mardi 30 mars 2010

Histoire de fous...


Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie: l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
Enzo Cormann


lundi 29 mars 2010

Cette semaine, au théâtre (du 28 mars au 3 avril 2010)

Je suis un peu dans le jus... et par conséquent, un peu en retard sur les billets de ce blogue! Mais bon... Les activités se poursuivent même si je suis derrière elles, la langue à terre!

Évidemment, mon événement marquant de cette semaine (et la seule activité théâtrale régionale que j'ai répertoriée!):

Jeu. à sam. - du 1er au 3 avril 2010
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h


Le Théâtre Mic Mac débute les représentations de sa toute nouvelle production, La Défonce de Pascal Chevarie dont je signe la mise en scène. Une forêt, la nuit. Les phares d'un camion allumés. Une vieille chanson lancinante, et l'écho d'un cri étouffé. Parmi les ombres que projette la lune, la silhouette confuse de trois jeunes hommes qui viennent de commettre l'irréparable et, dans le noir, celle d'un vieillard, qui a tout vu. À travers la reconstruction de cette nuit de défonce, ils tenteront de comprendre cette rage qui les habite et qui - sans qu'ils puissent vraiment la nommer - les a poussés trop loin.

Bon lundi!

jeudi 25 mars 2010

L'Approche biomécanique 2


Dès le départ, je gobe tout ce qui se dit dans la discussion. J'ai l'impression d'être baigné dans une matière que je connais fort bien mais qui résonne différemment maintenant que ça passe par la bouche d'un formateur (dans ce cas-ci, M. Reid) et par une mise en pratique concrète.

C'est dans cet état d'ouverture que s'est accrochée à mon oreille cette définition plutôt claire de la toujours difficile à cerner théâtralité. Ainsi, dans la philosophie meyerholdienne, nous pourrions définir la théâtralité comme étant la double présence, sur scène, de l'acteur et de son principal outil, lui-même. Par la maîtrise consciente de son corps, par sa conscience de divers paramètre, il devient générateur, émetteur et exécuteur de codes, de conventions. Car le théâtre de Meyerhold est d'abord et avant tout un théâtre de l'acteur.

La biomécanique doit être comprise comme étant un entraînement (où l'atelier mène vers la répétition qui elle mène vers une représentation putative) permettant de développer cette conscience, cette mémoire du corps, d'en connaître le fonctionnement, les capacités et surtout les limites. Meyerhold avait ce mot: sans auto-restriction, pas de maîtrise...

Ce sont là quelques sujets abordés ce matin en cours de formation.

Ce soir, chacun des muscles de mon outil souffre. Divers exercices (tournant principalement autour de la marche!) les ont mis à l'épreuve. Découvrir et prendre conscience de l'articulation des membres, comprendre les connections qui les relient, trouver les points d'équilibre et les transferts de poids s'avèrent, au final, fort douloureux.

Je sors donc endolori de cette formation mais fort stimulé... et si je m'écoutais, je tenterais de poursuivre le travail en groupe comme un entraînement continu...

L'approche biomécanique 1


C'est ce matin que débute la formation L'approche biomécanique avec Monsieur Robert Reid. Nous sommes huit biomécaniciens à s'y rencontrer... probablement chacun avec une vision toute personnelle de ce à quoi cela ressemblera!

mercredi 24 mars 2010

Le cas du CAS 2


Le Conseil des Arts de Saguenay ne donne toujours pas de nouvelles (j'en parlais déjà ici, il y a quelques jours). Et le temps passe encore et encore. Je peux comprendre leur(s) problème(s) de financement et les délais imposés. Je peux même les accepter... mais encore faut-il qu'il me les explique.

Peut-être est-ce là que le bât blesse: dans le silence du CAS. Pas une convocation. Pas une lettre. Pas un courriel. Rien. Que les rumeurs...

Conflit d'horaire

Aujourd'hui, je rencontre (en fait, je vais chercher, avec Guylaine Rivard) Monsieur Robert Reid de l'Université Concordia qui débarque au Saguenay pour offrir une formation en biomécanique... un principe d'entraînement de l'acteur mis en place par Meyerhold, en Russie, dans la seconde décennie du XXième siècle.

Il y a longtemps que je souhaite voir de près, tester, expérimenter (eh oui... je dois avoir une fibre comédienne en moi... sans commentaire pour ceux ou celui qui veut en rajouter!) cette biomécanique. Le temps est venu!

Malheureusement, par un conflit d'horaire, je n'en verrai qu'une partie. La formation s'étale sur quatre jours - de jeudi à dimanche - alors que je dois, ce week-end(à compter de vendredi en fin d'après-midi), retourner à Roberval pour un dernier bloc intensif de répétitions de La Défonce. Mon cœur tangue donc...

