vendredi 1 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]




Dernier droit (plus qu'une petite semaine) avant la première... donc que quelques jours avant les générales. D'ici là, nous serons en état de répétition ce soir, demain toute la journée et dimanche matin.

Entretemps, toutefois, les choses devront se tasser... C'est maintenant l'heure du détail, de la finition. L'heure où, puisqu'il ne reste plus rien d'envergure et de visible, tout semble - du moins en apparence! - stagner.

Les costumes sont terminés... bien qu'il reste un tas de petits trucs à y apporter: des cordons à installer, des bandeaux à trouver, des bottes à peindre, des écussons à coudre.

Les décors et accessoires sont terminés... bien qu'il reste des caches à installer, une tablette à poser, une couche de tulle à ajouter, des retouches de peinture à faire.

Les éclairages sont terminés... bien qu'il reste des «cues» à réviser, des intensités à corriger, des placements à ajuster, des lampes à rectifier.

La bande sonore est terminée... bien qu'il faille maintenant la mettre en ordre, la peaufiner.

Le jeu est... non. Lui n'est pas terminé. Il ne se terminera réellement que le soir de la dernière. Pour le moment, il est encore en chantier. Il semble cependant prendre une bonne tangente.

En fait, la seule chose qu'il reste vraiment à faire - outre l'administration de tout ce bataclan! - c'est la création de l'espace du Panégyrique des donateurs 2011... cette fois, dans le foyer de la Salle Murdock. L'écriture et la mise en bouche est relativement finie, la dernière étape étant la rencontre avec le public.

Bref, tout roule... et après quelques efforts, tout sera canné encore une fois, nous laissant le champs libre pour les camps thématiques (qui débutent lundi) et pour la préparation de la prochaine saison!

jeudi 30 juin 2011

Ramasser une veste


VESTE (RAMASSER UNE-): C'est, pour un acteur ou une pièce, échouer, faire fiasco. «Quelle veste!», dira-t-on d'une pièce sifflée ou ignorée. L'expression a une origine. C'était vers 1835, lors d'une représentation au Théâtre du Vaudeville:

Au troisième acte, le berger Lagrange et la nymphe Clio conversent:

«La nuit est sombre, l'heure est propice; viens t'asseoir sur ce tertre de gazon.
- L'herbe est humide des larmes de la rosée.
- Assieds-toi sur ma veste.»

La réponse du berger fait éclater de rire le parterre; la salle entière au milieu des lazzi exige le baisser du rideau. Et les quelques représentations qui suivirent prirent fin au même passage
(Michel Lis et Michel Barbier, Dictionnaire du gai parler)


On dit aussi remporter sa veste.

Cette expression est charmante, comme toutes celles qui viennent directement de l'anecdote théâtrale. Elle est tirée de l'ouvrage d'A. Pierron, Le Théâtre, ses métiers et son langage. En espérant ne pas avoir de veste à ramasser avec la production qui s'en vient!

mercredi 29 juin 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]

Voici, à quelques jours de la première, une première image de la production... En cliquant dessus, elle sera agrandie (et perdra son flou...).


À l'avant, sur la chaise, on retrouve Mélanie Potvin. En ordre, à l'arrière, se trouvent Sébastien Bouchard, Louison Renaud, Erika Brisson et Patrick Simard.

mardi 28 juin 2011

Suivi du premier «Forum sur le théâtre au SLSJ»


Ce matin, le comité organisateur du Forum se réunit pour faire le post-mortem de l'événement.

Il évaluera l'activité en regard de ses objectifs de départ. Il analysera, d'autre part, le sondage envoyé à tous les acteurs (au sens large du terme!) du milieu théâtral et dont 62 réponses lui sont parvenues.

Il verra, enfin, à la suite des choses, au mécanisme de renvoi, à des propositions de plan d'action... et que sais-je?

Un suivi sera fait bientôt. Déjà un premier rapport est écrit...

À suivre.

dimanche 26 juin 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]



Il est tout de même fascinant de constater - et ce fut le cas ce matin avec les comédiens de La Défonce que nous reprendrons cet automne - à quel point la mémoire est un muscle solide... que ce soit pour le texte, le geste, le mouvement.

Après plus d'un an sans avoir retouché à cette production, nous avons fait ce matin une lecture en groupe avant que de ne passer à un exercice qui aurait pu devenir laborieux: faire la pièce en scène, sans le texte dans les mains. Des craintes, il y en avait!

Eh bien! Ce fut d'une fluidité remarquable, les mots sortant généralement facilement, le corps reprenant une routine bien ancrée dans l'espace... Presque comme si nous avions monté cette pièce il y a quelques semaines à peine. Le ton y était aussi... dans des nuances qui redemanderont à être retouchées mais qui était pourtant bien là!

Cela augure bien pour la suite des choses.

Maintenant, il faut remettre l'ouvrage sur le métier pour que nous n'assistions pas à une imitation de la production d'avril 2010 mais plutôt en sa re-création.

