samedi 1 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]


Le spectacle De l'amour et des griffes est enfin mis en place, avec ses forces qui le rendent amusant et fascinant à regarder... de même qu'avec ses faiblesses qui demandent encore de l'implication de la part de tout un chacun.

Les cinq comédiens portent un style théâtral exigeant. Tout en demeurant amateur, le Théâtre Mine de Rien doit, selon moi (et c'est ce que je tente de faire depuis le début de cette fondation), créer avec rigueur et discipline, dans un contexte professionnel... faire du théâtre comme loisir artistique.

La première partie (Le Défunt de René de Obaldia) se fige dans une langueur contrôlée, où l'horreur narratif prend tout le discours. Simplicité et immobilisme en sont les leitmotivs. Les deux comédiennes ont besoin de tout leur petit change pour rester en pleine possession et du texte et de cette gestuelle qui, sous ses apparences de facilité, requiert une force de concentration et de maîtrise du discours essentielles à sa représentation.

La seconde partie (Les Boulingrin de Courteline) prends le contrepied de la précédente et se lance dans une folle chorégraphie où la parole laisse place aux corps. Calcul, méthode, capacité de se voir extérieurement, telles sont les qualités recherchées.

Parmi cette distribution, une surprise artistique: Mélissa Valiquette... issue du profil Arts et Lettres - profil interprétation de Saint-Laurent... wow!

Plus que trois semaines avant la première...

vendredi 31 octobre 2008

Quand la vie arrête de tourner autour du théâtre


On fait du théâtre
parce qu'on a l'impression de n'avoir jamais été soi-même
et qu'enfin on va pouvoir l'être.

Louis Jouvet


Mais en dehors du théâtre, est-il une vie ?

Gaston Baty

Depuis un peu plus de deux ans, ma vie ne tourne - presque exclusivement! - qu'autour du théâtre. Mon entourage est spécifiquement théâtral (par défaut), que ce soit à l'UQAC ou pour mes productions; mon travail est théâtral; mes loisirs sont théâtraux (lectures, blogue, sorties, etc.); mes ambitions sont théâtrales de même que mes fluctuations morales... surtout quand vient le moment de faire les demandes de subventions ou pire! de recevoir les réponses. Je suis, en quelques sortes, théâtrocentriste.

J'ai travaillé, au cours de ces deux dernières années avec le Théâtre 100 Masques, les Têtes Heureuses, l'Orchestre Symphonique, ManiGanses, le Théâtre Mic Mac, l'UQAC, le Théâtre Mine de Rien et aussi pour moi-même. J'ai écrit, fait de la mise en scène, des conceptions de toutes sortes, plongé dans des débats, et même joué!

Parfois, je me demande si ce ne serait pas le temps de me retirer ou, plutôt!, comment faire pour attiser une flamme qui vascille parfois, me renouveler... Question qui se fait encore plus précise quand la vie même est victime d'un deus ex machina qui change quelque peu la donne et qui rappelle que hors du théâtre existe aussi un salut... Mon théâtrocentrisme en prend pour son rhume! Le théâtre est-il alors une nécessité ou un accident?

Je me sens donc à l'affût des propositions et des offres pour sortir d'une «routine», terme assez paradoxal étant donné ce statut d'«artiste contractuel» toujours à la course d'un projet à l'autre. Il me faut un nouveau défi - dans le domaine culturel... et théâtral si possible! - pour ne pas sombrer vers une indifférence généralisée...

P.S.: Me relisant, je trouve le ton un peu dépressif... qui est, je tiens à le préciser, inversement proportionnel avec mon état actuel!

jeudi 30 octobre 2008

Le mélo québécois

Tit Coq, de Gratien Gélinas, dictant les lettres qui doivent être écrites
par son frère Jean-Paul Désilet à Marie-Ange (22-31 mai 1948)

