Le milieu théâtral perd une grande figure avec le décès d'Huguette Oligny (voir l'article sur Cyberpresse). Pour un métier comme le théâtre qui a peu de mémoire, le deuil n'en est que plus grand. Parce qu'avec ces grands noms qui nous quitte, c'est toute une génération de créateurs - ceux là même qui ont fondé le théâtre professionnel au Québec - qui disparaît.
vendredi 10 mai 2013
Exo-... Endo-...
Ce que je cherche, ce n'est pas tant un interprète qui créera un personnage cohérent en l'enrobant d'une pensée et d'une vie intérieure mais plutôt un technicien du jeu qui sera en mesure de créer des effets scéniques et des chorégraphies qui eux, constitueront une figure proche du personnage. C'est une préférence pour l'exopersonnage, son extérieur, son image, sa forme (par rapport à l'endopersonnage qui passe par un travail intérieur).
Je préfère une interprétation exécutoire à une interprétation psychologique.
Si, au final, le résultat peut sembler être du pareil au même pour le spectateur, il en va tout autrement du type de travail en salle de répétition.
Il peut être question de distanciation, oui. Il peut être question de jeu mécanique, oui (sans aller jusqu'au robotique!). Il peut être question de control freak de ma part, oui.
jeudi 9 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Ce qui est intéressant, avec l'oeuvre de Molière, c'est sa capacité à faire appel à diverses sources pour exister... et qu'elle s'auto-citera par la suite!
De La Jalousie du Barbouillé, vraisemblablement tiré du Jaloux Corrigé (Le Décaméron de Boccace) Molière reprendra et développera dans Le Mariage forcé la fameuse scène du docteur (de même que dans Le Dépit amoureux)... puis reprendra l'anecdote comme base pour écrire son George Dandin...
Le Mariage forcé, lui, serait tiré notamment du Tiers Livre de Rabelais où Panurge consulte des docteurs pour savoir s'il doit se marier...
Et aussi, l'an dernier, le Théâtre 100 Masques montait La Marmite de Plaute qui servit de base à L'Avare.
Il y a quelque chose de stimulant dans cette filiation Plaute-Rabelais-Molière. Il y a un rire gras, licencieux. Une obscénité comique dont il ne faut pas avoir peur, dont il faut faire un mécanisme scénique.
mercredi 8 mai 2013
Quand Meyerhold rencontre Jouvet
Louis Jouvet et Vsevolod Emilievitch Meyerhold
Meyerhold a fait quelques voyages en France, à Paris, dans les années 20. En 1927, d'ailleurs, il y a rencontré nul autre que le monument du théâtre français, Louis Jouvet.
Armand Salacrou, un auteur dramatique de l'époque (né en 1899 et mort quatre-vingt-dix ans plus tard...), a décrit une scène de cette rencontre dans son ouvrage C'était écrit. Du même coup, il donne un bon aperçu de l'approche meyerholdienne:
Dans la loge de Jouvet, Meyerhold. Un air bourru et timide à la Dullin. Il ne dit rien. Puis comme Jouvet parle de l'encombrement des bagages dans les tournées, il dit gentiment: «Supprimez les décors, la lumière suffit. Supprimez les accessoires, les gestes suffisent.» Et il mime une scène: il mange. Il boit. Il apporte une lettre sur un plateau et s'assied sur une chaise invisible et qu'il nous fait apparaître... Jouvet pense-t-il à sa jeunesse, du temps où il déclara au Vieux-Colombier pendant que Copeau plaçait un paravent sur mur nu de la chaise: «Alors, ici, maintenant, c'est le Châtelet?»
mardi 7 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Comme je le mentionnais dans le dernier billet d'hier, c'est ce soir que débuteront les répétitions de la seconde pièce au programme de cet été: La Jalousie du Barbouillé... qui n'est pas la plus connue de Molière (d'ailleurs, il faut préciser que cette oeuvre lui est hypothétiquement attribuée).
Un peu comme dans Le Mariage Forcé, il est question de mariage... cette fois consommé. Un homme, le Barbouillé, se plaint de la frivolité de sa femme alors que celle-ci fait tout en son possible pour s'amuser et pour rejoindre son amant.
Dans cette pièce, deux scènes me semblent principalement importantes (et constituent le coeur de ce texte plutôt court): une très longue scène avec un docteur-philosophe (principe qui sera repris dans l'autre pièce... écrite une dizaine d'années plus tard) et une autre longue scène entre les deux époux proche, dans un esprit contemporain, de la célèbre scène burlesque d'Olivier Guimond rentrant chez lui saoul et découvrant, à la fenêtre, sa femme personnifiée par Manda Parent...
Il y a là un bon défi en perspective...
lundi 6 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Petite esquisse griffonnée samedi matin, pendant le premier enchaînement du Mariage Forcé... C'est vers ce type de métamorphose des coffres que j'aimerais aller pour la seconde pièce, La Jalousie du Barbouillé dont les répétitions débutent demain (ou mercredi?)
Des coupures...
Je me suis attelé, tout dernièrement, à l'une des tâches - disons! - intellectuelles que je préfère, théâtralement parlant: revoir un texte, un livret pour le mettre à ma main... sans le dénaturer!
Cet exercice (qui vaut cette fois pour une œuvre française de la seconde moitié du XIXième siècle...) de coupures (d'au moins une vingtaine de pages!), de gommage de personnages, de reconfiguration des scènes a quelque chose de jouissif. Tout radical qu'il soit, ça demeure un exercice d'essence.
