dimanche 15 mai 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 15 au 21 mai 2011)


De jeudi à samedi - du 19 au 21 mai 2011
(et Dimanche - 22 mai 2011)
Salle Murdock (Chic.), 20h
SECONDE ET DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre du Faux Coffre redonne le solo du plus engagé des Clowns noirs, Trac: ma vie en théâtrascope. Pour rafraîchir la mémoire, il est possible de lire, sur les blogues, différents compte-rendus et opinions sur ce spectacle (qui sera, à ce que j'ai cru comprendre, actualisé): d'abord le mien (Trac ou sa vie en théâtrascope); celui de Jack aime/Jack n'aime pas (Mots etc.); celui de Spécial du jour (Sur les traces de Trac); celui d'Orage sur océan (Patrice Leblanc... Le rire noir de Trac); celui de Daniel Côté du Quotidien (Trac: un clown noir en théâtrascope).

Je pense que les étudiants du Cégep de Chicoutimi donneront aussi leur production de fin d'année cette semaine... mais peut-être que je me trompe.

C'est pas mal tout. Si j'oublie des choses, il est possible de les indiquer dans les commentaires.

samedi 14 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

Production lyonnaise que j'ai vue, mise en scène de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff.
Théâtre des Célestins, 26 septembre au 15 octobre 2006 (j'ignore toutefois le nom du photographe)

Hier soir, dans la salle de répétition (enfin, le SS-05 pour les initiés), nous avons enchaîné les dix-sept premières scènes de la pièce (sur vingt-et-un)... Toujours dans un but de nous donner une idée de l'ensemble du spectacle et aussi, pour un intérêt tout particulier: déterminer la durée de cette production. Parce que si d'habitude, je peux assez justement la déterminer à l'avance (notamment en comptant le nombre de pages alors que chacune de celles-ci vaut environ une minute), le texte de Labiche me restait parfaitement indéterminable. Et dire que je l'ai vu, monté, à Lyon en 2006 (et que je n'en garde, malheureusement, qu'un fort vague souvenir, décalage oblige...)!

Toujours est-il que le travail en chantier dure près de cinquante-cinq minutes... Lorsque seront travaillées les dernières scènes et le rythme général, j'estime que le tout durera une heure et quart, une heure et vingt.

L'exercice vaut aussi, je crois, pour les comédiens qui peuvent dès lors avoir une vision objective (si tant est que cela se peut!) de l'œuvre en cours, acquérant une certaine confiance dans l'efficacité de leurs répliques et de leur personnage. Nous rions beaucoup...

L'enchaînement s'est surprenamment bien déroulé. Sans trop d'anicroches ni bogue majeur. Une fluidité somme toute assez convaincante. Bien sûr, il reste une somme colossale de travail à effectuer, du travail de découpage scénique, de mise au point des personnages, de précision visuelle et précision d'intention, de peaufinement des actions-réactions, de constance et d'aisance dans les mouvements fort chorégraphiques... du moins, j'espère qu'ils le deviendront. D'autant plus qu'avec cet esprit de rigueur se juxtapose un écueil de taille: la petitesse de l'espace confinera le regard du spectateur en un seul et unique point, minuscule dans la salle, comme si les comédiens étaient sous microscope.

Ici, la focalisation (telle que définit par Anne Ubersfeld(1) : travail du spectateur choisissant un élément de l'espace, un détail de la représentation, un acteur, pour faire porter son attention sur cet élément, et éventuellement le suivre dans son évolution) ne pourra qu'être unique et globale - voire obligée! - et commandera, du coup, une perfection. Bon. Le terme est fort. Disons donc qu'il faudra une virtuosité de chacun des participants à ce projet (ce qui implique aussi bien le metteur en scène, les comédiens et les concepteurs).

Ce qui, d'autre part, illustre bien ce que j'écrivais dans le dernier paragraphe du billet du 12 mai dernier (ici).
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(1) dans Les termes clé de l'analyse théâtrale paru aux éditions du Seuil, Paris, 1996.

vendredi 13 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

Pour L'Affaire de la rue Lourcine - comme pour n'importe laquelle production que je fais - il y a, pour les interprètes, principalement quatre points à prendre en compte dans l'exécution de leu jeu:

