dimanche 24 janvier 2010

Au théâtre, cette semaine! (du 24 au 30 janvier 2010)


Quelques dates:

Lundi et mardi - 25 et 26 janvier 2010
Centre des Arts (Chicoutimi), 18h30


Le Théâtre 100 Masques débute sa session d'ateliers réguliers pour les jeunes enfants (lundi) et pour les adolescents (mardi)... Il reste encore de la place dans chacun des deux groupes. Je n'ai pas l'information en main, mais je sais que le Théâtre la Rubrique débute la sienne quelque part autour de ces mêmes dates.

Mercredi - 27 janvier 2010
Auditorium d'Alma (Alma), 20h


L'Auditorium d'Alma présente Persée du Théâtre de la Pire Espèce (production déjà présentée dans la région l'an dernier, si je ne m'abuse). À partir des artefacts retrouvés sur un site de fouilles, trois archéologues du début du siècle tentent de prouver l'existence du héros mythologique Persée, mais leur reconstitution historique se heurte sans cesse à des éléments fabuleux. L'enquête scientifique se transforme peu à peu en quête existentielle. À travers Persée, c'est leur propre visage que les savants tenteront de déterrer. Transfigurés par les objets qu'ils aiment, ils deviendront, sous nos yeux, les protagonistes du célèbre mythe.

De mercredi à samedi - 27 au 30 janvier 2010
Salle Pierrette-Gaudreault, 20h

Première semaine de représentations de la toute dernière production du Théâtre La Rubrique, Charles et Berthin, un texte de Stéphan Cloutier mis en scène par Benoît Lagrandeur. Le cœur ou la raison ? En trois temps, à rebours, nous voyons se désagréger, se déployer et naître la relation entre Charles Varlet de la Grange, comédien chez Molière et administrateur méticuleux de sa troupe, et un aventurier téméraire du nom de Berthin Rabussin. Pourquoi choisit-on de mettre son talent et une grande partie de sa vie au service du talent d’un autre quitte à renoncer à une partie de soi-même? Comment deux hommes peuvent-ils s’aimer dans ce siècle des Lumières où il n’y a même pas de nom pour désigner les sentiments et les gestes – punissables de mort – qui les unissent l’un à l’autre? Cette production réunit Christian Ouellet, Guillaume Ouellet, Émilie Jean et Josée Laporte dans un décor de Serge Lapierre éclairé par Jessyka Maltais-Jean.

Vendredi - 29 janvier 2010
Salle de spectacle de Dolbeau-Mist., 20h


Avis aux intéressés. Au nord du Lac, à Dolbeau-Mistassinni, on présente Un peu, Beaucoup, Passionément, une production des Productions Jean-Hébert... avec, entres autres, Normand Lévesque, Donald Pilon et Pierrette Robitaille.

samedi 23 janvier 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Forêt de nuit, par Manu Larcenet

J'entreprends, aujourd'hui, la seconde fin de semaine intensive de répétitions au Théâtre Mic Mac de Roberval. Deux jours de travail sur cette matière plutôt riche qu'est La Défonce de Chevarie.

Cette pièce, comme je l'ai déjà mentionné, est éclatée: temporalité aléatoire (du présent au passé au futur); par la même occasion, linéarité brisée; modes de narration divergents selon les tableaux... dialogues mais aussi (et surtout!) monologues, qu'ils soient monolithiques et fragmentés, faisant appel au récit, à la description.

C'est d'ailleurs autour de ce dernier point que se concentre notre principal travail.

Je m'explique...

Pour faire une histoire courte, cette pièce tourne autour d'une virée de trois jeunes têtes brûlées qui se termine (désolé de la brutalité de mes mots...) par le viol et le meurtre d'une jeune fille... De la haine, de la rage, de la vengeance. Et pourtant - et là réside l'intérêt dramaturgique de ce texte - ce drame n'est pas le centre de cette production. Bien qu'omniprésent et catalyseur, il laisse la place au véritable pivot dramatique qu'est, du coup, la rétrospection (élément assez caractéristique de la dramaturgie contemporaine). La cruauté émane non pas dans ce qui se passe (ou plutôt s'est passé...) mais principalement de cette lucidité qui suinte des personnages, de cette lucidité qui nomme l'innommable et tente, tant bien que mal, de le justifier. Le tout dans un style cru, direct, percutant. Un jeu où le personnage devient, pour lui-même, et la proie et le prédateur.

C'est là un des obstacles de cette production... Car j'imagine qu'il est tentant, pour un comédien, de se laisser aller à la situation en place (dans ce cas-ci, le viol et le meurtre... déjà terminés dès les premiers échanges), de se laisser porter par l'émotion du texte. De ce fait, explorer avec eux la lucidité et la froideur cruel des mots devient le défi. Il faudra constamment le rappeler...

