dimanche 2 octobre 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 2 au 8 octobre 2011)


Image tirée de l'ouvrage cité dans le billet d'hier.

Nouveau petit survol sur les activités théâtrales de cette nouvelle petite semaine qui débute aujourd'hui... aujourd'hui étant aussi le dernier jour du Salon du Livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de cette édition (quasi fantôme!) des Journées de la culture.

Jeudi à samedi - 6 au 8 octobre 2011
Petit Théâtre (UQAC), 20h

Erika Brisson termine sa maîtrise en art en présentant son projet de fin d'études (sur la présence de l'interprète), Le Bain de Jean-Luc Lagarce où elle interprète le seul rôle de la pièce (avec, cependant, une autre présence sur scène, celle du danseur Jean-Philippe Sisla), dans une mise en scène d'Élaine Juteau. Le Bain, c'est le récit d'un adieu à l'être cher qui se meurt.

Jeudi - 6 octobre 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

La Rubrique reçoit Au champ de mars, une production du Théâtre de la Manufacture sur un texte de Pierre-Michel Tremblay et une mise en scène de Michel Monty. Éric, un jeune soldat de retour d’Afghanistan, est en état de choc post-traumatique. Il consulte une psychiatre, Rachel, qui souffre pour sa part de fatigue de compassion. Pour se changer les idées, elle s’inscrit à un cours de clarinette et découvre que son professeur est un extrémiste pacifiste. Rachel met Éric en contact avec Marco, un réalisateur de films à succès en burn-out qui rêve de faire un grand film de guerre en s’inspirant de l’histoire d’Éric. Et puis, il y a aussi un certain sergent, plutôt envahissant, qui s’immisce dans la vie d’Éric quand bon lui semble... Ce résumé omet un détail important: il s'agit là d'une comédie satirique comme ce Tremblay peut le faire.

Vendredi - 7 octobre 2011
Théâtre Palace (Arvida), 20h

Diffusion Saguenay reçoit (et offre à un coût d'entrée de 44$...) Motel des Brumes: Dans le brouillard marin du Bas-St-Laurent, une légende fait son chemin. On raconte que d’étranges phénomènes se produisent dans un motel niché sur le bord d’une falaise. Dans les embruns du fleuve surgissent des ombres, on y entend des voix. Préparez-vous à entrer dans un monde fantastique, un endroit où tout peut arriver, où les objets disparaissent sous vos yeux, où d’étranges personnages font leur apparition. Préparez-vous à entrer dans de nouvelles dimensions, du jamais vu au théâtre, là où se mélangent humour et émotion, avec une touche spectaculaire de magie. Préparez-vous à entrer au seul et unique Motel des Brumes. Il s'agit là, si je me fie à mes recherches, d'une production du Théâtre de l'hirondelle sur un texte de Jacques Diamant et une mise en scène d'André Robitaille (avec, notamment, Pauline Martin).
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Selon mes connaissances, c'est tout. Mais si jamais j'oublie quelque chose, on peut le faire savoir via les commentaires.

samedi 1 octobre 2011

Déjà, les critiques...



Cette définition de la (et du!) critique théâtrale pourrait avoir été écrite de nos jours... et semble relater une situation qui prévaut aujourd'hui: la mutation de la critique en compte-rendu; la rapidité avec laquelle doivent être écrits ceux-ci; le manque de profondeur, d'analyse; etc.

Pourtant, ce petit extrait est tiré du Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s'y rattachent d'Arthur Pougin... en 1885.



En cliquant sur la page titre du livre, on se retrouve sur sa numérisation par Google Book

Décidément, il est de ces éléments du théâtre qui deviennent désespérants dans leur immobilité dans le temps...

vendredi 30 septembre 2011

Quand s'arrête le travail d'un metteur en scène?


