vendredi 7 janvier 2011

Maître du temps...


Petit matin encore où l'inspiration fait place à la théorie un peu plus solide... Cette fois, retour à l'excellent petit recueil Les termes clés de l'analyse du théâtre d'Anne Ubersfeld... plus précisément au temps. Un sujet qui demande un peu de temps...

Le temps au théâtre a deux significations: la durée et le moment (la place dans la diachronie).

A. La durée

Le temps au théâtre est d'abord une durée.

1- La durée absolue de la représentation, avec ses accompagnements: la préparation au spectacle, le trajet, l'achat du billet, l'attente avant le début, finalement les moments après la fin du spectacle. [...]

2- La durée relative, c'est-à-dire le rapport existant entre la durée réelle vécue par le spectateur et la durée des événements de la fiction. C'est ce rapport qu'on appelle proprement le temps théâtral. [...]

3- Relève du temps théâtral la question du rythme des séquences: séquences courtes se suivant à un rythme rapide et séparées par des intervalles (pauses ou noirs) qui permettent d'imaginer une rupture temporelle, ou au contraire séquences longues privilégiant la continuité temporelle. Sans compter le problème épineux de l'entracte.

4- De toute manière, le temps du théâtre est toujours un temps festif dont la durée psychique n'est pas celle de la quotidienneté.

B. Le moment

Le temps théâtral est aussi celui du moment de la fiction, c'est-à-dire celui de la référence «historique», il y a deux mille ans ou il y a dix ans, ou la semaine dernière. Avec cette difficulté que le théâtre (texte et représentation) ne peut pas ne pas renvoyer à un présent, celui de l'écriture et celui de la manifestation théâtrale [...].

C. Dire le temps

S'il est difficile de dire le temps au théâtre (durée et date), c'est que ni la durée, ni l'histoire ne peuvent être perçues directement: il y faut la médiation de l'espace. Les signes du temps sont nécessairement inscrits dans l'espace, à l'exception du rythme (des séquences et de la diction). Le temps théâtral dépend donc moins du texte que de la mise en scène: choix des références, choix des signes. Le metteur en scène est le maître du temps.



jeudi 6 janvier 2011

Mesure temporaire... ou la traversée du désert


C'est aujourd'hui que je reprends le boulot. Enfin, les urgences (entendre ici le strict minimum)... parce que, dans les faits, je suis en chômage. Le Théâtre 100 Masques, après les tribulations de l'automne dernier (enfin, l'histoire de la subvention salariale en attente -et retirée!- et l'emploi, en attendant, d'une ressource... plus longtemps que prévu), les réserves se sont vues grugées un peu trop et elles ne pourraient supporter cette charge pour le moment... jusqu'à l'obtention des réponses du Conseil des Arts de Saguenay pour le renouvellement de sa subvention au fonctionnement. En se croisant les doigts pour que le tout rentre dans le temps (soit fin janvier, début février...).

Un début d'année un peu grinçant.

Parce que la mise au chômage ne se fait pas par manque d'activités... loin de là! L'hiver s'annonce chargé!

Donc... à faire dans les plus brefs délais, parce que c'est le plus pressant (et retour au bénévolat!): courrier, paiement des factures, facturation des derniers ateliers scolaires de l'automne, mise à jour des prochains, lancement des inscriptions des ateliers réguliers et mise à jour avec l'équipe d'Antigone de Sophocle... Pendant ce temps, le costumier s'embourbe avec les costumes, décors et accessoires des spectacles de fin d'année...

mercredi 5 janvier 2011

D'autres images de Meyerhold...

Voici un petit documentaire sur Meyerhold trouvé par Google. Bon. Il est en anglais et il faut se taper une petite publicité liminaire... mais ça vaut le coup, parce qu'on y voit alors de nouvelles images d'archives sur le grand metteur en scène russe...

Du côté de la littéralité...


À côté des notions toujours un peu ambigües de THÉÂTRALITÉ et PERFORMATIVITÉ (voir ici, ici), pourrait s'ajouter un troisième élément tout aussi flou mais qui, pourtant, pourrait fort bien définir un fonctionnement du théâtre, la LITTÉRALITÉ.

