dimanche 17 janvier 2021

Les problèmes du théâtre à la radio

En cherchant dans les achives de BaNQ, hier, pour trouver des informations sur l'arrivée de la radio et de son apport au théâtre, je suis tombé sur cet article intéressant, paru le 27 juillet 1947 dans Le Droit, sous la plume de la grande Judith Jasmin. 

Il est intéressant parce qu'il dresse certains écueils que rencontre le théâtre en passant vers un autre médium (la radio, dans ce cas-ci) et les solutions envisagées. À chaque fois qu'une nouvelle technologie s'impose, le théâtre se questionne... 



samedi 16 janvier 2021

Du théâtre et de la distance...

Depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux de gens de théâtre, circule cette citation de Romeo Castellucci, grand metteur en scène contemporain (déjà cité ici et ici), qui y va d'une charge contre le théâtre à distance:


Il est vrai que le théâtre est essentiellement un art de présence (acteurs et spectateurs) et d'échanges. Et il est vrai que ces éléments fondamentaux sont difficilement exportables vers un autre médium. 

Mais s'ils l'étaient?

Internet... le web... les médias sociaux et les différentes plateformes... ne sont-ils pas quand même à explorer? Les pistes actuelles, les essais (qui prennent malheureusement plus souvent qu'autrement la forme d'une simple captation diffusée) ne sont peut-être pas convaincants... mais il y a là, il me semble,  une voie à chercher, à construire. 

Pas pour la réinvention dont on nous rabat les oreilles depuis mars dernier. Pas pour plaire à des fonctionnaires qui n'ont que le numérique en tête et dans le discours. Pas pour succomber à un effet de mode. 

Mais parce que la technologie est là. Incontournable. Imparfaite, certes. Mais aussi immensément riche de possibilités. Alors pourquoi pas? Comment alors peut-elle être mise au service du théâtre? Comment le théâtre peut-il l'investir? Comment une nouvelle forme théâtrale peut-elle y germer, y croître, s'y développer?

Après tout, le théâtre n'est pas un dogme. Il n'est pas chose immuable.  Il est vivant. Il est polymorphe. Et il est surtout permis de le questionner, de le déployer autrement, de l'aborder sous différents aspects. Ne serait-ce que pour en tester les limites, les failles, les opportunités!

C'est ce qui le rend fascinant. Fort. C'est aussi ce qui en fait l'art interdisciplinaire par excellence!

C'est drôle parce que ces débats sur le théâtre et la distance n'est pas nouveau. Il a émergé avec l'arrivée de la radio. Du téléphone. Puis du cinéma. Puis de la télévision. Avec des réponses concluantes? Pas toujours. Loins s'en faut! Mais avec des nouvelles formes, de nouvelles propositions (radio-théâtre, télé-théâtre) qui ont fait date dans la petite histoire théâtrale. 

L'une des clés - et c'est le sujet de cet article paru dans La semaine de Radio-Canada du 6 juillet 1952 sur l'apport de la radio au théâtre... - reste l'ouverture...



mercredi 13 janvier 2021

Acquisitions de groupie!

Parmi les grandes artistes qui ont fait le théâtre, il y a bien sûr Sarah Bernhardt... puis La Duse,  Mademoiselle Mars, la Clairon, Adrienne Lecouvreur, Mademoiselle Georges, Mademoiselle Raucourt, Véra Kommiserjkaïa, Alissa Koonen... et tant et tant d'autres! 

Mais j'avoue avoir un faible particulier pour Rachel. De nombreux billets (ici) sur elle ont été rédigés sur ce blogue. Et je suis même allé sur sa tombe, au Père-Lachaise, il y a quelques années:


Au temps du drame romantique (et du mélodrame), elle a ramené avec force la grande tragédie qu'on avait un peu enterré à l'époque. Avec un ton nouveau, naturel. Une prestance monumentale mais simple. Le tout, avec un engagement artistique que rien ne surpassait... si ce n'est son avidité pour l'argent. Un être complexe, grugé par sa passion de la scène, sa famille, ses origines. Un être enflammé sur scène qui transcendait tout et s'imposait. Un être aussi excessif qui termine sa vie à 37 ans... Étoile filante du théâtre...