La question m'a été posée, de façon plus personnelle, sur mon opinion, il y a quelques jours, par une collaboratrice à venir. Pour ma part, j'estime que ce travail ne se termine pas avec la première mais, au contraire, s'amplifie jusqu'à la dernière... et même au-delà. Parce qu'à mon avis, chaque metteur en scène a l'obligation morale de revenir sur sa production dans une analyse rigoureuse et franche.

Feuilletant de nouveau dans les Écrits sur le théâtre (tome II, p.279) de Meyerhold (que ferais-je sans lui...), je viens de tomber sur ce passage qui répond de même:

Le metteur en scène a construit le spectacle; cette construction terminée, il se retire d'ordinairement pour se reposer, il considère son travail comme achevé. Nikolaï Nikolaïevitch Evreïnov [...] disait toujours: «Tout ce que je demande, c'est de mener le spectacle jusqu'à la première, et après, je ne mets plus du tout les pieds au théâtre.» Cela a éveillé mon intérêt. Pourquoi fuit-il ainsi la suite de son travail? Pourquoi ne reste-t-il pas au théâtre et ne considère-t-il pas que son travail, au fond, ne fait que commencer? Il répond: «C'est que quand je pars, part avec moi, en ma personne, un chef d'orchestre. Comme je ne peux pas diriger effectivement mon spectacle, rester ne servirait qu'à me rendre malheureux. Car je verrais mon projet initial s'éparpiller peu à peu aux quatre vents.»

[...] Qu'un metteur en scène considère son travail comme achevé dès la première représentation, voilà qui est dangereux. Car, pour le metteur en scène, la partie la plus importante de son travail commence quand il tient compte de la salle pour laquelle il construit son spectacle.

C'est un travail très compliqué. La modification de certains détails de la construction, la prise en compte du temps et celle des réactions de la salle, l'état dans lequel se trouve l'acteur sur scène, les sérieux ennuis qu'amènent parfois des jeux de scène construits de façon peu commode pour l'acteur, tout ce qui se révèle surtout lors des représentations et non pas aux répétitions - autant d'éléments qu'il faut prendre en considération et dont il faut tenir une sorte de relevé.

jeudi 29 septembre 2011

«Il faut qu'une porte...»... [Carnet de mise en scène]


Après la reprise de La Défonce, au Théâtre Mic Mac (enfin, à Mont-Laurier et aussi à Orsay... il est si bon de le dire!), je m'apprête à remettre en chantier, reprendre les répétitions de ce qui fut, il y a six ans, mon projet de fin de maîtrise en vue de sorties... Un travail stimulant parce que mûri. Un travail approfondi sur de nouvelles bases, de nouvelles réflexions, de nouvelles connaissances.

Il s'agit d'une version démonstrative d'Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'après Alfred de Musset définissant un certain type de jeu (à partir de Meyerhold... quelle surprise!) . Une petite pièce en un acte... ou plutôt, un proverbe dramatique. Tout le texte originel a été nettoyé de ses accents romantiques, historiques, de sa dentelle stylistique pour ne garder qu'une mécanique de valse-hésitation, de duel verbal entre deux personnages dépersonnalisés. Un texte amusant sur la superficialité de l'amour, sa futilité et son aveuglement...

Cette reprise se fera sous l'égide du Théâtre 100 Masques (avec quelques représentations tout au cours du travail...) avec essentiellement la même équipe réduite qu'à l'époque: Isabelle Boivin et Marc-André Perrier.

LA FEMME
[...]Qu’est-ce que signifie cette chose-là : faire la cour à une femme ?

L’HOMME
Cela signifie que cette femme vous plaît, et qu’on est bien aise de le lui dire.

LA FEMME
Et cette femme, cela lui plaît-il, à elle, de vous plaire ? Vous me trouvez jolie, je suppose, et cela vous amuse de m’en faire part. Eh bien, après ? Qu’est-ce que cela prouve ? Est-ce une raison pour que je vous aime ? La belle manière de se faire aimer que de venir se planter devant une femme, de la regarder des pieds à la tête, comme une poupée dans un étalage, et de lui dire bien agréablement : Madame, je vous trouve charmante ! Joignez à cela quelques phrases bien fades, et un cornet de bonbons, voilà pourtant ce qu’on appelle faire la cour. Cela me met en colère quand j’y pense.