La gestion d'un agenda personnel s'avère parfois ardu quand le mode de vie choisi nous ballotte d'un côté à l'autre. Que de rencontres, que de productions, que d'activités, que de partys manqués au fil des différents projets... Bon. Il y a pire. Au moins je travaille!

mardi 23 mars 2010

Le paradoxe théâtral


Petite citation sortie et d'un essai plus que cité sur ce blogue, L'Éternel Éphémère de Daniel Mesguish et de mon tout premier blogue. Je la ressors parce qu'à quelques jours d'une première, j'aime m'arrêter pour réfléchir sur le type de réception que devrait avoir le spectateur... Qu'est-ce qu'il peut trouver au théâtre, dans mon travail... dans cette production particulièrement...

Sortant du théâtre, les spectateurs sont plus riches, non de plénitude, non de réponses, mais d'énigmes enfin entendues. Ils ont encore à l'oreille, comme dans les cils une larme encore alors que déjà l'on ne pleure plus, non la mémoire de ce qui s'est dit, mais celle de leur écoute. L'acteur n'est pas celui qui prend la parole, c'est celui qui donne l'écoute.

C'est une vue théâtral ambitieuse qui modifie le paradigme de la réception. C'est une vue ambitieuse qui me plaît terrriblement.

lundi 22 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]

En attendant la première, voici trois (magnifiques!) photographies prises au cours de la dernière fin de semaine par Christian Roberge qui signe et la scénographie et les costumes:



La Défonce [Carnet de notes]

Scénographie avant la mise en place de l'éclairage
Photographie: Dario Larouche (c'est donc dire moi!)

Fin de semaine intensive (comme toutes les autres, d'ailleurs!)... et avant-dernière rencontre de travail avant la première qui approche à grands pas. Une fin de semaine chargée en objectifs et en dossiers à régler, et pourtant, tout a bien été... alors que nous avons maintenu, au cours des trois jours, une large avance sur notre horaire.

Vendredi soir, après avoir décroché et fait un inventaire du matériel disponible (et après avoir vu la salle qui se pare de ses nouveaux atours!), Alexandre Nadeau m'a présenté sa conception d'éclairages tout en faisant un accrochage rapide. Aidé du jeune Émile Langlais (qui sera le régisseur tout au cours des représentations), il a même réussi à faire tout le filage des lampes (d'où l'avance du week-end).

Samedi matin de bonne heure, pendant que je discutais costumes et maquillages dans les coulisses, l'équipe lumineuse terminait le branchement et très tôt encore nous nous sommes lancés dans le focus des appareils. Ce fut le moment de prises de décisions, notamment en ce qui a trait à la couleur... et à l'utilisation de LED dans le concept.

Samedi, en milieu d'après-midi, accompagnés d'une partie de la distribution, nous avons réglé l'intensité des différents tableaux (pour obtenir, au total, 24 cues d'éclairages!). Dès le départ, nous avons privilégié l'ambiance, l'atmosphère à la fonction utilitaire de la lumière, ce qui donne un spectacle sombre, parfois glauque, parfois blafard... Rapidement aussi (enfin, avant même d'entrer dans la salle), il a été résolu de ne pas s'attarder sur les panneaux, de ne pas les mettre en valeur par l'éclairage mais de les laisser s'intégrer naturellement dans les faisceaux. Et je crois encore que ce fut un bon choix. Quant aux LEDS, il s'est avéré très difficile, voire même impossible de les utiliser... Pas encore...

Dimanche matin, c'était le test ultime. Les comédiens ont fait un enchaînement dans l'espace afin de placer, dans le jeu, en temps réel, les différents changements d'éclairages. Nous voulions également placer les effets sonores préparés durant la semaine (voir ici), mais la trame sonore continue ne fonctionnait pas... c'est-à-dire que lors du transfert de l'ordi vers le CD, un grichement incessant est apparu. Ce n'est que partie remise.

Pour terminer la journée (et la fin de semaine), nous avons consacré l'après-midi à un enchaînement sans arrêts. Ce fut un enchaînement convaincant. Du bon travail de la part des comédiens, des concepteurs. J'ai bien hâte de voir la réception de cette production!

Cette semaine, au théâtre! (Du 21 au 27 mars 2010...)

Un peu en retard... mais mieux vaut tard que jamais à ce qu'il paraît.

Mercredi - 24 mars 2010
Auditorium d'Alma - 20h

L'Auditorium d'Alma présente Slague de Mansel Robinson (trad. de Jean-Marc Dalpé), une mise en scène de Geneviève Pineault, une production du TNO (voir ici). Une table de cuisine et le récit d'un homme en fauteuil roulant… Pierre DeLorimier : alcoolique et rescapé d'un accident au fond de la mine. Celle où il travaillait avec son fils. Son fils a eu moins de chance. Mais s'agissait-il d'un accident? Et doit-il souhaiter la justice ou bien la vengeance ? SLAGUE : le témoignage d'un homme qui a voulu et veut encore réparer une faute, mais surtout un hymne à la parole… la parole qui permet de continuer.

