mardi 23 août 2011

Marathon théâtral


Dans quelques jours s'amorcera un grand marathon théâtral alors que s'amènera la première édition du FRINGE au Saguenay où huit productions théâtrales prendront l'affiche (du 1er au 5 septembre) qui sera suivie par une nouvelle mouture de l'Entre-deux festival produit par ManiganSes en collaboration étroite avec la Chaire pour une nouvelle dramaturgie sonore de l'UQAC (les 7, 8 et 9 septembre)...

Au même moment que ce dernier événement se tiendra, je prendrai la route pour assister au Festival de théâtre de Mont-Laurier où, en cinq jours, 25 productions en tout autant de pays seront présentées.

Si des gens sont intéressés à fournir des critiques/compte-rendus de ces spectacles et présentations, je suis preneur!

Ça n'arrivait qu'alors!

L'histoire du théâtre est riche en anecdotes de toutes sortes (accidents, trous de mémoire, lapsus, vengeance, etc.), alors que chaque production contient en elle-même tout ce qu'il faut pour créer ces petits moments embarrassants (le dernier théâtre d'été du 100 Masques a largement donné dans ce domaine... voir !) mais ô combien drôles qui font tout le charme de cet art vivant!

En voici trois petites tirées d'un ouvrage paru en 1878 (qu'on peut retrouver en entier ici, sur Google Books!) sous la plume de Victor Fournel, Curiosités théâtrales anciennes et modernes, françaises et étrangères:






lundi 22 août 2011

Se marcher sur les pieds...

Le milieu théâtral saguenéen est petit... c'est un fait. Et cette petitesse, conjuguée à un dynamisme réel, amène aussi une certain étroitesse en ce sens que le nombre de lieux de répétitions et de représentations n'augmente pas.

Immanquablement, les calendriers se chevauchent et les disponibilités de salle fondent à vue d’œil. Les cahiers de réservations s'emplissent selon le mode du premier arrivé, premier servi.

Les compagnies s'insèrent comme elles peuvent, où elles peuvent.

La pagaille.

Idéalement, chaque compagnie gèrerait son propre lieu... aurait le plein contrôle de l'endroit où elle est fixée. Libre de présenter quand elle veut. Libre de prendre le temps de s'installer. Libre des contraintes du suivant.

Cette étroitesse amène parfois l'impression que nous nous marchons sur les pieds, que nous empiétons sur des missions et des territoires déjà investis. Et c'est le cas. Mais après tout, cela pourrait se faire sainement... si ce n'était du combat quotidien pour survivre.

Le plaisir des demandes de subventions


Présenter l'organisme...
Présenter les états financiers...
Définir les projets (novateurs, de surcroît!)...
Réunir des équipes...
Justifier la direction artistique...
Établir des prévisions budgétaires réalistes et cohérentes...
Annexer des documents qui ne seront peut-être pas pris en compte...
Et attendre des semaines voire des mois...

C'est la période qui commence avec l'automne qui arrive. C'est le moment de répondre à l'appel des différents conseils des arts: Conseil des arts du Canada (quelque part à la mi-septembre), Conseil des arts et Lettres du Québec et Conseil des arts de Saguenay (au début octobre).

C'est la période du doute. Celle où la question à savoir si ça vaut le peine se pose toujours...


C'est aussi ça, le théâtre...

Le Théâtre Hors du Commun (fondé depuis déjà 4 ans et dirigé par Sarah Bernard à même l'arrière-cour de son domicile!) a donné deux représentations suite à la série d'ateliers que les participants ont suivi, à l'extérieur, beau temps mauvais temps, tout au cours de l'été... et plus!

La première équipe à passer était composée de deux dames qui montaient sur les planches pour la première fois. Elles avaient à rendre un extrait de la pièce Le Défunt de René de Obaldia.

La seconde équipe réunissant d'autres débutants et des plus expérimentés se sont lancé dans une création collective, Mère supérieure, à partir de contraintes textuels: bouts de pièces connues, monologues à écrire, publicités, expressions, phrases, etc. Le résultat est somme toute assez intéressant alors qu'une série de personnages viennent pleurer sur la tombe de leur mère avant que de ne pleurer sur leur propre vie.

Enfin, la dernière équipe est celle des plus anciens, des piliers de la petite compagnie qui sont en activité depuis déjà plusieurs mois (depuis l'automne dernier) pour écrire leur pièce, L'argent n'a pas d'odeur, sous les conseils avisés de Martin Giguère. L'action s'y déroule sur un terrain de camping convoité pour les ressources naturelles de son terrain...

