lundi 25 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]

Photographie prise hier soir, par notre régisseure Marie-Ève Morissette,
quelques minutes avant le début de la représentation
En arrière, de gauche à droite: Louison Renaud, Erika Brisson et Mélanie Potvin
En avant, idem: moi-même, Patrick Simard et Sébastien Bouchard

Après avoir écrit en long et en large sur cette production, après avoir mis un terme à celle-ci et après avoir publié le Panégyrique un plus tôt dans la journée, voici deux billets qui ont été écrits sur L'Affaire de la rue Lourcine par deux spectateurs professionnels:

Un Labiche gonflé aux 100 Masques
(Spécial du jour)

Gros rires
(Jack aime/Jack n'aime pas)

S'il y en a d'autres, je les incluerai à cette petite liste.

Le «Panégyrique des donateurs 2011»


Voici le Panégyrique des donateurs 2011 (devenu une tradition qui nous fait nous casser la tête année après année!) qui fut récité en début de chaque représentation pour remercier les commanditaires (qui seront 114!) de la production estivale. Le thème de cette année: les superstitions et les traditions!

Le texte qui suit est un collage de définitions, de vieux textes trouvés dans de vieux bouquins, sur internet... De la réécriture, de l'ajustement, de la dérive lexicale pour en arriver à mes fins!

Le théâtre… Lieu de croyances et de superstitions…

En quelques minutes, nous essaierons de creuser le sujet tout comme le feraient Excavation Vallée, l’Entreprise Daniel Villeneuve inc. et Rosaire Bouchard & fils.

Derrière ces portes barrées (une œuvre possiblement concertée d’ISO Cadres, des Portes et fenêtre LGC et du Serrurrier YC Fillion)… derrière ces portes baréées, donc, brille une lumière toute nue, la ghost light qui, dans notre cas, ne vient pas de chez Luminaires experts… La tradition veut, qu’une scène complètement vide laissée dans un noir d’Encreco peut être prise d’assaut par un fantôme qui viendra y revivre des moments glorieux comme sa chevauchée fantastique sur une chèvre de la Bergerie du Fjord dans l’immensité du Parc National des Mont-Valin. Pour éviter cela, à défaut d’avoir un système électronique de chez SPI sécurité, quand tous les comédiens quittent le plateau – qui en vélo de chez Cycle de Vinci, qui en Mercedes-Benz, qui dans un véhicule de chez PACO, d’Automobiles Jacques Bouchard ou plus réalistement selon ce que l’on connaît des artistes de chez nous, enfourchant une simple Pièces d’auto PL ou un unique Pneu R.Guay - , quand tous les comédiens quittent le plateau, on allume au centre une lumière jusqu’au retour de ceux-ci...

Le théâtre… Lieu de porte-bonheurs et de routines…

Soir après soir, comme s’ils sortaient des photocopieurs des Pros de la copie, de chez MégaBuro ou d’ICLT, les comédiens reprennent leur préparation de la même façon, suivant en cela un genre de rituel immuable. Dans le calme et la volupté... ils s’étirent, émules de Mégaforme et d’Alexandre Martel Entraîneur privé… et ils chérissent des portes-bonheur parfois surprenant… comme celui qui portait, en ses poches, un écrou de chez Spécialité YG Monsieur Boulon. Ils sont bien loin des angoisses et des tracas quotidiens… laissés aux bons soins de Boivin, Darveau, Boily comptables agréés, de Mona Lessard, conseillère en finances, de Desjardins Centre financier aux entreprises, de Marc Beaulieu, notaire, d’André Lessard, notaire, de Gagnon Tremblay Girardin avocats… de Gauthier Bédard avocats et aussi et surtout du politicien Sylvain Gaudreault à titre personnel!

Pour préserver cette confiance que les acteurs se construisent solidement, inspirés par Béton régional et Luc Fortin architecte, il convient de ne pas leur offrir d’œillets... même s’ils viennent des Serres Louise Turcotte. Cela peut s’expliquer par une coutume qui remonte au dix-neuvième siècle, alors que ceux-ci étaient engagés à l’année... tout comme les employés de chez Distribution DDM, Lumen, Nedco, Wesco, Westburne, Concept Trebo 3000 et de chez GTRL 1990 inc. Quand le directeur du théâtre voulait signifier à une actrice qu’il renouvelait son contrat, au lieu de l’annoncer par un panneau de Signarama Saguenay ou des Enseignes Néon Otis, il lui faisait livrer par Transcol ou par Transport Caron des roses, tandis que s’il lui envoyait des œillets par Urgence Courrier Colis Cargo, son engagement prenait fin… dès lors, les couteaux de l'Atelier d’affûtage du Saguenay volaient bas. C’est pourquoi «hors les œillets»!