Je me suis commandé, récemment, ces deux bouquins:


Le premier, Rachel de Louis Barthou (1929) est une biographie en bonne et due forme. Assez intéressante à lire, mais quand même brève et sans grande documentation...

L'autre, La grande Rachel de L.-R. Dauven (numéro 39 de la collection La Vie amoureuse, 1957) l'est beaucoup moins. Il s'agit là d'une biographie sous forme de roman (et plus encore, de roman à l'eau de rose...) avec de nombreux détours par des personnages fictifs pour donner des détails (comme un enquêteur) sur l'actrice.

Mais ça n'enlève pas le plaisir de lire sur cette vie fabuleuse... 


dimanche 10 janvier 2021

Broue au Musée de la civilisation... en tour virtuel

Voici une autre exposition virtuelle (en fait, c'est plutôt un tour virtuel disponible ici), cette fois le fait du Musée de la civilisation qui présente, jusqu'au 15 août 2021 Broue. L'homme des tavernes. Il s'agit ni plus ni moins que d'un parcours dans les dédales de ce spectacle mythique au Québec, détenteur du record Guinness de la création la plus jouée sur un plus long temps avec la même distribution. 



samedi 9 janvier 2021

Entendre le théâtre

 


Voici une intéressante exposition virtuelle de BnF (Bibliothèque Nationale de France): Entendre le théâtre (qu'on peut suivre ici) qui présente de nombreux extraits sonores:


J'aime bien, ces expositions virtuelles! J'en ai déjà ciblé quelques autres, qui ont fait l'objet de billets sur ce blogue, ici et ici.


mercredi 6 janvier 2021

Théâtre contre cinéma

Théâtre contre cinéma. La bataille est dure... et ce, depuis l'apparition de ce dernier. (Il en fut de même , quelques années auparavant, avec l'arrivée de la radio...) Enterrera-t-il le théâtre? Le renforcera-t-il? Le transformera-t-il? 

Il n'a jamais été facile d'en tracer profitablement les effets. 

Le Progrès du Saguenay, en ce 30 décembre 1929, y va, sous la plume d'Émilien Beauchamp, de quelques considérations qui dépassent alors le contexte de grande crise qui secoue toute la société:



jeudi 31 décembre 2020

Sur nos scènes (et dans le milieu) en 2020!

 

2020... c'est d'emblée, l'année de la pandémie... avec son lots de reports, d'annulations de spectacles, de réinventions, de reprises dans un contexte sanitaire restrictifs, de projets alternatifs, de re-fermetures des lieux de travail!

2020... c'est donc la multiplication des diffusions sur différentes plateformes: Facebook, Zoom, Youtube, MaTV!

2020... ce sont tout de même (le dernier billet en fait foi) une trentaine de productions données par des compagnies et des artistes d'ici, représentant des dizaines et des dizaines de représentations!

2020... c'est aussi l'année de la grande tournée parisienne de la Tortue Noire qui y a présenté quatre productions en quelques semaines!

2020... c'est aussi des spectacles qui n'auront pas pu (encore) voir le jour... comme Bonne retraite Jocelyne du Théâtre Mic Mac, La Migration des peuples du Théâtre À Bout Portant, La Cantatrice Chauve du Théâtre 100 Masques, Batalos, le chant du bègue du Théâtre La Rubrique. Parmi les spectacles annulés, il y a aussi ceux des Cégeps de Jonquière (mis en scène par Bruno Paradis) et de Chicoutimi (mis en scène par moi)... qui a mené à l'annulation de l'Intercollégial de théâtre qui devait se ternir à Chicoutimi...