Le travail de tous ces gens a du mérite et constitue une initiation théâtrale honnête. Bien qu'artistiquement la mise en scène montre quelques faiblesses (notamment dans la mise en espace des deux premières parties), la direction d'acteur est cohérente et efficace et un soin est apporté à l'esthétique de l'ensemble.

Du lot ressortent certains participants par leurs aisance et leur talent naturel en scène: Carol Émond, Madeleine Gagnon, Tricia Scisson.

Bref, en tout, ce sont près de 120 spectateurs qui ont envahi la cour de Mme Bernard pour voir toute cette gang de théâtreux présenter le résultat de leurs efforts.





vendredi 19 août 2011

Un triangle ou une ligne?


Voici un des principes meyerholdiens (il était si brillant!) de base: la différence graphique entre deux méthodes de travail pour le metteur en scène. Le schéma ci-haut illustre les différentes interrelations entre les composantes. Il y a une conception disons traditionnelle de l'activité théâtrale (le «théâtre-triangle») qui prive de liberté créatrice non seulement l'acteur, mais aussi le spectateur et une autre plus contemporaine (le «théâtre de la ligne droite») qui les libère tous les deux, forçant le spectateur à créer au lieu de contempler.

Les extraits soulignés en rouge (de même que les suivants expliquant le schéma) sont tirés du premier tome des Écrits sur le théâtre qui renferment tous documents existants sur Meyerhold.

1. Un triangle dont le sommet représente le metteur en scène., les deux angles de la base l'auteur et l'acteur. Le spectateur perçoit l'art des deux derniers par l'intermédiaire de l'art du metteur en scène (dans ce dessin, la place du spectateur est au-dessus du sommet du triangle). C'est là le premier type de théâtre: «le théâtre-triangle». [...] Dans le «théâtre-triangle», le metteur en scène expose d'abord tout son plan jusqu'aux moindres détails, indique la manière dont il voit les personnages, désigne les pauses et fait répéter les acteurs jusqu'à ce que son projet soit reproduit exactement et totalement, dans tous ses détails, jusqu'à ce qu'il entende et voie la pièce comme il l'a entendue et vue lorsqu'il y travaillait seul. [...]

Dans ce type de théâtre, il faut des comédiens virtuoses, capable de se dépersonnaliser pour répondre aux commandes...

2. Une ligne droite (horizontale), où les quatre éléments fondamentaux du théâtre sont figurés par quatre points de gauche à droite: l'auteur, le metteur en scène, l'acteur, le spectateur; c'est le second type de théâtre, le «théâtre de la ligne droite». L'acteur y dévoile son âme librement devant le spectateur, en assimilant l'œuvre du metteur en scène, tout comme ce dernier a assimilé celle de l'auteur. [...]

Dans celui-ci, le spectateur doit agir en tant que quatrième créateur. Chacun des éléments apportant à l'autre de la matière pour donner un sens au travail en cours...

Bon. L'ensemble est un peu abstrait... mais en y réfléchissant bien, il est possible de se positionner dans l'une ou l'autre de ces catégories qui peuvent encore très bien exister de nos jours...


jeudi 18 août 2011

Du côté des Clowns Noirs... 2

Pour les rats de bibliothèque(s)...


Voici, trouvé dans un petit ouvrage synthèse fort bien fait sous la plume de Marie-Claude Hubert (tout simplement titré Le Théâtre), une liste des grands textes phares qui ont forgé, chacun à leur façon, l'esthétique théâtrale au cours des siècles.

Avis aux intéressés, la plupart de ceux-ci peuvent se retrouver (j'en ai fait l'expérience!) à la bibliothèque de l'UQAC...

IVe siècle av. J.-C. ARISTOTE Poétique
1657 F.H. d'AUBIGNAC La Pratique du théâtre
1660 CORNEILLE Trois discours
1663 MOLIÈRE La Critique de «L'École des femmes»
1674 BOILEAU L'Art poétique
1757 DIDEROT Entretien sur «le Fils naturel» suivi de «Entretiens avec Dorval»
1767 BEAUMARCHAIS Essai sur le genre dramatique sérieux
1773 L. S. MERCIER Du Théâtre ou Nouvel Essai sur l'art dramatique
1777 DIDEROT Paradoxe sur le comédien
1823-1825 STENDHAL Racine et Shakespeare
1827 HUGO Préface de Cromwell
1829 VIGNY Lettres à Lord*** sur la soirée du 24 octobre 1829
1864 HUGO William Shakespeare
1881 ZOLA Le Naturalisme au théâtre
1896 JARRY De l'inutilité du théâtre au théâtre
1938 ARTAUD Le théâtre et son double
1918-1954 BRECHT Écrits sur le théâtre
1966 IONESCO Notes et contre-notes


Cette liste est évidemment non-exhaustive (et franchement très française!) et fait abstraction d'autres grands textes... ou de textes plus précis, notamment pour Le petit organon pour le théâtre de Brecht. Néammoins, elle permet de donner une idée assez générale sur l'histoire du théâtre et des multiples révolutions qui l'ont secouée.