Le théâtre… Lieu de folklore et d’interdits.

Les Anglo-saxons, dont on retrouve un écho dans les nom Franklin Empire et Ackland Grainder inc, pensent qu’à proximité ou dans les murs d’un théâtre... - à ne pas confondre ici avec les Immeubles Murdock, la Fonderie du Saguenay, Le Montagnais ou l’Hôtel du Fjord … en fait, Gilles Parrot et Céline Bouffard courtiers en immobilier et les Services Immobilier Saguenay pourront vous aider à différencier les uns des autres -… à proximité d’un théâtre, il ne faut pas prononcer le titre de la pièce Macbeth de Shakespeare (qu’on ne retrouve malheureusement pas aux Éditions JCL mais en quantité suffisante au Cégep de Jonquière et plus encore à son Département des Arts et des Lettres.). On la désigne par diverses périphrases telle « la pièce écossaise »... ou le «texte sanglant écrit par le GROMEC». On dit également que Macbeth n'a jamais été mis en scène sans qu'au moins un des acteurs ne meure, filon prolifique pour Gravel et fils ou ne soit sérieusement blessé pendant le spectacle devenant de facto client de la Clinique privée de laser et chirurgie esthétique, de la Clinique dentaire Marc Desautels ou de celle de Jean-Yves Bouchard, denturologiste. Il n'y a aucune preuve objective créditant ou démentant cette superstition, mais il est intéressant de préciser que la pièce inclut davantage de scènes de combat que la moyenne des pièces de Shakespeare… et que l’ergonomie de celles-ci n’ont jamais eu le soutien des Consultants Ergon.

Dans le même ordre d’idée, il ne faut pas dire le mot «corde» en scène. Par contre, rien n’empêche de dire Guillevin international, STAS, Cegerco, BoFab (Atelier Boily), SOTREM, Canmec Industriel ou CanMec Lajoie Somec. Non. Rien ne l’empêche. La crainte de la corde que n’a pas Mme Marie-Josée Tremblay ni André Poitras et associés remonterait ainsi au Moyen Âge, alors que les comédiens, semblables en cela aux acteurs d'aujourd'hui, n'arrivaient pas toujours à manger à leur faim malgré leur outillage venu de Distribution Cuisilam ou de chez Eugène Allard. Leurs maigres moyens les éloignaient des comptoirs de la Boucherie Chez Manon ou de Corneau Cantin, de même que des tables de La Cuisine ou du Restaurant Bar le Tremblay. On se résignait alors à voler une poule, quelques fruits ou du pain et, malheureusement, on se faisait parfois prendre et, au lieu de croupir dans une cellule aérée par Pro-Sag Mécanique ou chauffée par Chauffage moderne, plusieurs carrières se sont ainsi terminées au bout d'une corde. Une autre explication, moins morbide celle-là, veut toutefois qu'avant l’arrivée de Protection incendie Viking et des installations de plomberie de la Tuyauterie BGR, alors que les éclairages se faisaient aux chandelles, on installait au-dessus de la scène des chaudières d'eau afin de combattre les incendies, dans des installations complexes qui auraient demandé le talent de Philippe Trépanier acier d’armature, d’InterCité ou des Industrie LD. Devant cet archaïsme, il y a de quoi se sentir loin des Outils Écono Québec ou du Centre de réalisation d’Outils Innovateurs! On n'avait donc qu'à tirer sur les cordes pour que ces derniers dégringolent. Dès lors, crier «corde» au mauvais moment entraînait des chutes d'eau pour le moins malvenues. La Coopérative de travail Maintenance DEL et les Produits sanitaires Lépine y auraient eu beau jeu. Il eût mieux valu, à l’époque, porter des vêtements de protection de chez Équipement Saguenay ou de crier Gescobec! ou Hydromec!

