mardi 16 juin 2009

«Quand se décidera-t-on à prendre au sérieux les comiques?»


Il faut parfois cesser de prendre le théâtre au sérieux pour pouvoir s'en affranchir et ainsi évoluer... sinon cet art gruge l'énergie! Les auteurs suivants, en quelques phrases lapidaires, savent redonner au théâtre sa (caustique!) légèreté:

Il ne faut pas craindre les pièces ennuyeuses ;
quand le public s'ennuie,
il croit qu'il pense, et ça le flatte.

Pierre Veber

A mesure que les acteurs deviennent mauvais,
le public vient.
Un mauvais acteur attire le public
comme la viande avariée attire les mouches.

Henry de Montherlant

Dans les théâtres,
si les ouvreuses ont une lampe de poche,
c'est uniquement
pour vérifier le montant de votre pourboire.

Laurent Ruquier

lundi 15 juin 2009

Meilleure scénographie!

Christian Roberge, Céline Gagnon, Réjean Gauthier, Francine Joncas et Gervais Arcand

Des représentants du Théâtre Mic Mac de Roberval étaient présents, samedi dernier (le 13 juin) pour la remise des prix lors du second Gala des Arlequins organisé par la Fédération du Théâtre Amateur du Québec... Trois nominations: Meilleure comédienne pour Céline Gagnon, Meilleure production 2008 et Meilleure scénographie pour Christian Roberge.

Si les deux premiers prix ont échappé à la troupe, Christian Roberge a raflé le prix dans la catégorie Meilleure scénographie pour la production Le rire de la mer que j'ai eu le plaisir de diriger en 2008!

La scénographie, je le rappelle, était constituée de 200 boîtes manipulées comme un immense jeu de Legos pour construire, grâce à l'inventivité de Christian, un bureau de docteur, un musée, une chambre d'hôtel, un palais grec, un centre de tatouage, un bistro breton, le théâtre d'Épidaure! Un gigantesque puzzle qui avait une place prépondérante et qui a causé bien des maux (tant dans sa manipulation que dans sa solidité!).

Félicitation!

dimanche 14 juin 2009

La semaine théâtrale

Encore une fois, cette semaine, c'est le calme plat... ou presque.

Mercredi, 17 juin 2009
Centre Culturel du Mont-Jacob, 9h



Tenue de la dernière table de compétence théâtre (organisée par le Conseil régional de la culture) de la saison. Il faut confirmer sa présence au 418.543.5941 poste 233.

Sinon, aucune représentation n'est prévue à ma connaissance... ni aucun autre événement théâtral.

samedi 13 juin 2009

Le Médecin malgré lui [quelques notes]


Voici la première épreuve officielle de l'affiche de notre production estivale... En cliquant dessus, j'imagine que vous pourrez l'agrandir!

Le Médecin malgré lui [quelques notes]

La distribution du Médecin malgré lui du Théâtre 100 Masques:
Marc-André Perrier, Émilie Jean, Alexandre Larouche, Martin Giguère
Mélanie Potvin, Pierre Tremblay, Jérémie Desbiens (photographie: Erika Brisson)

La photo qui illustre ce billet montre, outre la distribution, un premier essayage de quelques costumes de la production en cours.

Ce premier véritable essayage - avec en prime, un filage complet de la pièce... - permets de vérifier la cohérence des choix, les ajustements à faire, la façon dont les costumes tombent sur les corps en mouvement...

Là réside peut-être le plus grand problème des costumes... dans beaucoup de productions (et dans la photo ci-dessus!).

Les costumes ne sont pas des vêtements. En fait, pour être plus juste, je devrais dire que ceux-ci sont plus que des vêtements! Les costumes participent à la construction du personnage. Ils sont, en quelques sortes, une véritable architecture et doivent donc être portés comme tel... Encore plus! Si nous prenons pour acquis que la psychologie, les sentiments, la réflexion et les questionnements font l'endo-personnage (l'intérieur), les costumes en sont l'exo-personnage (l'extérieur).

