jeudi 2 octobre 2008

Les Têtes Heureuses présentent


Les communiqués doivent pleuvoir dans les bureaux de rédaction ces temps-ci... Qu'à cela ne tienne. Voici celui qui vient des Têtes Heureuses (accompagné de l'affiche de Patrick Simard):

Les Têtes Heureuses présentent La Cerisaie d’Anton Tchékhov, du 16 octobre au 2 novembre, au Petit Théâtre du Pavillon des arts de l’Université.

La Cerisaie est créée à Moscou en janvier 1904. Tchékhov meurt quelques mois plus tard. On se rend compte aujourd’hui que tout le théâtre du XXe siècle était en germe dans cette pièce, et aussi toutes les tragédies politiques et morales qui allaient déchirer le monde contemporain. Il n’y a pas de chef-d’œuvre plus proche de nous que la Cerisaie. Sa tendresse, son implacable lucidité, son comique se mélangent apparemment sans règles, comme dans la vie : « Ce que j’écris, c’est la vie » s’obstinait à répéter Tchékhov à ceux qui le transformaient en « pleureuse ».

Le drame : la vente d’une immense propriété, la Cerisaie, qui est la Russie d’avant la Révolution, le paradis de l’enfance, la beauté et le raffinement. Tout un monde y grouille (12 personnages) autour d’une femme, Lioubov, la propriétaire qui rentre d’un séjour de 5 ans à Paris. Devra-t-on vendre vraiment ? Et qu’est-ce qui nous attend après la catastrophe appréhendée ?

Jour cette pièce est en soi un défi de taille. Le faire ici est un événement. Treize comédiens professionnels du Saguenay ont été réunis autour du metteur en scène Rodrigue Villeneuve et d’une solide équipe de concepteurs. Leur objectif ? Pouvoir dire, chacun : « Ce que je joue, c’est la vie. ».

Il s’agit donc d’un rendez-vous rare, que la vie culturelle, si menacée soit-elle, peut seule offrir. Les Têtes Heureuses souhaitent qu’on y réponde nombreux, assez pour en montrer la nécessité.

mercredi 1 octobre 2008

Вишнёвый сад

Dans l'attente de celle des Têtes Heureuses, voici La Cerisaie... en russe. L'ouverture de l'Acte I:



Voici un extrait qui devrait être tiré du troisième acte... soit pendant la longue scène entre Trofimov et Lioubov... soit après que la Cerisaie fut vendue...:

Le 1er octobre



Pour les organismes théâtraux subventionnés au projet (ou qui aimeraient l'être!) au Conseil des Arts et Lettres du Québec (mieux connu sous le très bref et très claquant sigle C.A.L.Q.), c'est aujourd'hui la date limite pour le dépôt d'une demande. L'entretien de l'espoir.

C'est donc un sprint final pour boucler le dossier.

S'emmêlent donc la présentation et le profil du demandeur, la définition de projet incluant un bref résumé, un échéancier, la démarche artisitique de l'artiste associé au projet, la cohérence du projet en rapport avec la mission de l'organisme, etc. Les chiffres dansent et valsent sur la grille... Et il finit toujours par manquer un article de presse, une photo ou autre truc du genre.

Toujours est-il que si, avant 16h, l'envoi peut prendre la route postale (le cachet de la poste faisant foi, comme toujours...), ne restera plus que l'attente (l'interminable attente de 5 mois) avant la réponse.

Croisons-nous les doigts. Prochaine échéance: Conseil des Arts du Saguenay (programme pour le fonctionnement des organismes artistiques), mardi, le 6 octobre 2008... Décidément, ça ne lâche pas!

lundi 29 septembre 2008

Illusion... ?

Petit texte intéressant (bien écrit, du moins) de Louis Jouvet, tiré de la préface de la traduction de Pratica di fabricar scene e macchine ne'teatri de Nicola Sabbatini (1638) sur l'idée (parfois simpliste) du théâtre dans la tête du spectateur (et parfois même, de ses artisans). Sur l'illusion. Texte qui, finalement, pourrait se résumer à une seule question: qu'est-ce que le théâtre?

