mardi 19 août 2008

«Qu'est-ce que la poétique de l'art de l'acteur sur le plateau?»

Didier-Georges Gabily

Cette question (poétique dans le sens de technique), d'une complexe banalité, est posée par Didier-Georges Gabily (un metteur en scène contemporain bien en vue en France) à la page 378 de ce fameux livre sur les répétitions (bien justement titré Les Répétitions) dans lequel je suis plongé à temps partiel depuis... oh... depuis que je subis un état proche des vacances et auquel je fais référence dans ce blogue depuis quelques temps.

Bien entendu, il y a autant de réponses à cette interrogation qu'il y a de façons de faire et de metteurs en scène:

[L'acteur] n'est pas l'acteur de lui-même. Il est l'acteur d'une langue et puis après cela d'une poésie de plateau. Il y a un Autre immense sur le plateau: ce n'est pas le spectateur, c'est le plateau! S'ils (les acteurs) n'apprennent pas à le respirer, s'ils sont trop dans la peur, il y a une chose qui est coupée absolument.

Les meilleures réponses (d'ailleurs, il s'agit, un peu plus haut, de celle de Gabily) devraient être celles des comédiens... j'imagine. Moi, je réfléchis encore.

lundi 18 août 2008

Le «Clown» nouveau est arrivé!


Ça y est, c'est lancé!

Attendu par un peuple fébrile et vendu d'avance, nouveaux messies théâtraux de ce milieu athée, le Théâtre du Faux Coffre présente enfin, jusqu'au 6 septembre (pensez à réserver... car les places devraient s'envoler rapidement!) Barabbas dans la Passion, les origines du premier clown noir.

Spectacle de transition lente mais certaine vers un théâtre sans les Clowns (après tout, n'ont-ils pas été capturés à la fin de Roméo et Juliette...)? Rentreront-ils bientôt dans le moule?

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Avec Barabbas, les Clowns noirs font, cette fois, selon leurs dires, du vrai théâtre: pas de révolte directe (outre une introduction improvisée), pas de mise en contexte élaborée (outre les consignes d'usage, fort réussies)... et surtout, pas d'histoire mettant en vedette ce quinquet pour le moment quatuor. Les Trac, GrossoModo, Diogène et Piédestal ne sont là qu'acteurs, rien de plus! Aux oubliettes la brigade anti-culture (outre Stephen Harper)! Ils se paient le luxe, maintenant un peu subventionnés, de se faire mettre en scène et d'avoir un régisseur.

Que reste-t-il donc, alors, de l'esprit anarchique de ce groupe hors du commun? Beaucoup... différemment exprimé.

Ce spectacle est composé d'une histoire complète et autonome un peu à l'instar de La Farce de Maître Pathelin. À une (grande!) différence près: cette fois-ci, à part un numéro prophétique, les Clowns n'apparaîtront pas et laisseront toute la place aux personnages de la fiction. Pas d'interruption. Pas de décrochages qui ont contibué à la renommée du Faux Coffre.

Le texte de Martin Giguère ne leur fait pas de cadeau. Le but est manifestement ailleurs. De retour (après Job et Onan) dans une relecture biblique, entremêlant comme lui seul sait le faire les mythes et les événements, campant des personnages plus grands que nature, forts tout autant que fragiles, l'auteur crée une fable évangélico-théâtrale autour de la naissance de leur noir ancêtre dans un contexte christique: la naissance de Barabbas; dans l'intimité de Ponce Pilate; aperçu du songe prophétique de Claudia; les marchands du temple; les noces de Cana; la Passion; les miracles, etc. Bourré de références cultuelles et culturelles qui attiseront de plus en plus le plaisir du spectateur, ce texte (où l'on apprend naïvement que Jésus soupa chez Zachée...) est, en quelque sorte, le principal atout de ce spectacle.

Jérôme Sauvion a, quant à lui, eu pour mission la tâche un peu écrasante, de donner forme à cette matière, de reprendre en main une formule déjà éprouvée et de mettre en scène ce nouvel opus. L'effet obtenu est intéressant... surprenant et intéressant. Une mise en place plus ramassée (qui se bonifiera sans doute avec les représentations) et plus précise (d'autant plus que les Clowns n'ont pas à s'occuper de la technique... ce qui en même temps, brise un peu leur magie...), un jeu plus contrôlé (sur des bases, encore une fois, solides et assurées par chaque acteur), bref, un souffle nouveau. Une fougue apprivoisée... que doivent désormais apprivoiser les principaux intéressés.