  1. Faire vivre/dynamiser l'espace... par la mise en place et par leurs déplacements et leurs relations avec les accessoires et avec le décor;
  2. Avoir une conscience accrue de l'image qu'ils projettent... et chercher, par là, une perfection esthétique dans la pose, le geste;
  3. Faire comprendre les enjeux... tant par la voix (les intentions) que par le visage et le corps;
  4. S'inscrire dans un rythme soutenu et constant... alors que tous participent au même spectacle.
Bien entendu, pour arriver à assimiler ces quatre éléments essentiels à mon sens, il faut de la rigueur et de la précision... et aussi, pour ne pas que tout ceci tombe dans un jeu mécanique, du plaisir!

jeudi 12 mai 2011

Le choc des conceptions

J'ai eu, il y a quelques jours, une discussion avec Jean-Paul Quéinnec (auteur, metteur en scène et professeur en théâtre à l'UQAC) autour du théâtre en général et de son travail (comme praticien, chercheur et pédagogue) en particulier. Sur mes questionnements à propos de la densité, dans chacune de ses productions, des propositions et leur multiplicité (emmêlant décentrements des actions scéniques et intégrations de médiums contemporains) qui pourrait fort bien être le sujet de cette description du travail de Richard Schechner(1): De fait l'unicité du point de vue qui était, selon Richard Schechner, la marque du théâtre orthodoxe disparaît: le point de vue devient multiple, partiel. On ne cherche plus à unifier ou à homogénéiser l'expérience théâtrale, mais à la diviser ou, plutôt, à l'individualiser. De la même façon, le texte est envisagé en tant que matériau. Il indique plusieurs tracés possibles et devient une carte dont les contours se redessinent en fonction des interactions.

Pour un adepte comme moi du théâtre disons fondamentaliste (caricaturé par un texte, un acteur, un spectacteur), ce foisonnement de dialogues interdisciplinaires en travers la trame du texte, cette ouverture du sens et son éclatement bousculent mes propres conceptions théâtrales centrées principalement sur le focus scénique (sur le jeu, notamment) que je qualifierais presque d'intégriste (alors qu'il y a une réduction minimale voire une absence de la technique - lumière, son-, de décors...). Un choc de visions. Des remises en questions qui ne pourront, au final, qu'être bénéfiques pour un art en constante évolution.
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(1) SCHECHNER Richard, Performances, expérimentation et théorie du théâtre aux USA, Éditions Théâtrales, 2008 (Introduction, par Anne Cuisset, p. 118)

mercredi 11 mai 2011

Jusqu'à tout récemment...


Un petit cours d'histoire sur l'excommunication systématique qui frappait tous ces impies que furent les comédiens européens... une histoire qui prend ses sources dans un passé bien engoncé dans les imbroglios religieux du XVIIième siècle et qui se termine... en 1922! Autant dire hier.

Au même titre que les concubins, les usuriers et les sorciers, les comédiens sont, par décision de certains évêques, au milieu du XVIIième siècle, exlcus de la communion de l'Église catholique.

C'est une conséquence directe du changement de statut des comédiens: de saltimbanques, ils sont devenus professionnels. Pour des raisons économiques, les femmes montent, alors, sur scène. Elles ne manquaient pas d'être victimes du harcèlement sexuel des spectateurs privilégiés: c'en est fait de leur réputation qui retombe sur la profession toute entière. Il faudra attendre 1922 pour que le pape Pie XI, sur la demande de Georges Le Roy, comédien et professeur au Conservatoire (Gérard Philipe fut son élève), obtienne la suppression de l'excommunication.

Cette petite notice vient du petit ouvrage Le Théâtre: ses métiers, son langage, paru en 1994 sous la plume de Agnès Pierron.

mardi 10 mai 2011

Vers le premier «Forum sur le théâtre au SLSJ»

Le projet tient toujours la route, et même plus. À quelques semaines de l'événement, le comité organisateur s'est réuni se matin pour mettre faire un suivi sur le plan d'action d'ici le 12 juin prochain.

Dans les jours à venir partiront les communiqués aux médias de même que les invitations et le document préparatoire (avec les thèmes et les pistes de réflexions) pour les participants.

Bien sûr, l'intérêt de la chose repose essentiellement sur la présence d'un plus grand nombre possible de gens du théâtre, du haut du Lac au fin fond du Saguenay, des petits jeunots aux vieux de la vieille, des universitaires aux artisans sur le tas, des administrateurs de compagnies aux praticiens de tout ordre (concepteurs, metteurs en scène, comédiens, auteurs).

Il y un milieu théâtral dans la région, c'est indéniable. Un milieu dynamique... et surtout, étonnamment diversifié. Un milieu très grand. Un milieu tout rose et tout beau? Peut-être... et peut-être pas. À coup sûr, il cependant de l'entretien. Et si nous pouvions l'améliorer?