La pièce n'est pas le drame. Le drame n'est pas la pièce. C'est donc un théâtre de la révélation.

Je quitte...

vendredi 22 janvier 2010

Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Saguenay...

Anse-St-Jean (octobre 2009), photographie: Dario Larouche
D'accord. De prime abord, la photo n'a aucun lien avec le sujet...
si ce n'est de son atmosphère lourde et sombre, avec un manque flagrant de transparence...

Oui, il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Saguenay... Alors que la métropole s'est enlisée dans l'histoire des compteurs d'eau ces derniers mois, notre capitale culturelle 2010 semble s'embourber dangereusement dans l'imbroglio du Théâtre du Saguenay et de sa gestion par rapport à l'Opéra Cabaret Urbain... Les questions surgissent de partout. Les réponses tardent à suivre. Les révélations s'accumulent et naissent les soupçons.

L'Opéra, ce nébuleux lieu de diffusion, sera-t-il mis en faillite? Quel rôle a joué le Théâtre du Saguenay dans cette aventure? La Ville le savait-elle ou pas? La Coopérative de développement culturel qui est entrée dans une tourmente incessante depuis quelques mois (dossier de la salle de spectacle, démission de son président, de son successeur par intérim, du directeur général) se relèvera-t-elle?

Le plus dommageable, à mon avis, dans ce contexte nauséabond, est le fait qu'encore une fois, c'est la culture qui fait les frais de débats âpres et agressifs... et qu'au lieu de rassembler les masses, il y a un risque de braquage (encore une fois) contre le milieu culturel perçu comme trop gâté.
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Ajout: Je viens d'entendre, aux nouvelles de CBJ, que Robert Hakim vient de déposer une mise en demeure envers le nouveau président du Théâtre du Saguenay: il n'aurait pas démissionné mais aurait été congédié... Décidément, le dossier s'épaissit...
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À lire, le billet de Jean-François Caron du Voir, dans l'édition parue hier matin: Un calife à la place de Hakim.

jeudi 21 janvier 2010

Dans un costumier près de chez vous...

Aujourd'hui, au Théâtre 100 Masques, nous avons franchi un grand pas, structurellement parlant: le costumier

À mon arrivée comme directeur de cet organisme, j'ai également pris possession (façon de parler) du costumier de celui-ci... costumier qui appartenait auparavant, en partie (car le Théâtre 100 Masques y avait ajouter beaucoup de matériel) à l'Atelier de Théâtre l'Eau Vive qui lui-même le tenait du temps du Frou-Frou. Ainsi donc, plus de vingt années s'accumulaient dans ce petit local situé au sous-sol du Centre des Arts. À mon arrivée, dis-je, j'avais sur le bras un local encombré et, osons le mot, dans un état fort pitoyable... à la limite de l'insalubrité.

L'un des premiers dossiers qui échut sur mon bureau fut donc le grand ménage de cet endroit. Sarah Bernard, Jessica B. Pinard et moi, armés de gants et de masques, avons passé une semaine dans ce bordel pour lui redonner un peu de lustre. À l'époque, le 22 août 2007, j'écrivais à mon conseil d'administration:

Juste quelques lignes pour vous dire que le ménage du costumier va bon train... J'ai commencé hier matin... les filles sont venues me retrouver hier pm... on a repris ce matin Sarah et moi... pm tout le monde. Bref, ce soir, on a «fini»... tous les costumes sont accrochés sur des cintres dans les racks... restent à les trier éventuellement... Tout est rangé, trié, classé... et on a jeté tout ce qui était sale... vieux, brisé ou indéfinissable... tout est encore dans le costumier... empilé sur le divan près des deux portes qui n'ouvrent pas... Des gens de la Ville vont venir ramasser du mobilier que j'ai demandé à faire sortir de là-dedans (bureaux, chaises, étagères) pour libérer de l'espace. Ce n'est franchement pas un luxe.

Ce jour-là, Sarah a pris une photo du costumier avant que le tout ne parte dans un container amené sur le terrain du Centre spécialement pour nous:


À l'automne dernier, nous nous sommes lancés dans la phase II de ce grand ménage: tous les costumes (enfin, il nous en reste un peu), tous les accessoires vestimentaires, tous les objets, tous les tissus ont été lavés (le nombre de lavage et de brassées de linge est, par ailleurs, fort élevé!). Les armoires ont été repeintes... de même que les racks à vêtements. Tout a été replacé dans le costumier et le plancher sera, sous peu, décapé et ciré... ce qui, après coup, nous donne un local potable, propre qui pourra maintenant être utilisé dans sa fonction première: être un atelier voué au travail théâtral!

mercredi 20 janvier 2010

De la présence... !


