jeudi 17 septembre 2020
Un lien essentiel
mercredi 16 septembre 2020
«Dix Huis-Clos et +» en générale!
Nous serons en générale, ce soir, pour le projet théâtral concerté Dix Huis-Clos et +. Un retour en scène avec mes collègues après plusieurs mois d'arrêt. Un retour certes encadré par de nouvelles mesures sanitaires contraignantes... mais néanmoins retour!
Retour de la camaraderie (bien que distanciée et masquée). Retour des différentes visions du théâtre, des différentes pratiques, des différentes aspirations. Retour des projets esquissés pour plus tard. Retour des potins de coulisses!
Pendant ce temps, le Côté-Cour voit ses espaces occupés dans leurs moindres recoins. Ça bruisse. Ça bourdonne. Ça rit. Ça se questionne. Et petit à petit, dix univers - et tout autant de propositions esthétiques! - se sont installés tout au long d'un parcours déambulatoire:
Depuis six mois, le milieu théâtral régional s'est mis sur pause. Alors la fébrilité qui nous anime aujourd'hui à imaginer la rencontre très prochaine avec nos spectateurs est très grande!
Ce soir, générale...
Étrangement, tout collectif soit-il, ce projet voit chaque équipe relativement isolée et nous n'aurons pas la chance (du moins, dans cette première série de représentations qui débutent) de voir ce que font les autres! Mais ce n'est que partie remise!
lundi 14 septembre 2020
La définition taïrovienne du metteur en scène
dimanche 13 septembre 2020
Au théâtre, cette semaine [du 13 au 19 sept. 2020]
Même si le contexte actuel n'est pas propice à la profusion de spectacles, je reprends quand même du service pour faire, de façon hebdomadaire, le calendrier théâtral régional.
JEUDI, VENDREDI, SAMEDI, 17-18 ET 19 SEPTEMBRE 2020, AU CÔTÉ-COUR (JONQUIÈRE), DÉBUT DU CIRCUIT DÈS 19H30 (DÉPARTS TOUTES LES 10 MINUTES)
C'est la première semaine de représentations de Dix Huis-Clos et +. un projet issu de la concertation théâtrale! Le spectateur est convié à se promener à travers un lieu, pour partir à la découverte de 10 petites créations originales de compagnies d'ici (Théâtre CRI, Théâtre 100 Masques, Théâtre À Bout Portant, La Tortue Noire et le Théâtre du Mortier) et d'artistes indépendants (Marilyne Renaud, Bruno Paradis, Marie Gaelle Verspecht, Josée Gagnon et le duo Christine Rivest-Héneault et Marilou Guay. Un thème unit toutes ces présentations, d'autant que chaque prestation se fait dans un cadre fort intimiste: Le Dévoilement.
Chaque équipe occupe donc un local et les spectateurs, à coups de 4, se déplaceront de l'une à l'autre! Ce sera donc une opportunité unique de voir à l'oeuvre plusieurs acteurs du milieu!
Les billets sont en vente (avec, encore une fois, des départs à toutes les 10 minutes, l'accueil se fera sous l'égide de Clowns Noirs du Théâtre du Faux Coffre!) au coût de 15$ (plus les frais applicables) chez Diffusion Saguenay: 418-698-4080 ou diffusion.saguenay.ca
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Notez qu'il reste quelques jours avant le début des ateliers du Théâtre 100 Masques qui reprendront le 26 septembre au matin. Pour informations/inscriptions: 418-698-3895
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Je pense que c'est tout... mais il se peut fort bien que j'oublie des trucs! Alors n'hésitez pas à les ajouter dans les commentaires!
samedi 5 septembre 2020
Quand le théâtre se fait ratoureux...
Voici, bien expliquée dans ce petit entrefilet publié dans Le Courrier du Canada en ce 21 janvier 1885, la manière qu'ont trouvée les théâtres pour passer outre aux remontrances du clergé et pouvoir poursuivre leurs activités:
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Un projet théâtral concerté!
