mercredi 21 juillet 2010

Le déclin des grands spectacles ou quand les plus petits se plaignent des plus gros


La nouvelle est tombée hier soir et a continué tout le jour à faire la manchette: la Corporation des Légendes Fantastiques a affirmé qu'elle mettait un terme (prématuré) à son grand spectacle, AO, afin de contrer un important déficit annoncé.

De partout dans la province, les grands spectacles tirent la sonnette d'alarme: sans financement des gouvernements, AO ne sera que le premier tombé dans une hécatombe prévisible. La cause selon eux (et selon les gestionnaire du Palais Municipal de La Baie, et, par extension, des Aventures d'un Flo)? Toutes ces grandes organisations qui peuvent désormais offrir à la population des spectacles gratuits...

Ces plaintes du «on donne plus à eux qu'à nous» ressemblent, quand on y repense bien, aux mêmes récriminations qu'ont les petits organismes devant ces mêmes produits d'appels (en danger) qui drainent pourtant les enveloppes budgétaires culturelles des administrations municipales. À chacun ses maux, serait-on tenté de répondre... et il y en aura toujours de plus grand que soi qui portera ombrage!

Peut-être, pourtant, ces grands spectacles se sont-ils eux-mêmes pris au piège... Surabondance du concept (qui en perd malheureusement son originalité et son pouvoir d'attraction), augmentation exorbitante des prix d'entrées, surexploitation des filons qui perd en qualité ce qu'elle gagne en grosseur, perte de sens...

Oui, la sonnette d'alarme retentit et oui, il serait malheureux de perdre ces œuvres majeures... mais cet effort des gouvernements qu'ils demandent peut-il être envisageable sans qu'à côté, on écrase ce qui tente de survivre?

L'Assemblée des femmes... ou ce qu'on en dit

Voici, en lien, un commentaire d'un spectateur (et fidèle blogueur) qu'il a publié sur son propre espace, Jack aime/Jack n'aime pas et qu'il intitule Les femmes qui jouent les hommes.
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Voici encore, en lien, le commentaire d'une autre spectatrice (et non moins fidèle blogueuse) qu'elle a publié sur son propre espace, Spécial du jour et qu'elle intitule Femmes au pouvoir.

Supplémentaires!


Devant le succès remporté par l'édition actuelle, on annonce une semaine de supplémentaires pour le Cabaret À tour d'rôles, qui outre les représentations de cette semaine (de mercredi à samedi), sera également présenté la semaine prochaine, les mêmes jours, à 20h30, au Côté-Cour de Jonquière!

À tous ceux qui n'ont pas encore fait acte de présence, on vous y attend!!!

mardi 20 juillet 2010

Mise en garde meyerholdienne...


Pour terminer en beauté cette année théâtrale (enfin... d'ici quelques jours!) et aussi pour tourner la page sur quelques controverses, quoi de mieux qu'une nouvelle plongée dans l'oeuvre de Meyerhold (et ce n'est qu'un début... car quel plaisir que de posséder les quatre tomes de ses écrits!) pour se retrouver, se rassurer, se consoler, se consolider? Rien.

Le plus dangereux pour le théâtre, c'est de servir les goûts bourgeois de la foule. Il ne faut pas prêter l'oreille à sa voix, sous peine de tomber du sommet dans l'abîme. Le théâtre est grand lorsqu'il fait monter la foule à lui ou, s'il ne la fait pas monter, alors au moins l'attire vers les hauteurs. Si on écoute la voix de la foule bourgeoise, on peut très facilement dégringoler. Le désir des hauteurs n'a de raison d'être que s'il est sans compromis. Il faut se battre, coûte que coûte. En avant, en avant, toujours en avant! Tant pis s'il y a des erreurs, tant pis si tout est extraordinaire, criard, passionné jusqu'à l'horreur, désespéré au point de choquer, de faire peur, tout sera mieux qu'une médiocrité dorée. Il ne faut jamais transiger, mais toujours innover, jouer de feux multicolores, nouveaux, jamais vus. Ces feux aveuglent d'abord, mais il se mettent à flamber en vif brasiers et ils nous habituent à leur lumière. De la même façon un homme resté longtemps dans une chambre obscure s'habitue à distinguer les formes.

C'est rigoureux...

lundi 19 juillet 2010

De l'aisance et de la vivacité...


Vient de se terminer la seconde série de représentations de L'Assemblée des femmes présentée par le Théâtre 100 Masques.

La représentation d'hier soir était somme toute assez bien. Les comédiennes performent, les divers éléments scéniques et la mise en scène forment un tout cohérent.

Et pourtant...