S'il est un terme générique au théâtre, un terme aux allures hermétiques et métaphysiques, un terme difficile à saisir, c'est bien celui de la présence. Que dire alors de l'étrange énergie? En cette ère (post-)contemporaine, ces notions deviennent, avec celle de la figure qui remplace le personnage, l'apanage des acteurs en scène.

À l'encontre de ces termes qui se galvaudent facilement, j'aime bien ce discours tenu par Jean Asselin (directeur artistique de Omnibus) relaté par Josette Féral dans son recueil Mise en scène et jeu de l'acteur(tome 2): Le corps en scène (p. 83):

[...] Je préconise donc l'infinité des rapports de vitesse, de force et de temps plutôt que cette notion d'énergie qui n'est qu'un palliatif à tout ce qu'on est incapable de nommer; parce que cela nous arrange de ne pas nommer, parce que c'est moins fatiguant de ne pas savoir. Cela donne plus de champ à la fumisterie et au charlatanisme.

Quant à la «présence», je dirais qu'elle se définit par son contraire: la répression de l'ego, l'absence du soi. Le personnage est un sursoi, un soi collectif aussi. C'est quand ce jeu est graphique et abstrait que tous s'y retrouvent. Je dirais que l'interprète est présent lorsque je peux m'y projeter comme sur un écran. Il est potentiellement mon corps et virtuellement mon esprit.


Et dans ce recueil cité plus haut, d'autres metteurs en scène font état de leur(s) idée(s) sur la question dont Eugenio Barba, Dario Fo, Georges Lavaudant, Robert Lepage, Gilles Maheu, Peter et Sellars et Robert Wilson...

mardi 19 janvier 2010

Nouveau coup pour le Théâtre du Saguenay

Cette image illustre le site www.rupture.net.

La nouvelle tombe ce matin dans l'édition du Quotidien, Robert Hakim démissionne de son poste de directeur général du Théâtre du Saguenay. Je me pose tout de même une question... Je croyais que c'étaient les Production Robert Hakim qui dirigeaient cet organisme. Est-ce a dire qu'il part et reste en même temps? (Bon... on me dit que non... que c'était bel et bien Hakim le directeur...)

Il n'y a pas à dire, ça grouille de partout autour de cette corporation à la situation précaire: dossier de la nouvelle salle, enquêtes dans le dossier de l'Opéra, itinérance forcée. L'avenir s'annonce sombre... disons embrouillé pour être optimiste.

Diffuseur majeur depuis tant d'années, le Théâtre du Saguenay arrive-t-il au bout de son existence? Saura-t-il se relever? Laissera-t-il le titre à la municipalité (comme cela se fait dans d'autres villes)? Dans les deux cas, il faudra garder un œil sur ce développement futur...

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Un lien vers un article pour avoir une vue d'ensemble...

TDS - Démission de Robert Hakim (Radio-Canada, 19 janvier 2010)

lundi 18 janvier 2010

Des règles et de la discipline...


Il n'y a pas de règles au théâtre,
mais de la discipline.

Dario Fo

Comme cette phrase (d'un auteur dramatique nobélisé en 1997 dont le prénom est, je l'avoue, fort joli!) ouvre d'innombrables voies... en autant que nous nous relevions les manches et que nous nous attelions à la tâche!

J'aime bien cette idée de liberté encadrée par une conscience de soi, des autres, du temps, du message... des règles! Se donner un cadre et surtout, le maintenir afin de s'exprimer et se développer... J'oserais presque dire que c'est là le plus difficile dans le monde culturel...
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Pour rester dans une veine plus légère... je ne sais pas si j'ai déjà dit, dans cet espace, qu'un de mes rêves serait de monter un texte de Dario Fo (c'est d'ailleurs son jovial visage qui orne ce billet!) - un monologue - avec un acteur prénommé également Dario. Ça n'apporterait strictement rien au milieu théâtral ni à la pratique mondiale, je sais... mais bon. La futilité a aussi parfois sa place!

dimanche 17 janvier 2010

Au théâtre cette semaine (du 17 au 23 janvier 2010)


Il n'y a pas, à ma connaissance, d'activités théâtrales, outre les répétitions des compagnies en pleine création (entendre ici La Rubrique qui entre dans le dernier droit!). Rien du côté de la diffusion publique... et rien du côté des rendez-vous d'informations. Le calme plat. Que la gestion courante d'organismes...

En ce sens, je rappelle que c'est la période d'inscription pour les ateliers de théâtre du Théâtre 100 Masques (et probablement aussi pour La Rubrique).

