lundi 25 avril 2011

Nouvelle acquisition


Ma dernière acquisition pour ma bibliothèque de chercheur est ce livre de Patrice Pavis, Vers une théorie de la pratique théâtrale - Voix et images de la scène. Il s'agit là de la 4ième édition parue en 2007 (les précédentes datant de 1982, 1985 et 2000).

En quatrième de couverture, le résumé donne cet aperçu (!):

Au cours des vingt dernières années, les études théâtrales se sont éloignées à la fois d'une étude littéraire des textes et d'une approche purement linguistique et sémiotique des spectacles. Elles se sont efforcées de suivre et de décrire la pratique de la scène en vue d'une meilleure connaissance du phénomène théâtral.

Cette étude rend compte de cette profonde mutation de la théorie, de la sémiologie et de la pratique de l'art dramatique, en analysant systématiquement texte, acteur, espace et réception. Sa matière est celle, éminemment instable, de la mise en scène contemporaine, son esprit celui d'une confrontation ludique entre l'austère étude du théâtre et sa plaisante pratique sur les scènes comme dans les ateliers.

Il va sans dire que dans les jours à venir, cet ouvrage risque fort d'être cité parce qu'après l'avoir feuilleté, déjà de nombreux passages sont marqués!

dimanche 24 avril 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Eh oui... ce n'est toujours pas fini bien que j'aie un peu mis de côté cette production depuis la première. Il reste encore une semaine. Les représentations se suivent mais ne se ressemblent pas. Je reste attentif à ce qui se passe (et il s'en passe des choses!) et je tente d'apporter soutien à toute l'équipe.

Bref, pour rattraper le temps perdu au cours des dernières semaines, voici quelques petits documents qui sont apparus. Tout d'abord, une entrevue faite à COGECO quelques minutes à peine après la fin de la première représentation, le 31 mars dernier:



Ensuite, voici quelques articles parus dans les journaux. Le premier paru le 31 mars dans le Voir, sous la plume de Joël Martel (Trio Mic-Mac), le second paru le 1er avril dans L'Étoile du Lac sous la plume (un peu faible pour le théâtre) de Daniel Migneault (Le Théâtre Mic Mac propose un bon divertissement) et enfin, pour les curieux, il y a aussi un article paru la semaine dernière dans le Progrès-Dimanche, malheureusement, je ne le retrouve pas en ligne. Voilà.

Changing room

Photographie: Yvan Doublet (Le Soleil)

Ai assisté, samedi soir dernier, au Périscope, à l'une des représentation de Changing Room, un docu-théâtre interactif sur l'univers des personnificateurs féminins piloté par Alexandre Fecteau (pour le collectif Nous sommes ici)... qui a fait, notamment, un bacc. interdisciplinaire en arts à l'UQAC il y a quelques années.

Changing Room c'est un cabaret où, pendant trois heures, cinq drag queens se partageront la scène et le catwalk dans des numéros enlevants et tordants: Shania Twain, Flashdance, Lady Gaga, Liza Minelli, Céline Dion et Dalida y apparaîtront, grotesques, tordues, revues et amplifiées dans des chorégraphies absurdes et d'une suave ironie sous les applaudissements frénétiques d'un public en délire.

Changing Room c'est aussi, en parallèle, une loge transformée en confessionnal cinématographique où les artistes se dévoileront, déposeront les perruques de Praline, Délice, Roxy, La Goglue et Jewel et troqueront les paillettes pour les confidences (parfois chargée de pathos!)... sans pourtant rien y perdre de leur flamboyance et de leur superbe. Des coups bas, des charges contre la société, des déclarations personnelles, des anecdotes et des aspirations. Ces personnificateurs personnifiés par les comédiens Frédérique Bradet, Anne-Marie Côté, Martin Perreault et Frédéric Dubois. Les échanges qui ponctuent ces moments sont tirés de véritables entrevues effectuées en amont, d'où le côté documentaire.