Dans quelques jours, les spectateurs d'ici auront la chance de constater la richesse de notre milieu théâtral (du moins d'une bonne partie de celui-ci) par ce projet ambitieux qui présentera 10 courtes créations, confiées à des compagnies ou des artistes indépendants de la région.
C'est pour ce projet que le Théâtre 100 Masques s'active actuellement à monter la courte farce médiévale La Confession Margot!
mercredi 2 septembre 2020
Théâtre : école du vice
Le Progrès du Saguenay du 4 novembre 1915, re-publie une opinion de M. Paul Doyon, de L'Action Catholique. Rien de bien nouveau sous le soleil...: la plupart des théâtres et certains livres sont mauvais pour l'âme...
mardi 1 septembre 2020
L'acteur et sa création...
Si quelqu'un me demandait quel est l'art le plus difficile, je répondrais: l'art de l'acteur.
Si quelqu'un me demandait quel est l'art le plus facile, je répondrais aussi: l'art de l'acteur.
[...]
Dans tous les autres arts le créateur (l'individu qui crée), le matériau, l'instrument et l'oeuvre d'art elle-même qui est l'aboutissement de tout le mécanisme de la création sont isolés les uns des autres; l'instrument, le matériau et l'oeuvre elle-même existent matériellement en dehors de la personnalité du créateur; c'est uniquement dans l'art de l'acteur que le créateur, le matériau, l'instrument et l'oeuvre d'art elle-même sont réunis organiquement en un seul et même objet, qu'ils sont devenus indissociables.
[...]
Vous êtes acteur. Vous (votre «moi») être un créateur qui conçoit et réalise une oeuvre de votre art, vous-même, votre corps (c'est-à-dire vos mains, vos jambes, votre tronc, votre tête, vos yeux, votre voix, votre langage) représentez les matériaux à partir desquels vous devez créer; c'est vous, vos muscles, vos articulations, vos cordes vocales, qui servez d'instrument nécessaire; c'est vous, c'est-à-dire toutes vos facultés individuelles au complet, incarnées dans l'image scénique, qui êtes finalement l'oeuvre d'art engendrée par toute votre activité créatrice.
Vous êtes tout, tout est en vous, tout passe par vous.
C'est là, je trouve, une fort belle description, une fort belle définition de l'art de l'acteur!
Bien que je ne sois pas un très grand fan d'Alexandre Taïrov (metteur en scène russe, directeur du Kamerny Theatre, de 1914 à 1949... et adversaire farouche de Meyerhold), je dois admettre qu'il a une belle façon de parler de l'acteur, du travail et de la recherche de l'interprète, fondement essentiel de sa pratique.
C'est qu'il place le comédien au centre de ses préoccupations: tant sa vie intérieure que l'extérieur qu'il présente au spectateur. Le contenant et le contenu.
Le tout est tiré du bouquin (p. 53) que je lis présentement: Le théâtre libéré.
lundi 31 août 2020
Le Phono-Cinéma-Théâtre
Lors de l'Exposition Universelle de Paris, en 1900 (voici, en lien, des articles promotionnels du Phono-Cinéma-Théâtre), Clément Maurice, l'un de inventeurs, présente de courts films, mettant en vedette les grandes stars scéniques de l'époque...
... comme Coquelin l'Aîné (biographie ici) dans la scène du duel de Cyrano de Bergerac (et ce serait le premier film alliant son et image):
Voici, en lien, la liste (du Catalogue des restaurations et tirages de la Cinémathèque française) des extraits qui ont été filmés par Clément Maurice et tout une histoire, par ailleurs fort intéressante, de la sauvegarde de ceux-ci.
dimanche 30 août 2020
L'art et la vie...
Dans ses écrits sur le théâtre (publiés en français sous le titre Le théâtre libéré), Alexandre Taïrov rapporte (p. 32) cette amusante anecdote:
Connaissez-vous la vieille fable d'Esope que Coquelin cite comme ayant été vécue? À la foire, un bateleur imita le grognement d'un cochon de lait et le fit si habilement que tous, transportés d'enthousiasme, se mirent à l'applaudir très fort. Alors, un paysan paria qu'il crierait aussi bien: il cacha sous son manteau un cochon de lait vivant et se mit à le pincer; le cochon, naturellement, poussa des cris perçants, mais on siffla le paysan. «Que voulez-vous! dit Coquelin, le cochon criait fort bien, sans doute, mais il criait sans art.»
