Petite vidéo d'une chanteuse que j'aime bien - Marie-Paule Belle - qui chante, en 1977, année de ma naissance, La Parisienne, dans une émission de variété... et qui dit variété dit aussi chorégraphie, mise en scène, costumes et décors... et interprétation! Petits sourires du jeudi soir.
jeudi 22 janvier 2009
Grandeur et misère d'un petit milieu
Le premier Rendez-vous théâtre a été des plus stimulants!
Que résulte-t-il de la rencontre d'hier soir - où, je le souligne, tout le milieu théâtral institutionnel était assis à la même table - à laquelle ont assisté une 60aine de personnes? Outre la présentation (nécessaire) de chacune des compagnies (et de l'auto-congratulation inhérente à ce genre d'exercice...), de quoi fût-il question?
De la diversité et des causes de celle-ci... Y fût salué le travail des défricheurs, des pionniers comme Ghyslain Bouchard, Rodrigue Villeneuve, Pauline Tremblay de même que tous les autres acteurs des années 50, 60 et 70 qui ont dynamisé l'art de la scène et qui ont ouvert les portes à une plus grande professionnalisation. Y fût également mentionné le travail de tous ceux qui font le théâtre et qui s'activent depuis une 15aine d'années. La contribution de l'UQAC, passage effectué par la plupart des nouveaux venus (depuis plusieurs années) dans la pérennité de cette dite professionnalisation a été souligné.
De la relève... Des étudiants, serait plus juste. Ces étudiants ont été d'ailleurs sollicités par plus d'un... cette relève composée d'une multitude d'étudiants que l'on dit parfois absents, parfois paresseux, parfois désintéressés... et quelque fois, curieux!
Du peu de diffusion des spectacles... que ce soit hors de la région ou, plus scandaleux encore, dans la région elle-même! Bon. La lourdeur des structures ne permet pas ce genre de voyage... d'accord. Toutefois, en ce qui a trait aux personnes (régionales!) elle-même, il est inconcevable qu'il y est si peu de spectateurs qui se déplacent, par exemple, de Chicoutimi à Roberval, de Jonquière à Chicoutimi et vice versa...
La reconnaissance des grands centres... Saguenay parent pauvre? Peut-être. Mais pas dans la qualité des projets présentés... Gêne? Peut-être... par manque de techniques, de visibilité, etc...
L'avenir. Quelle est la relève? Y a-t-il trop d'offres? Reste-t-il de la place pour les nouveaux venus qui, plutôt que de s'intégrer à des structures déjà existantes, préfèrent partir leur propre compagnie? D'aucuns disent oui. Pourtant, quel public nous partageons-nous? Y a-t-il des publics ou un seul public? L'avenir existe-t-il?
Bref, la rencontre a abordé principalement le théâtre régional en général et non dans ses spécificités. De la perception que l'on porte (nous et les autres) sur ce dernier. De l'argent et/ou plutôt de sa rareté. De la persévérance. De nos aspirations... Pour faire suite, il faudrait une nouvelle rencontr de ce type pour se lancer dans de véritables débats sur les choix artistiques, les diverses façon de faire, etc...
Parce que oui, si de prime abord ce type de rencontre donne une solide impression d'unité et de meilleur des mondes, restent que cette façade cache de nombreux problèmes dont la gravité varient en fonction de la grosseur de la compagnie, de ceux qui la dirigent, de ses missions, des demandes de plus en plus exigentes des subventionnaires, de l'indifférence parfois crasse du milieu des affaires, de la difficulté de vivre d'un art qui demande un profond engagement personnel.
Que résulte-t-il de la rencontre d'hier soir - où, je le souligne, tout le milieu théâtral institutionnel était assis à la même table - à laquelle ont assisté une 60aine de personnes? Outre la présentation (nécessaire) de chacune des compagnies (et de l'auto-congratulation inhérente à ce genre d'exercice...), de quoi fût-il question?