Changing Room c'est enfin de l'humour direct, sans retenue et sans tabou... un croisement entre la vulgarité et l'esprit, entre la caricature et la parodie, entre le bon et le mauvais goût.

Une soirée animée et surprenante. Pour les intéressés, il reste encore une série de représentations du 26 au 30 avril.

Au théâtre, cette semaine! (du 24 au 30 avril 2011)


En ce dimanche pascal, en cette semaine qui marque la fin de la session universitaire, voici quelques dates à retenir:

Jeudi à samedi - du 28 au 30 avril 2011
Salle Lionel-Villeneuve, 20h
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre Mic Mac donne les trois dernières représentations de La Visite, un texte de Michel-Marc Bouchard mis en scène par moi-même.

Jeudi - 28 avril 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq)., 20h

Le Théâtre La Rubrique reçoit La complainte de Dulcinée, une production de Dulcinée Langfelder & Cie (Montréal). Dans une ambiance oscillant entre le cabaret, le théâtre grec et la performance multimédia, Dulcinée Langfelder jette un regard critique (mais non sans humour) sur le parcours de l'humanité par le biais de son homonyme, Dulcinée du Toboso, la muse de Don Quichotte et " l'héroïne absente " du roman de Cervantès.

Vendredi - 29 avril 2011
Théâtre Le Palace (Arvida), 20h
ANNULÉ

Diffusion Saguenay devrait recevoir (je dis devrait parce que je ne retrouve rien sur ce spectacle sinon dans la programmation publiée en août dernier) La chambre des Jaques et Jack in a box, une production du Ballet Jazz de Montréal. La chambre des Jacques propose une forme de dialogue entre la chorégraphe et les danseurs. Sur un ton mi-lyrique, mi-désinvolte et à une cadence parfois à couper le souffle, cette oeuvre intimiste célèbre également la vie à travers sa riche trame sonore. Jack in a box aborde les limites extérieures du corps. Par sa structure et sa forme, l'oeuvre interroge cette fois la croissance, l'étiquette et le pouvoir du groupe en tant qu'ensemble collectif.

Si j'oublie des trucs, on pourra les rajouter dans les commentaires. Merci!

samedi 23 avril 2011

Une «Tempête» à l'UQAC

Image servant de base à l'affiche de la production

Encore une fois, cette année, l'UQAC (le Module des arts, à vrai dire) nous convie à assister à la production étudiante... lieu idéal pour entamer réflexions et questionnements sur la pratique actuelle. Cette année, au programme, rien de moins que La Tempête.

Jamais cette pièce de Shakespeare n'a mieux porter son titre (et le sens du titre) que dans cette version universitaire abordée sous l'angle de l'interdisciplinarité. Une véritable tempête de propositions - un brin anarchique -, une bourrasque de sens multiples, et des mots qui surgissent de partout comme tout autant grêlons qui tombent sur une terre froide et gelée.

Parce que oui, cette Tempête est costaude. Deux heures d'un réel engagement des étudiants (ils sont treize sous la direction de Jean-Paul Quéinnec) partis à l'assaut de ce monument de la littérature dramatique. Deux heures d'une preuve à chaque minute renouvelée qu'une relève se prépare rigoureusement. Deux heures où les Prospero, Cabestan, Miranda et autres acolytes fictionnels se débarrassent de leur chape baroque pour entrer de plein fouet dans la contemporanéité.

Dans cette production, ces personnages perdent leur unicité au profit d'une polyphonie, d'un de chœur éclaté où les voix s'emmêlent, se croisent, se superposent au gré d'une distribution mouvante telle une mer déchaînée. Quéinnec s'explique dans le programme: Cette dynamique du joueur-acteur me pousse à distribuer les rôles à la manière d'une ronde; un acteur pour plusieurs personnages, un personnage joué par différents acteurs. Ce n'est plus la traditionnelle «construction de son personnage» qui l'emporte mais la relation à tous les personnages. Un exercice exigeant pour les interprètes qui initient une parole et qui en attrapent une autre au vol... et qui revêtent non pas une ou quelques identités mais toutes celles-ci.