Cette représentation m'a semblé longue... alors que d'habitude, je regarde ce spectacle avec beaucoup de plaisir. Non. Quelque chose cloche; quelque chose m'agace.

Après avoir analysé en tout sens ce que je venais de voir, j'en suis venu à cette conclusion: il existe un écueil inhérent à cette mise en scène (et à toutes les autres que j'ai faites) et, hier soir, les comédiennes n'ont su, pour l'oeil aguerri, l'éviter.

Le travail d'interprétation et de mise en place de L'Assemblée des femmes est construit sur trois choses principalement: le rythme, la précision et un perpétuel jeu mécanique d'actions-réactions. Et c'est notamment sur ce dernier élément qu'à mon avis la représentation a achoppé.

Ce principe d'actions-réactions (principe physique et non pas émotif) pourrait être défini comme étant une mise en place constante de tensions, de dualités corporelles entre deux personnages, de contrastes qui se répondent en tout temps et qui se nourrissent l'un de l'autre.

Celles-ci, les actions-réactions, doivent être portées par une vivacité sans failles... car vu leur nombre, leur succession peut sembler alourdir la représentation. Paradoxalement, plus les comédiennes acquièrent de l'aisance en scène, plus ces actions-réactions perdent en spontanéité, deviennent une routine... une mécanique qui, en quelques sortes, perd de son essence, se vide de son sens.

Ce qui doit être un générateur de théâtralité, un stimulant pour le jeu - tant pour la comédienne que pour le spectateur - devient une chorégraphie bien exécutée mais sans rayonnement. Pour que cela marche, il faut que les comédiennes, pouvant maintenant, avec l'expérience, oublier un peu la mise en place et les indications, puissent rester dans un état de jeu propice à l'écoute qui peut (que dis-je! qui doit!), par la suite, augmenter leur vivacité.

Bref, l'aisance du comédien (de la comédienne dans ce cas-ci) peut, si elle n'est contrôlée et limitée (sans auto-limitation, pas de maîtrise dit Meyerhold!), devenir son pire ennemi.


dimanche 18 juillet 2010

Au théâtre, cette semaine! (du 18 au 24 juillet 2010)

L'été suit son cours et déjà cette semaine, deux productions s'apprêtent à fermer les livres! Il faut donc bien regarder les dates et les jours de présentation pour ne rien manquer!

Ce soir - 18 juillet 2010
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h

L'Assemblée des femmes (voir plus loin pour plus de détails).

De dim. à merc. - du 18 au 21 juillet 2010
Hotel du Jardin (St-Félicien), 20h

Reprise des représentations de Belle Famille, une mise en scène de Christian Ouellet (avec, entres autres, Pierre Tremblay et Anne Verreault). Toe, un tueur à gage sans envergure a pour mission de liquider Marie-Chantal Comeau, l'ancienne maîtresse d'un célèbre parrain de la mafia. Une fois rendu chez elle, Toe découvre qu'elle a pris la poudre d'escampette. La situation se complique quand il fait la connaissance de Denise et de Valérie (la mère et la soeur de Marie-Chantale) qui ignorent tout des activités illicites de Marie-Chantale et prennent Toe pour son amoureux.

Mardi et merc. - les 13 et 14 juillet 2010
Pulperie (Chicoutimi), 20h

Reprise des représentaitons de Mamie Fly, le nouveau théâtre d'été de la Pulperie, toujours écrit et mis en scène par Jimmy Doucet, avec, entres autres, Émilie Gilbert-Gagnon et Isabelle Boivin.

Merc., ven. et sam. - 21, 23 et 24 juillet 2010
Palais Municipal (La Baie), 19h30

Reprise des représentations de Les aventures d'un Flo. Pour plus de détails sur le calendrier (beaucoup moins garni que par le passé) et sur les nouveaux accommodement (prix baissés, nouveaux forfaits, spectacle moins long et moins «artistique»!), visiter le site de l'institution ().


De merc. à sam. - du
21 au 24 juillet 2010
Côté-Cour (Jonquière), 20h30

Le Collectif À Tour d'Rôle (Maud, Guylaine, Vicky et Michel) présente la seconde année de son cabaret burlesque À tour d'rôles. Dernière série! Réservez!!!


De jeu. à dim. - du 22 au 25 juillet 2010

Salle Murdock (Chicoutimi), 20h

Dernière série de représentations, au Théâtre 100 Masques, de L'Assemblée des femmes d'Aristophane dans une mise en scène de Dario Larouche (oups, c'est moi!). Pour plus de détails, voir les nombreux billets portant sur le sujet en cliquant, dans la colonne de gauche, sous l'onglet Libellés, sur L'Assemblée des femmes. Réservez!!!
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Il reste toujours:


Jours? - du 25 juin au 22 août 2010
Dam-en-terre (Alma), 20h (?)