2020... c'est l'arrivée à terme de la Chaire de recherche en dramaturgie sonore après deux mandats de cinq ans!

2020... c'est le début d'une discussion sur la mise en place d'un regroupement des compagnies de théâtre professionnelles du Saguenay!

mercredi 30 décembre 2020

Sur nos scènes, en 2020!

 


Quelle étrange année que nous venons de passer. Une année en bonne partie confinée et qui laisse l'impression, peut-être, que le milieu théâtral fut presque absent. Et pourtant... Quand on y  regarde bien, ce fut malgré tout une année relativement active - qui aura laisser en plan beaucoup de projets, certes... -  avec une trentaine d'activités et de nombreuses représentations, malgré tout... 

Voici donc la liste (le plus en ordre chronologique possible) des productions et activités théâtrales qui se sont tenues cette année sur notre territoire. Je l'ai faite à partir des différentes pages Facebook des compagnies... alors il se peut qu'il me manque des informations. On pourra les rajouter en commentaire.

Pour marquer d'un simple regard les différentes catégories qui émaillent cette liste, je propose donc cette petite légende: les productions professionnelles (par les compagnies) et recherches, les productions de loisirs et autres événements à caractère théâtral, les productions académiques. Dans cette liste, je ne considère que les trucs faits ici, par les organismes et artistes d'ici et non pas les spectalcles des grandes centres en tournées (donc les diffuseurs).

Tarte aux pommes en avant-première (Théâtre du Mortier)
Baluchon en reprise (Théâtre des Amis de Chiffon)
Jean Vaillant (Théâtre du Faux Coffre)
Das ist Berlin (UQAC - BIA - Marie Gaelle Verspecht)
Café Royal (UQAC - BIA - Etienne Genest)
À voir (UQAC - BIA - Marie Brisson)
Monologues du vagin (Comité 8 Mars - Bruno Paradis)
I Love U (Théâtre du Mortier)
L'Ogre en tournée (Tortue Noire)
Le Petit Cercle de craie en tournée (Tortue Noire)
Le Grand Oeuvre en tournée (Tortue Noire)
Kiwi en tournée (Tortue Noire)
Empire (Théâtre 100 Masques)
Comtesse - feuilleton narcissique (Théâtre 100 Masques)
Les capsules confinées de Diogène (Théâtre du Faux Coffre)
Zoomé-e-s (UQAC)
Rencontres théâtrales, entretiens (Théâtre La Rubrique)
Sorties de secours en sorties estivales (Théâtre À Bout Portant)
Itinérance en sorties estivales (Théâtre CRI)
Aisselles et bretelles en sorties estivales (Théâtre CRI)
L'Autre dans la Cité en sorties estivales (Tortue Noire)
Lecture de Contes urbains en show de terrasse (Comité des spectacles de Dolbeau - Bruno Paradis)
Dix huis-clos et + projet de concertation (Théâtre 100 Masques, Théâtre À Bout Portant, Tortue Noire, Théâtre du Faux Coffre, Théâtre CRI, Théâtre du Mortier, IOC, Marilyne Renaud, Josée Gagnon, Bruno Paradis, Christine R.-Héneault/Marilou Guay)
Ta maison brûle en lecture publique (Théâtre Mic Mac)
Le Cabaret des gueux (FMC - Théâtre CRI)
Hâvre en lecture publique (Théâtre Mic Mac)
Café Royal (Étienne Genest)
Le Bestiaire des anciens géants (Théâtre La Rubrique)
Espaces scéniques, entretiens (Théâtre La Rubrique)
2021e édition de Noël (Théâtre 100 Masques)

Vivement le retour en salle!

mardi 29 décembre 2020

La dure vie des artistes

Avec la pandémie qui sévit, le milieu culturel - le milieu des arts vivants, pour être plus précis - se questionne sur l'avenir et voit ses artistes et artisans angoisser devant le vide qui s'est installé. Plusieurs d'entre eux (comédiens, concepteurs, techniciens) ont même choisi de se réorienter pour passer au-travers la crise.