Évidemment, cette explosion des figures ne facilite pas, pour le spectateur (bousculé dans sa conception théâtrale toute simple), la compréhension du texte, de la fable, malgré l'attention porté au problème: Repérer cette relation nécessite des signes de passation à l'aide du texte (et sa mise en voix) et du costume. Ce dernier pour contribuer au mouvement de la ronde se doit d'être léger Alors, nous n'en conservons que le tissu. Chaque personnage est identifié à une couleur/texture de tissu. Si les mots, les répliques s'échangent bien et passent facilement de l'un à l'autre, il en va tout autrement du sens global qui lui, devient parfois fuyant. Et c'est, à mon avis, le premier écueil possible de ce travail.

Cette recherche d'ouverture de la parole se conjugue également à une relation à l'interdisciplinarité. Une relation qui prend beaucoup de place dans la représentation (notamment par la présence sur le plateau des nombreux techniciens): vidéo et projections, manipulation du son, objets, chorégraphie. Un dialogue qui cherche à s'installer et tisser des liens qui donnent de fort bons moments (comme par exemple, la présence constante de Prospero par le biais de la vidéo ou la ronde des tissus autour du plateau), des moments esthétiques (consolidés par l'apport d'Alexandre Nadeau, éclairagiste de son état qui possède son métier et l'étale avec finesse et sensibilité) bien que certains choix apparaissent parfois obscurs. Cette recherche d'interdisciplinarité (et c'est, à mon sens, le second écueil éventuel) peut, du coup, à quelques occasions, donner l'impression d'être superflue et autonome par rapport à l'objet théâtral. Peut-il vraiment y avoir un dialogue si l'une des parties se referme sur elle-même pour se lancer dans un monologue tautologique?

C'est sous cette emprise que l'espace scénique devient un immense terrain de jeu, vide et abstrait, si ce n'est de la présence de la scénographie aérienne de Chantale Boulianne composée de panneaux de voile flottants et de modules servant, au besoin, de tables de travail et de dispositifs de jeu... vide mais paradoxalement plein de sollicitations diverses. Et ces sollicitations viennent de partout: lumières, son, image, déplacement, jeu...

Tous vêtus de jeans et d'un haut gris, les acteurs, présents du début à la fin, s'astreignent à un jeu gestuel rigoureux, précis, soutenu par une parole-matière, plus proche de la forme textuelle et de sa sonorité que de la création du sens, une parole-matière proférée avec conviction où, comme affirme Valère Novarina dans Devant la parole, parler n'est pas communiquer. Parler n'est pas s'échanger et troquer des idées [...], parler c'est d'abord ouvrir la bouche et attaquer le monde avec, savoir mordre.

Une mise en scène et en espace (dont la mise à profit du Studio pour créer des effets d'apparition et de lointain) généralement juste et efficace. Une mise en scène et en espace qui guide plus qu'elle n'impose. Une mise en scène et en espace qui délaisse la théâtralité pure pour assumer une certaine performativité (et en ce sens, la fin de la représentation par la lecture du texte projeté sur le mur et ce, selon ce qu'il m'a semblé, de façon aléatoire, illustre bien cette dernière notion).

Voilà donc à quoi nous sommes conviés à l'UQAC. Un bon spectacle? Pour certains, assurément. Pour d'autres, une bonne et forte remise en question des acquis et des présupposés... et en ce sens ce théâtre reste utile. Il reste une représentation ce soir.
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Mise en scène: Jean-Paul Quéinnec | Assistance: Anick Martel et Élaine Juteau | Concepteurs: Alexandre Nadeau, Andrée-Anne Giguère, Pierre Tremblay-Thériault, Chantale Boulianne, Guillaume Thibert | Collaborateurs: Dany Desjardins, Dany Lefrançois, Hélène Bergeron | Comédiens: Simon Allard, Caroline Beaulieu, Julie Beaulieu, Patricia Boily, Cynthia Bouchard, Noémie Dorchies, Valérie Essiambre, Sébastien Ferlatte, Vincent Juneau-Martin, Priscilla McLeod, Anaïs Plasse, Julie Tremblay-Cloutier et Douglas Tavares Borges Leal.

vendredi 22 avril 2011

«Phèdre» en douze lignes...