[...] Il y a deux vérités, celle de la vie et celle de l'art. Certes, par endroits elles se recoupent, mais dans la majorité des cas la vérité de la vie est un mensonge dans l'art et, inversement, la vérité de l'art sonne faux dans la vie.
Le Coquelin en question est l'un des grands comédiens de l'histoire du théâtre (1841-1909). C'est lui qui sera le premier Cyrano de Rostand. Il sera de beaucoup d'autres créations illustres. Le portrait qui illustre ce billet (de Raimundo de Madrazo y Garreta peint en 1879) le représente dans le rôle de Don Cesar de Bazan du Ruy Blas de Hugo.
samedi 29 août 2020
Les archives théâtrales saguenéennes
Le théâtre est éphémère et du coup, sa mémoire (à long terme) pose un sérieux défi de conservation. De décennies en décennies, que de noms, que de troupes, que de projets sombrent dans l'oubli.
Pourtant, chaque projet, chaque production, chaque événement laisse dans son sillage des documents papiers (photos, affiches, programmes, croquis, budgets et demandes de subventions), un dossier de presse, une captation. Souvent, tout est là: de l'idéation à la réalisation en passant par les crédits des artistes et partenaires. Une solide mine d'informations plus souvent qu'autrement inaccessible (parfois inconnue quand il s'agit de spectacles plus anciens)... ou, à tout le moins, dispersée! Une partie de celle-ci est assurément disparue...
Le tout est rangé tant bien que mal dans des classeurs, des boîtes... chez d'anciens participants (pour les troupes aujourd'hui disparues) ou au sein d'organismes qui manquent de plus en plus d'espace. Et le temps fait son oeuvre... aidé parfois par des envies de ménage et de soulagement spatial!
Chacun (artiste et organisme) pourrait s'ouvrir un fonds d'archives, il va de soit.
Mais il pourrait aussi y avoir plus...
J'ai déjà évoqué (et d'autres aussi) la création d'un fonds d'archives pour le théâtre régional (ceci dit, il en existe déjà certains). Un fonds d'archives constitué en concertation. Un fonds d'archives créé et entretenu par des professionnels, dans des conditions professionnelles.
Dans un monde idéal, ce fonds pourrait contenir de multiples sources:
- de nombreux documents: photos, affiches, programmes, croquis, budgets et demandes de subventions, captations (sur différents supports dont plusieurs seraient à numériser!);
- ceux des troupes anciennes (plus difficiles à récolter, mais certaines personnes ont encore de ces éléments au fond d'un album ou dans une boîte à souvenir);
- ceux des compagnies actuelles, actives ou non;
- ceux d'artistes indépendants et de concepteurs;
- ceux des institutions scolaires (université, cégeps, séminaire, polyvalentes);
- des entrevues avec des artisans, des artistes de la première heure pour garder une trace tangible de l'histoire;
- des artéfacts (comme des costumes significatifs, des accessoires remarquables, des maquettes);
- une liste faisant la recension de fonds théâtraux déjà existants et les liens pour y accéder.
Le but serait d'abord de réunir une masse d'informations (la plus exhaustive possible) sur le milieu théâtral régional tout en permettant une préservation optimale des souvenirs d'un milieu dynamique. Par la suite, par son accessibilité, ce fonds serait disponible pour les chercheurs, les historiens intéressés à dresser l'évolution de la pratique théâtrale ici en région éloignée... à tracer les contours de sa professionnalisation, par exemple... Enfin, d'un point de vue romantique (!), ce serait aussi donner à ce qui se fait aujourd'hui et ce qui se fera demain, un ancrage historique, une continuité.
Comme artistes, comme praticiens, comme organisations, il est de notre responsabilité de nous assurer de mettre en place les mécanismes nécessaires à une transmission de la mémoire théâtrale...