Ainsi donc, la LITTÉRALITÉ pourrait, à la base, se définir à partir de ce texte de Jean-Pierre Sarrazac (et Hélène Kuntz) publié dans la Poétique du drame moderne et contemporain...

LITTÉRALITÉ: Contre un théâtre dont l'enjeu esthétique était de représenter le réel, le principe de littéralité affirme la présence, la matérialité des éléments qui constituent la réalité spécifique du théâtre. Dès 1926, Artaud se propose de rompre avec le principe d'analogie qui, de la mimésis aristotélicienne au réalisme du XIXième siècle, régissait la représentation théâtrale: «Les objets, les accessoires, les décors même qui figureront sur la scène devront être entendus dans un sens immédiat, sans transposition; ils devront être pris non pour ce qu'ils représentent mais pour ce qu'ils sont en réalité». Un tel choix, celui du sensible contre le symbole, de la surface contre la profondeur, du corps contre l'âme, est devenu un enjeu majeur pour le théâtre des années cinquante [...].

À la suite de cette définition, est-il possible d'opposer LITTÉRALITÉ (ou l'objet pour l'objet) et THÉÂTRALITÉ (ou l'objet pour le code)? Et si la première était le point zéro de la seconde? Et si, justement la PERFORMATIVITÉ (donc l'action de l'interprète) était de faire passer, en cours de représentation, de l'une à l'autre?

Bon. Ce ne sont que des petites questions simplistes... parce que les réponses demandent à être beaucoup plus développées et argumentées!


mardi 4 janvier 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Maquette de la scénographie, réalisation et photo: Dario Larouche

Voici la maquette de la scénographie que j'ai réalisée pour La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir, prochaine production du Mic Mac dont les répétitions débutent dans quelques jours. Ce décor est composé essentiellement d'un plancher en pente (pente, par ailleurs, assez prononcée) encadré sur trois face par un mur percé de 6 entrées. Les dimensions de l'aire de jeu sont: largeur en avant, 16 pieds; largeur en arrière, 10 pieds; profondeur, 12 pieds. C'est donc très petit.

Les motivations de cette scénographie sont nombreuses. La première est l'idée du huis clos envahi par tous ces hôtes encombrants qui sortent de partout, d'où l'idée des nombreuses portes. La pente permettra de mettre en place divers jeux de dominants-dominés. Enfin, elle répond, en quelques sortes, en un clin d'oeil, à l'affiche de la première version de La visite créée par le Mic Mac en 1983-84:

Affiche originale de la première production

L'aire de jeu est surplombée par un écran (dont la présence est encore facultative) pour marquer les époques de cette histoire (soit 1955, 1967, 1976).

Chacun de ces tableaux sera marqué par un immense accessoire qui viendra lui aussi emplir ce réduit qui forcera les contacts: une table de cuisine pour la première partie, un immense coussin pour la seconde et enfin, une série de chaînes pour la troisième.

Voilà.

lundi 3 janvier 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


C'est dans quelques jours que débutent les répétitions de La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir de Michel-Marc Bouchard au Théâtre Mic Mac de Roberval.

Cette troupe a fait la création de ce texte (pour qui il avait été écrit... dans une mise en scène de l'auteur) en 1983. Le défi est donc de donner une nouvelle lecture (dans une autre version) de celui-ci.

À la base, il y a quelques vint-cinq personnages qui seront joués par huit comédiens. La distribution a eu lieu il y a quelques semaines (en octobre, pour être plus précis).

Pour sortir de notre zone de confort, pour rehausser le côté étrange de cette histoire où un couple est littéralement envahi par les invités de toutes sortes, pour donner un côté disons expressionniste à cette production, j'ai choisi et proposé de faire une pige des personnages sans se préoccuper des sexes... de faire de la véritable composition. Ce qui donne inéluctablement une distribution multigenre qui peut, à mon avis, aboutir à des propositions scéniques fort intéressante. Déjà, en lecture, la magie opère.

