mardi 29 décembre 2009

Faisons chéri-chéri!



Les artisans du milieu théâtral (en général... pas seulement que le nôtre...) sont reconnus pour leur(s) effusion(s) de bons sentiments - parfois affectés! - lorsqu'ils se rencontrent. Ainsi, on assiste souvent aux grandes ouvertures de bras accompagnés de petits cris, aux embrassades aussi sonores que le timbre de voix pris, à l'exultation de ces rencontres pas nécessairement inopinées!

Et bien, le Dictionnaire de la langue du Théâtre - Mots et mœurs du théâtre relève pour ce trait caractéristique une toute jolie expression: faire chéri chéri!

Faire chéri chéri: expression qui désigne, avec une légère - et tendre - ironie, le comportement spécifique aux gens de théâtre, à leurs embrassades et à leurs retrouvailles expansives. Le théâtre est un lieu où l'on s'embrasse beaucoup, où l'on se donne du «bonjour, ma chérie!», où l'affectif est à fleur de peau.

Voilà. La prochaine fois que je rencontrerai quelqu'un du milieu, je lui ferai chéri chéri!

lundi 28 décembre 2009

De réduction en dépouillement...


Le farceur médecin soutire de l'urine pour son diagnostic.
Recueil de chants religieux et profanes, 1642
(Peinture attribuée au Cambrésien Louis de Caullery).


Réduire le spectacle à sa plus simple et difficile expression, qui est le jeu scénique ou plus exactement le jeu des acteurs. Et donc, éviter de faire du plateau un carrefour où se rencontrent tous les arts majeurs et mineurs (peinture, architecture, électromanie, musicomanie, machinerie, etc...).

Remettre le décorateur à son rang qui est de résoudre le problème des découvertes, des frises et de réaliser la construction des éléments scéniques (meubles ou accessoires) strictement indispensables au jeu des acteurs, sa tâche principale étant de trouver la teinte unique du décor, si décor il faut.

Laisser au music-hall et au cirque l'utilisation immodérée des projecteurs, des casseroles et du mercure.

Donner à la partie musicale le seul rôle d'ouverture ou de liaison entre deux tableaux. Ne l'utiliser qu'aux seuls endroits où le texte indique formellement l'intervention d'une musique lointaine ou proche, d'une chanson, d'un divertissement musical.

En résumé, éliminer tous les moyens d'expression qui sont extérieurs aux lois pures et spartiates de la scène et réduire le spectacle à l'expression du corps et de l'âme de l'acteur.


Ces quelques mots écrits en 1945 par Jean Vilar (parus dans De la tradition théâtrale, L'Arche, Paris, 1955) résonnent bien avec ma propre conception du théâtre, de ma propre recherche de pureté scénique - texte générateur de théâtralité, acteur comme principal émetteur de celle-ci qui se déploie dans la performativité, scène comme support dynamique - qui sous-tend tout mon actuel (et pour les trois ans à venir!) travail doctoral.

Après la transgression des genres, l'éclatement des frontières entre les différents art, la décomposition et reconstruction du texte et des personnages, l'interdisciplinarité et la tentaculaire arrivée des nouveaux médias, c'est un focus radical sur les trois éléments fondamentaux: texte (texto-centrisme), acteur (acteurocentrisme), public. Artaud a, dans toute sa troublante écriture, défini le mieux ce fait: il faut faire parler à la scène le langage qui lui est propre...




dimanche 27 décembre 2009

La semaine théâtrale (du 27 décembre 2009 au 2 janvier 2010)



Pour maintenir le rythme et ne pas perdre l'habitude, voici la dernière semaine théâtrale de l'année 2009. Il faut noter toutefois que le milieu théâtral fait relâche pour laisser la place à d'autres vedettes: les dindes, les tourtières, les cadeaux, les festivités... le temps de reprendre des forces pour relancer une toute nouvelle saison!

De la scène au dispositif...

Une chose m'intéresse particulièrement dans un certain type de théâtre contemporain, soit le glissement de ce paradigme (défini par Castelluci, metteur en scène d'avant-garde italien): le théâtre n'est plus (étymologiquement parlant!) le lieu où l'on regarde mais est plutôt devenu le lieu où l'on montre (caractéristique qui me semble être omniprésente et qui change quelque peu la nature publique du théâtre). Du coup, la scène n'est plus une ouverture sur le monde, n'est plus espace d'illusion ou espace de fiction plus ou moins mimétique. Non. La scène devient dispositif... un dispositif muséo-scénique, en quelques sortes. Un objet vide, neutre et sans signification donnée. Le dispositif est un support (idéalement dynamique). J'y reviendrai dans un billet subséquent...

samedi 26 décembre 2009

Un théâtre «automatique» en LEGO

Voici une petite vidéo pour tous les amateurs de LEGO... Il s'agit, en fait, d'un toy theatre, d'un castelet miniature. La partie de ce vidéo qui montre les mécanismes est la plus intéressante!