Le théâtre… Lieu de coutumes, de légendes… et de mauvais œil…

Sachez encore, que bien qu’aucune affichette de chez Métal Identification ne l’indique, il ne faut jamais siffler sur scène ou en coulisse et qu’il faut, le plus possible y bannir le vert.

On connaît mal l'origine du malaise des comédiens à jouer dans un décor où le vert est dominant. On ne peut pourtant pas toujours faire affaire avec les palettes châtoyantes du Centre de rénovation FDS Home Hardware ou de Réno-Tapis Plus ou de Rénovaction Ceramiko.
Peut-être est-ce parce que des comédiens ont trouvé la mort parce qu’ils portaient un costume vert à même la peau, teint avec de l’oxyde de cuivre. Peut-être aussi est-ce parce qu’ils s’enduisaient, pour incarner des personnages infernaux, de vert-de-gris mortel. Personne ne pouvait se fournir chez les spécialistes du matériau, Les entreprises GIVESCO. Mais s’ils l’avaient connu, ils se seraient sûrement parfumés de l’essence des Pétroles Aubry!

Le théâtre… Lieu de magie prêt à vous recevoir…

Mais auparavant, si vous voulez porter malheur à un comédien avant une représentation, vous n’avez qu’à lui souhaiter «Bonne chance!» Vite, vous serez remorquez illico par Remorquage SOS Saguenay bien loin de lui! Pour éviter un désastre, l'expression la plus utilisée est Merde! Cette expression – et des photos réimprimées chez Justin Maltais le prouveraient! - daterait de ces temps où les spectateurs se faisaient déposer en calèche devant l'entrée des théâtres, halte au cours de laquelle les chevaux ne manquaient pas de garnir de leur crottin les dalles de béton de chez Eudore Boivin Ltée à défaut de faire affaire avec les Cabinets Larouche, locateurs de toilettes mobiles. Cette "garniture" étant directement proportionnelle au nombre de spectateurs, c'était faire preuve de bienveillance que de souhaiter "beaucoup de merdes" aux artistes. Bien que l’anecdote soit charmante, remercions tout de même le ciel d’avoir aujourd’hui des véhicules de chez Équipements Villeneuve, ou d’autres munis d’éléments moins salissant du Centre alternateur et démarreur LT, d’EM Frein Ltée et de Lebeau Vitre d’auto.

Oh! Voici que j’entends, au loin, résonner l’écho du brigadier, de ce long bâton de bois avec lequel on frappe les trois coups… comme le claquement des trois lettres des Industries GRC. Pour résonner mieux, il faudrait peut-être le faire en métal. Évolution oblige! Qu’on passe le mot aux ateliers de soudure et d’usinage des Industries PLD ou de Soudure RG.

Mais vite, maintenant entrons!

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


La dernière représentation (sur douze) de L'Affaire de la rue Lourcine s'est terminée hier soir. C'en est donc fini des activités estivales du Théâtre 100 Masques et, du coup, de sa saison théâtrale 2010-2011.

Restera, à mon retour de vacances, dans deux semaines, à faire le bilan de cette production qui d'emblée s'avère décevant au point de vue fréquentation (à peine 540 spectateurs... loin des 700-800 des autres années) bien qu'artistiquement, je sois assez content... même si...

Pour l'instant, toutefois, direction salle Murdock pour le démontage du décor et le nettoyage des espaces utilisés (loges, salle, costumier, bureau). Prendre autant de temps pour construire... et n'avoir besoin que de quelques heures pour tout remiser! D'ici l'heure du dîner, probablement personne ne pourra penser qu'un spectacle vient d'y tenir l'affiche pendant presque un mois...

dimanche 24 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Enfin... presque... Ne reste que la représentation de ce soir. Devant une salle pleine. Dernière chance pour les spectateurs de voir cette production... Ultime possibilité, pour les interprètes, d'atteindre la perfection...

Au théâtre, cette semaine! (du 24 au 30 juillet 2011)


Encore une fois, le théâtre d'été bat son plein. Pour tout voir, il faudrait avoir et un bon budget et du temps à revendre!!!

