mercredi 10 décembre 2008
L'ai-je bien descendu?
mardi 9 décembre 2008
De l'autre côté du grotesque et de l'émerveillement...
La Mariée Cadavérique, de Tim Burton
(qui est, en fait, L'étrange Noël de Mr. Jack!)
dont le néo-gothisme se rapproche beaucoup de cette notion
De son côté, Émilie Gilbert-Gagnon s'inscrit, avec sa dernière production, Beauté Mécanique, dans une recherche assez semblable (du moins circonstancielle) axée, selon ses dires, sur l'émerveillement...
Voici alors, qu'au hasard d'une lecture innocente, je tombe sur une autre notion, parallèle et/ou complémentaire, détaillée avec brio par Anne Ubersfeld (la même du questionnaire d'un des billets précédents) dans son recueil Les termes clés de l'analyse du théâtre, le sublime:
Catégorie esthétique, désignant un sentiment dont la caractéristique est de faire sortir celui qui l'éprouve des limites habituelles de la perception du beau, pour le conduire vers la grandeur et/ou l'horreur. C'est un concept esthétique dont le théâtre fait un plus grand usage qu'on ne l'imagine. Au grammairien Longin (213-273) est attribué à tort un Traité du sublime dont paradoxalement, Boileau s'inspire. Pour Hugo (dans la Préface de Cromwell), le sublime est l'Autre du grotesque, qui a en commun avec lui le fait d'être une figure du trop, de ce qui est au-delà des barrières du raisonnable et du convenable.
Lié, comme le montre Kant, à la faculté de juger, le sublime est ce mouvement du moi percevant qui, devant ce qui excède la satisfaction de son ego, ou ce qui le viole carrément, s'élève au-dessus des contraintes pour retrouver une satisfaction et un sérennité inexplicables selon les ressorts naturels. Ainsi, c'est le dépassement des sentiments "naturels" du moi qui définit le sublime cornélien et procureune jouissance particulière.
dimanche 7 décembre 2008
Quelques images...
En avant: Marilyn C.-Tremblay (Mme de Crampon), Marylou Simard (Félicie)
Derrière: Mélissa Valiquette (Mme Tartempion), Nicolas Ilaréguy (Mr DesRillettes),
Martine Chapados (Mme Boulingrin)
Marilyne Renaud (Mme Weiss), Marc-André Perrier (Pépa de la Noël)
Les questionnaires Helbo et Ubersfeld
LE QUESTIONNAIRE HELBO
Sa nature et la forme du théâtre? Sa nature (mimétique-ludique)? Coordonnées de l'espace (ouvert-fermé, hauteur-profondeur, vaste-réduit, vide-occupé)? Rapports du scénique et de l'extra-scène? Quelle esthétique (couleurs, formes, style, référence culturelle)?
2. Les objets
Origine? Matière? Nombre? Polyvalence? Utilité? Fonctionnement rhétorique-symbolique?
3. Les comédiens
Nombre de comédiens? Rapport personnage-acteur, type-individuation? Apparence, âge, sexe, gestuelle, voix-diction, costume? Socialité du comédien: histoire, rôles déjà joués, appartenance à une troupe?
4. Le drame
Quel genre? Quelle fable? Le mode d'échange? La part d'improvisation et l'aléatoire?
5. Le travail du metteur en scène
Comment met-il la fiction en valeur (fictionnalisation)? Quel type de référent choisit-il (historique, contemporain, fantastique...)? Comment fait-il le découpage en unités? Privilégie-t-il le continu ou le discontinu? Y a-t-il prédominance du visuel ou del'écoute (parole, musique)?
b. Comment le spectacle se situe dans l'esapce (urbain). Quartier, public visé, désir assumé, architecture, rapport au quotidien.
c. Comment le spectacle se situe-t-il par rapport à l'historicité? Exploitation/refus/dévoilement d'une tradition, d'un dispositif, d'un ordre.
2. L'entrée
a. Comment avez-vous choisi la pièce?
b. Où/comment avez-vous trouvé les billets? Ont-ils fait un trou dans votre budget?
3. La communication
a. Fonction sociale du spectacle: construction de la convention, de l'illusion (rôle du foyer, de l'entracte, de l'après-spectacle, des répétitions).
b. Rôle de contrat spectaculaire: y a-t-il privilège d'une dimension du spectacle: partage d'un savoir, présence/corps de l'acteur/de la troupe, émotion/stimulation, non-communication, non-cognitif.