Ce que j'aurais aimé avoir ce type de jouet plus jeune!

jeudi 24 décembre 2009

À tous...



En ce jour de réveillon, je souhaite à tous ceux qui me lisent ou qui tombent sur cette page par erreur un très joyeux Noël! À la semaine prochaine!

mercredi 23 décembre 2009

De retour à Boileau...


Gravure reproduite dans l’ouvrage d’André Degaine,
Histoire du théâtre dessinée, Paris, Saint Genouph, 1992, p. 167.

De retour dans l'Art Poétique de Nicolas Boileau. Il me fallait bien, par devoir de bonne conscience, m'y pencher un peu... Aujourd'hui, donc, quelques petits vers qui terminent le troisième chant... une mise en garde... un avertissement... un parti pris!

J'aime sur le théâtre un agréable auteur
Qui, sans se diffamer aux yeux du spectateur,
Plaît par la raison seule, et jamais ne la choque.
Mais pour un faux plaisant, à grossière équivoque,
Qui pour me divertir n'a que la saleté,
Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté
Amusant le Pont-Neuf de ses sornettes fades,
Aux laquais assemblés jouer ses mascarades.

mardi 22 décembre 2009

Du théâtre et des jeunes...

Voilà, c'est fait.

Depuis hier soir, je suis en vacances... depuis la tenue de la piécette du groupe Éveil (8-9 ans) du Théâtre 100 Masques, À la poste.

1ière photo: Dahlia (la postière); 2ième photo: Gabriel (le jeune garçon);
3ième photo: Félix (le Maire), Dahlia, Gabriel et Mélodie (la chef de bureau).
Photographies: Carol Émond.


Les quatre enfants avaient, pour mission, de faire une petite création collective sous la direction de Sarah Bernard. Du coup, nous avions, sous les yeux, une postière trop curieuse qui ouvre toutes les lettres... dont celle confidentielle adressée au Maire et la désignant comme une mauvaise employée; un jeune garçon qui veut se poster pour aller embrasser sa grand-mère le jour de sa fête; une chef de bureau hystérique et un Maire bon enfant qui décide de redécorer le bureau de poste. Près de vingt minutes bien tenues...

La semaine dernière, mercredi, le groupe Expression (10-12 ans) présentait, pour sa part, le résultat de ses ateliers de gumboots théâtral avec Jonathan Boies.


Sur la photo: Mélody, (?), Marika et Élodie

À partir d'une chanson des colocs, Belzébuth, elles ont tenté de marier rythme et texte dans un petit numéro chorégraphié en douze semaines.

La reprise des ateliers, pour la prochaine session, est le 18 janvier. D'ici là... zzzz... zzz...

lundi 21 décembre 2009

Elle a toujours voulu être une fille hirondelle...


Ai assisté, hier après-midi, à la dernière représentation de J'ai toujours voulu être une fille hirondelle, un spectacle pour enfant écrit et mis en scène par Johanna Lochon dans le cadre la fin de ses études à la Maîtrise en art de l'UQAC (maîtrise qu'elle a, par ailleurs, et avec raison, reçue avec une mention d'excellence!).

Comme il était indiqué dans le communiqué, ce spectacle raconte l'histoire d'une jeune fille dont le seul rêve est de s’envoler derrière les océans et de découvrir ce qui se cache derrière l’horizon. À la maison, reste la mère nous racontant son difficile travail de maman devant laisser son petit papillon s’envoler. À travers un dialogue mère et fille, nous découvrons l’histoire d’une jeune fille téméraire à la conquête du monde, affrontant l’inconnu et arpentant la jungle, la folie de la ville et la démesure des montagnes pour découvrir ce qui se cache vraiment au fond de son cœur. J’ai toujours voulu être une fille hirondelle c’est l’aventure initiatique d’une jeune fille qui cherche son chemin dans une véritable explosion de paysages, de couleurs, de rencontres et de vie.

Il est toujours un peu embêtant de parler ou d'écrire sur ce type de spectacle, résultat d'une recherche, d'une élaboration théorique qui nous est, généralement inconnue. Les points importants, les grands axes de création, les tenants et aboutissants de ces mois de travail manquent à une opinion éclairée. Toutefois...
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J'ai toujours voulu être une fille hirondelle révèle, chez Johanna Lochon, une écriture fine et poétique... qui s'adresse avec intelligence aux enfants. Une maturité qui s'exprime avec lucidité et fluidité. Et bien que parfois le lyrisme renvoie la fable au rôle d'accessoire, on y retrouve facilement la trame de la quête, de la recherche d'autonomie, de liberté. Une quête flamboyante qui ne plie pas devant des dictats réalistes (car je rappelle que cette enfant part dans le monde à peine âgée de douze ans et parcourt, seule, la jungle avec la bénédiction de cette mère insouciante!) et moralistes souvent inhérentes aux œuvres pour enfants. Un fort beau texte.