Dans un autre ordre d'idée, mardi de cette semaine (le 19 janvier), c'est la date limite pour le Fonds d'excellence du SLSJ pour les arts et les lettres dans le cadre du Soutien à la consolidation des organismes artistiques professionnels.

Une semaine des plus banales quoi!

samedi 16 janvier 2010

Chunky Move's - Mortal Engine

Petite trouvaille de l'équipe de travailleurs de l'Université (et diffusé par Alexandre Nadeau) qui montre, de façon éloquente, l'heureux mariage possible (qui l'eût cru!) entre la nouvelle technologie et le corps, entre le laser et la chair. De la compagnie Chunky Move, voici Mortal Engine:



Même le plus réfractaire aux nouveaux médias (dont je fait partie, je crois...) ne peut que s'extasier devant ces images fortes faites de lumières et de vidéographies, de laser et d'informatique...

vendredi 15 janvier 2010

Quelle saga!


J'aime vraiment beaucoup cette (para-)phrase de Jean Cocteau qui, dans le contexte, s'applique si naturellement qu'elle en donne la chair de poule: Il faut d'abord savoir se nouer pour avoir le droit de se dénouer!

Que de rebondissements dans le milieu culturel... enfin, dans celui entourant le Théâtre du Saguenay! Cette précaire corporation itinérante depuis un an...

Après le désormais compliqué dossier de la salle de spectacles, voici que, en gros, sa participation dans l'Opéra Cabaret Urbain pose problème. Une enquête policière est en cours pour vérifier la gestion des fonds publics en ce qui concerne ce nouveau lieu de diffusion... géré en partie par le Théâtre du Saguenay... Rien là pour consolider ou maintenir un haut niveau de confiance envers l'organisme. Comme le dit le nouveau président du conseil d'administration, il y là beaucoup de ménage à faire.

Et que dire de cette sortie du Maire qui affirme que s'il le faut, Ville de Saguenay prendra à sa charge la programmation culturelle et que la (nouvelle) salle de spectacles se fera avec ou sans la corporation? Un peu plus et ça ressemble à une tentative de prise de contrôle... Après le guichet unique, le diffuseur unique?

jeudi 14 janvier 2010

Michel Tremblay à Roberval (septembre 2009)...

Tiens tiens...

Voici une petite vidéo (du groupe Cogeco câble) du monumental (quoi qu'on en pense...) Michel Tremblay lors de son dernier passage à Roberval lors du dernier salon du livre du Saguenay Lac-St-Jean en septembre dernier:


Pour ceux qui connaissent un tant soit peu le milieu théâtral robervalois, vous avez peut-être remarqué plusieurs figures connues... des incontournables du Théâtre Mic Mac (qui a produit cet hommage à vingt comédien(ne)s!)... et - auto-promotion! - quand l'animateur, à environ une minute du début, fait référence à Bonbons assortis monté en même temps que Montréal, il fait référence à l'une de mes mises en scènes (2006)!

Bonbons assortis de Michel Tremblay (Théâtre Mic Mac, 2006)
Mise en scène: Dario Larouche
Sur la photo: Gervais Arcand, Sonia Tremblay et Ursule Garneau

Photographie: Christian Roberge

On peut noter avec quel plaisir stoïque Michel Tremblay accueille la nouvelle... J'aurais probablement fait de même.

mercredi 13 janvier 2010

Le théâtre baroque...

J'aime bien cette définition du théâtre baroque telle que présentée par Wikipédia. Il me semble qu'elle donne une image stimulante et dynamique de ce genre, un image qui me parle beaucoup.

Le théâtre baroque peut se définir, dans un premier temps, comme le négatif du théâtre classique. À l'analyse intellectuelle, le baroque préfère l'émotion, la perception à la recherche de la vraisemblance, le baroque promeut l'illusion, à l'unité de ton, le baroque privilégie l'inconstance et le paradoxe, à la simplicité, le baroque oppose la complexité.

En règle générale, la littérature baroque est marquée par une forte implication de la mort et du jeu de l'illusion [...].

L'esthétique baroque repose sur le mouvement, l'inconstance, la contradiction, l'antithèse. Les personnages passent d'une palette de sentiments à une autre. On est dans l'excès, le paroxysme. Le discours donne à voir plus qu'à entendre: il s'agit de montrer, de convoquer les images par le procédé rhétorique de l'hipotypose. Alors que l'esthétique classique recherche l'unité, le baroque se complaît dans la pluralité, d'où son goût pour l'accumulation. La baroque donne les deux versants d'une médaille: la vérité est indissociable du mensonge, comme le réel l'est du rêve, comme la vie l'est de la mort.