L’HOMME
Il n’y a pourtant pas de quoi se fâcher.

LA FEMME

Ma foi, si. Il faut supposer à une femme une tête bien vide et un grand fonds de sottise, pour se figurer qu’on la charme avec de pareils ingrédients. Il me semble, en vérité, que, si j’étais homme et si je voyais une jolie femme, je me dirais : Voilà une pauvre créature qui doit être bien assommée de compliments ; je l’épargnerais, j’aurais pitié d’elle, et, si je voulais essayer de lui plaire, je lui ferais l’honneur de lui parler d’autre chose que de son malheureux visage. Mais non, toujours : « vous êtes jolie, » et puis « vous êtes jolie », et encore jolie. Eh ! mon Dieu, je le sais bien.


L’HOMME
Eh bien ! madame, vous êtes charmante, prenez-le comme vous voudrez.
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Voici la description concrète de ce spectacle qui a fait l'objet de l'essai (qu'on peut lire en suivant ce lien) et qui servira de matière première au travail à venir...

Écrite en 1848 par Alfred de Musset, la pièce en un acte Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée est, en fait un proverbe dramatique. Cette forme particulière n'était, à ses débuts au XVIIIième siècle, qu'un divertissement de salon, où les acteurs se prêtaient au jeu de faire deviner aux spectateurs le proverbe qu'illustrait l'intrigue. Musset a su, en son temps, faire évoluer le genre et en faire de petites pièces brèves, calculées suivant une mécanique interne forte que supportaient le texte et ses tribulations. Presque un prélude aux vaudevilles qui suivirent.

Cette pièce raconte (du moins dans la forme scénique dont il est ici question) la rencontre orageuse entre une marquise blasée et un comte entreprenant. S'ensuit un huis clos tendu, véritable duel de conceptions amoureuses, entre glace et feu, où chaque mot risque de tout faire éclater et où chaque rapprochement ne se fait qu'en fonction de mieux cibler l'autre. C'est une «valse-confrontation » entre départs fracassants et retours inopinés. Esquisse caricaturale de l'indifférence, de l'insistance et/ou de l'opportunisme qui déterminent parfois les échanges interpersonnels.

La pièce, d'une vingtaine de minutes, est jouée sur un plateau central, carré (360cm x 360cm) et surélevé (105cm). Noir, celui-ci ne supporte qu'un seul accessoire : un cube noir servant de banc (60cm x 60cm x 120cm). Les costumes des personnages, simples, sont également noirs. Quatre sources lumineuses seulement éclairent la scène. Le public est libre de circuler tout autour de l'aire de jeu.

À noter qu'une première ébauche de la production a été présentée devant public les 8 et 9 décembre 2004 au Studio-Théâtre de l'UQAC, avant d'être présentée dans sa forme finale les 15-16 et 17 mars 2005, toujours au même endroit.

mercredi 28 septembre 2011

Des libellules et hommes


La Rubrique a bellement lancé sa saison hier soir en recevant le Théâtre PàP et sa mouture (créée en mars 2011) de The dragonfly of Chicoutimi de Larry Tremblay... à mille lieues de celle de l'auteur présentée en 1999 avec la magistrale interprétation de Jean-Louis Millette.

Sur scène, cinq cases suspendues - comme tout autant d'univers évoqués tels l'intérieur domestique, l'atelier underground, la classe, la cabane de bois et l'espace aseptisé - bordées sur la droite et au sol par un large rideau bleu. La rivière Saguenay? Peut-être. Mais aussi le théâtre. Car chacune a aussi sa résonance dans les mots mêmes prononcés... et ne sont, au fond, malgré leurs spécificités, qu'une seule énonciation d'un univers plus grand et plus troublant: celui de Gaston Talbot dont l'identité est toute aussi complexe qu'irréelle, romancée, fausse.