Jeudi à dimanche - 25 au 28 mars 2010
Centre des Arts de Chic. - 8h à 16h

Formation offerte par le Conseil Régional de la Culture (à partir d'une demande du Théâtre 100 Masques et du Théâtre C.R.I.) portant sur l'Approche biomécanique. Le formateur invité est M. Robert Reid, professeur au département de théâtre de l'Université Concordia.

Samedi - 27 mars 2010
Salle Pierrette-Gaudreault, 20h

Le Théâtre La Rubrique présente L'Énéide des Trois Tristes Tigres. Ce texte (et mise en scène) d'Olivier Keimed revisite le mythe d'Énée, l'histoire d'une migration d'un père qui recherche une terre pour son fils...

Samedi - 27 mars 2010
Le Lobe - 20h30

Le Lobe présente Esteban cabaret théâtro-musical exubérant de Stéphane Crête (voir le communiqué). Solo au-delà du probable, entre variété et performance, Esteban est un bricolage home-made libéré de toute censure, un délire impudique où copulent théâtre, danse, mime, poésie et chanson.

Je crois que c'est tout pour l'instant...
___________________________________

AJOUT: En fait, j'ai oublié un truc d'importance... C'est samedi, le 27 mars, qu'est célébrée la Journée Mondiale du Théâtre! Pour célébrer à sa façon, le Théâtre C.R.I. propose (avant la présentation de l'Énéide, samedi, à 20h, à la Salle Pierrette-Gaudreault) de réunir les artisans saguenéens qui le désirent pour lire en choeur le texte écrit pour l'occasion par un dramaturge. J'ignore qui c'est cette année...

vendredi 19 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]


Je quitte, dans une heure et demie, pour Roberval (d'où mon absence du blogue jusqu'à dimanche soir... voire lundi matin!) accompagné d'Alexandre Nadeau. La Défonce entre dans un dernier droit et cette fin de semaine-ci sera consacrée à la mise en place de la conception des lumières. Une fin de semaine technique. Une fin de semaine intense... dans les décors!!!

Et voici qu'un troupeau de papillons me nouent l'estomac!

jeudi 18 mars 2010

Le cas du CAS

Ce matin, on peut lire, dans Le Quotidien, une chronique d'Isabelle Brochu intitulée Diffusion de la culture à Saguenay: un gâchis. Après un bref topo de la situation (salle de spectacle reportée aux calendes grecques, faillite du Théâtre du Saguenay, création de Diffusion Saguenay et surtout, relations conflictuelles permanentes entre le milieu culturel et l'administration municipale) elle y va d'un commentaire que je reproduis ici:

Outre Montréal, Saguenay est la seule ville qui bénéficie de la présence d’un Conseil des arts qui a aussi le mandat d’agir comme conseiller auprès des élus municipaux. Cet organisme est reconnu par le milieu culturel et trois conseillers municipaux y sont présents. Le Conseil des arts de Saguenay est complètement absent du dossier de la diffusion. Jamais les élus n’ont fait appel à lui. On préfère les avocats et les comptables qui, sans offense, ne sont pas des experts en la matière. Le secteur des arts et de la culture ressemble de plus en plus à un faire-valoir pour les élus. On se vante d’avoir créé un Conseil des arts qu’on ne consulte pas. On se vante d’être la Capitale culturelle en faisant fi de l’expertise et des besoins du milieu. Mais on s’assure d’être présent à la table d’honneur lors du lancement des évènements !

Ce commentaire pose, entre les lignes, une question capitale: Que se passe-t-il, présentement, avec ce Conseil des Arts de Saguenay? Où en est-il? Pas tant dans son rôle de représentation (qui à mon avis incombe plus au Conseil Régional de la Culture) que dans son mandat fondamental: soutenir les organismes... Car faut-il rappeler que les réponses (prévues dans les règlements pour la fin du mois de janvier - voir le lien, le dernier paragraphe de la page -... soit il y a presque deux mois) aux demandes de subventions déposées en octobre dernier sont encore (du moins jusqu'à aujourd'hui!) lettres mortes, reportées de semaine en semaine?

Le Conseil des Arts de Saguenay est vite devenu, et avec raison, un joueur majeur dans le financement des divers organismes culturels du territoire. Peut-il être sujet aux humeurs de part et d'autre de la ligne rouge? Et s'il peinait également à se maintenir la tête hors de l'eau? D'où les questionnements qui surgissent devant une telle absence. Si elle se maintient encore longtemps, compte-tenu des événements qui secouent le milieu culturel depuis quelques mois, les paranoïaques ne tarderont pas à y voir là une marque municipale (à moins que le problème ne réside ailleurs)...

Car, encore une fois, manifestement, quelque chose quelque part cloche.