Toute la semaine
Divers endroits dans le haut du Lac-Saint-Jean, horaires variés

Une gang de fous du haut du Lac-Saint-Jean, menée par Jimmy Doucet ne présente pas un mais plusieurs spectacles de diverses formes (animations, pièce plus traditionnelles, conte, etc) réunis sous la dénomination La route des milles et une histoire. Un projet d'envergure intriguant! Pour voir l'ensemble du projet, vaut mieux visiter leur site web (ici).

Aujourd'hui - 24 juillet 2011
Salle Murdock, 20h
DERNIÈRE REPRÉSENTATION

Dernière représentation de L'Affaire de la rue Lourcine par le Théâtre 100 Masques. La cahier de réservations est complet... mais des spectateurs aventureux peuvent venir attendre près de la porte ce soir, à 20h, on vend les places qui n'ont pas été réclamées (et il y en a toujours!).

Dimanche à mercredi - 24 au 27 juillet 2011
Hôtel du Jardin (St-Félicien), 20h

Le théâtre d'été de St-Félicien présente Couples de Frédéric Blanchette dans une mise en scène de Christian Ouellet. Plusieurs tableaux se succèdent comme tout autant de démonstrations du couple dans diverses situations. À noter que dans ce spectacle jouent Sara Moisan, Benoît Arcand, Anne Verreault, Simon Allard et Mélanie Desbiens.

Mardi et mercredi - 26 et 27 juillet 2011
Bâtiment 1912 (Pulperie de Chicoutimi), 20h30

Le Théâtre C.R.I. et la Pulperie présentent La légende d'Arthur Villeneuve, un texte de Martin Giguère mis en scène par Guylaine Rivard qui revoit la vie et l'oeuvre du peintre-barbier. Les commentaires entendus sont plutôt élogieux!

De mardi à samedi - du 26 au 30 juillet 2011
Complexe touristique de la Dam-en-Terre (Alma), 20h30

Le Complexe touristique de la Dam-en-Terre présente sa nouvelle production d'été (la plus traditionnelle du lot à venir): Un 18 trous pour 4 de Norm Foster. Vingt ans après l’université, quatre chums en pleine crise de la quarantaine se retrouvent le temps d’une partie de golf. Sujets chauds et coups de gueule sont au menu tandis que la compétition bat son plein et que tous les coups sont permis! Une comédie où les balles et les rires fusent de partout! (Pour les détails, cliquer sur le lien suivant.)

Mercredi à samedi - du 27 au 30 juillet 2011
Côté-Cour (Jonquière), 20h30
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Collectif À Tour d'Rôles revient pour une troisième année dans la petite salle de Jonquière avec le Oh!Cabaret. À lire, ce matin dans le Progrès-Dimanche, la critique dithyrambique de Roger Blackburn.

Mercerdi à samedi - du 27 au 30 juillet 2011
Palais-Municipal (La Baie), 19h30

Pour les amateurs du genre, on peut retrouver La Fabuleuse histoire d'un Royaume... une oeuvre qui reprend l'affiche après quatre ans d'absence.

Jeudi à dimanche - du 28 au 30 juillet 2011
Complexe touristique Vauvert (Dolbeau-Mis.), 20h30

Mathieu Savard met en scène Santa Mimosa, une parodie des feuilletons.

samedi 23 juillet 2011

Des exigences d'être metteur en scène...


Je l'ai probablement déjà dit: j'ai beaucoup de difficultés à voir une de mes mises en scène, en représentation, avec un œil détaché, de me laisser aller au plaisir et à la détente. Loin de s'atténuer avec le temps, l'expérience s'avère à chaque fois - et de plus en plus! - souffrante, douloureuse, exigeante.

J'ai beau avoir eu tout le plaisir du monde lors de la création, j'ai beau apprécier le boulot des comédiens qui se démènent, j'ai toujours la désagréable impression que le spectacle devant moi n'est pas à la hauteur de mes attentes (ceci étant écrit pour toutes les productions et non pas seulement pour L'Affaire de la rue Lourcine). Non pas le travail de ces comédiens, mais le mien. Les accrocs (il y en a toujours!). Les coins ronds (ça arrive!). Les compromis. Tout me saute au visage à chaque fois: le flou dans la mise en place, le manque de rythme, le ton mal ciselé, etc... Et il y a des soirs pires que d'autres!

