vendredi 12 juin 2009

Constats


Il y a quelques mois je parlais du théâtre saguenéen comme étant quelque chose de cyclique. Après une période de morosité, le dynamisme... après le dynamisme, l'épanouissement... après l'épanouissement, la stagnation... après la stagnation, l'essoufflement... après l'essoufflement, la morosité. L'histoire théâtrale régionale depuis, disons, 40 ans tend à prouver ce mouvement...

Où en sommes-nous présentement? Quel diagnostic poser? Difficile à dire...

Les signaux sont quelque peu préoccupants... Certains partent, d'autres tentent d'émerger. D'un autre côté, depuis quelques années, la relève annuelle est anémique (et parfois nulle). Les grosses cohortes des années 2000-2003 sont passées.

Les circonstances posent problèmes et obligent (peut-être est-ce bénéfique... le temps le dira) les organismes à se restructurer... Le théâtre de tournée à Chicoutimi est, à proprement parlé, éradiqué.

Les enveloppes budgétaires dévolues à la région sont figées... alors que les dépenses augmentent, coût de la vie oblige...

Et le taux de fréquentation dans les salles n'augmentent pas et même, quelques fois, diminue!

Et pourtant, peut-être le théâtre saguenéen ne s'est-il jamais aussi bien porté... du moins me semble-t-il.

Un nouveau souffle surgira immanquablement...


jeudi 11 juin 2009

Table de compétence théâtre


Dernière rencontre (et première depuis février!)...

La semaine prochaine, il y aura une table de compétence théâtre organisée par le CRC... le 17 juin, à 9h, au centre culturel du Mont-Jacob... mais encore faut-il que les gens de théâtre soient au rendez-vous...

Ces rencontres sont importantes... pour la discussion, la passation d'informations, la mise à jour des dossiers gouvernementaux... et il n'en tient qu'à nous de faire de celles-ci un espace de concertation pro-actif! Il est important de prendre part à ce genre de rencontre du milieu... et tout artiste et artisan du théâtre régional peut (et devrait...) y participer.

Pour confirmer (ou au moins manifester la réception de l'information...) sa présence, téléphoner au 418.543.5941 poste 233...

mercredi 10 juin 2009

Quand le Théâtre du Saguenay n'a de théâtre que le nom...

Le Théâtre du Saguenay a présenté hier sa programmation 2009-2010... première programmation itinérante dans un contexte de crise locative: nouvelle salle ou rénovation?



Suite au visionnement de cette petite vidéo promotionnelle, une constatation s'impose: le théâtre (aucune représentation prévue!) et la danse (avec un seul spectacle) ne font plus le poids parmi tous les spectacles de chanteurs et d'humoristes... Les belles années du théâtre de tournée à Chicoutimi seraient-elles passées? Rentabilité oblige... Les problèmes de lieu (par ailleurs réels...) ne sont-ils qu'un bon prétexte pour se débarrasser de ces gouffres financiers?

C'est un premier pas vers l'appauvrissement culturel du Royaume...

Par chance! En matière de diffusion théâtrale, le Théâtre La Rubrique tient le fort!


mardi 9 juin 2009

Le Médecin malgré lui [quelques notes]

D'autres images du Médecin malgré lui de Molière venus d'ailleurs... dans l'attente d'avoir le nôtre ici!


(Sganarelle et Léandre, acte II sc.5)


(Compagnia teatrale della Luna Nuova-2006, acte I, sc. 1-2-3)



Le Médecin malgré lui [quelques notes]

Tiens... petit extrait du Médecin malgré lui monté par la Compagnie Colette Roumanoff... monté comme un véritable théâtre de foire... avec moult acrobaties et gymnastique, avec un jeu inspiré et hautement hystérico-comique.



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Petites images venues d'un autre continent...

Pour notre part, Le Médecin s'inscrit dans une esthétique toute autre... et pourtant semblable. Non pas tant dans la facure, mais dans l'esprit scénique... l'esprit baroque, l'esprit de la farce, l'esprit de la commedia de laquelle pourrait se prétendre ce Molière.

L'équipe de conception - soit Jessyka Maltais-Jean, Erika Brisson et moi - s'acharne à concevoir et réaliser les costumes, accesoires et décors dans cette veine... avec un fort accent nouvelle-france folklorique.