4. La réception
a. Comment avez-vous perçu/compris/interprété le projet spectaculaire?
b. Le public a-t-il été interpellé globalement?
Bons spectacles!
La semaine théâtrale... 18
Dimanche, 7 décembre 2008
Par ailleurs, c'est la dernière semaine (en fait, officiellement, ce mardi!) de cours pour le BIA...
C'est tout!
vendredi 5 décembre 2008
Retrouvailles momentanée
En ce premier samedi de décembre, je suis invité à aller donner un atelier de théâtre aux gens du Mic Mac... ces gens que je côtoie depuis 2004. C'est, en quelques sortes, un passage rapide dans un presque chez moi. Une pause saguenéenne. Un moment de félicité, de retrouvailles autour du théâtre que je prend avec hâte et enthousiasme... d'autant plus que cette année, je passerai mon hiver sans eux (merde à mon successeur!)...
Un atelier donc: six heures portant sur le jeu de l'acteur... plus précisément sur le principe de proposition du comédien, de l'imagination-créatrice de l'interprète. Il faut pour cela développer - ou plutôt, prendre conscience de! - cinq points précis: la coopération (l'esprit d'équipe), l'écoute, la précision, la spontanéité et l'imagination. Chacun de ceux-ci est relié à un ou deux exercices qui mèneront à la principale activité: travailler sur des textes blancs (ces textes qui n'ont aucune indication scénique).
Et du plaisir en perspective...
Pour une analyse exhaustive...
a. Ce qui tient les éléments du spectacle (rapports des systèmes scéniques).
b. Cohérence ou incohérence de la mise en scène: sur quoi se fonde-t-elle?
c. Place de la mise en scène dans le contexte culturel et esthétique.
d. Qu'est-ce qui vous dérange dans cette mise en scène: quels moments forts, faibles ou ennuyeux? Comment se situe-t-elle dans la production actuelle?
2. Scénographie
a. Formes de l'espace urbain, architectural, scénique, gestuel, etc.
b. Rapport entre espace du public et espace de jeu.
c. Principes de la structuration de l'espace:
1. Fonction dramaturgique de l'espace scénique et de son occupation.
2. Rapport du scénique et de l'extrascénique.
3. Lien entre l'espace utilisé et la fiction du texte dramatique mise en scène.
4. Rapport du montré et du caché.
5. Comment évolue la scénographie? À quoi correspondent ses transformations?
d. Systèmes des couleurs, des formes, des matières: leurs connotations.
3. Système des éclairages
Nature, lien à la fiction, à la représentation, à l'acteur.
Effets sur la réception du spectacle.
4. Objets
Nature, fonction, matière, rapport à l'espace et au corps, système de leur emploi.
5. Costumes, maquillages, masques
Fonction, système, rapport au corps.
6. Performance des acteurs
a. Description physique des acteurs (gestuelle, mimique, maquillage); changements dans leur apparence.
b. Kinesthésie présumée des acteurs; kinesthésie induite chez l'observateur.
c. Construction des personnages; acteur/rôle.
d. Rapport de l'acteur et du groupe: déplacements, rapports d'ensemble, trajectoire.
e. Rapport texte/corps.
f. Voix: qualités, effets produits, rapport à la diction et au chant.
g. Statut du comédien: son passé, sa situation dans la profession, etc.
7. Fonction de la musique, du bruit, du silence
a. Nature et caractéristiques: rapport à la fable, à la diction.
b. À quels moments interviennent-ils? Conséquences sur le reste de la représentation.
8. Rythme du spectacle
a. Rythme de quelques systèmes signifiants (échanges des dialogues, éclairages, costumes, gestualité, etc.). Lien entre durée réelle et durée vécue.
b. Le rythme global du spectacle: rythme continu ou discontinu, changements de régime, lien avec la mise en scène.
9. Lecture de la fable par cette mise en scène
a. Quelle histoire est racontée? Résumez-la. La mise en scène raconte-t-elle la même histoire que le texte?
b. Quels choix dramaturgiques? Cohérence ou incohérence de la lecture?
c. Quelles ambiguïtés dans le texte, quels éclaircissements dans la mise en scène?
d. Quelle organisation de la fable?
e. Comment la fable est-elle construite par l'acteur et la scène?
f. Quel est le genre du texte dramatique selon cette mise en scène?
g. Autres options de mise en scène possibles.