D'autant plus que l'espace et la technique se complexifient. Après trois ans de jeu et d'exploitation d'une caisse en bois et de multiples accessoires, place aux décors! Un grand (et superbe) rideau de toile bleu, des praticables empilés recouverts d'une bâche, un carré de sable, une chambre à coucher romaine... et divers effets lumineux. L'imagination ne cède encore rien aux contingences du texte... toutefois, le tout se fait avec une propreté nouvelle, une cohésion d'ensemble, une réflexion passant par le même et unique oeil extérieur qu'était le metteur en scène.

Les performances des acteurs sont toujours à la hauteur et procurent encore et toujours au spectateur des rires, des attentes et une joie sans pareille. Trop en parler, dans ce cas-ci, serait trop en dire... Toujours est-il qu'il y a là une jouissance à les voir se faire succéder les personnages plus tordus les uns que les autres. Parmi eux, Christian Ouellet, le Barabbas originel, tire son épingle du jeu avec une aisance et une chimie qui se marient bien avec ses encombrants compagnons.

Oui, Barabbas dans la Passion marque un tournant (durable?) pour les Clowns noirs. S'effaceront-ils de plus en plus pour laisser un jour la place à leurs alter ego? S'assagiront-ils? À suivre... (À lire aussi, sur le blogue de Joël Martel, Le HD, c'est le théâtre)

dimanche 17 août 2008

Quand la culture perd des plumes...


Les nouvelles culturelles se sont littéralement bousculées cette semaine... et ça continue!

Après les annonces successives de coupures sauvages, l'honorable Ministre du Patrimoine canadien, Madame Josée Verner est sortie de son mutisme pour tenter de calmer le jeu... Pendant ce temps, la Ministre de la Culture et des Communication, la très débutante Christine Saint-Pierre lui répond par une missive un peu passive (tiens, la rime est riche! du moins plus que la Culture elle-même...). Le M.A.L. sort de ses gonds. Et l'autre Stéphane canadien, le Dion, reprend le thème à des fins pré-électoralistes (au moins, le sujet surgira-t-il enfin dans le véritable domaine politique... même si le leader est urticairisant!) pour mousser la candidature de son astronaute de candidat.

Pendant ce temps, voici ce qu'écrit Odile Tremblay, dans un édito de la section Culture du Devoir de ce samedi:

ANDOUILLE À ABATTRE

Osons un doute... Et si Stephen Harper n'avait pas pris la peine d'assister à la cérémonie d'ouverture des jeux de Pékin moins pour des motifs politiques que pour ne pas être obligé de se farcir un spectacle au complet...

[...] Sa politique culturelle apparaît aussi cohérente qu'implacable! Contrôler le contenu des oeuvres, éradiquer les têtes trop marginales, inféoder l'art aux visions du parti, comme, sous d'autres horizons, aux heures triomphantes du réalisme socaliste ou du maccarthysme, étouffer les voix fragiles de la relève et de l'expérimentation, empêcher la transmission du savoir, couper les routes de diffusion. [...] Retour à la censure, mais aussi haro sur la culture en général, si ce n'est à des fins de propagande et de divertissement.

[...] Aucune Ministre du Patrimoine, aussi éteinte soit-elle, ne peut en son for intérieur approuver la dislocation des structures culturelles sous sa gouverne, et on a peine à avaler ses arguties. Les directives doivent passer par-dessus la tête d'une ministre de paille, que son chef brûle politiquement comme chair à canon.

[...] Les protestations du milieu artistique à l'égard des suppressions de programmes d'Ottawa se révèlent particulièrement virulentes au Québec. et pour cause... Nous voici les premières victimes des coupes à blanc.

La rogne contre le Québec ne serait pas étrangère à certaines de ces compressions sauvages, de fait. Jean-Paul Picard, le responsable du secteur des arts de la performance chez le bientôt aboli PromArt confiait cette semaine au Globe and Mail que le programme était de toute façon déséquilibré parce que les fonds avaient surtout été versés à des créateurs du Québec. [...] Théâtre, danse, cinéma, etc. Le Québec mène le bal dans tant de secteurs culturels... par sa vitalité, certes, aussi parce que , moins inféodé à la culture américaine que le ROC - barrière de la langue oblige - il peut s'épanouir dans la différence. Alors oui, nous voici frappés de plein fouet.