Au théâtre, cette semaine! (du 26 juin au 2 juillet 2011)

Rideau de scène peint par Pablo Picasso en 1917 pour le spectacle Parade de Jean Cocteau.
(référence: www.moicani.fr)

Les semaines se suivent et se ressemblent... Encore une fois, derniers jours de repos avant que les productions estivales s'enclenchent les unes après les autres. Pour le moment, le milieu théâtral sera assez calme.

De mardi à samedi - du 28 juin au 2 juillet 2011
Complexe touristique de la Dam-en-Terre (Alma), 20h30

Le Complexe touristique de la Dam-en-Terre présente sa nouvelle production d'été (la plus traditionnelle du lot à venir): Un 18 trous pour 4 de Norm Foster. Vingt ans après l’université, quatre chums en pleine crise de la quarantaine se retrouvent le temps d’une partie de golf. Sujets chauds et coups de gueule sont au menu tandis que la compétition bat son plein et que tous les coups sont permis! Une comédie où les balles et les rires fusent de partout! (Pour les détails, cliquer sur le lien suivant.)

Préparez vos babouches: il y aura, dès la semaine prochaine, 6 autres productions qui prendront l'affiche (St-Félicien, Dolbeau-Mistassinni, Côté-Cour, Théâtre 100 Masques, Palais Municipal, Pulperie).

samedi 25 juin 2011

La Défonce [Carnet de mise en scène]

Photographie: Christian Roberge (Théâtre Mic Mac 2010)

Hé oui. Nous y revenons.

Nous y revenons parce que cet automne, La Défonce (un texte de Pascal Chevarie) sera repris principalement dans deux contextes spéciaux: une représentation au Festival International du Théâtre de Mont-Laurier en septembre (voir la programmation ici) et à Orsay, en France, en novembre.

Demain, dimanche 26 juin, nous nous rencontrons, l'équipe de création de spectacle (concepteurs et comédiens) pour discuter, d'abord, de ces reprises... et ensuite (et ce sera là le gros morceau stressant de la rencontre), pour voir qu'est-ce qui reste de ce projet dans la tête et dans le corps de chacun. Le texte est-il encore su? Que se rappelle-t-on de la mise en scène? Du jeu? De cet exercice - qui peut ou surprendre ou décourager! - dépendra la suite des choses.

Une chose est certaine, il faut revoir la scénographie, pour la commodité des déplacements et des installations. Des choix seront à faire, sans perdre l'essence du décor original ni modifier l'esthétique choisie.

J'ai donc ressorti mon cahier de notes de l'an dernier et mon texte pour une révision intégrale de tout ce que nous avons fait. Revoir le cadre de ce spectacle dur dans le propos.

Ce sera intéressant de revenir sur ce qui a été fait... particulièrement pour cette production qui, je persiste encore à le croire, n'a pas eu l'assistance qu'elle méritait malgré ses grande qualités artistiques... ceci étant dit avec le plus d'objectivité possible. C'est, en quelques sortes, une douce revanche sur la vie.

Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus, se rappeler le projet, il faut consulter cette série de billets sur la production 2010 du Théâtre Mic Mac de Roberval.

vendredi 24 juin 2011

En attendant la légende...

En attendant la première de La Légende d'Arthur Villeneuve du Théâtre C.R.I. (en co-production avec la Pulperie de Chicoutimi), voici le documentaire produit en 1964 par l'ONF, sous l'oeil du réalisateur Marcel Carrière. Un documentaire où le couple (M. Villeneuve et son épouse) transperce l'image dans une présentation drôle, touchante, de ce qu'est être artiste et vivre avec cet état de fait. Douleur et admiration.

Bobby Watson

Extrait d'une représentation de 1960 de La Cantatrice Chauve de Ionesco. Est-ce par le Théâtre de la Huchette? Je l'ignore. Toujours est-il qu'il s'agit là d'un passage célèbre de cette pièce absurde:




Pour un théâtre national...


En ce jour de la Saint-Jean-Baptiste, fête nationale des Québécois, je propose ici un petit retour dans le temps, en 1936... dans un petit bouquin amusant à lire par son côté suranné, Initiation à l'art dramatique par Jean Béraud (dont j'ai déjà cité des passages et ), un Canadien qui s'est exilé en France...

Le dernier chapitre de cet ouvrage porte le même titre que celui de ce billet. Et décrit, en quelque sorte, la situation théâtrale qui prévalait à l'époque... alors que notre théâtre ne balbutiait encore que très (et l'euphémisme est faible!) peu. A-t-elle changé aujourd'hui? Il va sans dire que oui... même si parfois, les doléances exprimées semblent traverser le temps...

Quelques auteurs de pièces affirment l'existence, au point de vue de répertoire, d'un théâtre canadien [nda.: si on se rapporte dans le temps, par canadien, il faut entendre canadien-français voire québécois]
? Un répertoire qui ne se joue jamais, qui ne peut parvenir à mériter l'estime, à capter l'intérêt du public, n'est pas un répertoire de théâtre.

Ce qu'il nous faut, c'est un théâtre jeune, vigoureux, plein d'idées, bâti sur des situations, sur des thèmes inspirés par notre vie nationale.