Je l'ai déjà dit, j'ai toujours eu un peu de difficulté avec le répertoire dramatique québécois... particulièrement celui des années cinquante (Marcel Dubé, Yves Thériault, Gratien Gélinas, etc.) une bonne partie de celui des années 70 et 80 (plusieurs des Tremblay et des Bouchard, Michel-Marc de son prénom) et un large pan de l'écriture actuelle. Non pas que stylistiquement parlant ou structurellement ce soit mauvais... je ne le pense pas. Seulement, ces pièces finissent toutes - et c'est encore et trop souvent le cas de nos jours - par patauger dans la même fable mélodramatique familiale. À croire que notre dramaturgie (sauf exception) ne s'ouvre pas encore sur le monde...
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Jean-Pierre Ronfard fut (et demeure) un monument dans le paysage théâtral québécois. Expérimentateur, professeur, auteur, metteur en scène, comédien, essayiste, polémiste... Il fut, comme le rappelle Caroline Garand (qui fut chargée de cours à l'UQAC de nombreuses années), un interlocuteur ironique de la communauté théâtrale.

Lu - en souriant - hier soir avant de me coucher, dans Études théâtrales #35 (dossier Jean-Pierre Ronfard: l'expérience théâtrale), où cet homme, en 1989, écrit tout haut (!) ce que plusieurs pensent tout bas:

Il faut que j'exprime ce qui me dégoûte de plus en plus - parce qu'exploité avec indécence - dans la grande tradition du mélo québécois. [...]Le virus du mélo frappe et prolifère, comme il y a vingt-cinq ans le virus brechtien, comme il y a cent ans le virus naturaliste de Zola, comme il y a trois cents ans le virus tragique en alexandrins qui nous a valu une masse impressionnante de navets. Le navet mélodramatique québécois se cultive selon les lois imperturbables qui en font (selon moi) le succès, la niaiserie, l'inutilité, l'ennui.

D'abord le terrain: bien sûr d'abord et avant tout la famille. Mais pas n'importe laquelle. Une famille codée au départ. Père absent, mort ou enfui. Mère abusive: la môman type ou la matante qui s'y substitue. [...] Les enfants: en révolte, bien sûr. [...] Quelques comparses: le voisin qui pelote la mère, la cousine morone, le professeur vicieux qui lorgne la petite fille ou le petit gars (au choix), quelques vieux amoureux transis qui rappellent entre deux crises cardiaques que l'amour c'est beau mais c'est triste. Ghetto familial. Cour des miracles des coeurs et des corps estropiés. Et là-dedans, ça gémit, ça pleure, ça se mouche, ça se masturbe dans les coins, ça jouit honteusement dans la cour arrière.


Et le pire c'est que derrière cette caricature de fin de texte se profile véritablement ce qui compose généralement ce qu'on appelle le théâtre québécois...

mercredi 29 octobre 2008

Qu'est-ce qu'une pièce de théâtre?


Voici le troisième des Douze arguments sur le théâtre tel que définit par Alfred Jarry (dans les Dossiers Acénonètes du collège de 'pataphysique no. 5, 1897), le sulfureux auteur d'Ubu Roi:

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Qu'est-ce qu'une pièce de théâtre? Une fête civique? Une leçon? Un délassement?

Il semble d'abord qu'une pièce de théâtre soit une fête civique, étant un spectacle offert à des citoyens assemblés. Mais notons qu'il y a plusieurs publics du théâtre, ou tout au moins deux: l'assemblée du petit nombre de intelligents et celle du grand nombre. Pour ce grand nombre, les pièces à spectacle (spectacles de décors et ballets ou d'émotions visibles et accessibles), qui lui sont délassement surtout, leçon peut-être un peu, parce que le souvenir en dure, mais leçon de sentimentalité fausse et d'esthétique fausse, qui sont les seules vraies pour ceux-là, à qui le théâtre du petit nombre semble incompréhensible d'ennui. Cet autre théâtre n'est ni fête pour son public, ni leçon, ni délassement, mais action; l'élite participe à la réalisation de la création d'un de siens, qui voit vivre en soi-même en cette élite l'être créé par soi, plaisir actif qui est le seul plaisir de Dieu et dont la foule civique a la caricature dans l'acte de chair.

Même la foule jouit un peu de ce plaisir de création, toute relativité observée.

Plutôt intéressant cette définition... assez juste (et qui se vérifie toujours de nos jours)... même après plus d'un siècle. Pourrait s'appliquer à la différence entre théâtre populaire et théâtre universitaire...