Oui, ça grouille de partout... Et c'est pas fini... La guerre se prépare.

La semaine théâtrale

Tadeusz Makowski, Teatr dziecięcy, 1931, 54 x 65 cm, Muzeum Narodowe

Bon, cette fois je m'y mets sérieusement... Avec l'arrivée prochaine de la saison automnale, les événements se bousculent et le Théâtre entre en intense activité!

À compter de ce soir, 17 août (dimanche, lundi et mardi) jusqu'au 6 septembre, le Théâtre du Faux Coffre, véritable phénomène artistique dans la région, présente le quatrième opus des Clowns noirs: Barrabas dans la Passion. Le tout se passe à la Salle Murdock du Centre des Arts et de la Culture. Encore pleins de mystères entourent cette fable biblico-ludique... À découvrir pour partir la semaine du bon pied! (À lire, Découvrir les origines du Clown noir, d'Anne-Marie Gravel, Le Quotidien, 14 août 2008.)

Mardi et mercredi soir, Jimmy Doucet (vedette hebdomadaire de la section Arts du Progrès-Dimanche!) donne ses Rois pêcheurs à la Vieille Pulperie de Chicoutimi, à 20h, pour le plaisir de ses spectateurs qui passent là une soirée très drôle.

Ces mêmes soirs, les neufs participants aux ateliers de Sarah Bernard (le Théâtre Hors du Commun, présentent, dans la cour arrière de son nom illustre, le résultat de leur trois mois d'ateliers extérieurs, beau temps, mauvais temps...

De mercredi à samedi, à 20h30, le Théâtre La Rubrique entame sa troisième semaine de représentations de L'espace entre nous, mise en scène par Benoît Lagrandeur, avec Patrice Leblanc, Marie Villeneuve, Martin Gagnon et Sara Simard.

Enfin, Schème-Danse - compagnie de danse contemporaine saguenéenne sise à Montréal... ou presque... - propose au public saguenéen Osez!, un événement en danse contemporaine du 20 au 24 août prochain à 19 h sur la Zone portuaire de Chicoutimi. [...] Le défi de cette démarche est de rassembler un groupe de jeunes danseurs, un chorégraphe de métier (dans ce cas-ci, il s'agit de la très réputée Hélène Blackburn) et des compositeurs-interprètes afin qu’ils créent ensemble une courte forme chorégraphique évolutive en cinq jours. En moins d’une semaine, ces jeunes artistes vont interagir sous la direction du chorégraphe avec l’obligation de présenter, dès le premier soir, vingt minutes de création.

Bonne semaine et allons voir du théâtre!



samedi 16 août 2008

Des hauts et des bas

Portrait de Meyerhold par Petr Vil'iams, 1925

Paroles prononcées par Meyerhold, dans les années 20, qui pourraient et devraient être encore le leitmotiv du théâtre que l'on fait au XXIième siècle:

SI LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI NE MEURT PAS, C'EST QU'IL RECÈLE ENCORE DES SÈVES VIVIFIANTES. QU'ON L'ACHÈVE S'IL EST CONDAMNÉ, MAIS QU'ON LE RANIME S'IL EST VIABLE! (Meyerhold, Écrits sur le théâtre Tome II, Éd. L'Âge d'homme, 1974, Lausanne, p.51)

Il est des jours, particulièrement quand on nous annonce des coupures un peu partout dans le domaine culturel, où il me semble être au prise avec un art surrané voire inutile... Fondamentalement, j'y crois. Et pourtant, la raison et la logique se mettent en travers de ma route...

vendredi 15 août 2008

À la suite des autres...

Caricature: Garnotte, Le Devoir, vendredi 15 août 2008

Pour conclure le thème de la semaine, la boucherie culturelle fédérale, quoi de mieux qu'une entrevue avec Josée Verner qui, pour ceux qui l'ignore, est notre digne ministre de la Culture à Ottawa... de son vrai titre, Ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et de la Francophonie). C'est donc de son côté que se produisent les exactions financières... alors soit elle les approuve (ce qui est, entre nous, est un peu stupéfiant); soit elle n'a aucun mot à dire et se voit priver de fonds dédiés à la culture (ce qui, entre nous, est encore plus déstabilisant)... Voyons donc ce qu'elle en dit:

Coupes en série: Josée Verner s'explique (Marc Cassivi, La Presse, 15 août 2008)



Nouvelle compagnie de théâtre


Hé bien! Primeur: voilà qu'une nouvelle compagnie (?) de théâtre pointe le nez dans le milieu culturel: le Théâtre de la Sarbacane, réunissant les Sébastien Bouchard, Jérémie Desbiens, Alexandre Larouche, Marie-Ève Lemire et Marilyne Renaud. Leur première production (il s'agit en fait d'une présentation publique suite à une subvention du CALQ - volet Recherche et création), Le Sarcabaret (affiche), sera présentée les 11-12 et 13 septembre 2008, à la Salle Marguerite-Tellier. On nous y promet le sarcasme servi sur un plateau!