Cinq cases pour cinq comédiens - Dany Boudreault, Patrice Dubois, Daniel Parent, Étienne Pilon et Mani Soleymanlou - aux gestes précis, aux travail physique remarquable. Une certaine minutie parfois inégale mais toujours maintenue. Et la fascination de les observer travailler ensemble sans pourtant qu'ils puissent se regarder, se voir... tous enfermés qu'ils sont dans leur bulle respective. Une forme multiple, polyphonique et cependant infiniment parcellaire, moléculaire.

Cinq cases, cinq comédiens... et le texte éclate, explose, s'étire en une polyphonie fébrile. De monologue qu'il était, il devient un matériau choral intense, une joute verbale de l'un à l'autre, de lui à lui. L'effet est saisissant et la clarté du discours est surprenante. Étrangement, ce qui frappe le plus, c'est la portée comique de cette pièce accentuée notamment par toutes les références saguenéennes qui faisaient mouche à tout coup. L'aspect comique de cet anglais pétri de syntaxe francophone. La légèreté naïve. Puis peu à peu, ce côté (très appuyé en début de représentation) s'efface pour laisser la place au drame qui se joue par delà la narration d'un cauchemar et de souvenirs d'enfance: le déficit d'identité, celui d'un homme qui ne se construit, de fictions en fictions, que par détours de l'esprit et trituration de la vérité. Le malaise.

Dramaturgiquement, scéniquement et esthétiquement, la mise en scène de Claude Poissant remporte largement son pari et réussi ce qui pouvait sembler impensable: faire oublier (du moins, s'écarter de!) la version originale... même ici avec ce que cette première expérience avait eu de charge émotive.

Bien que des bémols surgissent (comme le découpage parfois questionnant par la musique et l'éclairage ou comme l'utilisation des micros et du traitement de la voix), l'ensemble soutient efficacement l'intérêt. Comme un exercice de style (sans le côté péjoratif!) de haut niveau.
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D'autre part, je déplore la bruyance de l'assistance au cours de la représentation d'hier. De ces nombreux bancs qui craquent. De ces chuchotements qui émergent de la masse. De ces papiers et programmes qui tombent. De cette toux qui ne cessent. C'est courant, je sais... Mais il me semble qu'hier, la mesure était dépassée. Principalement par le groupe d'étudiants (manifestement) à ma gauche. À quand un cours sur Comment assister à un spectacle en tout respect des autres spectateurs?

mardi 27 septembre 2011

De la dramaturgie


Ce schéma est la synthèse de ma réflexion en cours à la lecture de l'ouvrage de Joseph Danan, Qu'est-ce que la dramaturgie? dont j'ai parlé il y a quelques jours... Une synthèse encore en construction, bien entendu... mais qui illustre somme toute, pour l'instant, assez bien ce que ce que je crois saisir...

En fait, la définition de la dramaturgie se ferait à trois niveaux... Le premier étant la création même du texte, de sa structure. Le second étant celui de la constitution du savoir autour de ce texte (un savoir de divers ordres). Le troisième (et plus important!) recouvre ces deux premiers points pour en venir à une description plus complète: la dramaturgie est le processus, le passage de la matière vers la forme, l'interprétation.

C'est donc du texte à la scène... de la littéralité (voir plus bas) à la théâtralité.

Bon. Ça demande encore un peu de polissage. De la nuance. De l'argumentation. C'est peut-être aussi tout à jeter... et c'est là le beau de la réflexion théorique!
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En réponse à un questionnement d'Anick Martel à savoir si, dans le graphique et dans l'explication, il s'agit bien de littéralité et non pas plutôt de littérarité:

Euh... bonne question complexe!