[...] Une grande toile peinte en vert, posée à plat sur la scène, et au-dessous, rampant sur le plancher, des figurants qui s'agitent, vidant des querelles personnelles à grands coups de pied au derrière, c'est la "mer et ses flots", dans l'imagination du public. Une vieille tôle rouillée qu'on secoue dans un coin de coulisse, c'est le "tonnerre"; quelques pois secs roulés au fond d'un carton à chapeau font "la pluie et l'orage", et "l'averse" s'obtient avec une poignée de papier de soie dont on frotte le revers d'un châssis.

Telle est la cuisine du théâtre pour le spectateur. Puis le rideau se baisse, des hommes se précipitent en désordre pour déménager en hâte de magnigique palais en carton et des architectures cyclopéennes encontre-plaqué; des forêts construites en filet de pêche s'élèvent dans les airs, s'enchevêtrant avec un salon Louis XV qui va servir tout à l'heure à la pièce. C'est l'idée qu'on a généralement des entr'actes, pour peu qu'on se soit imprudemment trouvé sur scène à cet instant.

Telle est l'imagination dérisoire que se fait du théâtre le public. La dérision ne s'exerce que sur le sublime ou le merveilleux, elle s'y nourrit et s'y développe mieux que partout ailleurs. Le commerce de l'illusion au théâtre suscite chez ses amateurs une constante défiance envers l'objet de leur passion et entretient une ironie contradictoire qui est nécessaire pour affiler jusqu'à l'aigu leur plaisir et développer leur sens critique. [...]

dimanche 28 septembre 2008

De l'amour et des griffes [Journal d'une mise en scène]

Coup de griffes (http://dupierris.blog.lemonde.fr/2007/11/)

De l'amour et des griffes. Tel sera le titre du prochain spectacle du Théâtre Mine de rien (théâtre amateur de l'UQAC), présenté les 27 et 28 novembre 2008 à l'Auditorium de l'UQAC, mieux connu sous le très bref P0-5000...

Alors... de l'amour, oui. Thème cher au vaudeville, on ne peut guère y échapper... mais cette fois... il s'agit d'un passage entre l'amour passé (Le Défunt) et le désir insasouvi (Les Boulingrin... revisités). Ce sentiment pour lequel les gens sont prêts à tout, au meilleur comme au pire... surtout au pire dans ce contexte... à des coups de griffes cruels et libérateurs.

Le nombre réduit de participants (5) conjugué à la courte durée des pièces (qui en tout ne devrait pas dépasser 45 minutes) permettra de plonger plus intensément et plus profondément dans ce répertoire qui recèle de véritables pièges et qui demande d'être fortement sutenu par les comédiens. Déjà le travail est entamé avec enthousiasme et plaisir...

Après l'ouverture marquée par son statisme (narration oblige, dans ce cas), place à la chorégraphie scénique, au ballet scéno-acrobatique.

Le but de cet atelier (car les mises en scène de cette troupe sont de cet ordre...) est, pour paraphraser Jean Genet, monumental auteur français de la seconde moitié du XXième siècle, non pas de les former, mais plutôt de les enflammer...

La semaine théâtrale... 8


Euh... Cette semaine, il n'y a pas vraiment d'action dans le milieu théâtral (façon de parler...) si ce n'est que le dépôt, le 1er octobre 2008, des demandes de subventions au CALQ pour le soutien à la production... et la course frénétique pour boucler celle du Conseil des Arts de Saguenay au fonctionnement pour le 6 octobre...

samedi 27 septembre 2008

Chauvinisme théâtral

On apprenait, dans La Presse, à la fin de la semaine que deux dramaturges québécois étaient finalistes (en tout, ils sont seulement cinq) pour l'obtention du prix Siminovitch.... l'un des prestigieux prix canadien dédié au théâtre. Seulement, voilà, ces deux dramaturges québécois partagent également un point en commun: les deux sont originaires du Saguenay.

L'un toujours dans la région, Daniel Danis:


Et l'autre, exilé à Montréal depuis plusieurs années, Larry Tremblay:


Bonne chance à eux.

Dialogue salle-scène...