De la diversité et des causes de celle-ci... Y fût salué le travail des défricheurs, des pionniers comme Ghyslain Bouchard, Rodrigue Villeneuve, Pauline Tremblay de même que tous les autres acteurs des années 50, 60 et 70 qui ont dynamisé l'art de la scène et qui ont ouvert les portes à une plus grande professionnalisation. Y fût également mentionné le travail de tous ceux qui font le théâtre et qui s'activent depuis une 15aine d'années. La contribution de l'UQAC, passage effectué par la plupart des nouveaux venus (depuis plusieurs années) dans la pérennité de cette dite professionnalisation a été souligné.
De la relève... Des étudiants, serait plus juste. Ces étudiants ont été d'ailleurs sollicités par plus d'un... cette relève composée d'une multitude d'étudiants que l'on dit parfois absents, parfois paresseux, parfois désintéressés... et quelque fois, curieux!
Du peu de diffusion des spectacles... que ce soit hors de la région ou, plus scandaleux encore, dans la région elle-même! Bon. La lourdeur des structures ne permet pas ce genre de voyage... d'accord. Toutefois, en ce qui a trait aux personnes (régionales!) elle-même, il est inconcevable qu'il y est si peu de spectateurs qui se déplacent, par exemple, de Chicoutimi à Roberval, de Jonquière à Chicoutimi et vice versa...
La reconnaissance des grands centres... Saguenay parent pauvre? Peut-être. Mais pas dans la qualité des projets présentés... Gêne? Peut-être... par manque de techniques, de visibilité, etc...
L'avenir. Quelle est la relève? Y a-t-il trop d'offres? Reste-t-il de la place pour les nouveaux venus qui, plutôt que de s'intégrer à des structures déjà existantes, préfèrent partir leur propre compagnie? D'aucuns disent oui. Pourtant, quel public nous partageons-nous? Y a-t-il des publics ou un seul public? L'avenir existe-t-il?
Bref, la rencontre a abordé principalement le théâtre régional en général et non dans ses spécificités. De la perception que l'on porte (nous et les autres) sur ce dernier. De l'argent et/ou plutôt de sa rareté. De la persévérance. De nos aspirations... Pour faire suite, il faudrait une nouvelle rencontr de ce type pour se lancer dans de véritables débats sur les choix artistiques, les diverses façon de faire, etc...
Parce que oui, si de prime abord ce type de rencontre donne une solide impression d'unité et de meilleur des mondes, restent que cette façade cache de nombreux problèmes dont la gravité varient en fonction de la grosseur de la compagnie, de ceux qui la dirigent, de ses missions, des demandes de plus en plus exigentes des subventionnaires, de l'indifférence parfois crasse du milieu des affaires, de la difficulté de vivre d'un art qui demande un profond engagement personnel.
mercredi 21 janvier 2009
Les directions artistiques au théâtre
Qu'est-ce qu'une direction artistique au théâtre? Qu'est-ce que ça signifie? Qu'est-ce que ça implique?
Tout d'abord, réglons une chose tout de suite, ce qu'on appelle direction artistique au cinéma prend, pour équivalence dans le monde de la scène les noms de scénographe, d'accessoiriste ou de costumier...
Au théâtre la direction artistique est tenue par un artiste (souvent un metteur en scène d’expérience) dont la vision et la démarche sont au cœur d’une compagnie ou d’un théâtre. C’est lui qui insuffle une direction et qui propose la programmation du théâtre. Il coordonne les différentes productions, engage les metteurs en scène, participe au choix des interprètes et des concepteurs et veille à ce que le projet artistique se réalise dans les meilleures conditions possibles. En collaboration avec le directeur administratif, il travaille au développement du public, à la campagne d’abonnements et aux levées de fond. Il agit comme porte-parole de la compagnie auprès des médias, du milieu artistique et du public. (artsvivants.ca)
Bref, la direction artistique d'une compagnie de théâtre est, en quelques sortes, son âme, sa ligne de pensée, sa façon de concevoir le théâtre. Tous les choix faits par l'équipe en place (pièces au programme, metteurs en scène, activités, ateliers, demandes de subventions, etc.) répondent généralement (pour ne pas dire exclusivement!) à celle-ci.