10. Le texte dans la mise en scène
a. Choix de la version scénique: quelles modifications?
b. Caractéristiques de la traduction (le cas échéant). Traduction, adaptation, réécriture ou écriture originale?
c. Quelle place la mise en scène accorde-t-elle au texte dramatique?
d. Rapports du texte et de l'image, de l'oreille et de l'oeil.
11. Le spectateur
a. À l'intérieur de quelle institution théâtrale se situe cette mise en scène?
b. Quelles attentes aviez-vous de ce spectacle (texte, metteur en scène, acteurs)?
c. Quels présupposés sont nécessaires pour apprécier ce spectacle?
d. Comment a réagi le public?
e. Rôle du spectateur dans la production du sens. La lecture encouragée est-elle univoque ou plurielle?
f. Quelles images, quelles scènes, quels thèmes vous interpellent et vous restent?
g. Comment l'attention du spectateur est-elle manipulée par la mise en scène?
12. Les traces
Comment noter (photographier ou filmer) ce spectacle?
Comment en conserver la mémoire?
13. Ce qui n'est pas sémiotisable
a. Ce qui dans votre lecture de la mise en scène n'a pas pris de sens.
b. Ce qui n'est pas réductible au signe et au sens (et pourquoi).
14. Bilan
a. Quels problèmes particuliers à examiner?
b. Autres remarques, autres catégories pour cette mise en scène et pour le questionnaire.
jeudi 4 décembre 2008
Ouche!
marchant dans l'ombre
il traverse indemne les bouillonnements
et les tourments
brassés dans le gouffre de la vie...
brassés dans les chaudrons matérialistes.
L'Art vit encore comme il fleurit un jour...
chez les idéalistes.
Dans un âge ancien,
c'étaient eux qui faisaient la Vie
paraître et sonner
comme elle fut et sera toujours...
Belle.
Edward Gordon Craig, 1912
mercredi 3 décembre 2008
La Noël de Gruntilda II [quelques notes]
Non pas que les comédiens soient mauvais... juste que, je le redis, c'est un spectacle fragile qui exige beaucoup de ses interprètes (particulièrement d'Alexandre), dans un dialogue (et une complicité!) avec le spectateur qui ne doit pas tomber! Il ne faut pas que les personnages soient exécutés dans une bulle théâtrale... Tout dans ce spectacle - le ton, le discours, les moqueries, la mise en scène - est destiné à de gens hors scène!
Mais bon. Mauvaise générale... etc.
Cet exercice a au moins le mérite de donner un bon aperçu des failles et de écueils, des manques et des temps morts.
Donc, aujourd'hui (sans oublier hier, tout de suite après les représentations), j'ai pris beaucoup de notes (et en prends toujours!) pour apporter des correctifs et des améliorations.
Au plaisir de vous voir ce soir! Et demain! Et après-demain!
R.I.P. A.Q.T.
L'AQT, l'Académie Québécoise du Théâtre, fera désormais partie de l'histoire. Après quelques années de déficit, de manque à gagner, de problèmes financiers (et d'une gestion peut-être un peu lâche), cette organisation ferme les livres et cesse toutes ses activités.
Fondée en 1993, cette Académie devait - et là était sa principale mission! - promouvoir le théâtre partout au Québec... et son médium privilégié: le défunt Gala des Masques...
Voici l'Article paru sur le site de Radio-Canada:
L'Académie québécoise du théâtre (AQT), qui organisait chaque année la soirée des Masques, doit cesser définitivement ses activités, faute de financement.
« Sans commanditaire majeur depuis deux ans, appuyée uniquement par le Conseil des arts et des lettres du Québec et sans aucun soutien de la part des autres paliers de gouvernement (on connaît l'insensibilité du fédéral en la matière), l'Académie ne peut dorénavant poursuivre son mandat », indique le communiqué de l'AQT.
La perte sera énorme pour les petites compagnies et celles qui oeuvrent en région, estime le président de l'AQT, Vincent Bilodeau, joint par téléphone. « La Licorne, grâce à des Masques, a pu faire des reprises avec un succès assuré », dit-il, ajoutant que la notoriété que procurait un Masque pouvait faire toute la différence pour une compagnie à l'occasion d'une demande de subvention.
Déjà, les gens du milieu avaient été déçus que le traditionnel gala n'ait pas lieu en 2008, car les retombées étaient beaucoup plus importantes que les cotes d'écoute, considérées faibles.
L'AQT fonctionnait avec un budget annuel de 85 000 $ depuis quatre ans et comptait sur le bénévolat des membres de son conseil d'administration, qui lui consacraient plus d'une dizaine d'heures par semaine.