Jamais nos pièces de bibliothèques ou d'anthologie ne pourront soutenir l'éclat, aujourd'hui fulgurant, des feux de la rampe. Sous les pinceaux lumineux s'en dégagerait une poussière qui dénoncerait leur vétusté aussi crûment que celle de ces costumes longuement usagés, dont les coutures menacent, à chaque geste, de craquer. Ce n'est pas avec de tels oripeaux, aussi voyant soient-ils, qu'une scène canadienne réussira à s'instituer de façon permanente.

[...] L'effort de quelques apprentis dramaturges est courageux, mais nous doutons qu'ils soient assez puissants pour assurer à une troupe permanente 300 représentations par année, et surtout un répertoire de qualité.

[...] Que penser de cet état des choses? Cela ne prouve-t-il pas qu'il est temps de plaider la cause du théâtre canadien avec sérieux, en renonçant pour une fois à proclamer: «Mais nous avons tout ce qu'il faut! C'est l'argent seul qui manque!»

Non, il n'y a pas que l'argent qui manque. Une éthique du théâtre, comme l'éthique du commerce qui exige la qualité avant la quantité, devra régner ici avant que nous puissions accomplir quoi que ce soit de remarquable. La conception du théâtre comme art et non comme commerce devra prévaloir sur le «besoin d'argent». Il ne faudra plus qu'on gave le public de «stupidités». [...]

[...] Il faudra bien tout de même que la presse canadienne dise un jour: «Il [le théâtre] fait l'orgueil de la ville et traduit l'idéal de la nation, dont les efforts et les sacrifices ont contribué à son édification.»

Bonne Saint-Jean-Baptiste!

jeudi 23 juin 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Devant cette production, que je vois, ces temps-ci, à travers les yeux de (peu nombreux!) spectateurs, une chose frappe: son ton qui la rapproche étonnamment, cent ans avant le temps, de l'absurde qui fera rage dans la seconde moitié du XXième siècle.

Dans les encyclopédies (et j'en ai déjà fait mention ), Labiche passe souvent pour être, en quelque sorte, un précurseur du genre. Et avec L'Affaire de la rue Lourcine, on le sent bien: une trame dramatique fort ténue sur laquelle s'échaffaude une construction scénique complexe qui s'amuse à tordre la réalité; une série de quiproquos qui hypertophie à l'extrême une absence de réelle tension; des personnages qui sont projetés dans un quotidien distendu... et le tout par un jeu de langage, d'apartes et de mot d'esprit. L'absurde côtoie le ridicule qui lui-même est aux prises avec le saugrenu et l'extravagant.

Une matière toute aussi amusante que dense... pleine d'écueils et de défis! Un ton qui frappe oui... et qui grince et grince encore!

mercredi 22 juin 2011

Un acteur dans l'espace...

Croquis d'Oskar Schlemmer du Bauhaus, dans les années '20...
Rien à voir avec la biomécanique, sinon la mise en espace du corps.

La collection Les voies de la création théâtrale est d'une richesse difficile à concevoir, tant dans l'iconographie que dans les articles de fond qui y sont publiés. Immense est donc mon intérêt pour la lecture du numéro consacré à Meyerhold (c'est le numéro 17) qui deviendra assurément une source intarissable de documentation de première ligne...

Comme cette définition (par Béatrice Picon-Vallin, en page 109) de la biomécanique... prise en deux angles différents: celui du rapport à l'acteur de même que celui du rapport à la scène (et donc, au metteur en scène):

[...] L'acteur étudie la mécanique de son corps pour la comprendre et la perfectionner. Des exercices vont organiser l'ensemble de cette mécanique dans l'espace; ils mettent en jeu les positions relatives du tronc, de la tête, des bras, des jambes, des actions simples telles que la marche, le saut, le bond, la volte-face, etc. Cette domination par l'acteur de son instrument de travail est nécessaire puisque, pour Meyerhold, tout état psychologique est conditionné par des processus physiologiques, des états, voire des positions physiques. Corollaire: s'il y a bien jeu biomécanique, il y aura aussi une mise en scène biomécanique qui devra s'occuper de créer le contexte scénique, la carcasse où l'acteur pourra développer une construction physique exacte, condition nécessaire d'une juste construction psychique. Le metteur en scène devra trouver la meilleure organisation du temps et de l'espace pour fournir à l'acteur des «points d'appui» sûrs, le limitant dans ces deux domaines. Une fois limité, l'acteur peut s'orienter: il trouve sa place dans la pièce, dans la marche des événements, sur l'espace scénique, et il peut bâtir sa propre construction physique et psychique. «Si d'un point de vue physique et matériel, sur la base d'une composition formelle, la construction est bien exécutée, toutes les émotions et les intonations naîtront avec justesse» assure Meyerhold.

Voilà un credo auquel j'adhère parfaitement. Loin d'une recherche de vérité, de réalité, de psychologie. Et bien que je ne fais pas de biomécanique à proprement parler (parce que je ne connais pas intimement les préceptes de cet entrâinement... et que les comédiens d'ici ne s'astreignent pas à une discipline personnelle de cet ordre), ce sont là, d'une certaine façon, les grandes lignes de ce que je tente d'appliquer dans mon écriture scénique.


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