Chose certaine, il ne faut pas prendre aucun de ces publics pour imbécile. Les opinions de l'un valent bien ceux de l'autre.

mardi 28 octobre 2008

La morale de cette histoire...


La plus belle humilité théâtrale survient lorsque nous devons animer un atelier devant et pour un groupe d'enfants.

Ils sont parfois curieux, spontanés, prêts à tout, enthousiastes... Le travail avance rondement, avec efficacité, dynamisme et plaisir. De véritables petites merveilles surgissent.

Ils sont aussi parfois turbulents et indifférents... et probablement fort influençables par la température. Il arrive que le contact ne peut se faire entre l'animateur et les participants. La période allouée pour l'atelier devient alors pénible et prend les allures d'un combat incessant entre discipline et explications. Le plan de travail devient inutile et rien ne semble accrocher les enfants qui n'en font qu'à leur tête.

Ces jours-là (ou ces soirs, comme hier avec mon groupe du 100 Masques!), nous nous demandons, avec une pointe de découragement et de regret, ce que vaut notre connaissance et questionnons notre capacité à enseigner quelque chose de cohérent.

Puis reviennent les mots de Genêt que je paraphrase ici ne trouvant plus la note originale: on ne peut enseigner le théâtre aux enfants, on ne peut que les enflammer! Et cette maxime résonne alors comme un défi permanent qui permet de poursuivre avec conviction et intérêt cette vocation de transmission.

Que mes petits monstres se le tiennent pour dit!

lundi 27 octobre 2008

PHÈDRE, Acte I scène 3

La Mort de Phèdre a été réalisée
par l'artiste Girodet De Roussy-Trioson Anne-Louis (1767 - 1824)

Voici, pour moi, l'un des plus beaux (et des plus tragiques) passages amoureux du répertoire classique, écrit par Jean Racine et récité par sa douloureuse Phèdre... celui où celle-ci décrit, dans toute sa fureur, tout l'amour qu'elle porte pour son beau-fils Hyppolite:

Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait s'être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des voeux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée,
D'un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
J'adorais Hippolyte ; et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce Dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j'osai me révolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein et des bras paternels.
Je respirais OEnone, et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence.
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaine précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
J'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné :
Ma blessure trop vive a aussitôt saigné,
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.
J'ai conçu pour mon crime une juste terreur ;
J'ai pris la vie en haine, et ma flamme en horreur.
Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire;
Et dérober au jour une flamme si noire :
Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats ;
Je t'ai tout avoué ; je ne m'en repens pas,
Pourvu que de ma mort respectant les approches,
Tu ne m'affliges plus par d'injustes reproches,
Et que tes vains secours cessent de rappeler
Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler.

Encore...


Eh bien... c'est reparti... enfin presque!

Radio-Canada vient de confirmer (après les fuites d'hier sur LCN), selon des sources sûres, la tenue d'élections générales provinciales pour le 8 décembre.

Quelle place la culture occupera-t-elle dans celles-ci? Probablement infime, si l'on prend en compte l'imminente crise économique. Au plus, quelques lignes dans les plateformes électorales...

Le choc des générations


Courriel d'un lecteur - ma foi! - assidu que je me permets de placer ici pour l'intérêt du sujet qui me préoccupe beaucoup.

En commentaire aux dernières interventions sur ton blog concernant le colloque et la non-présence ou la quasi-absence des étudiants.

Les événements artistiques ou critiques n'existent que pour ceux que le sujet intéresse; il ne faut pas être naïf.

L'absence d'étudiants ne se justifiera jamais car cela est impossible à justifier... on ne peut forcer l'intérêt; tout au plus peut-on, dans les limites des libertés humaines "fortement conseiller" ou encore créer des événements de groupe où chacun se retrouve "mis en évidence", donc présent par obligation morale.

Deux ou trois étudiants s'intéressent à Tchekhov ?!! Bravo !! Tant mieux !!! Que certains n'aient aucun intérêt dans quoi que ce soit ? Là se trouve la véritable inquiétude, car sans une once d'intérêt on n'a pas un soupçon de culture ou de ce qu'elle représente.


