mardi 18 mai 2010

Fabuleuse montée de lait

Les gorgées de café passent de travers dans la gorge du lecteur du Quotidien que je suis.

La Nouvelle Fabuleuse (maintenant connue sous le titre moins encombrant de Les aventures d'un Flo), se refait une peau neuve suite à l'échec populaire de sa présentation les deux dernières années. Ici, il ne s'agit pas de mauvaise foi de ma part. Non. C'est le directeur général de la corporation municipale, M. Claude Simard, qui le dit lui-même: Notre spectacle de 2007 [celui qui a coûté une fortune pour embaucher les augustes professionnels de la métropole...] n'était pas bon, il ne répondait pas aux besoins des gens, il était un peu trop «artistique» [...]. Ici, inutile de dire que le café ne passe plus du tout. Un grand projet de notre culture municipale est trop artistique? Quel bel argument dans une capitale culturelle!

Par ailleurs, quel plaisir ce sera que d'aller enfin voir ce spectacle avec les voix de véritables comédiens professionnels dont Joël Legendre! Comme il sera bon de voir Flo avec la voix d'Alladin ou de Leonardo DiCaprio! Ce sera assurément plus crédible que si c'était [mettre ici le nom de n'importe lequel comédien saguenéen]. Probablement que M. Legendre était le plan B puisqu'aucun comédien d'ici n'était disponible. Mais qu'importe. Après tout, si l'on excepte le texte - écrit par un jeannois qui a quitté la région il y a 25 ans, la mise en scène, les décors, les éclairages, la bande sonore, le spectacle qu'[ils] présente[ent] est une réalisation des gens d'ici, jouée par des gens d'ici [tous des comédiens amateurs bénévoles] avec nos histoires et nos personnages.

Oui, vraiment, quelle belle production régionale! Vivement la traduction anglaise pour la rendre encore plus universelle...

lundi 17 mai 2010

Du virus dramatique...


Pour rester dans le ton du dernier billet, voici une autre belle définition de ce qu'est un directeur de théâtre... définition de Louis Jouvet tirée une nouvelle fois de l'ouvrage cité précédemment:

Critique avant la critique, il faut se le représenter assis entre l'Esthétique et le Commerce, devant une énorme pile de manuscrits qui se renouvelle sans cesse, l'imagination délirante et contaminée, cherchant courageusement ce virus dramatique dont il essaye de contracter le premier la fièvre, pour en propager ensuite l'épidémie glorieuse.

Il n'y a pas d'habitacle au monde, plus sûr, plus permanent, plus confortable pour l'incertitude, que l'esprit d'un directeur. Il n'est pas non plus de dualité plus parfaite et plus évidente que celle du directeur de théâtre: littéraire par la publicité, publiciste en littérature, banquier ou usurier, prodigue ou avare selon la nécessité, amateur d'art, mécène des collaborateurs, il est aussi leur comptable et leur caissier.

Ce Louis Jouvet... Bien que je n'adhère pas à toutes ses idées sur le théâtre, ses écrits sont une source constante de réflexions et de trouvailles...

dimanche 16 mai 2010

Du directeur comme d'un député


À me relire au cours des derniers jours, il semblerait que je sois en plein questionnement sur mon travail: qui suis-je? où vais-je? et autres plaintes existentielles... Eh bien, peut-être. Non pas que je me remette en question... Disons plutôt que je cherche un sens à mon action. Décidément, ça ne s'arrange pas!

Dans ce cas-là, je replonge immanquablement dans mes livres et mes essais, particulièrement ceux écrits par les praticiens. Leurs idées, leurs points de vue, leurs opinions résonnent plus facilement (et plus fortement!) avec (et parfois contre!) mes propres réflexions...

Voici le genre de passage qui me questionne, qui me trouble, qui me ravit, qui me fait penser à ma propre existence... Il s'agit d'un passage écrit par Louis Jouvet, entre 1938 et 1940, et paru en 1941 dans le recueil Réflexions du comédien.