La Noël de Gruntilda - outre le fait d'être un petit divertissement amusant à faire - fournit quelques points intéressants pour le jeu de l'acteur.

Construit comme une animation théâtrale, ce spectacle implique, de la part du comédien, un contact direct et constant avec le public. Il s'agit bel et bien d'un dialogue salle-scène. Il faut, dès l'entrée dans l'interprétation, être à l'écoute et à l'affût. Les choses géniales peuvent arriver au moment où vous ne savez plus quoi faire. C'est ça le théâtre: cette énergie qui vient d'ailleurs, d'un autre temps. Quand on sait trop ce que l'on veut faire, on ne parvient jamais à ce niveau d'intensité. (Matthias Langhoff)

De plus, il faut savoir quand sortir du cadre établi sans s'écarter du chemin, laisser ouvert le déroulement tout en gardant sur celui-ci un parfait contrôle. Il faut sentir la respiration des spectateurs, sentir le rythme et le tempo de la soirée, s'y accoler. Il ne faut rien imposer... il faut se laisser porter par la vague. C'est d'ailleurs sur ce dernier point que se concentre particulièrement la mise en scène... Les numéros deviennent des acrobaties (tant verbales que physiques) effectués sur le fil tendu de la réciprocité.

Il faut une très grande confiance en soi pour aborder ce type de jeu. La tentation est toujours forte d'appuyer chacun des jeux de mots, des blagues, des clins d'oeil pour mousser les rires... Et pourtant, plus la simplicité et la subtilité se confondent pour devenir le moteur de l'acteur, plus les effets comiques se font solides et efficaces.

Maintenant, au travail...

La Noël de Gruntilda II - La Nativité
production du Théâtre 100 Masques
4, 5 et 6 décembre 2008
Salle Marguerite-Tellier

vendredi 26 septembre 2008

En deux mots...


Bado, Le Droit

Je ne sais si je saisis bien le sens de cette caricature: les gens ne voient, du milieu culturel, que ce que nous leur montrons avec faste... Si c'est ça, elle est bien faire... Si ce n'est pas ça, elle est bien faite tout de même...

Une scène à l'italienne typique


Aux arts compagnons!

Ce soir, c'est la grande Nuit de la Culture à Saguenay... Nous sommes tous si près des arts... mais bon... passons. Voici la vidéo promotionnel de cet événement avec, comme principales vedettes, les porte-paroles officiels de cette année: Les Clowns noirs:



À cette occasion, le Théâtre 100 Masques présentera d'ailleurs un extrait de La Noël de Gruntilda (à partir d'un numéro de l'an passé) dans l'attente de la version 2008 qui s'enclenchera dès la mi-octobre... Cette présentation sera à la Salle Marguerite-Tellier, à 22h30.

jeudi 25 septembre 2008

Résonnances...


Je n'ai jamais particulièrement idôlatré le metteur en scène André Brassard... en fait, je connais fort peu le milieu théâtral montréalais... Pourtant, à la lecture de Je suis le méchant!, entretiens entre lui et Wajdi Mouawad parus chez Léméac en 2004, je dois avouer que ses propos me sont assez familiers:

Au début des répétitions, je me dis toujours que je n'aurai pas besoin de musique, que je n'aurai pas besoin d'éclairages parce que les acteurs vont être assez bons. Je crois profondément que si on répétait assez, les acteurs seraient en mesure de faire entendre la musique et de jouer sans effet de lumière, avec le focus d'énergie. [...] C'est la magie du théâtre. Ça ne tient qu'à un fil, c'est-à-dire la bonne volonté du spectateur, ce que les Anglais appellent suspension of disbelief. Quand une actrice connue entre en scène en disant: "Je suis la femme de ménage", quelqu'un pourrait très bien dire: "Ben non! Je t'ai vue à la TV hier!". C'est très fragile. [Prenons, par exemple] une tasse, même si elle ne représente pas une tasse, ça reste une tasse dans les mains du comédien. Elle a une réalité. Alors que la lumière est faite d'une autre matière. C'est moins ancré, plus volatil. Je ne sais pas exactement ce qu'elle représente.