Ainsi, les costumes réclament (et là, souvent, le bât blesse!) une tenue de la part des acteurs, du tonus et une rigueur dans la façon de se mouvoir. Une conscience d'être non pas vêtu mais revêtu! Le costume au théâtre constitue un système de signes qui a trois fonctions: 1- dire le théâtre en exhibant un élément essentiel (sauf exception) de la différence entre le théâtre et la vie de tous les jours; 2- dire l'individu dans la particularité de la personne avec une insistance sur le corps, ses particularités anatomiques et sa gestuelle; 3- assurer ou conforter la référence, référence à l'histoire, à la classe sociale, ou même à l'histoire du théâtre. [...] Le costume, outre ses fonctions dans le récit, est aussi un élément dans les constructions artistiques que propose la scène, en relation de formes, de couleurs, de mouvements avec les éléments du décor; le costume est bien évidemment une part dans la construction des images scéniques. (Anne Ubersfeld, Les termes clés de l'analyse du théâtre, p.22)

En d'autres termes, les costumes ne servent ni à cacher le corps ni à réchauffer. Les costumes sont une œuvre en soi.

Pour en revenir à notre production, c'est le temps, désormais, des négociations et des apprentissages entre les acteurs et leurs costumes!




vendredi 12 juin 2009

Constats


Il y a quelques mois je parlais du théâtre saguenéen comme étant quelque chose de cyclique. Après une période de morosité, le dynamisme... après le dynamisme, l'épanouissement... après l'épanouissement, la stagnation... après la stagnation, l'essoufflement... après l'essoufflement, la morosité. L'histoire théâtrale régionale depuis, disons, 40 ans tend à prouver ce mouvement...

Où en sommes-nous présentement? Quel diagnostic poser? Difficile à dire...

Les signaux sont quelque peu préoccupants... Certains partent, d'autres tentent d'émerger. D'un autre côté, depuis quelques années, la relève annuelle est anémique (et parfois nulle). Les grosses cohortes des années 2000-2003 sont passées.

Les circonstances posent problèmes et obligent (peut-être est-ce bénéfique... le temps le dira) les organismes à se restructurer... Le théâtre de tournée à Chicoutimi est, à proprement parlé, éradiqué.

Les enveloppes budgétaires dévolues à la région sont figées... alors que les dépenses augmentent, coût de la vie oblige...

Et le taux de fréquentation dans les salles n'augmentent pas et même, quelques fois, diminue!

Et pourtant, peut-être le théâtre saguenéen ne s'est-il jamais aussi bien porté... du moins me semble-t-il.

Un nouveau souffle surgira immanquablement...


jeudi 11 juin 2009

Table de compétence théâtre


Dernière rencontre (et première depuis février!)...

La semaine prochaine, il y aura une table de compétence théâtre organisée par le CRC... le 17 juin, à 9h, au centre culturel du Mont-Jacob... mais encore faut-il que les gens de théâtre soient au rendez-vous...

Ces rencontres sont importantes... pour la discussion, la passation d'informations, la mise à jour des dossiers gouvernementaux... et il n'en tient qu'à nous de faire de celles-ci un espace de concertation pro-actif! Il est important de prendre part à ce genre de rencontre du milieu... et tout artiste et artisan du théâtre régional peut (et devrait...) y participer.

Pour confirmer (ou au moins manifester la réception de l'information...) sa présence, téléphoner au 418.543.5941 poste 233...

mercredi 10 juin 2009

Quand le Théâtre du Saguenay n'a de théâtre que le nom...

Le Théâtre du Saguenay a présenté hier sa programmation 2009-2010... première programmation itinérante dans un contexte de crise locative: nouvelle salle ou rénovation?



Suite au visionnement de cette petite vidéo promotionnelle, une constatation s'impose: le théâtre (aucune représentation prévue!) et la danse (avec un seul spectacle) ne font plus le poids parmi tous les spectacles de chanteurs et d'humoristes... Les belles années du théâtre de tournée à Chicoutimi seraient-elles passées? Rentabilité oblige... Les problèmes de lieu (par ailleurs réels...) ne sont-ils qu'un bon prétexte pour se débarrasser de ces gouffres financiers?

C'est un premier pas vers l'appauvrissement culturel du Royaume...

Par chance! En matière de diffusion théâtrale, le Théâtre La Rubrique tient le fort!


mardi 9 juin 2009

Le Médecin malgré lui [quelques notes]

D'autres images du Médecin malgré lui de Molière venus d'ailleurs... dans l'attente d'avoir le nôtre ici!


