mardi 3 mai 2011

Coup(s) de théâtre!

Soirée enlevante hier soir...

Pas théâtrale mais presque...

Avec des drames, des tragédies et, dans des cas précis comme l'élection dans Berthier-Maskinongé, de l'absurde... Les coups ont porté. La mise en place présumée en début de campagne s'est métamorphosée par un deus ex machina incontrôlé: la volonté populaire.

Dans un contexte d'un gouvernement conservateur majoritaire, qu'adviendra-t-il notamment de l'art et de la culture? Peut-être serait-il temps, maintenant, que le Québec se prenne réellement en main.

lundi 2 mai 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

En-avant: Denis Lavoie et Ursule Garneau
Au centre: Sonia Tremblay, Joan L'Espérance et Emmanuelle Girard
Derrière: Luc-Antoine Cauchon, Gervais Arcand et Jean-Sébastien Montpetit

Quelques mots sur La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir qui a pris fin samedi dernier, dans une apothéose publique alors que scène et salle étaient électrisée par la fébrilité de l'ultime représentation.

Enfin, je me repose. Le stress peut enfin laisser la place au recul et à l'analyse des résultats. Je suis sincèrement content que ça ait bien été avec cette production... du moins de ce que j'en ai vu et ce que j'en ai su. Parce qu'avec toutes les épreuves traversées en cours de travail (du jour de la distribution à la première), le plaisir et l'enthousiasme ont été constamment minés par des éléments extérieurs à la création... et pour la première fois, j'ai douté. Pire, j'ai crains!

Une belle équipe, oui. Des gens fantastiques, oui. De beaux moments, oui.

Et pourtant...

Même si, dans l'ensemble, le travail s'est fait dans les rires, avec engagement (quoique douloureux dans le contexte de cette année), cette production aura été, pour moi, celle des regrets et des déceptions, des contrariétés et des impuissances. Non pour ce qui a été fait (que j'assume encore parce que j'y crois) mais pour ce qui n'aura pu être. Pour le temps manqué (et ce n'est pas là une vaine plainte convenue!). Pour tout ce qui, après coup, aurait pu nourrir la création.

Au final, toutefois, le succès (parce que c'en fut un!) a pu atténuer ces impressions! Un succès unanime? Probablement pas. Mais après tout, ce n'est pas là la réussite. Celle-ci résulte dans ce qui, jour après jour en répétition nous manquait et qui, soir après soir en représentation, faisait que la pièce pouvait prendre son envol: l'esprit d'équipe et le plaisir. Les comédiens et les concepteurs ont fait là un travail honnête, exigeant, rigoureux... et, jusqu'à la première, fichtrement angoissant!!!

Mais voilà. Le rideau est maintenant tombé.

dimanche 1 mai 2011

Au théâtre, cette semaine! (Du 1er au 7 mai 2011)


Début du mois de mai... Qu'est-ce qu'il y a à l'agenda? Que se passera-t-il dans le petit milieu théâtral régional?

De mardi à samedi - du 3 au 7 mai 2011
Salle Pierrette-Gaudreault, heures différentes

Le Théâtre La Rubrique reçoit (en représentations scolaires d'abord, puis, samedi, à 10h et à 13h00) une production du Théâtre Magasin (Montréal) au titre charmant: Le temps des muffins, une production qui s'adresse aux touts petits. Tout en cuisinant ses muffins, un cuisinier fait surgir des histoires, des images et des jeux. C’est sa spécialité. Il cuisine les mots et joue avec la nourriture comme ce n'est pas permis. Plus qu'un cuisinier, c'est un magicien qui pond ses œufs lui-même, fait chanter les bols à mélanger et danser les sacs de farine. Il fabrique même de la soupe-pour-devenir-grand! Dans l'intimité de sa cuisine, il accueille les spectacteurs comme autant d’apprentis-cuisiniers. Il leur ouvre ses armoires grouillantes de souvenirs et de curiosités, déployant un univers d’outrances bon enfant et de magie à deux sous. Mais parviendra-t-il à trouver le feu pour allumer son four ? À noter que cette présentation est la dernière activité de diffuseur de La Rubrique avant l'automne.