Qu'est-ce qu'il faut nécessairement garder? Qu'est-ce qui peut et doit passer à la trappe pour le bénéfice du spectateur? Comment garder l'idée exprimée dans le dialogue sans garder les protagonistes et la situation d'origine?
Qu'est-ce qu'il faut nécessairement garder? Qu'est-ce qui peut et doit passer à la trappe pour le bénéfice du spectateur? Comment garder l'idée exprimée dans le dialogue sans garder les protagonistes et la situation d'origine?
Il fait entrer au cœur même des scènes alors qu'il faut, préalablement, en comprendre le schéma dramatique, en saisir les enjeux tout en définissant le meilleur moyen d'atteindre le but recherché dans une plus grande clarté.
C'est, en quelques sortes, revoir la dynamique, le rythme scénique...
jeudi 2 mai 2013
Les premières auditions publiques pour les gens du milieu théâtral
C'est cet après-midi que se tiendront les premières auditions publiques pour comédien(ne)s découlant des Forums sur le théâtre au SLSJ (et du groupe de compétence en théâtre du CRC) et pilotées par un comité.
Cette initiative avait été proposée pour permettre aux jeunes comédiens professionnels de même qu'aux plus établis (s'ils le désirent) de se faire connaître, de se rappeler au bon souvenir des producteurs.
Pour cette première édition, donc, une dizaine de candidatures ont été retenues. Ces artistes auront cinq minutes pour faire valoir leur(s) talent(s) dans des courtes scènes préparées devant un public de producteurs (les directions des compagnies de théâtre et des réalisateurs).
Ça aura lieu dès 14h30, à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.
mercredi 1 mai 2013
De la difficulté de ramasser de l'argent pour la culture...
Ce qu'il peut être difficile de ramasser de l'argent quand nous ne sommes qu'un petit organisme culturel. Pas de grandes structures (comme les festivals ou les produits d'appel) qui draineront des milliers et des milliers de spectateurs. Pas de grandes causes sociales (les jeunes, la recherche sur les maladies, les campagnes du ruban rose, etc.). Pas de personnes à sauver.
Que de la nourriture de l'esprit... dans un monde où celui-ci semble plutôt à la diète.
L'ère n'est pas au mécénat. Ou si peu.
Et toujours cette foutue impression de quêter alors que le soutien au milieu culturel rehausse l'indice de bonheur (!) d'une ville, d'une société...
L'ère n'est pas au mécénat. Ou si peu.
Et toujours cette foutue impression de quêter alors que le soutien au milieu culturel rehausse l'indice de bonheur (!) d'une ville, d'une société...
lundi 29 avril 2013
De la précision.
C'est ce type de précision dans le geste, dans le mouvement que j'aimerais retrouver chez les interprètes de théâtre. Cette même rigueur physique. Cette même conscience de l'espace (des murs, des angles, du public) dans l'exécution des séquences. Cette même force, cette même puissance... dans une apparente légèreté.
Un corps travaillé. Un corps d'effort. Un corps de maîtrise et de calcul (fascinant... quand il «retombe» quasi au ralenti après un saut).
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Et ça continue...
Présentement, sept scènes ont été placées... et à ce rythme, à la fin de la semaine, ce sera tout Le Mariage forcé qui aura été traversé une première fois.
Déjà quelques constatations peuvent être faites.
D'abord, cette pièce est très (très!) dynamique, enchaînant toute une suite de tableaux et de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Chaque scène fonctionne avec une certaine autonomie, comme un numéro de cabaret. L'intrigue (simple) est vive, rapide, concise. Du coup, la scène ne peut qu'en être affectée. Le jeu sera assurément nerveux (mais en plein contrôle).
Ça bouge!
Dans ce contexte, le rythme devient tyrannique (et par rythme, il faut surtout éviter de tomber dans la rapidité et l'accélération). Les cafouillages sont proscrits. L'écoute est primordiale... et idéalement, les comédiens doivent sentir, ressentir le temps scénique pour puncher à temps...
Ensuite (et découlant de la première remarque), une rigoureuse attention doit être portée à l'espace. Dynamiser la pièce ne doit pas se faire au détriment de l'espace... et celui-ci doit être en phase avec ce qui se passe, soutenir le mouvement, le contraindre efficacement tout en le rehaussant. L'économie du geste et du déplacement sera toujours plus profitable.
Les comédiens doivent faire preuve d'une maîtrise de leur corps et de leur voix pour passer, l'espace d'une réplique, d'un personnage à un autre. Et l'exécution de ceux-ci doit être précise. Parfaite. Dans un apparent calme malgré l'intensité de la pièce.
Cette mise en scène se fait donc beaucoup selon les principes du jeu choral (un jeu imbriquant les actions et les réactions,construit sur différents tempos, impliquant toute la scène dans l'édification de l'image scénique).
dimanche 28 avril 2013
Un ballet?
Ce n'est pas du théâtre à proprement parlé... mais il me vient parfois (surtout quand je vois de tels vidéos) de furieuses envies de monter un ballet (avec une approche toute néophyte, il va sans dire!). Et mon choix irait d'emblée vers un répertoire moderne comme le Roméo et Juliette de Prokofiev (Sergueï Sergueïevitch Prokofiev, un grand compositeur russe contemporain de Meyerhold) d'où est tirée cette entêtante Danse des chevaliers datant du début des années 2000.
En voici une version datant de la fin des années 70 (début des années 80):
En voici une autre version (plus proche du premier vidéo) datant de 1966:
En voici une version datant de la fin des années 70 (début des années 80):
En voici une autre version (plus proche du premier vidéo) datant de 1966:
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