Bon. Le travestisme, qu'il soit féminin ou masculin, n'a rien de bien nouveau si on repense aux comédiens dans l'antiquité ou au nô japonais ou à l'époque shakespearienne (tous des hommes); aux personnages de Genêt, aux exploits de Sarah Bernhardt qui prisait les beaux rôles masculins et j'en passe: Le travestissement est une pratique de théâtre joyeuse et grave, un usage familier, une perversion salutaire, un jeu dans le jeu, un code, une liberté (franceculture.com).

L'important est que ce principe ne devienne pas un prétexte à du n'importe quoi (la crainte de la séance!) mais s'inscrive dans une logique esthétique et dramaturgique compréhensible par le spectateur. C'est, en quelques sortes, un rejet du réalisme (dans lequel baigne cette pièce) pour le vraisemblable (le conventionnel). C'est un outil et non pas un but.

samedi 1 janvier 2011

Pour nos scènes et pour le milieu en 2011!


Au Théâtre La Rubrique... du succès dans le royaume des sens... de même que pour tous les spectacles présentés en cours de saison!
Au Théâtre du Faux Coffre... d'autres projets tout aussi courus que les solos! Éventuellement, une pièce sans clown noir!
Théâtre Mic Mac... du plaisir, des rires et des spectateurs nombreux (de même qu'un voyage en Europe)!
Au théâtre C.R.I.... de l'audace encore et toujours et de la confiance en soi!
Au Théâtre 100 Masques... de la chance (et une continuité dans l'élan et le dynamisme des projets antérieurs! et du financement adéquat! et une équipe de travail!)!
Aux Têtes Heureuses... du courage dans l'adversité et de la persévérance!
Au Théâtre À Bout Portant... de nouveaux succès et un public de plus en plus conséquent!
À la Tortue Noire... d'autres routes et d'autres reconnaissances!
Aux Amis de Chiffon... une création originale à la hauteur de leur expérience!
Aux étudiants de l'UQAC... de la curiosité, de la rigueur et des trouvailles!
À Jean-Paul Quéinnec... idem... à lequel s'ajoute de la patience!
À Alexandre Nadeau... des contrats, du plaisir, de bons cachets!
Aux auteurs... de l'inspiration et des mots plein les pages!
Aux metteurs en scène... de l'inspiration et des idées plein la têtes!
Aux comédiens... de l'inspiration et de l'énergie à revendre!
Aux concepteurs... de l'inspiration et de l'ingéniosité!
Aux spectateurs... de l'intérêt, de la curiosité, du plaisir... et de bons spectacles!
Aux journalistes et chroniqueurs culturels... idem... et de l'investissement dans leur travail!
À l'administration municipale... idem... et de l'intégrité en matière culturelle!
Diffusion Saguenay... euh... il y a tant a souhaité sur ce point!
Les Aventures d'un Flo... euh...
Aux subventionneurs... de l'argent à distribuer en masse!

À moi-même... du plaisir dans tous les projets: une compagnie saine et en santé, des mises en scènes stimulantes, un doctorat actif, une pige constante!

Enfin, à Rodrigue, Hélène B., Lyne, Benoît, Serge L., Jean-François, Isabelle, Guylaine, Serge P., Hélène D., Jeannot, Stéphane, Patrice, Éric L., Pascal, Martin, Pierre, Éric C., Francine, Réjean, Christian R., Sonia, Joan, Johanne, Ursule, Denus, Gervais, Christian O., Erika, Mélanie, Marie-Noëlle, Valérie, Émilie G., Émilie J., Marilyne R. Sara, Sarah et tous les nombreux autres que je n'ai pas nommé... de même qu'à tous les «collègues» blogueurs et visiteurs sur cet espace...

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE
2011!

vendredi 31 décembre 2010

Questions de production!


Voici le dernier billet de 2010! En faisant une synthèse des différentes revues théâtrales par divers médias interposés, j'en arrive à une série de questions à répondre (avec, bien entendu, les productions locales comme réponses!)... On compare?

1- Le spectacle le plus attendu
Personnellement, je pencherais pour les 4 solos du Faux Coffre...

2- Le spectacle le plus surprenant
On reste dans le thème avec «Le conte bancaire de Piédestal»...