Une mise en scène n'est jamais neutre. Toujours, il s'agit d'un choix, disait Antoine Vitez. Du haut de la régie (jamais dans le public... à moins d'y être contraint par l'espace!), je subis, impuissant, une continuelle remise en question de chacun de ces choix. C'est, dans ma tête, alors que je me promène comme un lion en cage, le festival des «j'aurais dû», «pourquoi n'y ai-je pas pensé», «c'est la dernière fois».

Corvin, le grand Michel Corvin affirme, lui qu'il n'y a pas de mise en scène innocente. Et c'est là le pire. En regardant mon propre travail, embrouillé par le stress, j'oublie mes arguments, mes justifications, mes assurances... et mon contentement.

Je reste, une feuille et un crayon à mes côtés, à l'affût des moindres gestes qui sont posés sur scène, des moindres mots qui sont prononcés et des moindres réactions du public que ce soit une chaise qui bouge, un spectateur qui émet un commentaire, les rires, les silences, etc. Un supplice. D'autant plus que je ne suis et ne serai probablement jamais satisfait.

Que la représentation souffre d'un manque de concentration, qu'elle soit lourde, accidentée, précipitée, criarde, amorphe et je veux fondre dans le plancher.

Après on (en parlant des comédiens et des concepteurs) se surprendra de mes exigences et des nombreuses notes que je donnent tout au cours des représentations... parfois au grand dam de ceux pour qui le metteur en scène termine son implication en même temps que la première.

À chaque fois, je me dis que deux solutions s'offrent à moi: ou bien arrêter tout simplement ou bien me constituer une véritable troupe de comédiens qui partagent la même vision théâtrale que moi. Une troupe qui me permettrait, à force d'expériences et de collaboration, d'atteindre une maîtrise qui fait souvent défaut. Une troupe pour approfondir au lieu de toujours reprendre du début.

Un risque guette pourtant ce beau projet utopique: devenir un véritable tyran de la mise en scène!

vendredi 22 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Tiens... la rue Lourcine existe... enfin, existait! Vive Wikipédia:

La rue Broca est une rue située à cheval entre le quartier du Val-de-Grâce dans le 5e et le quartier Croulebarbe dans le 13e arrondissement de Paris. Cette rue est une section d'une vieille route conduisant de Paris à Gentilly. Créée au XIIe siècle, son nom rend, depuis 1890, hommage à Pierre Paul Broca (1824-1880), chirurgien et anthropologue français. Cette rue s'était antérieurement appelée rue Lourcine, rue du Clos-de-Ganay, et rue des Cordelières, puis rue de la Franchise[1]. En 1938, le tronçon entre la rue Claude-Bernard et la rue Mouffetard devient la rue Édouard-Quénu, et en 1944 elle est amputée de sa partie située au-delà du boulevard Arago qui devient la rue Léon-Maurice-Nordmann.

D'ailleurs, j'ai toujours un problème avec le titre... Est-ce L'Affaire de la rue Lourcine ou L'Affaire de la rue de Lourcine? Ça dépend des versions...

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Cette production a quelque chose de maudit... peut-être parce qu'on a voulu défier le sort en y foulant au pied nombre de superstitions et de traditions! Toujours est-il qu'il arrive beaucoup de choses:

premier pot de tabac en métal écrasé;
second pot de tabac en poterie éclaté;
comédienne prise sur sa chaise;
comédienne (la même) en quasi évanouissement en coulisse;
comédienne (une autre) dont le costume s'accroche dans le décor;
comédienne (une autre) qui perd la voix;
oubli d'attacher une chemise en preset;
oubli de ramener un veston sur scène;
oubli de faire le lavage;
violent orage en cours de représentation;
baisse d'énergie dans l'éclairage;
ventilation détraquée;
salle tellement humide que le plancher décolle;
téléphones qui sonnent;
manquements de cues techniques;
serviette glissée par mégarde sous le banc qui est amené sur scène;
vase qui vole en éclat très lentement;

et j'en oublient sûrement. Pleins de petits moments cocasses qui entravent la concentration des comédiens. Il y en a dans toute production... mais il me semble qu'ils se multiplient! Vite! Les porte-bonheurs!

jeudi 21 juillet 2011

Les six «cons» du théâtre...