Et puis la relève ? Elle est là, elle arrive, sans doute à mon goût trop polie, et calme, mais sans véritable goût semble-t-il (je peux me tromper) de vraiment foncer dans le tas. Mais il ne faut pas être aveugle, plusieurs travaillent déjà fort et prennent peu-à-peu la place qui leur revient... certaines choses de la vie demandent du temps; c'est comme ça.

Combien y avait-il de jeunes professionnels du théâtre présents vendredi ? Plusieurs parce qu'ils y jouaient un rôle, "celui d'être du colloque" ou de participer à une action artistique... on leur avait appris à comprendre et à apprécier.

Peut-être faudrait commencer à former des spectateurs plutôt que des artistes ? Un baccalauréat en voyeurisme artistique... je sais, trop ironique.

Faut que jeunesse se passe, disait-on à une autre époque pas si lointaine... mais la jeunesse passe vite, très vite, on le sait quand elle est passée et ne survivent dans ces métiers des arts et de la culture que ceux/celles qui déjà apprennent à brûler la chandelle par les deux bouts... c'est déjà bien il me semble.


Merci.

D'un côté, oui, il faut avoir confiance envers ceux qui arrivent... et pourtant, en même temps, il devient si désespérant et/ou décourageant et/ou démobilisant de tenter de les secouer...

 

dimanche 26 octobre 2008

La semaine théâtrale... 12

C'est la dernière semaine pour voir La Cerisaie de Tchekhov (qui, décidément..., est devenue le principal sujet de mon blogue ces derniers temps!) produite par Les Têtes Heureuses. Plus que quatre représentations: jeudi, vendredi et samedi à 20h et dimanche à 14h.

Ce mercredi-ci, soit le 29 novembre, le Théâtre du Saguenay présente une production du Théâtre Voix d'accès: Le dîner de con (objet d'une pièce de théâtre et d'un film dont le succès ne se dément pas...)


Samedi, le 1er novembre, à 13h30, La Rubrique présente, pour les 3 à 7 ans, Le Saut de l'Ange du Théâtre Maât (Belgique). Il en coûte 8.50$ pour tous. Là haut si haut, dans le bleu du bleu, dans la douceur des nues, vivent les anges… Dans la blancheur des cieux apparaissent des plumes rouges, bleu vif, vertes et oranges… dans le silence sonnent les trompettes… Une nouvelle naissance est annoncée. Un petit ange sort d’un ventre de coton… Il n’a pas encore d’ailes. Il ne sait pas encore jouer du violon. Il sait déjà bouger, rebondir et gazouiller. Et il grandit, au bord du monde, au bord du vide. Dans ce vide volent des avions et des oies sauvages et grandissent les envies d’escapade et d’évasion. Mais avant de faire le grand saut, il faudra apprendre à voler de ses propres ailes! Il faudra découvrir ses dons et les exploiter, il faudra apprendre à jouer avec les autres tout en étant soi-même, unique et irremplaçable…

C'est donc là tout ce qui se passera cette semaine... je crois... à moins qu'il y ait autre chose!

samedi 25 octobre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]


Retour en salle de répétitions avec les participants de cette troisième production du Théâtre Mine de Rien de l'UQAC après deux semaines de relâche (cette production, De l'amour et des griffes, est, je le rappelle, un assemblage de deux textes différents: Les Boulingrin de Courteline et Le Défunt de Obaldia).

Revenir à un spectacle après tant de temps requiert un enthousiasme et un plaisir qu'il faut parfois, malheureusement, artificiellement attiser. Non pas que l'équipe soit difficile ou le projet inintéressant... Juste que les paramètres de celui-ci ne correspondent pas à une nécessité de création.

En l'état des choses, et en toute intégrité envers mon engagement premier, à quoi alors puis-je m'accrocher? Principalement à deux choses: la gratification de la transmission, le transfert de la passion théâtrale et l'occasion de préciser une façon de travailler, de diriger les comédiens.

Alors, dans cette veine, les heures allouées cette après-midi ont été consacré à la révision des 6 premières scènes (sur 7) pour trouver, comme l'exige fortement le genre vaudevillesque, le rythme... rythme qui est soutenu par les gestes précis, les dialogues vifs et les déplacements clairement fixés. Une mise en espace essentielle et terriblement nécessaire.