Sarah Bernard est Phèdre.

Petite plongée dans la petite histoire anecdotique du théâtre... qui prouvent que même nos monuments littéraires ont eu, à leur époque, leur(s) détracteur(s). À preuve, voici comment Antoinette Deshouillières, contemporaine de Jean Racine, résumait en 1677 le chef-d'œuvre Phèdre dans un sonnet assassin:

Dans un fauteuil doré, Phèdre, tremblante et blême,
Dit des vers où d'abord personne n'entend rien;
Sa nourrice lui fait un sermon fort chrétien
Contre l'affreux dessein d'attenter à soi-même.

Hippolyte la hait presque autant qu'elle l'aime;
Rien ne change son coeur ni son chaste maintien:
La nourrice l'accuse, elle s'en punit bien:
Thésée a pour son fils une rigueur extrême.

Une grosse Aricie, au cuir rouge , aux crins blonds,
N'est là que pour montrer deux énormes tétons,
Que, malgré sa froideur, Hippolyte idolâtre.

Il meurt enfin, traîné par ses coursiers ingrats,
Et Phèdre, après avoir pris de la mort aux rats,
Vient, en ce confessant, mourir sur le théâtre.

jeudi 21 avril 2011

Un autre grand moment meyerholdien...en vidéo!



Pour faciliter la compréhension de ce vidéo (et en profiter au delà de voir de vieilles images...), voici quelques notes de visionnement:

- Il faut noter que jusqu'à 2:40, il s'agit là d'une captation faite autour de 1930 du spectacle phare Le Revizor de Gogol, mis en scène par Vsevolod Meyerhold. Cette production a marqué l'histoire du théâtre russe et mondial.

- Parmi les premiers acteurs que l'on voit, celui à lunettes est Eraste Garine, l'un des grands acteurs russes en ce début de XXième siècle. Après ce grand rôle de Klesthakov (un être retors qui se fait passer, suite à un quiproquo, pour celui qu'il n'est pas), il sera encore de nombreux spectacles de Meyerhold.

- À 0:20, une femme entre en scène. Il s'agit de Zinaïda Reich, l'épouse de Meyerhold. Il fera d'elle sa muse (quelque part au début des années 20) et elle sera de tous les spectacles jusqu'à la mort du premier. Elle mourra de façon tragique, poignardée de plusieurs coups de couteaux, quelques jours après que le metteur en scène soit arrêté, en 1939. Elle interprète là le rôle de l'épouse du Gouverneur, une femme charnelle offerte au plus offrant.

- À 0:34, une autre femme arrive, jouant la fille du Gouverneur, en constant duel avec sa mère (métaphore des frictions entre les deux comédiennes!). Il s'agit de Maria Babanova, la comédienne la mieux rompue au théâtre biomécanique meyerholdien. Malheureusement, elle quittera la troupe du Maître quelques mois plus tard, pour cause d'«espionnage».

- Entre 1:13 et 1:30 , voici une bien belle scène chorale.

- De 2:23 à 2:40, il s'agit, je crois, de la dernière scène du spectacle, la «scène muette».

- De 2:49 à 2:55, c'est Vsevolod Emillievitch Meyerhold lui-même.

- Entre 3:00 et 3:23, une succession de photos se suivent. Si je ne m'abuse, ce sont des photographies de La Punaise de Maïakovski. Un spectacle qui met en vedette un homme projeté dans le futur qui sera, au final, aidé par une femme phosporescente. Rien de moins. La suite du vidéo m'amène dans un univers qui m'est un peu moins familier...

- À compter de 4:10 (jusqu'à 5:06), viennent des images du Théâtre National Meyerhold en rénovation (et en maquettes!) pour devenir LE lieu théâtral par excellence pour le théâtre du furur, tel que Meyerhold l'a conçu... mais qu'il ne verra pas de son vivant.