3- Le spectacle ayant la plus grande couverture médiatique
J'oserais dire que ce sont les «Petites histoires avec une mère et une fille dedans»...

4- Le spectacle ayant le moins bien marché
Certains «Impromptus scéniques» du 100 Masques...

5- Le spectacle le plus onéreux
Euh... Probablement «Charles et Berthin» de la Rubrique...

6- Le spectacle le moins onéreux
Tous les spectacles présentés dans le cadre universitaire...

7- Le spectacle avec le plus grands nombre de comédiens
Même en comptant la production étudiante de l'UQAC, je dirais que ce fut «Filles de guerre lasse»! Sur le milieu hors académique ce serait sans doute «L'Assemblée des femmes».

8- Le spectacle le plus abouti
Embêtant...

9- Le spectacle le plus long
«Soudain l'été dernier» des Têtes heureuses... ou la production de la Rubrique... faudrait voir...

10- Le spectacle le plus court
Sans conteste, «Pendant ce temps dans la tête de Grossomodo» du Faux Coffre... avec ses 40 minutes... suivi de près par «Traces»...

11- Le spectacle le plus drôle
«Les lectures de Diogène»...

12- Le spectacle le plus dramatique
«La Défonce» du Mic Mac, haut la main...

13- Le spectacle le plus hermétique
Ha! Ha! Ha!... si j'exclus les miens, je dirais que c'est l'exploration Dragage 02...

14- Le spectacle qui s'est le plus promené
Probablement «Une maison face au Nord» sinon, c'est «Carton Rouge sur Carré Vert» des Amis de Chiffon...

15- Le(la) comédien(ne) le(la) plus utilisé(e)
Euh... Patrick Simard?

16- La plus belle affiche
Celle de «Fille de guerre lasse» de Marielle Couture je crois... et celle de «Traces» de Patrick Simard je pense...

Si il y a d'autres questions qui se posent, faites-le moi savoir!

jeudi 30 décembre 2010

Le théâtre de François Pérusse...

Voici une série de capsules réalisées par François Pérusse et construites autour du théâtre de boulevard...










mercredi 29 décembre 2010

Sur nos scènes (et dans le milieu!) en 2010...

Belle photographie d'une servante (ou ghostlight),
de cette lumière qui, entre les représentations, sert à préserver l'esprit du théâtre!


Je poursuis donc aujourd'hui (après le billet d'hier qui fait la nomenclature de toutes les productions produites ici dans la région) avec les événements marquants (ou du moins, qui m'ont marqué!) pour 2010, année de Saguenay Capitale Culturelle du Canada... rien de moins!

D'emblée, c'est le nombre de productions qui surprend. Des productions de tous les styles. De toutes les formes. Avec des équipes diversifiées. Des artistes qu'on s'arrache, qu'on se partage! Un milieu en effervescence, certes!

Alors qu’en décembre 2009, suite aux représentations du Clown noir au masque de fer, le Théâtre du Faux Coffre annonçait la fin des Clowns noirs, en début d’année la nouvelle tombe: ceux-ci reviennent pour quatre spectacles solo (la fin de l’année annoncera la tenue d’un cinquième solo) qui feront salle comble tout au cours de l’année.

Le début d’année marque également le début de la fin pour le Théâtre du Saguenay… organisme solide pendant tant d’années qui meurt dans des circonstances troublantes… pour faire place à Diffusion Saguenay. Du lot de contestataires se démarque Patrice Leblanc.

Durant ces mois troubles, le Conseil des Arts de Saguenay éprouve quelques problèmes et n'arrivent pas à fournir les subventions au fonctionnement aux différents organismes culturels. Le statut quo sera adopté et aucun ne verra d'augmentation.

Cet hiver, Vicky Côté présente Rage et promènera, dans les mois qui suivent, ce spectacle un peu partout, remportant les honneurs et les distinctions.

En avril, le Théâtre Mic Mac fait preuve d'audace et présente La Défonce, un texte dur de Pascal Chevarie… un spectacle étrange et troublant qui mènera (à moins d’avis contraire) la petite équipe de création en France quelque part à l’automne 2011… et peut-être ailleurs au Québec.

