de l'improvisation jonquiérois, François Jean (frère d'Émilie Jean), les thèmes se sont succédés au fil de la soirée: Où sont mes 100 millions?, Pour ou contre la langue française, Un train entre Windsor et St-Jean-Eudes... etc.

Bien que cette formule joyeuse (et un peu marquée par le ton estudiantin) offre un cadre intéressant et prometteur, la ligne politique et les débats sont plus souvent qu'autrement relégués au second rang... après l'humour et les farces qui émaillent chacune des improvisations. Il faut dire que les joueurs habituels ne sont pas nécessairement politisés... alors que les politiciens, habiles dans les discours, se retrouvent quelques fois comme des opossums en plein centre du désert lorsqu'ils entrent en scène!

Peu d'échanges, en fait... Mais beaucoup de rires et de plaisir! Et en ce sens, en réussissant le coup de placer des politiciens en vue, impliqués, de divers horizons parmi une cohorte d'étudiants - près d'eux! - les organisateurs peuvent assurément se féliciter.Malgré tout, malgré quelques décrochages, quelques piétinements, quelques cafouillages, quelques retards de jeu, la soirée à permis de montrer la politique sous un autre jour!



lundi 30 novembre 2009

Prochain Rendez-Vous Théâtre


Nous - le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques - sommes à mettre sur pied le troisième* Rendez-vous Théâtre (le premier de la saison 2009-2010) qui se tiendrait bientôt... soit mardi, le 15 décembre 2009, à 19h.

Je rappelle que ces rencontres ont pour but de réunir les gens du milieu théâtral (les artistes, les concepteurs, les professionnels tout autour... et les spectateurs!) autour de problématiques propre à l'art dramatique... sous forme de conférences, de tables rondes, de visionnement de films, de laboratoires.

Nous - le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques - avons choisi de construire ce prochain Rendez-vous sur un sujet délicat: AUTOUR ET AU TOUR DE LA CRITIQUE. Comment définir la critique? Qu'est-ce qu'une critique? Quel est son rôle ou quel rôle devrait-elle jouer? Qui peut prendre le titre de critique? Quel place lui fait-on et quelle importance lui accorde-t-on? Comment peut-il agir avec le milieu? Et enfin, le milieu peut-il seulement se prêter au jeu? Voilà quelques questions à la base de cette réflexion. Plusieurs invités (la confirmation des noms se fera bientôt) débattront sous l'oeil de nombreux auditeurs... j'espère!

* Le premier présentait les différentes directions artistiques de la région et le second avait pour base la projection du film Le comédien de Sacha Guitry.

dimanche 29 novembre 2009

La semaine théâtrale (du 29 nov. au 5 déc. 2009)


Semaine théâtrale peut-être simple... mais qui m'occupera pourtant beaucoup...

Du mercredi au dimanche - du 2 au 6 décembre 2009
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h

Deuxième et dernière série de représentations du Clown noir au masque de fer du Théâtre du Faux Coffre... Dernière chance? Seul l'avenir nous le dira... Il faut assurément réserver pour avoir une place: 418-698-3000 poste 6561. En attendant, on peut lire la critique de Christiane Laforge sur son blogue, Orage sur Océan.

Du jeudi au samedi - du 3 au 5 décembre 2009
Salle Marguerite-Tellier (Chicoutimi), 19h

Le Théâtre 100 Masques (avec le soutien de la Caisse Desjardins de Chicoutimi) présente Le Singulier Noël de Mme Weiss - Quand viennent les boules et les grelots. Ce spectacle orné d'ironie et de causticité, de rires et de misères (dans la même veine que le spectacle de l'an dernier), est d'une durée maximale de 55 minutes et est présenté juste avant le spectacle des Clowns noirs... À la porte, chocolat chaud et biscuits pour tous! Il faut aussi réserver parce que les places sont limitées (et c'est déjà complet pour le samedi soir...): 418-698-3895.

S'il y a autres choses, qu'on me le fasse savoir!

Bonne semaine!

vendredi 27 novembre 2009

J'ai passé l'après-midi avec M.L. a discuter du Théâtre 100 Masques... une entrevue effectuée dans le cadre de sa recherche de la maîtrise.

Exercice long mais éclairant... qui fait le tour de mes propres conceptions de ce que devrait être un organisme stable et bien développé...

jeudi 26 novembre 2009

Ébullition théâtrale...


Il est assez remarquable que le théâtre saguenéen se donne ainsi en spectacle depuis septembre... quand coup sur coup, ManiGanses, les Têtes Heureuses, le C.R.I., le Faux Coffre, le 100 Masques, les Amis de Chiffon et la Rubrique enchaînent (jusqu'à janvier) les différentes productions... En tout, ce seront (en exluant l'Entre-Deux de Maniganses qui emploient beaucoup trop de gens pour cette comptabilité) près d'une trentaine d'artistes différents (dont plusieurs participent à plusieurs projets) qui auront été en activité... pour près d'une soixantaine de représentations.