- Jusqu'à 8:06 je ne saisis pas trop ce dont il est question (et le mort, qui c'est? Maïakovski?). Peut-être devrais-je apprendre le russe. Toutefois, à partir de là, on revient avec des images de spectacles de Meyerhold. Mais il me faudrait faire quelques recherches pour savoir lesquels.

Voilà. Un bon début anecdotique pour quiconque veut s'intéresser à la chose meyerholdienne!

mercredi 20 avril 2011

De la biomécanique... encore!

La biomécanique est basée sur une solide connaissance du corps... et c'est la raison pour laquelle elle est si intéressante. Petit détour par L'Acteur au XXième siècle d'Odette Aslan, p.168-169:

Acquérant des réflexes vifs [..., les interprètes] peuvent réaliser sans peine les actions les plus rudes (ramasser un partenaire étendu à terre, le jeter sur son épaule, le porter, le faire retomber; le saisir à la gorge; le recevoir sur sa poitrine). Conscients de leurs mécanismes corporels, ils savent décomposer, calculer et coordonner leurs mouvements, se vérifier dans leurs corps, s'éprouver, dépasser la peur. Coups de poignard, chute, tir à l'arc, maniement d'un bâton, jonglage... Ils calculent dans le calme leurs trajets et leurs efforts; ils ont acquis une justesse du coup d'oeil, ils se «voient» dans l'espace [...], leurs regards ponctuent leurs gestes. Ils opèrent des mouvements à contresens ou en opposition, déplacent leur centre de gravité et perturbent leur équilibre, ils agissent, réagissent et freinent, ralentissent, transforment le mouvement en danse, jouent sur les rythmes.

Voilà une belle description de cet façon d'aborder le jeu par la conscience de soi et de ses capacités (en lieu et place de la psychologie). Une description qui fait envie et qui redonne envie d'explorer concrètement ce type d'entraînement (parce que c'en est un!). Comment pourrait-on faire passer ces principes du corps à la voix?



Encore quelques principes tirés du même ouvrage pré-cité:

5. Chaque mouvement est composé de trois moments: intention, équilibre, exécution.

18. L'acteur est à la fois le matériaux et l'organisateur; [... il] est à chaque instant compositeur.

24. Le déplacement biomécanique de l'acteur sur l'aire scénique est une demi-course, une demi-marche, toujours sur des ressorts.

32. La biomécanique ne supporte rien de fortuit.

44. Le principe de la biomécanique: le corps est une machine, celui qui travaille est un machiniste.

Enfin, le dernier principe mais non le moindre: L'équilibre physique entraîne un bon équilibre psychique et le travail se fait dans la joie, en allant de l'extérieur vers l'intérieur. À partir d'un mouvement juste un sentiment juste est excité - la posture produit également une intonation vraie - mais sans souci de favoriser le «revivre».


mardi 19 avril 2011

De l'évolution d'un spectacle

J'aurais dû titrer ce billet Comment un spectacle doit-il évoluer selon moi... et il fait référence à tous ces spectacles qui se passent sans le regard constant du metteur en scène qui peut rattacher ensemble les propositions, revoir le rythme, marquer les forces et les faiblesses durant les représentations, bref, continuer la création. Lors de son absence, que se passe-t-il? Oui, le spectacle demeure en évolution.

Ce faisant je pose cependant un bémol sur cette dite évolution (bémol construit par l'expérience...) Évolution ne signifie pas nécessairement qu'il faille que les comédiens recherchent constamment à renouveler le jeu, qu'ils ont une entière liberté dans leurs actions artistiques en scène, qu'ils peuvent faire ce qu'ils ressentent et surtout, comme ils le ressentent, au gré des commentaires qu'ils ont reçu, des rires qu'ils ont suscités. Il leur faut, au contraire, peaufiner leur jeu, acquérir une aisance, une virtuosité... mais dans un ensemble établi en répétition. Il leur faut, enfin, une rigueur exacerbée, une conscience de ce qu'ils font (et, j'ajouterais même, un respect pour tous les artisans du spectacle) qui les empêchera de faire s'éloigner leur interprétation des objectifs artistiques du départ. Il y a une mise en scène qui encadre. Il y a des indications qui règlent le jeu...Un spectacle, c'est fragile... et c'est à eux de veiller sur son intégrité.