(Sganarelle et Léandre, acte II sc.5)


(Compagnia teatrale della Luna Nuova-2006, acte I, sc. 1-2-3)



Le Médecin malgré lui [quelques notes]

Tiens... petit extrait du Médecin malgré lui monté par la Compagnie Colette Roumanoff... monté comme un véritable théâtre de foire... avec moult acrobaties et gymnastique, avec un jeu inspiré et hautement hystérico-comique.



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Petites images venues d'un autre continent...

Pour notre part, Le Médecin s'inscrit dans une esthétique toute autre... et pourtant semblable. Non pas tant dans la facure, mais dans l'esprit scénique... l'esprit baroque, l'esprit de la farce, l'esprit de la commedia de laquelle pourrait se prétendre ce Molière.

L'équipe de conception - soit Jessyka Maltais-Jean, Erika Brisson et moi - s'acharne à concevoir et réaliser les costumes, accesoires et décors dans cette veine... avec un fort accent nouvelle-france folklorique.

Bientôt, la première...

lundi 8 juin 2009

Le théâtre de la convention selon Théophile Gautier


[...] L'art ne peut exister sans convention; l'absence de convention amènera la ruine du théâtre. Il y a pour la scène des exigences d'optique que l'on méconnaît aujourd'hui; un drame ne doit pas être vrai, il faut qu'il y ait des parties sacrifiées, d'autres exagérées; le contour de chaque caractère doit être tracé d'une manière précise et sculpturale de façon à mettre les personnages en relief et à les faire se détacher nettement sur le fond lumineux ou sombre de l'action; le langage naturel du comédien est le vers: la prose fait disparate avec les arbres de carton peint, le rouge végétal, les sourcils tracés avec du bouchon brûlé, la rampe de quinquets fumeux, le clinquant du roi et les faux cheveux de l'ingénue; elle est trop vraie, et rompt cet ensemble d'harmonieuse fausseté; elle produit l'effet d'une maison réelle bâtie en pierres ou un arbre véritable transplanté d'un jardin produirait à ces côtés des châssis de tôle barbouillée qui forment les coulisses.
Histoire de l'art dramatique en France depuis 25 ans, 1837

Un jour, il faudra que je me penche sérieusement sur mon intérêt pour ces notions théâtrales du faux véritable, du code, de la convention... et de cet attrait irrésistible pour cette vie théâtrale, cette écriture scénique du XIXième siècle...

dimanche 7 juin 2009

Quand le Théâtre est la peste des villes...

Je profite de cette journée dominicale pour poursuivre ma lecture théâtrale des Pères de l'Église (grâce au recueil essentiel d'Odette Aslan - L'Art du théâtre - qui me sert littéralement de livre de chevet!) pour vous servir, en quelques sortes, une homélie sortie d'un autre âge (Homélie 15 au peuple d'Antioche) écrite par Saint Jean Chrysostome quelque part à la fin du quatrième siècle de notre ère... Ces lectures sont fort passionnantes parce que d'un radicalisme extrême qui surprend... Aucun nuance.

Saint Jean Chrysostome, icône à l'encaustique, 7ème siècle

Je vous demande à tous d'éviter vous-mêmes le funeste séjour des salles de spectacle et d'en détourner ceux qui les fréquentent [...]. Je désirerais que tu rencontrasses un homme qui vient de voir un spectacle et un autre qui sort de prison: tu verrais combien l'âme du premier est indignée, agitée et comme vraiment enchaînée et combien l'âme du second est quiète, libre et élevée.
*
Le plaisir qu'on prend au Spectacles, Comédies, produit la fornication, l'impudence et toute sorte d'incontinence.

Malgré le fait que ce radicalisme se pare d'archaïsme et de bigoterie, il faut se souvenir qu'il y a à peine quelque cinquante-soixante ans, soit plus de 1600 ans après!, ici même au Québec, lors, entres autres, des grandes tournées de Jean Grimaldi, les prêtres montaient toujours en chaire pour dénoncer les spectacles avec une même vigueur et dans des termes assez semblables... promettant l'enfer et ses tourments éternels à tous les ouailles qui oseraient y assister...

À toutes les âmes damnées, bonne semaine...