Bientôt, la première...

lundi 8 juin 2009

Le théâtre de la convention selon Théophile Gautier


[...] L'art ne peut exister sans convention; l'absence de convention amènera la ruine du théâtre. Il y a pour la scène des exigences d'optique que l'on méconnaît aujourd'hui; un drame ne doit pas être vrai, il faut qu'il y ait des parties sacrifiées, d'autres exagérées; le contour de chaque caractère doit être tracé d'une manière précise et sculpturale de façon à mettre les personnages en relief et à les faire se détacher nettement sur le fond lumineux ou sombre de l'action; le langage naturel du comédien est le vers: la prose fait disparate avec les arbres de carton peint, le rouge végétal, les sourcils tracés avec du bouchon brûlé, la rampe de quinquets fumeux, le clinquant du roi et les faux cheveux de l'ingénue; elle est trop vraie, et rompt cet ensemble d'harmonieuse fausseté; elle produit l'effet d'une maison réelle bâtie en pierres ou un arbre véritable transplanté d'un jardin produirait à ces côtés des châssis de tôle barbouillée qui forment les coulisses.
Histoire de l'art dramatique en France depuis 25 ans, 1837

Un jour, il faudra que je me penche sérieusement sur mon intérêt pour ces notions théâtrales du faux véritable, du code, de la convention... et de cet attrait irrésistible pour cette vie théâtrale, cette écriture scénique du XIXième siècle...

dimanche 7 juin 2009

Quand le Théâtre est la peste des villes...

Je profite de cette journée dominicale pour poursuivre ma lecture théâtrale des Pères de l'Église (grâce au recueil essentiel d'Odette Aslan - L'Art du théâtre - qui me sert littéralement de livre de chevet!) pour vous servir, en quelques sortes, une homélie sortie d'un autre âge (Homélie 15 au peuple d'Antioche) écrite par Saint Jean Chrysostome quelque part à la fin du quatrième siècle de notre ère... Ces lectures sont fort passionnantes parce que d'un radicalisme extrême qui surprend... Aucun nuance.

Saint Jean Chrysostome, icône à l'encaustique, 7ème siècle

Je vous demande à tous d'éviter vous-mêmes le funeste séjour des salles de spectacle et d'en détourner ceux qui les fréquentent [...]. Je désirerais que tu rencontrasses un homme qui vient de voir un spectacle et un autre qui sort de prison: tu verrais combien l'âme du premier est indignée, agitée et comme vraiment enchaînée et combien l'âme du second est quiète, libre et élevée.
*
Le plaisir qu'on prend au Spectacles, Comédies, produit la fornication, l'impudence et toute sorte d'incontinence.

Malgré le fait que ce radicalisme se pare d'archaïsme et de bigoterie, il faut se souvenir qu'il y a à peine quelque cinquante-soixante ans, soit plus de 1600 ans après!, ici même au Québec, lors, entres autres, des grandes tournées de Jean Grimaldi, les prêtres montaient toujours en chaire pour dénoncer les spectacles avec une même vigueur et dans des termes assez semblables... promettant l'enfer et ses tourments éternels à tous les ouailles qui oseraient y assister...

À toutes les âmes damnées, bonne semaine...

La semaine théâtrale


Décidément, c'est la période creuse... du moins en ce qui a trait à la présentation publique... parce que, je le répète: la Rubrique, le CRI, le 100 Masques, les Têtes Heureuses et plusieurs autres artistes et artisans sont fort actifs ces temps-ci pour reprendre place bientôt sur les diverses scènes saguenéennes...

D'ici là, il faut se contenter de peu!

vendredi 5 juin 2009

En quelle langue?

Tour de Babel par Brueghel

théâtre
Theatre

tiatro
Тэа́тар

Divadlo

Театр

Hì-kio̍k

טעאטער
Tiyatro
ละคร
جلوہ گاہ
Theata
அரங்கு

Tētros

المسرح
θέατρο
演劇

თეატრი


jeudi 4 juin 2009

Que reste-t-il de nos amours?




Le théâtre est un des instruments les plus expressifs, les plus utiles à l'édification d'un pays, le baromètre qui enregistre sa grandeur ou son déclin. Un théâtre sensible et bien orienté à tous ses niveaux, de la tragédie au vaudeville, peut transformer en quelques années la sensibilité du peuple. Tandis qu'un théâtre dégradé, où le sabot fourchu remplace les ailes peut gâter et endormir une nation entière.

[...]

Un peuple qui n'aide pas, qui ne favorise pas son théâtre est moribond, s'il n'est déjà mort; de même, le théâtre qui ne recueille pas la pulsation sociale, la pulsation historique, le drame de son peuple, et la couleur authentique de son paysage et de son esprit, ce théâtre-là n'a pas le droit de s'appeler théâtre, mais «salle de divertissement» local tout juste bon pour cette horrible chose qui s'appelle «tuer le temps».