C'est pour démêler les différentes directions artistiques des différentes compagnies de la région et pour en brosser le portrait quasi exhaustif que le premier Rendez-vous théâtre convie les spectateurs ce soir, 19h, au Petit Théâtre de l'UQAC.
Tout d'abord, réglons une chose tout de suite, ce qu'on appelle direction artistique au cinéma prend, pour équivalence dans le monde de la scène les noms de scénographe, d'accessoiriste ou de costumier...
Au théâtre la direction artistique est tenue par un artiste (souvent un metteur en scène d’expérience) dont la vision et la démarche sont au cœur d’une compagnie ou d’un théâtre. C’est lui qui insuffle une direction et qui propose la programmation du théâtre. Il coordonne les différentes productions, engage les metteurs en scène, participe au choix des interprètes et des concepteurs et veille à ce que le projet artistique se réalise dans les meilleures conditions possibles. En collaboration avec le directeur administratif, il travaille au développement du public, à la campagne d’abonnements et aux levées de fond. Il agit comme porte-parole de la compagnie auprès des médias, du milieu artistique et du public. (artsvivants.ca)
Bref, la direction artistique d'une compagnie de théâtre est, en quelques sortes, son âme, sa ligne de pensée, sa façon de concevoir le théâtre. Tous les choix faits par l'équipe en place (pièces au programme, metteurs en scène, activités, ateliers, demandes de subventions, etc.) répondent généralement (pour ne pas dire exclusivement!) à celle-ci.
C'est pour démêler les différentes directions artistiques des différentes compagnies de la région et pour en brosser le portrait quasi exhaustif que le premier Rendez-vous théâtre convie les spectateurs ce soir, 19h, au Petit Théâtre de l'UQAC.
Libellés :
Rendez-vous Théâtre,
Théories,
Traditions et métiers anciens
mardi 20 janvier 2009
«En direct du bout du monde» (M. Bélair, Le Devoir, 20 janvier 2009)
Je me permets de retranscrire dans son intégralité la chronique Théâtre signée par Michel Bélair (parue aujourd'hui dans Le Devoir) puisque celle-ci est, en quelques sortes, une réponse à tout le milieu théâtral (et culturel!) de la région qui se voit boudé (si je puis dire!) par les médias des grands centres.
Le courriel vient de «la région» comme disent les gens de là-bas, directement de Chicoutimi, pardon Saguenay. Il commente sur le mode ironique l'attitude «indécrottable» des médias montréalais par rapport aux régions à la suite de la chronique de la semaine dernière, alors que les gens du Petit théâtre de Sherbrooke racontaient leur travail dans leur région à eux. Le signataire, que je connais bien mais qui souhaite garder l'anonymat, se moque gentiment. Il m'invite à «monter à Jonquière» pour la création d'un tout nouveau texte «pour adulte» de Jean-Rock Gaudreault, en présumant, évidemment, que le jamais Le Devoir - ni personne d'ici! - n'enverra quelqu'un là-bas... sous prétexte que l'on n'a pas les moyens de couvrir un spectacle présenté au bout du monde, c'est-à-dire plus loin que le Théâtre Denise-Pelletier.
C'est vrai et ce ne l'est pas. Et il faut voir pourquoi.
C'est vrai dans la mesure où la taille et surtout les budgets de fonctionnement des médias de Montréal ne leur permettent pas vraiment de dépêcher un journaliste au Saguenay pour la première d'un spectacle, fût-il même signé par le maire Lâlâ ou par Réjean Tremblay. C'était tout aussi vrai quand je faisais pousser des moutons sur les collines derrière Matane, et le vrai problème tient plutôt au fait que, contrairement à ce qui se passe du côté de Chicoutimi, pardon Saguenay, l'offre culturelle n'est toujours pas particulièrement riche ou même seulement présente à l'extérieur de grands centres.