Les personnages sont généralement bien définis et bien dirigés. Sur scène, principalement, deux interprètes. Carolyne Gauthier (étudiante en troisième année du B.I.A., si je ne m'abuse) incarne la petite fille maladroite, rêveuse qui s'envole vers l'inconnu. Douce exaltée, espiègle et impétueuse, touchante et aventureuse, elle donne le ton à ce spectacle. Sa mère, jouée par Caroline Tremblay, outre le fait de raconter son expérience maternelle, donne, (je crois!), quant à elle, le leitmotiv de celui-ci: il faut prendre son temps... Du moins, c'est ce que j'ai compris. Prendre le temps de vivre, d'apprivoiser ses craintes et ses peurs, de grandir. Pour ma part, cette relation mère-fille (à sens unique, je dirais... la fille ne se commettant que fort brièvement sur celle-ci), n'arrive toutefois pas à acquérir une importance aussi grande que le motif de la quête malgré le talent des deux comédiennes. Mais est-ce le but? Doit-elle être un pilier de cette production? Il faut également souligner la présence, à leur côté, de Marilyne Renaud qui prend, manifestement avec plaisir (et pour celui des spectateurs) en charge les rôles utilitaires: la voisine, l'optométriste, le toucan, le mexicain, les vendeurs du marché, etc. Des petits caméos qui égaient avec brio ce spectacle.

L'espace se résume en deux éléments principaux mis en valeur par les éclairages de Marilyn Tremblay (qui semble prendre de plus en plus d'assurance) et par la conception sonore de Patrice Leblanc. Le premier, en arrière-plan, est constitué d'un module compact - avec tréteau, bibliothèque, palier et escalier - représentant le cocon familial. D'une utilisation efficace, il permet des images intéressantes. Le second lieu, tout l'avant scène, est vide... disponible pour recevoir qui des jeux de lumières marquants (les nuages, l'eau, la jungle), qui des accessoires mobiles (à lesquels les personnages de Marilyne sont très souvent associés) synecdotiques amusants dénotant un véritable sens de l'image: un siège pour un avion, un cadre de cabine téléphonique, un mur d'hôtel, quelques arbres en cartons... et un écran de rétroprojections (un moyen d'illustration cher à Johanna!).

Du coup, dans le second espace, la mise en scène sert principalement à mettre en place ces images, ces effets théâtraux, ces explorations scéniques. Pourtant, dans ce va-et-vient effréné, on délaisse un peu le fil du spectacle pour se délecter et s'amuser de leur apparition. Une utilisation justifiable, certes... accrocheuse, assurément... mais qui demanderait encore un peu de raffinement (notamment en ce qui concerne l'écran de rétroprojections) dans leur déploiement. afin de participer à un tout plus homogène. Et se poserait alors la question de la forme: la forme pour le contenu ou le contenu pour la forme?

Malgré ces commentaires, J'ai toujours voulu être une fille hirondelle demeure, pour moi, un beau moment de théâtre qui s'adresse à l'enfant qui sommeille en chacun de nous (bon, c'est convenu comme remarque, je sais!)... et donne un avant-goût prometteur des futures réalisations de Johanna Lochon qui, souhaitons-le, fera sa marque dans le théâtre-jeunesse!

dimanche 20 décembre 2009

To be or not to be...


À la suite du Sommet de Copenhague, le caricaturiste Garnotte puise, dans l'édition d'hier du Devoir (19 décembre 2009), dans la tradition théâtrale et utilise la célèbre tirade de l'Hamlet de Shakespeare afin d'illustrer le déshonneur canadien fossilisé.

La semaine théâtrale (du 20 au 26 décembre 2009)

Ça sent résolument la fin de la saison théâtrale! À ma connaissance (mais elle n'est pas omnisciente!), il ne reste qu'un rendez-vous à inscrire à l'agenda... et il est aujourd'hui:

Aujourd'hui - 20 décembre 2009
Petit Théâtre de l'UQAC, 14h

Johanna Lochon présente son projet de fin de maîtrise, un spectacle pour enfant intitulé J'ai toujours voulu être une fille hirondelle.

Voilà, c'est tout pour cette année... à moins qu'il ne reste quelques représentations des Amis de Chiffon?

Pour ma part, je mets un terme à ces semaines théâtrales... jusqu'à janvier! Et probablement perdrai-je un peu de ma constance dans les prochaines jours... festivités obligent!

samedi 19 décembre 2009

Saint-Saëns en action

Il y a quelques jours, j'écrivais ici à propos de la Danse Macabre de Saint-Saëns que j'aime beaucoup. En fouillant un peu sur Youtube (il est des jours, comme aujourd'hui, où l'inspiration manque!), je suis tombé sur ce petit vidéo du Maestro capté en pleine action, dirigeant d'une main de maître... et, plaisir suprême, le réalisateur (à l'origine) et commentateur (quelques années plus tard) de celui-ci n'est nul autre que Sacha Guitry. Il s'agit là d'un extrait de son fabuleux Ceux de chez nous tourné en pleine Première Guerre qui présente également Sara Bernhardt, Auguste Rodin, Auguste Renoir, Edmond Rostand, etc.!



Voilà.