Ainsi, après avoir perdu le soutien de Patrimoine canadien, la commandite de Loto-Québec, qui a préféré associer son nom à des festivals, et celle d'Esso, dont le siège social est déménagé dans l'Ouest, à des kilomètres de la culture québécoise, l'AQT ne pouvait plus réduire davantage ses dépenses. « Pas une entreprise privée ne nous arriverait à la cheville en termes de rationalisation », assure Vincent Bilodeau.
Il explique que Québec lui a demandé d'être patient, et d'attendre après les élections. Or, l'AQT fait part de ses demandes pressantes au gouvernement depuis le printemps et n'a pas pu payer sa directrice générale depuis deux mois.
Le Conseil québécois du théâtre choqué
« Les difficultés financières vécues par l'Académie illustrent les limites et le caractère aléatoire du soutien privé dans le domaine artistique, cela démontre l'importance d'un soutien financier continu par l'État, a fait valoir par communiqué le président du CQT, Martin Faucher. Ce malheureux événement est un exemple éloquent de la précarité qu'engendre l'absence d'un soutien adéquat de l'État. »
Beauté mécanique
Construit à partir de l'album du même titre de Plywood ¾, ce spectacle raconte l'histoire d'un homme qui, reclus dans son garage, se construit, au détriment de son épouse qui sombre inéluctablement vers la déchéance, une poupée duquel il tombera amoureux.
Chapeau, soit dit en passant, à Sabrina Bélanger et à Patrice Leblanc qui tiennent la note tout au long de la représentation et qui interprètent avec brio ces compositions. Une performance remarquable (dans une mise en scène efficace qui flirte toutefois, à quelques reprises, avec l'illustrativité)...
Outre la musique omniprésente (véritable personnage principal), ce qui frappe le plus, c'est l'esthétique Tim Burtonien de ce spectacle (espace et costumes), proche du grotesque... et dans laquelle je me suis bien reconnu. L'outrance du maquillage et du jeu, la surcharge des objets et leur utilisation, la présence des entités tout autour, les couleurs dominantes (noir et blanc), participent à ce néo-gothisme.
Il s'agit donc ici d'une (forte) théâtralisation d'un objet (la musique) extra-scénique...
Tous ces éléments créent-ils, pourtant, chez le spectateur, émerveillement et fascination théâtrale?
___________________________
Cette question est au centre des réflexions et des recherches de la metteure en scène et conceptrice générale.
Il serait probablement fort intéressant de pouvoir lire, pour apprécier davantage le travail, l'essai qui accompagnera cette oeuvre, de comprendre ce qu'elle veut dire par émerveillement et par fascination, et comment elle articule ces notions dans cette mise en scène, dans le dialogue scène-salle...
Car je l'avoue, je me suis posé la question, par la suite, à savoir en quoi ce spectacle peut répondre, tel qu'il est indiqué dans le programme, à un besoin d'émerveillement...
mardi 2 décembre 2008
Un Noël pour le Théâtre 100 Masques!
Pour l'occasion, voyez la grandiloquente Gruntilda (Alexandre Larouche) - accompagnée de sa Lutine (Isabelle Boivin), de Madame Weiss (Marilyne Renaud) et de son Pépa de la Noël (Marc-André Perrier) - prendre à bras-le-corps (à l'instar des instances commerciales qui nous inondent depuis déjà plusieurs semaines!) les traditions et les cantiques du Temps des Fêtes pour les répandre avec toute la candeur de la causticité.
(La Fête de la Nativité)
1. Ouverture et présentation des acolytes
2. Dans cette étable
3. Joyeux Noël
(La Fête de l'abondance)
4. La recette de Bubie
5. Noël c'est la bouffe
(La Fête de la misère)
6. La Charlotte prie Notre Dame (1ère partie)
(La Fête des traditions et du commercial)
7. La bûche de Noël
8. La plus belle nuit du monde
(La Fête de la nostalgie)
9. Noël au camp (Tex Lecor)
10. La Charlotte prie Notre Dame (2ième partie)
(La Fête du plaisir)
11. Les pots pourris de Noël
(La Fête du Père-Noël)
12. Le bricolage de Noël
13. Le pedigree de Pépa de la Noël
14. The Night before Christmas (Clement Clark Moore)
15. Maman embrasse le Père-Noël
(La Fête de la solitude)
16. La Charlotte prie Notre Dame (3ième partie)
17. Noël seule
18. Minuit chrétien
19. Finale