LITTÉRARITÉ (selon wikipédia)

La littérarité est le caractère qu'une œuvre a d'être littéraire, d'appartenir à la littérature. De nombreux théoriciens et poéticiens se sont essayés à la définition de ce concept sans parvenir à un résultat convenable. Néanmoins, deux grandes tendances sont perceptibles : d'une part, une approche formelle. La littérarité est alors à chercher au niveau du texte même, dans la densité des figures utilisées, dans le soin apporté à la rythmicité de la phrase, etc. D'autre part, une approche subjective dépendante de jugement de valeur variable selon les époques et les pays et qui se perçoit de façon proportionnelle au plaisir que provoque la lecture. Dès lors, la littérarité est un simple statut accordé aux œuvres.

LITTÉRALITÉ (selon Sarrazac)

Contre un théâtre dont l'enjeu esthétique était de représenter le réel, le principe de littéralité affirme la présence, la matérialité des éléments qui constituent la réalité spécifique du théâtre. Dès 1926, Artaud se propose de rompre avec le principe d'analogie qui, de la mimésis aristotélicienne au réalisme du XIXième siècle, régissait la représentation théâtrale: «les objets, les accessoires, les décors même qui figureront sur la scène devront être entendus dans un sens immédiat, sans transposition; ils devront être pris non pour ce qu'ils représentent mais pour ce qu'il sont en réalité».

Donc dans le graphique ci-haut , je crois qu'il s'agit effectivement de littérarité et non de littéralité... soit passer du texte à la scène...

bien qu'à mon avis, le concept même de la dramaturgie est de faire passer de la littéralité (ce qui est là au présent, brut... bref, la littéralisation du texte quand il y en a un...) à la théâtralité (ce qui est pensé, signifié).

lundi 26 septembre 2011

Public responsable

Spectateurs Du Théâtre par Henri Lachieze-Rey (1971)
Image tirée du site de vente www.arcadja.com

Quelques mots de Michael Tchekhov (le comédien neveu de l'autre...) sur le public pigés dans L'Art du théâtre d'Odette Aslan... des mots qui parfois pourraient être dits par les praticiens d'ici et d'ailleurs. Comme quoi, dans ce beau monde théâtral, certaines choses sont appelées à ne pas changer!

[...] Les devoirs de l'acteur envers le public sont grands, mais le public a, lui aussi, certains devoirs envers l'acteur. J'ai souvent constaté que, tel soir, étant donné la composition de la salle, le spectacle était moins bon qu'il n'aurait dû, uniquement parce que les spectateurs (ou plus exactement, une partie des spectateurs) n'avaient pas été assez attentifs au début de la représentation. L'acteur est tout particulièrement sensible à l'instant où s'ouvre le rideau. C'est alors qu'il reçoit le premier message de la salle, et ce message est souvent désolant, parce que le public «n'est pas prêt». Qu'il en soit ou non conscient, l'acteur perd de ce fait sa force. En participant au spectacle, le public peut en élever la qualité comme il peut l'abaisser par un calme excessif et une attente passive d'impressions. Il faut que le public éprouve le désir de voir un bon spectacle, et, s'il le désire, ce sera un bon spectacle. Une représentation n'implique pas seulement la présence d'acteurs, mais aussi celle d'un public.

dimanche 25 septembre 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 25 sept. au 1er oct. 2011)


Nouvelle tournée des activités théâtrales hebdomadaires au Saguenay-Lac-Saint-Jean... Peut-être ne sont-elles pas nombreuses, mais au moins, elles sont. Profitons-en!

Mardi - 27 septembre 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

La Rubrique reçoit le Théâtre PàP et la nouvelle mouture de The dragonfly of Chicoutimi concoctée par Claude Poissant qui fait de ce long monologue d'un homme qui se réveille un matin et qui parle anglais (enfin, un anglais de base calqué sur le français) un spectacle choral pour cinq acteurs. La création de ce texte de Larry Tremblay avait fait sensation avec l'interprétation de Millette... et cette nouvelle version a elle aussi reçu de nombreux éloges. À voir.