C'est au cours de ce printemps que la Tortue Noire (à moins que je ne me trompe!) revient d'un festival en République Tchèque avec, dans ses bagages, un prestigieux prix.

En juin, l’UQAC devient l’hôte d’une nouvelle chaire de recherche en théâtre, l’une des seules au pays consacrée à la création... et réunit une équipe interdisciplinaire autour d'elle et de Jean-Paul Quéinnec.

C’est aussi le mois (principalement au début) où se bousculent les événements disons municipaux : spectacle bénéfice pour le comité de survie du Théâtre du Saguenay et le vote populaire sur la nouvelle salle (avec une question biaisée) qui résultera par le rejet d'un projet stimulant d'envergure pour une rénovation de l'Auditorium-Dufour (qualifiée par un éditorialiste de Carnegie Hall de seconde main!).

Les aventures d’un Flo entreprennent ce qui, vraisemblablement, sera la dernière saison de ce spectacle qui ne prend pas son envol malgré les ajustements pour rendre ce spectacle moins artistique (!) et malgré la baisse des coûts d’entrée. La ville débranche, en décembre (mais l'information reste à confirmer), ce produit d'appel et songerait à redonner vie à La Fabuleuse histoire d'un Royaume (ça aussi, ça reste à confirmer!)...

Suite à une représentation -disons houleuse- de L’Assemblée des femmes par le Théâtre 100 Masques, une plainte est vraisemblablement logée au bureau du maire… mais l’affaire reste lettre morte.

En juillet, les Têtes Heureuses reçoivent la réponse à leur évaluation pluriannuelle qui fera parler beaucoup: le CALQ se retire du fonctionnement de cet organisme qui devra revenir à un financement au projet.

En août, je deviens, à l’invitation de Jean-François Caron, pigiste pour le Voir Saguenay-Alma… rattaché aux arts de la scène.

Presque au même moment –surprise !- Jean-François Caron annonce son départ du poste de rédacteur en chef du même journal (remplacé quelques semaines plus tard par Joël Martel) pour joindre l’équipe du Théâtre La Rubrique.

L’automne commence sur les chapeaux de roues avec la tenue de la dixième (ou onzième ?) édition du Festival International des arts de la marionnette par ManiganSes.

Et le rythme endiablé donné par cette grande manifestation se poursuivra pour plusieurs semaines. Cet automne surprend alors par le nombre de productions qui s’enfilent les unes après les autres… alors que toutes les compagnies (Têtes Heureuses, C.R.I., À Bout Portant, Faux Coffre, 100 Masques, Amis de Chiffon, Tortue Noire et sa maison hantée, Côté-Cour... ne manque que La Rubrique qui arrive dans quelques jours!) donnent coup sur coup leur production annuelle ou un événement important! Une saison essoufflante.

Cet automne est aussi marqué par le fait d’une série de petites premières : Marie-Christine Bernard en dramaturge et Émilie Gilbert-Gagnon à sa première mise en scène professionnelle pour les Petites histoires avec une mère et une fille dedans; Marilyne Renaud à la mise en scène et Marc-André Perrier à l’écriture pour Traces ; Maude Cournoyer comme interprète dans Soudain l’été dernier.

Cette dernière production voit aussi le retour sur les planches de Lucille Perron qui a fait les beaux jours des Têtes Heureuses dans les années 80 et au début de 90 après quelques vingt ans d'absence. Un retour remarqué.

D’autres événements seraient sûrement dignes de figurer à ce palmarès… mais je les ai peut-être oubliés. Qu’on me le fasse savoir et je les ajoute !

Que conclure alors de 2010 ? Ce fut, à mon sens, une année fort dynamique, oui, sur fond de morosité, de précarité et d'un malaise de plus en plus palpable (relation avec la ville, relation entre les compagnies, partage des locaux, etc.) qui mériterait, en 2011, un temps d'arrêt et de réflexions.

mardi 28 décembre 2010

Sur nos scènes en 2010...