Mercredi - 4 mai
CRC (Chicoutimi), 9h

Tenue de la table de compétence en théâtre du CRC, outil de concertation dont l'importance, l'utilité et l'efficacité ne dépend que du milieu. Tous les artistes et artisans du théâtre y sont conviés. Les sujets abordés: retours sur les dernières actions (Journée mondiale du théâtre et vidéo promotionnelle); suivis sur des dossiers en cours et dont la discussion et le soutien de tous sont souhaités (carte privilège, contrat de publicité et Forum sur le théâtre au SLSJ). Pour y assister, il suffit de confirmer sa présence auprès de l'agente de liaison, Véronique Villeneuve soit par téléphone au 418-543-5941 poste 233 ou par courriel à liaison@crc02.qc.ca

À mon humble connaissance, c'est tout ce qu'il y a au radar. Si j'en oublie, il est possible d'ajouter les rendez-vous dans les commentaires!

samedi 30 avril 2011

Sur la théâtralité...


Comme annoncé la semaine dernière, j'en suis déjà à citer l'ouvrage Vers une nouvelle théorie de la pratique théâtrale de Patrice Pavis (dans son édition de 2007).

Un extrait de l'un des chapitres (le XVIième, p. 267) me semble remettre en cause la définition même de la théâtralité en la simplifiant efficacement et en abandonnant les concepts flous pour une approche concrète et identifiable:

Ma méfiance vis-à-vis du concept de théâtralité est grande, et peut-être insurmontable. La théâtralité tend, en effet, dans le discours critique, à désigner une essence indéfinie de la «spécificité» du théâtre, théâtre dont on sait par ailleurs qu'il est, par nature, un genre hybride. La théâtralité est une notion particulièrement floue et passe-partout. [...]

Dès que l'on observe et analyse la représentation, cet objet empirique et concret, d'un point de vue systématique et théorique, on décrit en fait la mise en scène, système sémiotique du sens produit à la scène. À quoi bon alors s'embarrasser de la notion de théâtralité [...]? Ne faudrait-il pas, du reste, faire une distinction radicale entre ceux qui [...] voient la théâtralité dans la vie quotidienne, et ceux qui [...] la considèrent comme une catégorie esthétique? C'est ainsi, à la manière de Meyerhold [nda.: Là, ce n'est pas moi qui le dit!], que je la conçois, d'où mes extrêmes réserves sur sa pertinence, car pour moi la théâtralité est synonyme de mise en scène. Elles est «une utilisation pragmatique de l'outil scénique, de manière à ce que les composantes de la représentation se mettent réciproquement en valeur et fasse éclater la linéarité du texte et de la parole». S'il en est ainsi, à quoi bon utiliser deux mots, mise en scène et théâtralité, pour désigner une seule et même réalité? Pourquoi ne pas garder le terme de mise en scène, inventé avant celui de théâtralité? Car, la théâtralité, est loin du caractère opérationnel, technique, concret de la mise en scène et son usage serait plus régressif et idéaliste: elle renvoie sans trêve à la vieille question de la spécificité théâtrale ou du théâtre pur et se condamne à n'être qu'une notion aussi abstraite et métaphysique qu'inopérante, et donc, impraticable.

Voilà. C'est ainsi que cette théâtralité peut tout à coup se définir et être identifiable. Maintenant, la performativité...

vendredi 29 avril 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

Petit à petit, la production du théâtre d'été prend forme. Les sept premières scènes ont fait l'objet d'un débroussaillage et d'une mise en place sommaire... et dès lors, un premier constat peut se poser: c'est vraiment très drôle!

Le sujet d'une comédie, selon Véronique Sternberg (dans La poétique de la comédie) doit être une histoire génératrice de situations comiques et cette pièce de Labiche tient la définition: elle est construite sur une série de quiproquos qui mènent jusqu'à l'absurde. Et, partie prenante de ce qui s'appelle le théâtre du boulevard, elle en porte aussi une caractéristique essentielle, à savoir que par le langage, tout est verbalisé (psychologie, action, préoccupations) donnant lieu à une série de mots d'esprit.

Le travail exige cependant des comédiens une précision accrue et une justesse dans l'exécution des commandes. Une rigueur rendue nécessaire par le jeu physique qui doit découler des nombreux jeux de scènes et par l'exiguïté de l'aire de jeu. Le hic, c'est que le travail de mise en scène ne peut s'effectuer que de soir... après une journée de travail. Une contrainte qui joue malheureusement sur l'attention et la capacité d'assimiler des interprètes.

Esthétiquement, cette production prend corps. Maintenant que la scénographie est conçue et en voie de réalisation, nous nous attaquons aux costumes.

jeudi 28 avril 2011

D'un autre temps...


La fonction du théâtre
est d'abord d'être un archaïsme.