Poursuite de la saison estivale à la Dam-en-terre avec la présentation de Dentelle et Diesel : Un chalet rustique près d'un lac. Une carriériste contrôleuse et un avocat anxieux attendant leur premier enfant. L'arrivée d'un beau-père provocateur et d'une ex-blonde un peu trop sexy voulant récupérer son homme. Un tourbillon de rebondissments qui bouscule les valeurs! C'est dans cette pièce que jouent Réjean Vallée, Valérie Laroche et Patrick Ouellet qui ont tous joué pour les Têtes Heureuses.

samedi 17 juillet 2010

À tour d'rôle... seconde saison

Papier paru la semaine dernière dans le Quotidien.
Cliquer sur l'image la fait agrandir.

Pour la seconde saison estivale (voici, en lien, un billet écrit l'an dernier mais que je pourrais republier aujourd'hui et donc qui complètera en quelques sortes ces quelques mots!), le Collectif À tour d'rôle - soit les Guylaine Rivard, Vicky Côté, Maud Côté et Michel Otis - et le Côté-Cour de Jonquière présentent le Cabaret burlesque À tour d'rôle.

Au cours de la représentation s'enchaînent divers numéros entrecoupés de musique. Plusieurs de ceux-ci sont, à peu de chose près, de la première mouture... Les changements semblent assez mineurs... mais le spectacle semble gagner en maturité et en précision.

Des sketchs encore drôles et efficaces donnant toute la place aux trois comédiennes qui s'éclatent! Celles-ci manient le burlesque avec un plaisir évident et le public en redemande. Encore cette année, le numéro des Belles-Soeurs fait mouche, de même que celui des trois mascottes qui dansent la claquette en début de spectacle. Il faut aussi, encore une fois, souligner le travail général de Vicky Côté, sa polyvalence et sa rigueur.

Un divertissement bien agréable.

vendredi 16 juillet 2010

Fin des camps

C'est terminé pour 2010.

Ce soir avait lieu la seconde présentation de ces camps 2010... Une activité qui complète une semaine fort chargée pour ces deux groupes d'enfants qui ont, comme commande, de préparer un petit spectacle d'une demie-heure!

Quelle fierté, tout de même, que de voir ces petits poux et petites pouses monter sur les planches devant une salle pleine à craquer, tenir des personnages et des intrigues et susciter les rires et s'en nourrir!

Il y a de magnifiques talents parmi ceux-ci!

Et maintenant, repos!!!

jeudi 15 juillet 2010

Critique de «L'Assemblée des femmes»

Marilyne Renaud, Valérie Tremblay, Marie Noelle Lapointe et Erika Brisson
Photographie: Alexandre Nadeau

Article paru ce matin dans le Quotidien, sous la plume de Roger Blackburn (présent à la première), en page 25 avec, pour titre:

«L'Assemblée des femmes» du Théâtre 100 Masques -
Un bijou de création, grivois et hilarant.

La pièce de théâtre d'été «L'Assemblée des femmes», présentée par le Théâtre 100 Masques à la salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi est une création pour les adultes. Laissez vos jeunes de moins de 16 ans à la maison, mais ne ratez pas ce bijou de création, vous allez adorer.

Le propos est verbeux, les textes sont crus et grivois, la mise en scène est vulgaire, les comédiennes un peu salopes, les costumes (une réalisation d'Émilie G.-Gagnon) des femmes sont bruns et tous semblables alors que ceux des femmes déguisées en homme sont obscènes et hilarants. Le metteur en scène Dario Larouche a fait du texte d'Aristophane, écrit 390 ans avant Jésus-Christ, un exposé moderne avec des comédiennes excellentes.

L'action se déroule en Grèce il y a 2400 ans alors que la ville d'Athènes vit des difficultés économiques et de gouvernance. Les femmes s'emparent du pouvoir par manigance et dirigent la cité à leur façon. Tous les biens sont mis en commun, les épouses privent leur conjoint de relations sexuelles pour les asservir et les faire obéir à leurs moindres désirs et obligent les jeunes hommes à faire l'amour avec une vieille laide avant de copuler avec une belle jeune fille.

Les sept comédiennes qui occupent la scène jouent leur rôle de façon magistrale, tant sur le plan individuel que collectivement lorsque les scènes les rassemblent sur les planches. La vie quotidienne, sous la gouverne des femmes, tourne rapidement au ridicule, les situations sont grotesques et absurdes. On s'attache aux 17 personnages qui apparaissent sur scène. Les hommes, personnifiés par les femmes, se présentent dans le décor avec un immense pénis rose en tissu qui pend entre leurs jambes. Ils s'amusent avec cet objet sexuel qu'ils manipulent constamment en lui faisant des noeuds, en le dirigeant vers leur convoitise, en l'embrassant et bien d'autres mouvements qui finissent par faire sauter les épaules des spectateurs.