Tous ceux qui font du théâtre sur le territoire sont concernés. Toutes les opinions, les commentaires, les impressions, les propositions sont nécessaires... qu'ils soient positifs ou négatifs.

La Rubrique recherche...

Le Théâtre La Rubrique est à la recherche d'une personne pour tenir ses communications. D'ailleurs, l'annonce de cette quête court présentement sur Facebook sous une forme que je présente ici (une belle job de graphisme par Jean-François Caron qui contribuera, de cette façon, à se faire remplacer!):


Ça donne envie d'appliquer, non?

lundi 9 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Les œuvres de Labiche sont les descendantes directes d'un genre précis: le vaudeville (qu'on confond généralement avec le théâtre de boulevard). Elles partagent, avec ce type de théâtre, des caractéristiques un peu encombrantes pour le metteur en scène d'aujourd'hui.

Anne Ubersfeld, dans Les termes clés de l'analyse théâtrale définit bien ce vaudeville: Genre de comédie légère avec musique et chansons, dont l'origine un peu incertaine est très ancienne (et sans doute liée à des fêtes populaires), mais qui trouve sa vogue à la fin du XVIIIième siècle et dans la première moitié du XIXième siècle. Comédie «morale» (on peut y amener des enfants), elle se charge d'incidents burlesques, de quiproquos et de reconnaissances . La musique y joue un rôle très important: rarement originale, elle se nourrit d'airs populaires anciens ou contemporains. [...]

Ces dernières lignes définissent bien également la structure de L'Affaire de la rue Lourcine: un texte (relativement court) entrecoupé de plusieurs airs qui ont une importance dramaturgique réelle. Toutefois, les airs, bien qu'indiqués, ne se retrouvent guère. J'ai donc fait le choix de remplacer ces morceaux musicaux (et parodiques) anciens par des équivalents très contemporains... disons très années '70-80-90. Des airs populaires, oui... dont le kitsch des paroles (un peu revues pour les ajuster au contexte) et de la mélodie se marient très bien avec l'action scénique et l'intrigue.
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Les textes de cette période théâtrale (entre 1850 et 1920) me plaisent particulièrement. J'aime bien leur côté bien fait, leur perfection stylistique, dramaturgique et scénique. Des textes qui délaissent généralement la psychologie pour la caricature où souvent les personnages se définissent par leur nom ou leur métier. Des textes denses qui utilisent abondamment les diverses ressources pour faire surgir les rires. Des textes trop souvent négligés - voire méprisés - alors qu'ils demandent pourtant, aux metteurs en scène et interprètes, une technique, une virtuosité, un contrôle constants et sans faille.

dimanche 8 mai 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 8 au 14 mai 2011)


Quelques dates sont à retenir en cette semaine fort commune de mai. Quelques rendez-vous qui valent la peine de la pause, du détour.

Jeudi et vendredi - 12 et 13 mai 2011
Salle François-Brassard (Jonq.), 19h30

Les finissants en Arts et Lettres (profil interprétation) du Cégep de Jonquière présenteront leur dernière production académique avant que de ne poursuivre pour les uns dans un lieu voire un autre programme. Sous la direction de Chantale Dubé, ils seront dix à se commettre avec le texte de Jacques Languirand, Les Insolites. Sous le concept de l'enfance se cache des personnages hauts en couleur et complètement absurdes, qui recherchent le sens de leur vie. Dans un bar, c'est la quête de l'amoureux perdu. Un homme étrange viendra annoncer la mort de l'un d'entre eux. On s'accuse les uns et les autres. Qui sera le meurtrier? Si meurtrier il y a bien entendu… Parmi ces étudiants se trouvent les cinq qui ont participé, en mars dernier, à l'Antigone de Sophocle présentée par le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques.

Vendredi - 13 mai 2011
Au Sous-Bois (Café Cambio, Chicoutimi), 20h

Le Théâtre À Bout Portant tient son activité bénéfice, le Rapport d'Impro 2011. Pour 15$, les gens sont invités à une soirée de théâtre improvisé, suivi du spectacle de Phano. Une soirée des plus époustouflantes, où musique, théâtre, DJ, mascottes, animation... sont de pair. Dix comédiens fougueux, des histoires savoureuses, une prestation musicale hors du commun. Un événement à ne pas manquer, l'occasion de venir fêter le printemps en bonne compagnie, avec un bon spectacle et dans une toute nouvelles salle.