Petite maxime qui peut porter à une grande réflexion. Que signifie-t-elle? Que dit-elle? Quelle(s) implication(s) porte-t-elle? Elle est de Daniel Jeanneteau, scénographe (français, de surcroît) de son état. Elle est tirée du document vidéo Le Passeur sur l'oeuvre et le travail de Claude Régy.

Pour compléter ce petit aphorisme, voici une définition du mot archaïsme selon Le Robert: 1- caractère d'ancienneté. 2- Mot, expression, tour ancien qu'on emploie alors qu'il n'est plus en usage. 3- Caractère de ce qui est périmé.

mercredi 27 avril 2011

Monologue de la vieille fille


Voici un petit monologue que j'ai écrit d'abord dans Pour tous les mots du monde en 1997... puis repiqué dans Les pleureuses en 2001... et depuis, réutilisé dans quelques exercices avec des groupes de théâtre. C'était l'époque où j'aimais bien écrire en vers... pour la musicalité et le rythme.

J’ai passé ma vie en solo.
Pis j’vas crever seule. Comme un rat!
Comme la vermine…
C’est pas mêlant!
On dirait que plus que j’suis sage, qu’j’me raffine,
Moins j’attire de prétendants!
Oh, y a ben deux ou trois alcooliques
Qui m’prendraient ben entre deux verres de houblon…
Mais bon sang qui sont pas dynamiques
Pis bon dieu qui sentent la boisson!
Y avait pourtant le p’tit du caissier
Qui semblait donc vouloir m'faire la cour…
Pis si son intelligence avait été un plus élevée
J'filerais peut-être aujourd’hui le parfait amour!
J’suis sûre qu’on m’a jeté un sort
Pour que j’attrape juste des agrais!
Quand c’était pas l’vieux fou ou l’croque-mort,
C’était l’étranger qui parlait juste anglais!
C'est vrai qui'a eu aussi monsieur l’maire
Qui s’est tenté une couple de fois?
Jusqu’au jour où un bon soir
J’y ai dit qu’pour lui j’voterais pas!
Mais ça, c’est rien à comparer au pompiste
Qui s’parfumait d’sa maudite essence!
Au divorcé qui avait quatre fils,
Trois chats, deux chiens pis toute qu’une panse!
Au gars des poubelles
Qui m’souriait tou’es matins
Juste pour faire prendre l’air à son partiel
Qu’y était aussi jaune qu’un poussin!
Pis c’est sans compter su’ l’soudeur
Qu’y était aussi raide qu’son métal;
Pis qu’l’affreux cultivateur
Qui voulait faire de moé un cheval!
Non! J’suis toute seule!
Autour de moé, y a pas une mouche!
Pis c’est pas que j’le veuille
Si y a ni homme, ni bête, ni plante qui m’touche!!!

Vers le premier «Forum du théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean»

Un premier petit sondage est parti ce matin, par le biais de courriel, vers tous les membres du milieu théâtral de la région (ou presque...), pour connaître l'intérêt des gens à participer à cette grande journée de réflexion.

Il va sans dire que nous (le comité organisateur), comptons beaucoup sur les réponses, qu'elles soient positives ou négatives.


lundi 25 avril 2011

Nouvelle acquisition


Ma dernière acquisition pour ma bibliothèque de chercheur est ce livre de Patrice Pavis, Vers une théorie de la pratique théâtrale - Voix et images de la scène. Il s'agit là de la 4ième édition parue en 2007 (les précédentes datant de 1982, 1985 et 2000).

En quatrième de couverture, le résumé donne cet aperçu (!):

Au cours des vingt dernières années, les études théâtrales se sont éloignées à la fois d'une étude littéraire des textes et d'une approche purement linguistique et sémiotique des spectacles. Elles se sont efforcées de suivre et de décrire la pratique de la scène en vue d'une meilleure connaissance du phénomène théâtral.

Cette étude rend compte de cette profonde mutation de la théorie, de la sémiologie et de la pratique de l'art dramatique, en analysant systématiquement texte, acteur, espace et réception. Sa matière est celle, éminemment instable, de la mise en scène contemporaine, son esprit celui d'une confrontation ludique entre l'austère étude du théâtre et sa plaisante pratique sur les scènes comme dans les ateliers.

Il va sans dire que dans les jours à venir, cet ouvrage risque fort d'être cité parce qu'après l'avoir feuilleté, déjà de nombreux passages sont marqués!

dimanche 24 avril 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Eh oui... ce n'est toujours pas fini bien que j'aie un peu mis de côté cette production depuis la première. Il reste encore une semaine. Les représentations se suivent mais ne se ressemblent pas. Je reste attentif à ce qui se passe (et il s'en passe des choses!) et je tente d'apporter soutien à toute l'équipe.