Si j'avais à nommer les qualités que je recherche chez un comédien qui joue sous ma direction, je dirais que ce sont les six suivantes, comme les six doigts de la main...:

CONFIANCE... parce que pour monter sur scène, l'interprète doit la posséder... à l'égard de lui-même d'une part, mais aussi envers le metteur en scène, les collègues et le projet en tant que tel.

CONCENTRATION... parce qu'il doit savoir focusser son attention sur ce qu'il fait, ce qu'il dit...

CONTRÔLE... parce que c'est le but recherché par la précédente qualité... l'acteur devenant un virtuose, un technicien du corps et de l'esprit... et le contenant et le contenu...

CONSCIENCE... parce que c'est le meilleur outil pour atteindre la pleine maîtrise de ses actions... conscience de l'espace, de l'objet, de la fiction, du public, de l'image, de la lumière, de la musique, du partenaire, etc...

CONCERTATION... parce que justement, le théâtre ne se fait pas seul... c'est un travail d'équipe qui doit se faire en symbiose, dans une écoute parfaite et constante...

CONFORMITÉ... parce que son action doit se faire dans un cadre établi et compris de chacun des collaborateurs... conformité qui demande donc un certain respect envers ce qui a été édicté...

Qu'une seule de ces qualités soient absentes et c'est toute la construction qui s'écroule...

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]


La fin de semaine dernière - samedi, pour faire plus précis - nous avons passé, l'équipe de production de La Défonce et moi, la journée a répéter pour les reprises de l'automne (septembre à Mont-Laurier et novembre à Orsay).

Plus laborieuse que la première rencontre de la mi-juin, l'italienne (la récitation rapide du texte par les comédiens sans support) a fini par finir et nous sommes passés enfin à la scène pour réviser les déplacements et ajuster, au besoin (et parce que nous devons modifier la scénographie originale!) les gestes et entre-scènes. Heureusement, les omniprésents panneaux coulissants servant de décors avaient été remis bien en place! Sur des câbles au lieu d'être sur des rails. Le défi était double: rendre cette scénographie plus légère pour le transport tout en gardant la même ambiance, la même essence. Et au final, on y perd peu. Bien sûr, dans cette nouvelle mouture, les panneaux ne peuvent se croiser, mais tout de même.

Maintenant cette étape de passée (et la confiance revenue parce que le texte n'est pas très loin, que peu de choses ont été oubliées, que la scénographie fonctionne), nous pourrons passer, à mon retour de vacances, aux deux fins de semaines de répétition intensive pour revoir le jeu et l'interprétation.

Parce que comme j'ai dit et redit, le but n'est pas d'imiter ce que nous avons fait en avril 2010 mais plutôt de refaire, de recréer.
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Cette reprise a quelque chose de grisant. C'est très agréable que de reprendre un spectacle après un temps de décantation. De revoir le tout avec un regard moins plongé dans l'action, une nouvelle grille d'analyse...

J'ai bien hâte de voir ce qui adviendra de tout ça!

mercredi 20 juillet 2011

Rendre des compte au public




Ces quelques mots sont tirés de Mémoires de Mlle Clairon, un ouvrage paru en 1799 où la grande actrice y va de réflexions diverses sur l'art dramatique. Un portrait du théâtre comme il ne s'en fait plus. Pour lire le livre entier, suivre ce lien (qui mènera vers Google Books).

Voyage éclair... au XVIe siècle!


S'il est un théâtre où la convention est reine, c'est bien le théâtre de l'âge d'or espagnol... contemporain d'un autre tout aussi pétri de codes, soit le théâtre élizabéthain. Voici donc une petite leçon (tirée de L'Art du théâtre d'O. Aslan) donné par Miguel de Cervantes (1547-1616) dans L'Heureux débauché (Est-ce une pièce? Un roman? Une nouvelle? Je ne saurais dire):

Tu dois regarder le théâtre comme une carte de géographie où il n'y a pas trois doigts de distance entre Londres et Rome, entre Valladolid et Gand. Qu'importe aux auditeurs que je passe en un instant d'Allemagne dans la Guinée, sans cependant quitter ces planches, sa pensée est aussi légère que moi, et vers quelque lieu que me porte mon vol, elle peut m'accompagner sans crainte de se perdre et sans risquer de se fatiguer.

C'est là une des vérités du théâtre.