N'empêche que l'on passe dans «la région» que durant les campagnes électorales ou pour couvrir les catastrophes naturelles et les fermetures d'usine. Point. C'est comme ça. À la seule exception d'un événement - comme ManiGanses, par exemple. le festival international de marionnettes qui revient tout les deux ans - quand il est devenu important. Une fois ou deux, pas plus. Même tout frais payés.
Parce que, contrairement à ce qui se passe ailleurs, la vie culturelle est bien ancrée dans le quotidien de «la région» qui est de mieux en mieux équipée depuis l'ouverture des magnifiques salles du Mont-Jacob où le Théâtre de la Rubrique, une compagnie de création, joue aussi le rôle de diffuseur. Mais cela, c'est surtout le rôle des médias régionaux d'en témoigner, pas d'abord nous; même nos abonnés du coin ne pourront s'empêcher d'être d'accord là-dessus.
On peut toujours souhaiter plus et mieux, évidemment, mais la vie culturelle est riche là, là, on le sait: il y a de lunes que les métropoles s'abreuvent des talents qui fleurissent sur les rives du Saguenay. À un point tel qu'il y a plus de bleuets dans le milieu culturel de Montréal et de Québec qu'il y en a rue Racine, mais ça, c'est une tout autre question reliée directement à la démographie et à la densité de l'offre et de la demande artistique... Sans quoi il faut ménager les susceptibilités et ne surtout pas avoir l'air de dire aux gens quoi penser, comment faire ou comment évaluer la portée de tel ou tel événement culturel. Tsé.
Donc non. On ne sera pas là la semaine prochaine à la Rubrique pour la création d'Une maison face au Nord, de Jean-Rock Gaudreault. Et c'est bien triste. Il faudra attendre que la production circule à l'extérieur... de «la région».
D'un autre temps
Voici un document vidéo où, si je ne m'abuse, on voit, en ouverture, des images de l'acteur Garine jouer dans Le Revizor de Gogol, LE chef d'oeuvre de Vsevolod Meyerhold! Si je ne me trompe pas (les images, les acteurs, l'espace me confirment presque mes impressions!), ce sont les premières et seules images mouvantes que j'ai vues de ce spectacle qu'il me semble connaître pourtant parfaitement! À la trente-et-unième seconde, Meyerhold lui-même... s'ensuit des exercices, des démonstrations de biomécanique... Entre 2:00 et 6:40, j'ignore de quoi il s'agit... un autre metteur en scène, sans doute... Puis la section suivante nous présente, je crois, Constantin Stanislawski, quelques temps avant sa mort...
lundi 19 janvier 2009
Une semaine de théâtre
Quelques activités théâtrales ponctueront cette digne semaine théâtrale. Ça va, en quelques sortes, comme suit (tout ajout sera le bienvenu!):
Lundi, mardi et mercredi (19 au 21 janvier), 18h30
Centre des arts et de la culture
Début des ateliers réguliers de l'hiver 2009 du Théâtre 100 Masques. Les enfants et les ados se pencheront pendant 13 semaines sur l'improvisation (telle que pratiquée par la L.N.I., tandis que les adultes seront en production à partir de l'un de mes textes, Les Pleureuses.
Mercredi (21 janvier), 19h
Petit Théâtre de l'UQAC
Les premiers Rendez-vous théâtre - une initiative du Théâtre C.R.I. et du Théâtre 100 Masques - réunissent les directeurs artistiques de toutes les compagnies de théâtre reconnues de la région pour une rencontre avec le public sous forme de table ronde animée par Jean-Paul Quéinnec.
Samedi (24 janvier), 20h
Auditorium-Dufour
Le T.N.M. débarque avec Le Retour d'Harold Pinter (prix nobel de littérature décédé il y a quelques semaines à peine) mis en scène par Yves Desgagné.