Jeudi à samedi - 12 au 14 mai 2011
(et dimanche - 15 mai 2011)
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h
PREMIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre du Faux Coffre redonne le solo du plus engagé des Clowns noirs, Trac: ma vie en théâtrascope. Pour rafraîchir la mémoire, il est possible de lire, sur les blogues, différents compte-rendus et opinions sur ce spectacle (qui sera, à ce que j'ai cru comprendre, actualisé): d'abord le mien (Trac ou sa vie en théâtrascope); celui de Jack aime/Jack n'aime pas (Mots etc.); celui de Spécial du jour (Sur les traces de Trac); celui d'Orage sur océan (Patrice Leblanc... Le rire noir de Trac); celui de Daniel Côté du Quotidien (Trac: un clown noir en théâtrascope).

Voilà. Si j'oublie des trucs, on peut les ajouter dans les commentaires.

samedi 7 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]



L'Affaire de la rue Lourcine en chantier devrait se voir aujourd'hui rallonger de trois nouvelles scènes.

Déjà, le travail effectué tourne autour d'une petite demie-heure.

Le plan de travail est toujours de mise. Si la précision et la rigueur ne sont pas nécessairement au point, les rires fusent cependant et je crois que l'on a, entre les mains, une comédie efficace, aussi drôle que physique! Si je m'en tiens au calendrier, un premier enchaînement complet devrait avoir lieu d'ici deux petites semaines (le 21 mai pour être plus précis). Alors, nous aurons une vue d'ensemble sur la pièce, son rythme, ses personnages, ses dynamiques.

Pour cette production, le texte est pris comme matière de base qui peut se voir (et se voit!) modifié, d'abord pour accommoder la distribution en terme de personnages masculins et féminins, revu et corrigé pour lier des situations, des gestes, réécrit pour réintégré des répliques chantées (chose commune dans les vaudevilles). Au final, L'Affaire de la rue Lourcine, version Théâtre 100 Masques, ne sera pas de mais d'après Labiche, la partie originale couvrant peut-être 75-80% de l'oeuvre scénique.

D'ailleurs, dans la même veine, il me faudrait retrouver la source de cette citation qui me convient fort bien et que j'endosse: je ne joue pas un texte je joue avec un texte.

Maintenant, il nous faudra nous concentrer sur toute la recherche esthétique de cette production: scénographie, costumes, lumières, accessoires.

vendredi 6 mai 2011

Tautologie

La théâtralité ne peut se penser hors d'elle-même!
L'envers de la théâtralité
n'est encore que de la théâtralité.

Patrice Pavis, Vers une théorie de la pratique théâtrale

jeudi 5 mai 2011

Le texte comme une série de figures


Le texte théâtral (et son énonciation) se compose, si l'on se colle à la matière brute, à la partition, d'une série de figure (apparemment limitée) qui, s'agençant entre elles, créent le rythme, le sens et, au final, l'interprétation. Une série de figures comme un coffre à outils, un vocabulaire formel à maîtriser pour faire des combinaisons nouvelles, des complémentarités, des ruptures.

Dans un cadre de recherche sur la théâtralité et la performativité, il m'apparaît essentiel de les aborder l'une après l'autre, de les définir et leur donner un contour précis.

En voici une liste (qui n'est peut-être pas exhaustive) établie par Michel Vinaver dans son ouvrage Écritures dramatiques, essais d'études de textes de théâtre paru en 1993 (pp. 901-903) aux éditions Acte-Sud:

La parole théâtrale se compose d'un nombre limité de figures textuelles répartit en quatre catégories:

1) FIGURES TEXTUELLES FONDAMENTALES S'APPLIQUANT À UNE RÉPLIQUE OU UNE PARTIE DE RÉPLIQUE: attaque, défense, riposte, esquive, mouvement-vers

2) AUTRES FIGURES TEXTUELLES S'APPLIQUANT À UNE RÉPLIQUE OU À UNE PARTIE DE RÉPLIQUE : monologue, récit, plaidoyer, profession de foi, annonce, citation, soliloque, adresse, discours composites

3) FIGURES TEXTUELLES S'APPLIQUANT À UN ENSEMBLE DE RÉPLIQUES: duel, duo, chœur, polyphonie

4) FIGURES TEXTUELLES RELATIONNELLES S’APPLIQUANT À UNE RÉPLIQUE DANS SA RELATION AVEC LE MATÉRIAU TEXTUEL QUI PRÉCÈDE : bouclage, effet-miroir ou écho, répétition-variation, fulgurance.


Ces figures participent à refonder le rapport au texte non pas sur la fable, l'intrigue mais sur sa forme, sa construction.