Cet extrait manifeste qui fait réfléchir sur les enjeux théâtraux d'aujourd'hui - que ce soit à Saguenay, au Québec ou dans le monde... - fut écrit vers 1935 par Federico Garcia Lorca, poète et dramaturge espagnol.

Que dit notre théâtre de nous? Parle-t-il ou est-il muet? Une voix forte ou un chuchotement inaudible parce qu'inintéressant?

Quand est-il de notre art? Où se situe-t-il dans ce que d'aucuns nomment l'«écologie de la pratique»? Quel est son état de santé? Après le post-modernisme et tous les autres ismes, après l'ère technologique où font rage le cinéma et le virtuel, que reste-t-il du théâtre? Le théâtre n'est-il plus qu'un coup d'épée dans l'eau? Pas plus que les autres arts... et pourtant...

mercredi 3 juin 2009

Départs


Évolution oblige (ou érosion d'un dynamisme culturel qui arrive à la fin d'un cycle?)...

Le milieu théâtral verra partir, sous peu de bons éléments... des éléments forts... des éléments qui ont été assez présents au cours des dernières années.

Après une décennie de travail acharné et de dynamisme - dix ans de productions, d'activités, de participation à la construction d'un professionnalisme saguenéen -, un recul brutal (lucide dirait l'autre) semble devoir être pris. Un bilan s'impose pour tous: Quelles aspirations? Quelles ambitions? Quels sacrifices? Quel avenir?

Les regards bifurquent alors vers la cour du voisin...

Pour la première fois depuis longtemps, c'est une réelle vague de comédiens qui partiront, d'ici quelques mois, vers les métropoles... Combien seront-ils enfin? Deux? Trois? Quatre? Plus?

Le monde théâtral d'ici entre-t-il en hibernation? En fait, non... je ne pense pas. Disons qu'il étire ses racines pour poursuivre sa croissance...

Bonne chance à ceux qui partent... et à ceux qui restent!

Tripatouillages politico-législatifs


Alors que la session intensive bat son plein à l'Assemblée Nationale, un projet de loi fait son chemin pour se retrouver sur la sellette cette semaine: le projet de loi numéro 32... projet qui crée des remous dans le milieu culturel et, à proprement parlé, dans le milieu théâtral.

Car en effet, cette Loi modifiant la Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma et d’autres dispositions législatives présentée par l'inconstante ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, propose trois modifications majeures : « redéfinir les secteurs de négociation et la portée des reconnaissances syndicales dans l’industrie des productions audiovisuelles, étendre le champ d’application de la Loi sur le statut de l’artiste pour en faire bénéficier les techniciens et artisans qui participent aux productions audiovisuelles, et abolir la Commission de reconnaissance des associations d’artistes et des associations de producteurs (CRAAAP) et transférer à la Commission des relations du travail (CRT) ses principales fonctions » (communiqué publié par le gouvernement du Québec).

Et c'est la levée de bouclier des diverses associations qui craignent que, par celle-ci, s'installe un joyeux capharnaüm dans les structures administratives...
Ce projet remplace le Projet de Loi 90, déposé en mai 2008, qui avait soulevé l’ire de plusieurs intervenants culturels, notamment de l’ACT, l’ADISQ, l’APC, l’APFTQ, l’APTP, FEQ, RIDEAU, TAI et TUEJ. La nouvelle mouture ne suscite guère plus l’unanimité.

Au moment où ces lignes sont écrites, l’ADISQ et plusieurs autres associations ayant une expertise dans l’application de la Loi sont à compléter leur analyse des effets de ce projet sur le milieu culturel. Toutes ont demandé à être entendues en Commission parlementaire afin d’éclairer le gouvernement sur la situation d’extrême confusion que les modifications envisagées sont à même de créer dans le milieu.

L’ADISQ constate quant à elle que de nombreux problèmes subsistent encore dans le projet et que de nouveaux viennent d’y apparaître. Ces problèmes concernent notamment les catégories de productions audiovisuelles visées par l’élargissement de la Loi à d’autres personnes que des « artistes », de nouvelles reconnaissances envisagées au profit de l’AQTIS, l’inclusion de salariés à la Loi, une seconde définition de « producteur » et la manière dont seraient transférés les fonctions et pouvoirs de la CRAAAP à la CRT (communiqué publié par l'ADISQ).

En clair, ce n'est pas si clair... Il s'agit d'une loi complexe qui modifie, dans les faits, six lois différentes. Les tenants et aboutissants d'un tel exercice ne sont pas évidents pour les non-initiés (car le charabia légal est quelque peu hermétique)... Il faut veiller au grain!