En somme, il s'agit véritablement d'un travail mécanique. D'un échafaudage scénique (à lequel se greffera l'esthétique) duquel devra émerger le personnage.

Il ne reste que quatre semaines de répétitions.

Bref retour sur le colloque des Têtes Heureuses


Une trentaine d'intéressés du théâtre sont venus au colloque des Têtes Heureuses: La vie même (jouer Tchekhov).

Avant d'aller plus loin, quelques mots sur quelque chose qui me tourmente... même si le sujet a été l'objet de quelques billets antérieurement. En fait, pour résumer, une seule question: où sont les étudiants? Aucun étudiant du B.I.A. (outre deux exceptions), aucun étudiant du B.E.A. (outre une exception) et pire, aucun ancien diplômé des récentes cuvées... D.P., dans son blogue Spécial du jour, pose la question de la relève dans son dernier billet (que vous pourrez lire ici). La situation (prise dans un sens plus large) devient plutôt très critique...

Donc, le colloque (en mode résumé, n'ayant pas mes notes avec moi):
  • ouverture avec Jean-Pierre Vidal, le spectateur des Têtes Heureuses depuis toujours, pour parler de La Cerisaie, du principe poétique de Jacobson, de la profondeur de champ, du texte... conférence intelligente à la hauteur de ce professeur émérite;
  • s'ensuit un présentation de Denise Noreau autour du Projet Sakhaline, spectacle de marionnette présenté à Québec (au Lantiss) dans un castelet électronique, dont le sujet est le voyage de Tchekhov vers les bagnes de Sakhalinel. Probablement projet intéressant, malheureusement, il est difficile, sans aucun matériel visuel, de s'en faire une image précise...;
  • passage à la Galerie l'Oeuvre de l'autre pour une performance-théâtrale de Carol Dallaire, artiste invité pour l'exposition organisée dans le cadre de l'événement Tchekhov, mettant en scène, entre les arrangements sonores de Janine Fortin et la voix de Maude Cournoyer, la Lettre d'un personnage à son auteur, La fin des illusions?... un des moments fort de cette journée;
  • retour au Petit Théâtre pour une discussion avec Rodrigue Villeneuve et la distribution portant beaucoup sur le processus de création de cette Cerisaie;
  • intermède musical avec les chanteuses Natalya Thibeault, Caroline Tremblay accompagnée par Céline Perreault nous plongeant, en cinq morceaux, dans le répertoire russe, contemporain (si je ne m'abuse) de Tchekhov;
  • repas dans ce qui est communément appelé l'Aquarium... pour nous éviter (à Hélène Bergeron et à moi) de faire la maintenance d'un repas qui nous coupe ainsi la majeure partie du colloque;
  • reprise en après midi, avec une présentation de Jean-Paul Quéinnec portant sur une oeuvre de Nikita Mikhalkov, Partition pour un piano mécanique, adaptation cinématographique du Platonov de Tchekhov, pour illustrer le mouvement, le découpage séquentiel des oeuvres de cet auteur;
  • arrivée attendue de Mustapha Fahmi qui, dans une vue perpectiviste, lance un débat animé 9et sur une lecture écologique de La Cerisaie;
  • enfin, le dessert, Roland Lepage - auteur (entres autres du monument théâtral québécois Le temps d'une vie et des scénarios de La Ribouldingue), metteur en scène, comédien et ancien directeur artistique du Trident - qui, du haut de ses 80 ans, fait un tour de sa mémoire pour en extirper ses rendez-vous tchékhoviens.
Ces colloques permettent réellement de suspendre le temps, pendant une journée, pour se concentrer, discuter, penser, réfléchir sur un thème particulier... et c'est aussi ça, le théâtre.

vendredi 24 octobre 2008

De retour


Bon, me voici de retour de Québec... enfin, presque. Je me replonge donc dans le monde du théâtre de belle façon ce jourd'hui, en assistant (façon de parler...) au colloque des Têtes Heureuses autour de Tchekhov!

C'est ouvert à tous!

J'en reparlerai dans quelques heures!