Au chapitre des oubliés se trouvent, à mon avis les écrits nombreux (mais nécessaires!) des Stanislawski (son absence me surprend, d'ailleurs!), Meyerhold, Copeau, Jouvet, Vitez, Kantor Lehmann...

Je me demande ce qui se trouverait dans une liste québécoise? Quels en seraient les grands textes fondateurs (théoriques)?


Les principes du jeu meyerholdien


Ce petit schéma représente, en quelque sorte, le fonctionnement du jeu meyerholdien en une combinaison complexe entre le jeu (conscient) et le réflexe. Le but étant de développer le corps pour qu'il agisse, avec un contrôle libérateur, de façon claire, nette et précise tout en étant ouvert et à l'écoute pour répondre à tout stimuli... C'est le principe du jeu séquentiel, de la biomécanique.

Ce schéma a été tiré du numéro 17 de la collection Les voies de la création théâtrale portant sur Meyerhold (p.109). Suite à ce petit dessin, voici comment l'auteure (Béatrice Picon-Vallin) décrit, à partir de diverses sources, ce jeu:

En théorie, le jeu de l'acteur meyerholdien part de l'extérieur pour aller vers l'intérieur: il n'y a pas suppression de l'émotion, mais elle jaillira toujours à travers un état physique convenant à tel ou tel personnage dans une situation donnée. Celle-ci engendre un état d'excitabilité qui se colore ensuite de tel ou tel sentiment ou émotion. Prendre la position d'un homme affligé, dans la contraction musculaire qu'elle implique, n'incite pas à exprimer la joie mais crée au contraire un état physique dans lequel peut naître la tristesse. Enfin, chaque «chaînon», ou «élément de jeu», sera en 1922 idéalement décomposé, sur le modèle du réflexe, en trois mouvements nécessaires se succédant rapidement [nda.: c'est l'explication du schéma].

L'entraînement biomécanique fournit des modèles pour ce type de jeu. Il établit les principes d'une exécution analytique précise et rapide de diverses actions, donne une méthode de décomposition du mouvement en trois phases - intention, réalisation, réaction - qui prépare à l'organisation des éléments de jeu.


C'est là ce que je tente bien humblement de mettre en pratique...



mercredi 17 août 2011

Simplicité volontaire


À la fin du XIXième siècle (voire au début du XXième!), Johan-August Strindberg, auteur dramatique suédois qui brille dans le palmarès des grands auteurs universels, a défini ainsi (et l'extrait est rapporté dans L'Art du Théâtre d'Odette Aslan) les besoins disons décoratifs ou scéniques du théâtre:

Une table et deux chaises! L'idéal! Les plus grandes scènes de «Kristina» ont été jouées avec une table et deux chaises. La table fournit un solide point d'appui et elle permet de beaux gestes vivants, c'est comme un trait d'union entre les personnages qui parlent, elle donne de la cohérence au dialogue, elle sépare et elle unit, c'est comme le duo à l'Opéra.

Il faut se rappeler qu'il est arrivé en plein dans période d'émulation (affectueusement nommé crise du drame) qui allait remettre en cause le théâtre, son fonctionnement et son articulation. Son idée est d

mardi 16 août 2011

Du côté des Clowns noirs...

Petite vidéo que j'ai copié de Facebook:

Du nouveau pour les artisans...


Afin de faciliter les guichets lors des représentations - à compter de septembre! - et pour unifier les pratiques, les différentes compagnies de la région* ont lancé la Carte privilège pour les travailleurs culturels.

Avec cette carte (acquise pour 5$ auprès des différents organismes théâtraux ou du CRC), les détenteurs pourront bénéficier, à la porte - et sur présentation de celle-ci! - d'un tarif artisan.

Ne seront plus reconnus que ceux et celles (les travailleurs culturels... donc les artistes, tout art confondu... mais aussi les professionnels et administrateurs qui œuvrent au sein des organismes) qui l'auront en main.

Ces cartes seront renouvelables à tous les ans, en septembre.
__________________________________________________

* Les compagnies et organismes participants pour cette année sont: Théâtre Mic Mac, Les Amis de Chiffon, La Rubrique, Les Têtes Heureuses, Théâtre C.R.I., Théâtre 100 Masques, Théâtre À Bout Portant et ManiganSes.