Je me pose pourtant la question: cette ébullition théâtrale se poursuivra-t-elle indéfiniment? Le milieu peut-il le permettre sans coup férir? Le principe de l'offre et de la demande n'est-il pas faussé? Peut-être que non... mais...




mercredi 25 novembre 2009

Juste avant le masque de fer...

À toute l'équipe du Faux Coffre - les Pascal, Martin, Éric, Patrice, Pierre et tous les autres qui tournent autour, dont Christian! - qui entame ce soir leur dernière (?) aventure des Clowns noirs à défaut du Merde habituel, je leur dit avec enthousiasme:


Du succès! Du plaisir! Beaucoup de monde! Et de bien bonnes critiques pour ce Clown noir au masque de fer! Et que le quinquet noir clownesque nous en mette encore plein la vue!

mardi 24 novembre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss

(en répétition... devant une bâche verte!!!)

Nous entrons dans le dernier droit.

Voici, en primeur, une petite vidéo datant de quelques jours d'un numéro du Singulier Noël de Mme Weiss, spectacle qui nous occupe pour le moment. (En lien ici ou en cliquant sur l'image). Bien entendu, il s'agit là d'un numéro sans costume, ni décor (outre celui patenté pour le tournage). Il ne dit rien de l'esprit scénique... mais donne tout de même un aperçu du ton...

La construction dramatique va bien. Nous rions beaucoup... aux actions de Mme Weiss... aux allures grotesques de l'immense petit pauvre et de la sécheresse irrascible de Beatrice... Encore une fois, nous espérons que ces rires se répercuteront dans l'assistance les soirs de représentations!

Et, nouvelle nouvelle: les spectateurs auront tous droit à une tasse de chocolat chaud accompagnée de biscuits pour regarder ce premier spectacle de Noël!


Fonctions du costume théâtral

Croquis d'un costume du Ballet Triadique, Oskar Schlemmer
Moma, NY, photographie: Dario Larouche

Il ne reste plus que quelques jours pour mettre un terme aux costumes du Singulier Noël de Mme Weiss... et, par ce travail (et par un grand ménage de mes papiers), je replonge avec plaisir dans mes notes sur le costume.

Car le costume, au théâtre, pour moi, revêt un caractère essentiel. Il n'est pas qu'un trait esthétique et doit être, comme l'affirmait Roland Barthes, un argument. Plus que la scénographie, ou l'éclairage, ou la vidéo, il marque le personnage (et l'acteur!) directement. Et loin d'être fortuit, il remplit, sur scène, plusieurs fonctions qui en constitueront le(s) sens (ces fonctions et les citations sont tirées d'un chapitre d'un ouvrage québécois dont la référence m'échappe pour le moment):

FONCTION ESTHÉTIQUE (naturellement!) - l'image créée par celui-ci, sa (ses) couleur(s), sa coupe, sa matière... bref, sa plasticité;

FONCTION MÉTALINGUISTIQUE - [...] s'ils laissent voir ainsi leur appartenance au monde du jeu, on dit qu'ils sont porteurs de cette fonction qui souligne la présence du code théâtral;

FONCTION LUDIQUE - pour ce qu'il peut apporter au comédien en action, son utilisation;
FONCTION SPATIALE - [...] un costume qui constituerait une entrave au jeu du comédien, par sa grosseur ou ses nombreux accessoires, influencerait ses déplacements et ses contacts avec les autres personnages (le meilleur exemple serait la robe de bois portée par Josée Laporte dans Parents et amis sont invités à y assister du Théâtre C.R.I.);

FONCTION SYNTAXIQUE - qui définit l'impression qu'a le spectateur du personnage en question, qui agit comme «adjectif» qualificatif;

FONCTION REPRÉSENTATIVE - qui donne les informations d'usage sur le personnage (sexe, âge, condition sociale, profession, etc.).

L'intérêt réel de ces quelques fonctions réside dans le fait qu'elles peuvent également s'appliquer à tout élément théâtral...

lundi 23 novembre 2009

Une culture en crise?


À voir le politique actuel, il est si facile de se dire que le milieu culturel est problématique. Quand il ne s'agit pas de coupures dans les fonds disponibles, ce sont les nouvelles salles qui blessent. Quand ce n'est pas le peu de considération des élites, c'est la désaffection de la population. Quand ce n'est pas le manque d'argent, c'est le manque d'effectif. Le milieu, le beau milieu, se promène de crise en crise. Ainsi, est-on en droit de ce constituer un idéal culturel?

Petit extrait d'un texte intéressant de Fernand Dumont (1927-1997), Le sort de la culture (1987), qui remet en perspective tous les problèmes du milieu culturel:

La culture est en crise? À feuilleter les manuels d'histoire, on conviendra qu'elle l'a toujours été. Et on admettra que cela tient à sa substance. Après tout, si nous rêvons, si nous pensons, si nous créons, c'est parce que nous ne sommes pas d'accord avec le monde. Pas de crise, pas de culture.

Ça vaut la peine d'y songer... La crise n'est pas conséquence mais essence! Il me semble que cela fait sens... du moins, jusqu'à la prochaine crise!