Terrible huis clos dans lequel s'agitent des personnages et des sentiments ambigus, dans lequel la vérité et le mensonge sont indissociables et indiscernables, la plus célèbre pièce d'Harold Pinter est une oeuvre où règnent la suspicion et la menace, où les mots s'avèrent à exercer le pouvoir, où les mots s'avèrent même être une arme de destruction massive. Nous sommes dans le Londres du milieu des années 1960. À l'époque des Beatles, des premiers films de Jane Birkin, de Twiggy et du Blow-Up d'Antonioni. Max, un ancien boucher agressif et harcelant, vit avec ses deux fils, Lenny et Joey, et avec son frère Sam, chauffeur de taxi. Un soir, alors que tout le monde dort, le troisième fils, Teddy, revient en catimini.
__________________
Petit rappel à tous ceux qui ont vu Dragage 00 de Jean-Paul Quéinnec la semaine dernière: il est attendu, de la part des spectateurs, que ces-derniers fournissent des commentaires, des questions aux concepteurs de cet exercice...
vendredi 16 janvier 2009
LES PLEUREUSES mélopée pour huit femmes et un malaise identitaire
En tant qu'animateur (et metteur en scène), il me fallait dès lors trouver un texte pour tant de personnes du même sexe... Après plusieurs nuits blanches à me creuser la tête, j'ai choisi de ressortir un de mes vieux texte, Les Pleureuses (texte écrit à partir d'une pièce antérieure datant de 1996), que j'ai déjà présenté dans le cadre des Cartes Blanches des Têtes Heureuses en octobre 2001.
À l'époque, je n'avais que trois personnages. Du coup, les derniers jours, je me suis remis à l'écriture, éclatant la distribution, corrigeant, affinant, rajoutant, révisant ces lignes rythmiques (parce que ce texte est écrit en vers irréguliers) pour en faire une nouvelle partition pour huit interprètes, avec un titre nouveau: Les Pleureuses [mélopée pour huit femmes et un malaise identitaire].
C'est un travail stimulant et créatif... C'est reprendre un texte que l'on connaît intimement... tout en redécouvrant cette écriture qui date tout de même de huit ans... pour ne pas dire de 13 ans! Ce qui, à l'époque, se butait sur la rhétorique, le style, l'insistance pour boucler la boucle recouvre une pleine et entière liberté. Ce texte - qui fut joué en tant qu'oeuvre complète - devient, finalement, un canevas sur lequel se déploie une nouvelle création qui, j'ose l'espérer, sera encore plus forte que la précédente!
Le principe de base en est le choeur, la parole multiple de huit femmes, huit soeurs, huit solitudes qui cherchent un sens à leur union.
Les ateliers débutent mercredi prochain, le 21 janvier 2009.
jeudi 15 janvier 2009
Dragage 00... premières impressions.
Ai assisté, hier soir, avec intérêt, à la première des trois présentations publiques de Dragage 00, projet de recherche création de Jean-Paul Quéinnec (dont il signe également le texte). Le spectateur y est convié de façon toute spéciale: être, comme le disait Meyerhold, le quatrième créateur en entrant dans ce laboratoire pour produire un nouvel espace de perception visuelle et d'écoute, d'interactions physiques (voire sensuelles) et mentales (voire surtout imaginaires). (Voir sur ce billet les enjeux de cet exercice)
Premier avertissement: il s'agit ici d'une étape et non d'une finalité.
Un espace donc. Le studio-théâtre de l'UQAC dans une disposition en coin et le long d'un mur, toute blanche englobant le petit espace des spectateurs - que 38 places!. Au-dessus, une grande toile blanche. Des chaînes partout. Et une multitude d'objets hétéroclites dont le mérite est évidemment la bruyance plus que l'utilitaire. Parce que dans cette salle, l'espace est d'abord et avant tout sonore. La présence des comédiens et des musiciens est elle aussi sonore avant que de n'être jeu. Bref, un duel permanent entre le son et le texte (qui en soit, d'ailleurs, est fort intéressant).