Jeudi - 29 septembre 2011
Salle La Tourelle (Cégep d'Alma), 20h
et
Vendredi - 30 septembre 2011

Salle François-Brassard (Jonq.), 20h

L'Auditorium d'Alma et Diffusion Saguenay reçoivent La déraison d'amour, une production du TNM (si je ne me trompe pas, en collaboration avec le Trident de Québec...) créée à partir de la correspondance d'il y a 400 ans entre Marie Guyart (connue sous le nom de Mère Marie de l'Incarnation) et son fils Claude Martin, resté en France. Ce long monologue est porté avec brio (de ce qu'en ont dit les critiques) par Marie Tifo. Encore une fois, si je ne me trompe pas, c'est Michel Gauthier qui a signé les décors de ce spectacle. Un autre moment théâtral qui a fait sensation.

De jeudi à dimanche - 29 sept. au 2 octobre 2011
Centre des congrès (Holiday inn, Jonq.), horaire variable

C'est le Salon du Livre! Le grand événement de la rentrée culturelle! Et au cours de ces journées, quelques rencontres aux accents théâtraux sont à noter: rencontres d'auteurs, lectures par des comédiens d'ici, etc. Toute la programmation est là.

Voilà. Ça fait à peu près le tour de ce qui se passera dans les prochains jours. Si j'oublie des trucs, on peut les inscrire dans les commentaires.

samedi 24 septembre 2011

Dernière acquisition



Depuis quelques mois, j'ai grandement augmenté (vive les commandes à la Librairie Les Bouquinistes!) le volume de ma bibliothèque théâtrale... d'une part pour combler les besoins relatifs à ma recherche doctorale... d'autre part parce que j'aime lire et que je suis curieux de nature.

Ma dernière acquisition (qui date de jeudi dernier) consiste en ce petite bouquin (à peine 70 pages) dont j'ai mis la couverture en illustration. Ce petit livre m'est recommandé depuis quelques temps déjà et pose une question - qu'est-ce que la dramaturgie? - dont les réponses, comme souvent au théâtre, demeurent toujours un peu vagues, conceptuelles, hermétiques...

Alors qu'est-ce que la dramaturgie? Danan en donne, dès le départ, quelques définitions glanées ça et là:
  • de Jean-Marie Piemme: La notion de dramaturgie a des résonances extrêmement vastes. À son sens le plus large, elle témoigne de tout élément théâtral élaboré dans la dialectique d'un objet à voir et d'un regard pour le saisir installe l'ordre du sens, de la signification. [...] Si la dramaturgie est de cet ordre où tout signifie, on comprend que, du théâtre, elle englobe le texte, c'est évident, mais aussi le spectacle, son bâtiment, son rapport au public, sa mise en scène, son jeu, sa lumière, etc. [...] C'est pourquoi on peut parler de la dramaturgie d'un texte, d'un spectacle déterminé mais encore, par exemple, d'une dramaturgie de la scène à l'italienne ou même d'une disposition dramaturgique d'un théâtre dans l'espace architectural d'une ville.
  • de lui-même, en synthèse: Dans son premier sens, la dramaturgie serait donc «l'art de la composition des pièces de théâtre» [...] En ce qui concerne son deuxième sens, dit moderne, [...] je proposerais: «Pensée du passage à la scène des pièces de théâtre».
  • de lui-même, en synthèse de la Dramaturgie de Hambourg de Lessing: Sa dramaturgie n'est pas un système (clos) de règles visant à dire comment il faut écrire des pièces, mais une pratique (ouverte) visant à questionner et à produire de la pensée. Cette pratique repose sur l'activité critique.
J'en suis encore là (la pose de repères) dans cette lecture qui promet en détours, nuances, contradictions, redéfinitions. Chaque notion théâtrale (comme celles de la théâtralité et de la performativité) ne peut manifestement pas être simple. Circonscrite. Claire.

Et c'est ce qui est stimulant: construire sa propre pensée à travers une multitude d'autres. En attendant, pour entendre et voir l'auteur (Joseph Danan) expliquer son ouvrage et le sujet lors d'une conférence, suivre ce lien.




vendredi 23 septembre 2011

It's wonderful... but...