Voilà donc comment je crois que ça doit se passer. Il y a là une sérieuse lumière d'avertissement. Une lumière qu'on devrait faire flasher dans n'importe laquelle production où le metteur en scène n'est pas là en permanence pour garder les cordons des représentations.


lundi 18 avril 2011

Devant la parole...


Depuis quelques semaines, je suis à la recherche d'un nouveau rapport au texte, d'une nouvelle façon de l'aborder en tant qu'interprètes (terme générique qui regroupent, à mon sens, metteurs en scène, acteurs et concepteurs) à partir, essentiellement, de deux grandes questions: quel est le rôle du texte? quelle est le rôle de la parole?

Dans cette quête toujours un peu plus inaccessible se retrouve, sur mon chemin, une série de réponses plus philosophiques les unes que les autres...

Dans cette même veine, voici un petit extrait (en p.20) d'un ouvrage de Valère Novarina, Devant la parole, qui édifie -bien métaphoriquement!- la fonction du langage, de la parole, et donc, par extension théâtrale, du texte à la scène.

La parole se souvient, annonce et transmet; elle nous traverse et passe par nous sans qu'on sache. Les mots ne sont pas des objets manipulables, des cubes agençables à empiler, mais des trajets, des souffles, des croisements d'apparences, des directives, des champs d'absence, des cavernes et un théâtre de renversement: ils contredisent, il chutent. La langue ne saisit rien, elle appelle - non pour faire venir mais pour jeter de l'éloignement et que vibre de la distance entre tout; elle prend sans prendre, éloigne-rapproche; elle maintient loin et touche. Il y a une dynamique verbale, une physique-antiphysique, un drame géologique de la parole. Le langage est une terre, un sol: ici sont des ondulations, là des traces, des failles; ici des soulèvements, des entrailles, des plis; là des effondrements, des gouffres; ici des poussées. La langue est une matière innommable, invisible et très concrète, sédimentée. Elle bat, elle ondule, va et vient. On est dedans comme dans le théâtre de la matière universelle.

Quel beau programme.




Reconnaissance


Une proposition de Roger Blackburn dans l'édition d'hier du Progrès-Dimanche me semble faire sens: rebaptiser le Théâtre du Palais Municipal à LaBaie en Théâtre Ghislain Bouchard, du nom de l'auteur et créateur des grands spectacles... dont La Fabuleuse qui refera une entrée en scène cet été.

Une reconnaissance importante et méritée... et qui si un endroit théâtral doit porter son nom, que ce soit celui-là.

dimanche 17 avril 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 17 au 23 avril 2011)


Comme pour l'image ci-dessus, faisons un tour dans l'arrière scène du calendrier théâtral pour voir ce qui animera cette semaine sainte entre le dimanche des rameaux (aujourd'hui) et Pâques (dimanche prochain).

De jeudi à samedi - du 21 au 23 avril 2011
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h
AVANT-DERNIÈRE SEMAINE

Le Théâtre Mic Mac présente La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir, une pièce de Michel-Marc Bouchard mise en scène par moi-même. Comment mettre à l'abri un bonheur conjugal de l'invasion des parents, des amis et des relations? Comment éviter l'ouverture d'une porte ne provoque un flot de personnages de tout acabit qui vous trouvent si «accueillant» et finissent par vous exploiter?

De jeudi à samedi - du 21 au 23 avril 2011
Petit Théâtre (UQAC), h?

Les étudiants du BIA en théâtre présentent, sous la direction de Jean-Paul Quéinnec, La Tempête du grand Will Shakespeare. (Il y aura plus de détails dans les jours à venir.)

C'est tout... sinon la religion catholique qui se mettra en scène tout au cours des jours à venir...