La fable laisse place à la présence; la théâtralité laisse place à la performativité. L'acte performatif s'inscrit contre la théâtralité qui crée des systèmes, du sens et renvoie à la mémoire. Là où la théâtralité est davantage liée au drame, à la structure narrative, à la fiction, à l'illusion scénique qui l'éloigne du réel, la performativité (et le théâtre performatif) insiste davantage sur l'aspect ludique du discours sous ses multiples formes visuelles ou verbales. [...] Elle impose le dialogue des corps, des gestes et touche à la densité de la matière (J. Féral, Entre performance et théâtralité, le théâtre performatif, Théâtre/Public), matière sonore dans le cas présent.
Dragage 00 est, selon le feuillet explicatif, une expérimentation sur le rapport au son d'une nouvelle dramaturgie.
Et pourtant, les personnages traditionnels, la fable (parce que fable il y a) cherchent désespérément à surgir mais sont entravés par les actions des comédiens et musiciens qui agissent en performeurs. L'espace décrit plus haut n'est pas fictif mais, je réitère ma position!, performatif. Le (non-)jeu qui en découle est, en quelques sortes, captivant... Quand sont-ils le plus présents? Qu'est-ce que leur présence? Interprètes ou techniciens? Le glissement de l'un à l'autre est constant: l'environnement sonore doit se créer et impose un système hétéroclite qui demande beaucoup de manipulation. Dans ce cas-ci (et on m'excusera ici de reprendre les mots et tournures de D. Couty) le rapport entre le son et le texte est oui un rapport de complémentarité, de concurrence et de conflit... mais la question se poserait à savoir si ce n'est pas davantage un rapport de soumission ou de prééminence... et, par radicalisme de ma part, qu'une tentative de phagocytage de la convention?
Du coup, l'action - les actions concrètes! - est peut-être trop présente, stimule peut-être aussi trop l'oeil qui, contrairement à ce que dit Mervant-Roux, manque à son écoute. La manipulation sonore telle que mentionnée se confond avec la sollicitation visuelle (par les déplacements, les gestes, les accessoires) et perd de son importance au profit de la scène, de l'objet lui-même.
Cette question du son (domaine dans lequel je suis parfaitement débutant dans ma propre démarche, n'ayant pas encore été convaincu de sa réelle place) pousse ainsi, avec Dragage 00 de grandes pistes de réflexions...
Ce sont là mes premières impressions.
La fable laisse place à la présence; la théâtralité laisse place à la performativité. L'acte performatif s'inscrit contre la théâtralité qui crée des systèmes, du sens et renvoie à la mémoire. Là où la théâtralité est davantage liée au drame, à la structure narrative, à la fiction, à l'illusion scénique qui l'éloigne du réel, la performativité (et le théâtre performatif) insiste davantage sur l'aspect ludique du discours sous ses multiples formes visuelles ou verbales. [...] Elle impose le dialogue des corps, des gestes et touche à la densité de la matière (J. Féral, Entre performance et théâtralité, le théâtre performatif, Théâtre/Public), matière sonore dans le cas présent.
Dragage 00 est, selon le feuillet explicatif, une expérimentation sur le rapport au son d'une nouvelle dramaturgie.
Et pourtant, les personnages traditionnels, la fable (parce que fable il y a) cherchent désespérément à surgir mais sont entravés par les actions des comédiens et musiciens qui agissent en performeurs. L'espace décrit plus haut n'est pas fictif mais, je réitère ma position!, performatif. Le (non-)jeu qui en découle est, en quelques sortes, captivant... Quand sont-ils le plus présents? Qu'est-ce que leur présence? Interprètes ou techniciens? Le glissement de l'un à l'autre est constant: l'environnement sonore doit se créer et impose un système hétéroclite qui demande beaucoup de manipulation. Dans ce cas-ci (et on m'excusera ici de reprendre les mots et tournures de D. Couty) le rapport entre le son et le texte est oui un rapport de complémentarité, de concurrence et de conflit... mais la question se poserait à savoir si ce n'est pas davantage un rapport de soumission ou de prééminence... et, par radicalisme de ma part, qu'une tentative de phagocytage de la convention?