Réaction épidermique, ce matin, entre deux gorgées de café, en lisant le Quotidien (cet article là pour être plus précis)... on y lit, sous la plume de Denis Villeneuve: Les citoyens qui croient que Promotion Saguenay fait fausse route en misant sur l'accueil des touristes de croisière avec des personnages de La Fabuleuse Histoire d'un Royaume se trompent. [...] Pour certains, accueillir les touristes avec des personnages habillés à l'ancienne avec présence d'une érablière, d'un camp de bûcheron, d'une tente amérindienne avec feu de camp relève d'un lointain folklore. Eh bien j'en suis! Je persiste et signe.

Oui, il est important de bien accueillir les gens chez soi... et il en va de même des touristes qui accostent au quai d'escale à La Baie. Je l'admets volontiers.

Cependant, là où les choses se gâtent, c'est l'empressement à accueillir ces visiteurs comme des êtres exceptionnels... par des personnages aux accents folkloriques poussiéreux!

Les touristes aiment ça? Oui, puis après. L'intention première est bonne et valable. Discutable est le moyen privilégié. La différence est grande entre offrir un accueil de qualité ou offrir un accueil de colonisé.

Un faux indien emplumé, une femme au bonnet et à la robe faite en nappe, un scieur de pitoune... Sur les planches, ça marche. Mais sur un quai? Ce glissement vers une représentation de la vie est mauvaise et même plus: elle est gênante! La gigonnerie élevée au rang de carte de visite.

Que la ville se donne un grand spectacle historique est une chose. La Fabuleuse a une réelle valeur touristique. Tant mieux. Mais que des éléments de ce spectacle soient sortis de leur contexte et servent d'image de marque en est une autre.


jeudi 22 septembre 2011

Le mal nécessaire...

Je sors d'une rencontre avec un éventuel partenaire financier du Théâtre 100 Masques... ce genre de rencontre où, en quelques minutes, il faut vendre l'idée qu'appuyer un organisme culturel - le nôtre en l'occurence - est rentable et bénéfique pour eux sans trop se perdre dans les dédales administratifs... Après tout, nous sommes dans un champ résolument artistique. En quelques minutes, il faut tout mettre sur la table: les bons coups comme les écueils que nous rencontrons; les projets passés, en cours et à venir; les perspectives de développement; et le soutien qu'il nous faut nécessairement trouver pour maintenir le cap. Voilà la partie qui occupe la majeure partie de mon temps depuis le retour des vacances. La saison rouge (heureusement notre compte bancaire est encore loin de cette couleur!) est synonyme de financement: les partenariats à fonder ou à renouveler, les demandes de subventions à compléter, les prévisions budgétaires à ajuster, les campagnes de levées de fonds à préparer... La structure de la compagnie demande du temps, oui. Mais plus le fonctionnement se consolide, plus la structure est autonome, bien tenue et bien alignée... et le plus elle devient un formidable outil de création.

mercredi 21 septembre 2011

The dragonfly of Chicoutimi... prise 2!

Je poste ici la publicité de la prochaine production qui visitera (mardi le 27 septembre) les murs du Théâtre La Rubrique, The dragonfly of Chicoutimi de Larry tremblay, seconde mouture par le PàP (et de Claude Poissant)...




Pour la petite histoire locale, il faut se rappeler que la première version de cette pièce, mise en scène par l'auteur, mettait en vedette Jean-Louis Millette et que les deux dernières représentations de ce spectacle (et les deux dernières fois où le comédien montait sur scène) ont été donné ici, au Saguenay, lors de l'inauguration officielle du Pavillon des arts de l'UQAC à l'automne 1999. Quelques jours plus tard (deux ou trois, tout au plus...), l'auguste interprète est décédé subitement. Depuis, plusieurs se plaisent à penser que son fantôme a choisi le Petit Théâtre comme demeure...

Cette seconde version fut un des éléments forts de la dernière saison montréalaise. Il sera donc bon de réserver les billets à l'avance, en téléphonant au 418-542-5521.