Bref, pour rattraper le temps perdu au cours des dernières semaines, voici quelques petits documents qui sont apparus. Tout d'abord, une entrevue faite à COGECO quelques minutes à peine après la fin de la première représentation, le 31 mars dernier:



Ensuite, voici quelques articles parus dans les journaux. Le premier paru le 31 mars dans le Voir, sous la plume de Joël Martel (Trio Mic-Mac), le second paru le 1er avril dans L'Étoile du Lac sous la plume (un peu faible pour le théâtre) de Daniel Migneault (Le Théâtre Mic Mac propose un bon divertissement) et enfin, pour les curieux, il y a aussi un article paru la semaine dernière dans le Progrès-Dimanche, malheureusement, je ne le retrouve pas en ligne. Voilà.

Changing room

Photographie: Yvan Doublet (Le Soleil)

Ai assisté, samedi soir dernier, au Périscope, à l'une des représentation de Changing Room, un docu-théâtre interactif sur l'univers des personnificateurs féminins piloté par Alexandre Fecteau (pour le collectif Nous sommes ici)... qui a fait, notamment, un bacc. interdisciplinaire en arts à l'UQAC il y a quelques années.

Changing Room c'est un cabaret où, pendant trois heures, cinq drag queens se partageront la scène et le catwalk dans des numéros enlevants et tordants: Shania Twain, Flashdance, Lady Gaga, Liza Minelli, Céline Dion et Dalida y apparaîtront, grotesques, tordues, revues et amplifiées dans des chorégraphies absurdes et d'une suave ironie sous les applaudissements frénétiques d'un public en délire.

Changing Room c'est aussi, en parallèle, une loge transformée en confessionnal cinématographique où les artistes se dévoileront, déposeront les perruques de Praline, Délice, Roxy, La Goglue et Jewel et troqueront les paillettes pour les confidences (parfois chargée de pathos!)... sans pourtant rien y perdre de leur flamboyance et de leur superbe. Des coups bas, des charges contre la société, des déclarations personnelles, des anecdotes et des aspirations. Ces personnificateurs personnifiés par les comédiens Frédérique Bradet, Anne-Marie Côté, Martin Perreault et Frédéric Dubois. Les échanges qui ponctuent ces moments sont tirés de véritables entrevues effectuées en amont, d'où le côté documentaire.

Changing Room c'est enfin de l'humour direct, sans retenue et sans tabou... un croisement entre la vulgarité et l'esprit, entre la caricature et la parodie, entre le bon et le mauvais goût.

Une soirée animée et surprenante. Pour les intéressés, il reste encore une série de représentations du 26 au 30 avril.

Au théâtre, cette semaine! (du 24 au 30 avril 2011)


En ce dimanche pascal, en cette semaine qui marque la fin de la session universitaire, voici quelques dates à retenir:

Jeudi à samedi - du 28 au 30 avril 2011
Salle Lionel-Villeneuve, 20h
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre Mic Mac donne les trois dernières représentations de La Visite, un texte de Michel-Marc Bouchard mis en scène par moi-même.

Jeudi - 28 avril 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq)., 20h

Le Théâtre La Rubrique reçoit La complainte de Dulcinée, une production de Dulcinée Langfelder & Cie (Montréal). Dans une ambiance oscillant entre le cabaret, le théâtre grec et la performance multimédia, Dulcinée Langfelder jette un regard critique (mais non sans humour) sur le parcours de l'humanité par le biais de son homonyme, Dulcinée du Toboso, la muse de Don Quichotte et " l'héroïne absente " du roman de Cervantès.

Vendredi - 29 avril 2011
Théâtre Le Palace (Arvida), 20h
ANNULÉ

Diffusion Saguenay devrait recevoir (je dis devrait parce que je ne retrouve rien sur ce spectacle sinon dans la programmation publiée en août dernier) La chambre des Jaques et Jack in a box, une production du Ballet Jazz de Montréal. La chambre des Jacques propose une forme de dialogue entre la chorégraphe et les danseurs. Sur un ton mi-lyrique, mi-désinvolte et à une cadence parfois à couper le souffle, cette oeuvre intimiste célèbre également la vie à travers sa riche trame sonore. Jack in a box aborde les limites extérieures du corps. Par sa structure et sa forme, l'oeuvre interroge cette fois la croissance, l'étiquette et le pouvoir du groupe en tant qu'ensemble collectif.

Si j'oublie des trucs, on pourra les rajouter dans les commentaires. Merci!