Quant à la vocation de directeur, elle est indécelable à l'œil du plus habile éducateur. On peut prévoir l'orateur en herbe ou le comédien en puissance, mais on ne saurait, des jeux d'un enfant qui collectionne les coupons-primes, les contremarques ou les tickets, inférer qu'il dirigera un jour un théâtre [...]. On naît aviateur, littérateur, auteur dramatique, médecin ou vétérinaire; on finit député ou directeur. Dans l'un comme dans l'autre cas, c'est une situation, ce n'est pas un métier, c'est un état, un état acquis. La carrière de directeur est un accident dans une vocation théâtrale; mais si la fonction échoit à un homme qui n'a pas été touché par ce sacerdoce particulier du théâtre, c'est alors un accident pour le théâtre et très souvent une catastrophe pour l'art dramatique.

Après la mise en scène, après la direction du Théâtre 100 Masques, que me restera-t-il? Bon. Une autre question: doit-il y avoir nécessairement un après? Je retourne lire. C'est plus simple.


Au théâtre, cette semaine! (du 16 au 22 mai 2010)


À ma connaissance, il n'y a aucune date théâtrale pour la semaine à venir... Il en faut de ces périodes d'accalmie pour préparer la haute saison qui approche à grands pas. Ce n'est donc que partie remise!

samedi 15 mai 2010

Mise en garde kantorienne


À chaque fois que je me commets sur plusieurs créations successives, vient toujours le moment où je me questionne sur l'intérêt de mon propre travail: qu'est-ce qui en marque l'originalité? qu'est-ce qui le démarque? suis-je encore en véritable recherche ou si suis-je devenu un cuisinier maîtrisant une technique, appliquant une recette déjà connue?

L'évolution de l'artiste, si importante pour qu'il puisse garder sa vitalité, n'est pas un perfectionnement de la forme. Le perfectionnement, si apprécié et adoré par l'opinion conventionnelle, devient, avec le temps, une apparence de création et un moyen qui apporte l'approbation, l'acceptation,
et à l'artiste lui-même
un abri

une paix paresseuse

mais aussi le prestige.

L'évolution est une adaptation constante de l'artiste à son époque, jusqu'à la fin de ses forces intellectuelles (hélas!)
Tadeusz Kantor, Théâtre de la mort

Mon travaille ne me stimule pas comme il le devrait.

vendredi 14 mai 2010

À tous ceux qui se posent la question...

Non. Le Conseil des Arts de Saguenay n'a toujours pas donné de réponse (du moins, autrement que verbalement) et, par conséquent, non il n'a pas attribué de montant à qui que ce soit (ces montants qui ne sont pas une dépense, mais un investissement).

Le retard (sur lequel le CAS n'a manifestement plus d'emprise!) se compte maintenant en mois.

Le milieu culturel de la Capitale Culturelle (quel était déjà le budget alloué à ce titre honorifique?) commence à suffoquer - quel paradoxe! - et certains organismes (dont le Théâtre 100 Masques) commencent à souffrir dangereusement de cette situation.

Les coffres sont vides. Les marges de crédit sont pleines. Les paiements sont retardés. La fatigue s'installe. Le billet précédent donne-t-il une piste de réponse possible? Rendu à ce point...
_____________________________________

AJOUT DE DERNIÈRE MINUTE: Nous venons de recevoir un memo du CAS annonçant que les chèques sont signés et qu'ils partent par la poste et, qu'enfin, nous les recevrons... la semaine prochaine. La semaine prochaine...



jeudi 13 mai 2010

Menaces à peine voilée...!!!

Petit truc trouvé sur Facebook... tiré de l'édition du 12 mai (mercredi) du Quotidien...

Théâtre À Bout Portant récompensé!


Le Théâtre À Bout Portant (et par le fait même, Vicky Côté!) s'est vu décerner, à la suite de son passage à la dernière édition de Vue sur la Relève en avril dernier, le prix du Cirque du Soleil, pour sa production Rage. Un prix bien mérité!

mercredi 12 mai 2010

Qu'un mot sur la prochaine consultation publique à propos de la nouvelle salle...