Étant donné que les hommes doivent satisfaire une vieille laide avant de s'offrir une jeune, selon les nouvelles lois adoptés par les femmes, cette réglementation donne lieu à des moments hilarants. La saynète érotique, pour ne pas dire pornographique, de la femme qui fait languir son mari qui meurt d'envie de lui faire l'amour est incroyablement drôle.

La pièce, d'une durée de 90 minutes comprend neuf tableaux et met en vedette Erika Brisson dans le rôle principal de Praxagora, Mélanie Potvin, Émilie Gilbert-Gagnon, Marie-Ève Gravel, Marie Noëlle Lapointe, Marilyne Renaud et Valérie Tremblay.

mercredi 14 juillet 2010

Tribulations du 100 Masques

Pour des raisons pratico-pratiques (et personnelles, et professionnelles, et familiales, etc.), il me faut, d'ici quelques jours (après nos activités estivales), revoir la composition de l'équipe de direction du Théâtre 100 Masques.

Dans les faits, Sarah Bernard prendra la direction conjointe (en collaboration avec Jessica B. Pinard) du Programme pédagogique adapté à une clientèle aînée qui sera lancé à la rentrée. Ce sera donc, en quelques sortes, une séparation à l'amiable.

Dans le bureau, donc, je me retrouverai seul quelques jours... voire quelques semaines... le temps de pouvoir créer un poste (sur subvention salariale... avec tentative de pérennisation par la suite). Déjà la ressource est ciblée. Le calendrier 2010-2011 s'annonce fort chargé et beaucoup de travail devra être abattu dans les mois à venir!

Mais avant, dernier coup... ménage... vacances!

mardi 13 juillet 2010

Jeunes auteurs


Au cours de la journée d'hier, le groupe des 11-14 ans (du second camp de théâtre thématique 2010 du Théâtre 100 Masques) a écrit (sous la supervision conjointe d'Anick Martel et de moi-même) les textes qui serviront la création de la représentation de vendredi.

Trois équipes, trois univers... ma foi, très éclaté et très cohérent!

Pour l'une des équipes, l'histoire rassemble 5 princesses en quête de liberté, avec des ambitions plus grandes que leur prison dorée. Une libération de la femme sur fond de conte enfantin, avec un langage châtié et une rhétorique vraiment riche.

Pour l'autre, du babysitting... Un jeune garçon, qui a subi l'influence de sa jeune soeur et qui se retrouve désormais démasculinisé, stupéfie son meilleur ami sous l'oeil vigilant de la gardienne.

Enfin, la dernière équipe réunit, lors d'un souper de mariage, quatre soeurs qui se disputent l'amour passé de Jonhy, le bellâtre... Jonhy par ci, Jonhy par là... jusqu'à ce qu'on se rende compte que le mariage est celui de leur mère avec celui-ci.

Bref, beaucoup d'humour et de talent... La matière est riche et se développera et se peaufinera avec l'apport des trois autres professionnels invités à travailler avec eux: Isabelle Boivin en tant que comédienne pour le développement des personnages; Pascal Picard pour la création esthétique - décors, costumes, accessoires; Alexandre Nadeau pour la lumière.

lundi 12 juillet 2010

L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]

Le bon et le mauvais citoyen
Marie Noëlle Lapointe et Émilie Gilbert-Gagnon
(Photographie: Alexandre Nadeau)

Expérience désagréable que la représentation d'hier soir...

Première rangée, quatre personnes... peut-être un peu surprises du ton du spectacle. Leurs rires (nerveux?) déchirent le silence profond de la salle... puis, vient le tour de leurs commentaires qui se font de plus en plus volubiles, s'emmêlant aux répliques des comédiennes.

Un spectateur excédé (après tout de même une heure de ce calvaire) se lève, s'avance auprès d'eux et les remet à leur place.

Silence abyssal. Puis, soudain, ces quatre spectateurs incommodants sortent de la salle et, dans les corridors, se plaignent de la vulgarité de ce spectacle et de son obscénité (surprise!).

Pendant ce temps...

Il faut tenter d'imaginer les comédiennes sur scènes avec ces êtres à quelques pieds seulement d'elles... Il faut tenter de comprendre leur indignation devant ce manque de respect alors qu'elles s'échinent à donner le meilleur d'elles... Il faut aussi imaginer leur furie devant ces comportements qui arrivent encore trop souvent.

Bref, la représentation d'hier n'était pas à marquer d'une pierre blanche!!!