Il s'agit d'un milieu précaire, même en temps régulier. Et ce, depuis toujour. Voici un article (bien que j'avouene pas trop saisir le niveau de sérieux de celui-ci...) publié dans le journal Les Débats du 25 mai 1902. Il aurait été publié ce matin qu'il aurait pu être crédible encore.


Dans Pseudonymes québécois, paru en 1974, on peut trouver cette information sur ce Johannès (merci Éric Tremblay pour l'information):


lundi 28 décembre 2020

Les spectacles... oeuvres de J.-C. ou de Satan?


Les spectacles... oeuvres de Jésus-Christ ou de Satan? C'est à cette question - dont l'issue est, je l'avoue, évidente quand on se frotte régulièrement à ce type de discours - que répond le prédicateur Jean-Baptiste Massillon, évêque de Clermont (rapporté ici par Théodore August Mann dans son bouquin Le pour et le contre: les spectacles édité en 1782... dans lequel, par ailleurs, je n'ai guère trouvé de pour...):

dimanche 27 décembre 2020

La Ristori

 
En Marie Stuart, 1870, photographe inconnu

Elle était l'exacte contemporaine de La Duse (dont elle était aussi compatriote) et de Sarah Bernhardt. Elle a eu d'immenses succès, si l'on en croit ses biographies, en Italie et en France, dans les deux langues. Et elle a fait des tournées américaines... jusqu'à Montréal. Elle s'appelait Adélaïde Ristori... plus connue sous son unique patronyme.

Parcourir les archives numériques de BaNQ, c'est aussi découvrir des grands artistes un peu oubliés!

On disait d'elle qu'elle était une fameuse tragédienne (ici sa biographie wikipédienne).

En Médée, 1880, photographe inconnu

En avril 1867, donc, au détour d'une tournée américaine, la voilà qui débarque au Théâtre Royal (une importante institution de cette seconde moitié du dix-neuvième siècle), à Montréal. Le journal La  Minerve (22 avril 1867) donne des détails intéressants tant sur le répertoire qu'elle trimbale que sur le prix des places:


En Lady Macbeth, 

Sa venue fait sensation et est rapportée dans beaucoup de journaux, comme en témoigne ce petit entrefilet du Journal de Québec (eh non, pas celui de PKP!) du 27 avril 1867:


Mais cette époque ne serait pas la même si d'autres journaux, comme Le Courrier de Saint-Hyacynthe (22 avril 1867), n'y allaient pas de leurs remontrances et de leur fiel:


Pendant quelques jours, d'ailleurs, jusqu'au moins la première semaine de mai 1867, une querelle entre pro-Ristori et anti-Ristori alimentera les colonnes de quelques journaux dont La Minerve (pro) et L'Ordre: Union catholique (anti).

En Queen Elizabeth, 1870

Elle reviendra au Québec au moins une autre fois, en décembre 1884, comme en atteste cette réclame publiée dans La Presse du 11 décembre:


Ce sera sa dernière venue. Elle décèdera à Rome le 9 octobre 1906 et sa mort sera soulignée le lendemain, ici, dans l'édition du journal Le Canada:




samedi 26 décembre 2020

Quand le théâtre brise la pureté de la jeune fille...!

Pauvres jeunes filles que le théâtre guette pour les asservir et leur inoculer l'immoralité et l'immodestie! Par chance, les parangons de la vertus sont là, en ce début du vingtième siècle, pour rappeler les mères (surtout!) à l'ordre en dressant un noir portrait de l'avenir de leur progéniture! En cette matière, voici la lettre de Fadette, publiée dans Notre page féminine de ce Devoir du 22 mai 1919.


Décidément, c'est à se demander - à la lecture de tous ces commentaires, articles, chroniques négatifs - comment le théâtre a pu se développer.