OUTRÉ

et pendant ce temps, il semble bien que l'on fasse payer le milieu culturel de ses prises de position pourtant justifiées et justifiables... Si ce n'est pas le cas, le résultat demeure.

mardi 11 mai 2010

La question...


Lequel des deux projets suivants doit être réalisé par le Conseil municipal?
* Rénovation de l'Auditorium Dufour au coût de 10,5 millions de dollars?
* Construction d'une nouvelle salle sur la zone ferroviaire au coût de 40 millions de dollars?

Telle est la question qui sera posée lors de la consultation du 6 avril prochain. Un peu plus et le bulletin remis au citoyen d'abord sera déjà marqué d'un «X» pour faciliter encore plus le choix nécessaire aux yeux de l'administration municipale.

Et le malaise se poursuit...

lundi 10 mai 2010

L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]

Bon. Il est toujours un peu étrange de voir des photos d'une production en répétition alors que les comédiens (dans ce cas-ci, des comédiennes!) revêtent des costumes de travail, essaient des bases de vêtements, valident les choix. Qu'importe! En voici une première de L'Assemblée des femmes:

Sur la photo: Marilyne Renaud, Marie-Ève Gravel, Marie Noëlle Lapointe,
Valérie Tremblay, Émilie Gilbert-Gagnon.

Présentement, l'esthétique des costumes est encore mouvante. D'une part, nous (Émilie Gilbert-Gagnon et moi) travaillons à partir de vêtements contemporains - vêtements qui donnent une impression de secrétarisation des interprètes - auxquels on superpose des éléments d'un autre âge. L'effet est convaincant... enfin, ça l'est dans l'idée. Trouver le ton juste...

dimanche 9 mai 2010

L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]

L'une des choses qui m'a fait choisir L'Assemblée des femmes d'Aristophane comme prochaine production estivale est tout le discours politique qui s'y cache (peu subtilement, en fait!)... et qui près de 2500 ans plus tard trouve une résonance quasi parfaite dans le contexte actuel!

Le combat entre l'individualisme et le bien de l'état. Le combat entre la soumission aux lois et l'intérêt particulier. Le combat entre l'intégrité et le cynisme. Ça ne rappelle rien?

Voici quelques lignes tirées du discours (sorties de leur contexte comique) de Praxagora (Erika Brisson), le personnage principal de cette pièce qui pourrait fort bien sortir textuellement de la bouche d'une autre femme célèbre, Pauline Marois:

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Citoyens ! Ma patrie m'est chère autant qu'à vous, mais je souffre et je m’indigne de tous les désordres qui s’y commettent ! Je vois qu’en fait de chefs, elle choisit successivement ce qu’il y a de plus mauvais; s’il en est un qui soit honnête durant une seule journée, il est mauvais les dix jours suivants. S’est-on tourner vers un autre? Il fera encore plus de dégâts! Il est difficile de corriger votre humeur chagrine; vous redoutez ceux qui vous aiment, et vous vous prosternez aux pieds de ceux qui vous trahissent. Il fut un temps où nous n'avions pas d'assemblées; alors nous pensions tous qu'Agyrrhius était un malhonnête homme; maintenant qu'elles sont instituées, celui qui y reçoit de l'argent pense que tout est pour le mieux, mais celui qui n'en reçoit pas, déclare digne de mort quiconque vend son suffrage. Citoyens, c'est vous qui êtes cause de tout le mal. Trafiquant des affaires publiques, chacun considère le gain particulier qu’il en tirera; aussi l'État s'en va boitant comme un vieillard. Mais écoutez-moi, et vous serez sauvés une fois de plus. C'est aux femmes, je le déclare, qu'il faut remettre la direction des affaires; car ce sont elles qui administrent et règlent nos ménages. C’est aux femmes qu’il faut se fier! C’est aux femmes qu’appartient l’avenir!