Du coup, l'action - les actions concrètes! - est peut-être trop présente, stimule peut-être aussi trop l'oeil qui, contrairement à ce que dit Mervant-Roux, manque à son écoute. La manipulation sonore telle que mentionnée se confond avec la sollicitation visuelle (par les déplacements, les gestes, les accessoires) et perd de son importance au profit de la scène, de l'objet lui-même.
Cette question du son (domaine dans lequel je suis parfaitement débutant dans ma propre démarche, n'ayant pas encore été convaincu de sa réelle place) pousse ainsi, avec Dragage 00 de grandes pistes de réflexions...
Ce sont là mes premières impressions.
mercredi 14 janvier 2009
Julian Beck et le Living Theater
Voici une petite vidéo d'extraits de Paradise Now du Living Theater (qui doit dater des années 60...), compagnie emblématique de la création collective, du théâtre politique, de la performativité théâtrale:
La liberté théâtrale
Le théâtre est exigent et j'imagine que la plupart de ses artisans se sentent parfois pris au piège... bien que vu de l'extérieur, cet art permet à qui le fait de vivre en toute liberté (euphémisme pour dire ne fait rien et que ce qu'il veut). Extrait d'un article d'Igor Ovadis paru en 1999 dans l'Annuaire Théâtral #25 dans lequel il traite de cette liberté théâtrale (l'acteur peut être remplacé par n'importe lequel autre métier de la scène...):
mardi 13 janvier 2009
Dixit Fabrice Luchini
Rendez-vous Théâtre
Le 21 janvier prochain (soit mercredi de la semaine prochaine!) aura lieu le premier Rendez-vous Théâtre, une initiative conjointe du Théâtre C.R.I. et du Théâtre 100 Masques.
Pour l'occasion, les compagnies professionnelles de la région ont répondu à l'appel: tous les directeurs artistiques de celles-ci (Les amis de chiffon, La Rubrique, les Têtes Heureuses, le Théâtre C.R.I., le Théâtre 100 Masques, le Théâtre du Faux-Coffre, la Tortue Noire, le Théâtre Mic Mac) pour une soirée de rencontre avec le public. Une brève présentation de chacun des organismes sera suivie d'une table ronde animée par Jean-Paul Quéinnec (avec questions du public).
Cet événement permettra à qui aime les arts dramatiques de brosser un portrait exhaustif du milieu théâtral d'ici, d'en dégager les mandats artistiques et les dynamiques. Peut-être trouverons-nous les réponses aux questions suivantes: quelles sont les spécificités du milieu saguenéen? quel avenir pour le théâtre d'ici? y a-t-il trop d'offres pour la demande?
Le tout aura lieu au Petit Théâtre de l'UQAC à compter de 19h. L'entrée est gratuite... et plus il y aura de gens dans la salle, plus la discussion pourra être stimulante!
Pour l'occasion, les compagnies professionnelles de la région ont répondu à l'appel: tous les directeurs artistiques de celles-ci (Les amis de chiffon, La Rubrique, les Têtes Heureuses, le Théâtre C.R.I., le Théâtre 100 Masques, le Théâtre du Faux-Coffre, la Tortue Noire, le Théâtre Mic Mac) pour une soirée de rencontre avec le public. Une brève présentation de chacun des organismes sera suivie d'une table ronde animée par Jean-Paul Quéinnec (avec questions du public).
Cet événement permettra à qui aime les arts dramatiques de brosser un portrait exhaustif du milieu théâtral d'ici, d'en dégager les mandats artistiques et les dynamiques. Peut-être trouverons-nous les réponses aux questions suivantes: quelles sont les spécificités du milieu saguenéen? quel avenir pour le théâtre d'ici? y a-t-il trop d'offres pour la demande?
Le tout aura lieu au Petit Théâtre de l'UQAC à compter de 19h. L'entrée est gratuite... et plus il y aura de gens dans la salle, plus la discussion pourra être stimulante!
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