Je profite de cette fin d'année pour amorcer une série de billets destinée à dresser le bilan de l'année qui s'achève. Je débute donc par faire la recension (la plus exhaustive possible) de toutes les productions régionales (à caractère professionnelles... et j'inclus ici les productions universitaires qui sont, en quelques sortes le prélude à bien des démarches et les productions dites amateures d'envergure) qui ont marqué le paysage théâtral saguenéen en 2010.

Pour marquer d'un simple regard les différentes catégories qui émaillent cette liste, je propose donc cette petite légende: les productions professionnelles et recherches, les productions de loisirs et autres événements, les productions académiques.

Ça commence donc avec les productions locales (incluant les reprises)...:

Charles et Berthin (La Rubrique)
Les lectures de Diogène (Faux Coffre)
Rage (À Bout Portant)
Trac : ma vie en cinémascope (Faux Coffre)
Les Impromptus scéniques (100 Masques)
La Défonce (Mic Mac)
La douzième bataille d’Isonzo (UQAC-BIA-Caroline Gauthier)
Concassées (UQAC-BIA-Andréanne Giguère et Maude Cournoyer)
Omnes vulnerant (UQAC-BIA-Simon-Pierre Sylvestre-Côté)
A.N.T.H.O.N.Y. (UQAC-BIA-Dave Girard-Boudreault)
Théâtres et temps (UQAC-BIA-Dramaturgie et mise en scène)
Monsieur Choufleuri restera chez lui (SALR)
À Tour D’Rôles (collectif)
L’Assemblée des femmes (100 Masques)
Mamie Fly (Pulperie)
Une maison face au Nord (La Rubrique)
Le conte bancaire de Piédestal (Faux Coffre)
Les aventures d’un Flo (Ville Saguenay)
Le cantique des cantiques (collectif)
Dragage 02 (UQAC-chaire)
Sous la carapace de la Tortue Noire (Tortue Noire)
Filles de guerre lasse (UQAC-maîtrise-Josée Laporte)
Soudain l’été dernier (Têtes Heureuses)
Vie et mort du petit chaperon rouge [...] (La Tortue Noire)
Par le trou de la serrure du temps (100 Masques)
Petites histoires avec une fille et une mère dedans (C.R.I.)
Traces (Côté-Cour)
Cinquième (UQAC-maîtrise-Erika Brisson et Guillaume Ouellet)
Le déclin des soleils de glaces (À Bout Portant)
Pendant ce temps dans la tête de Grossomodo (Faux Coffre)
Cabaret Neiges Noires (UQAC-Mine de rien)
Boules en stock! (100 Masques)
Carton rouge sur carré vert (Amis de Chiffon)

Plusieurs de ces productions (et d'autres encore) sont sorties de la région pour aller se jouer aux quatres coins du Québec et du monde:

Carton rouge sur carré vert (Amis de Chiffon)
Une maison face au Nord (La Rubrique)
Kiwi (Tortue Noire)
Le Grand œuvre (Tortue Noire)
Le petit chaperon rouge en huit minutes ralenties (Tortue Noire)
Rage (À Bout Portant)

Bien entendu, cette liste omet toutes les productions extérieures présentées notamment par La Rubrique dans le cadre de ses activités de diffuseur spécialisé et par ManiganSes qui tenait en 2010 la onzième édition de son Festival International des Arts de la Marionnette.

lundi 27 décembre 2010

Le spectateur pressé

[...] M'est venue l'idée qu'un spectateur pressé est l'ennemi du théâtre. Nous avalons à la hâte une médecine amère, mais nous savourons un bon plat. Il ne vaut pas la peine de mal utiliser la patience du spectateur, mais on n'a pas besoin non plus de satisfaire celui qui n'a jamais le temps. Un théâtre qui n'est pas capable de faire oublier au spectateur qu'il n'a pas le temps a-t-il le droit d'exister?

Cette petite phrase meyerholdienne me fait sourire... d'une part, parce que le prélude à cette affirmation concerne un spectacle (La dame aux camélias) que le metteur en scène russe a monté et qui durait cinq heures... d'autre part, parce qu'elle est quand même criante de vérité.

De plus en plus, quand on travaille sur une production, un spectateur potentiel finit par poser la question: combien de temps dure le spectacle... et on voit sa face se satisfaire ou se démonter selon la réponse.