Connaissant bien ces comédiens pour avoir travaillé avec la plupart d'entre eux, l'exploration de ce genre va de soi; il ne pouvait en être autrement: la chanson, la chorégraphie et les numéros ne font qu'un avec eux... Les cabarets, music-halls et les revues les stimulent depuis le début de leur carrière universitaire... Merde à eux!



jeudi 14 août 2008

Suite du carnage culturel au fédéral

Gravure de Richard Newton représentant la tête du guillotiné mordant le doigt de son bourreau. XVIIIe

Dans la suite infernale des derniers jours, voici ce que nous apprenons sur le blogue de Marc Cassivi, chroniqueur à la Presse:

Aujourd'hui, ma collègue Nathaëlle Morissette nous informe que le Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants, le Programme du long métrage (volets éducation et accès) et le Programme de souvenirs de musique du ministère du Patrimoine vont aussi disparaître à la fin de la présente année financière.

Ça donne froid dans le dos à la longue... Plus les jours passent et plus on entend de plus en plus distinctement le souffle de la hache dans le coup de nos organismes culturels! Bravo à Josée Verner et son équipe pour leur colonne vertébrale élastique.
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Pour de plus amples détails, rapportez-vous à:

Billet du 12 août 2008
Billet du 13 août 2008
Blogue de Marc Cassivi (14 août 2008)
Coupe à Ottawa: sept programmes tombent (article de N. Morissette, La Presse, 14 août 2008)
Le milieu artistique dénonce les coupures du fédéral en culture (La Presse canadienne, 14 août 2008)
Le monde du livre dénonce l'absurdité (Paul Journet, La Presse, 14 août 2008)

L'espace entre nous... et eux

Image © Pravda, 2005

Je me suis rendu, hier soir, soir de reprise avec un public peu coopératif (aléa déconcertant de la comédie), à la Salle Pierrette-Gaudreault afin d'assister à la toute dernière production du Théâtre La Rubrique: L'espace entre nous, de Nico Gagnon, comédie dramatique assez proche - par le ton, la structure et le propos où la cellule familiale est mise de l'avant (avec tout ce que cela comporte de frictions, accrocs, remises en question, secrets et mise à l'épreuve par les autres) - des Le Désir, Pierre et Marie... et le Démon, Jacynthe Rioux, 609 Saint-Gabriel et Toilette de soirée déjà montés par cette compagnie. «On choisit ses amis mais rarement sa famille» rappelle l'auteur en citant Renaud. Par chance, serait-on tenté de répondre.

Deux frères et une soeur se retrouvent au chalet de leur père avec une amie d'enfance... L'espace est littéralement entre eux. Ces retrouvailles (parce que c'en sont...) se déroulent sur fond de règlements de compte, de chocs émotifs et de ponctuations X-Filesiennes.

À la barre de ce spectacle, Benoit Lagrandeur... de retour à la mise en scène après quelques années de jeu (je crois, si je ne m'abuse, que sa dernière était en 2004), entouré de son triumvirat habituel - Serge Lapierre aux décors et costumes, Alexandre Nadeau à la lumière et Michel Côté au son. Comme metteur en scène, Benoit Lagrandeur se montre soucieux de respecter l'auteur. «Je veux que les gens ressentent ce que l'auteur a voulu exprimer. L'auteur se demande: est-ce que je peux être créé avant d'être relu?» Sa mise en scène se veut fidèle à la pensée du dramaturge. (Christiane Laforge, Progrès-Dimanche, 3 août 2008) Quelques passages sont surprenants... comme cette scène en accéléré qui fera mouche à tout coup.

Sur scène, quatre comédiens s'amusent... critère de succès pour ce type de théâtre: Patrice Leblanc, toujours aussi vivant et déchaîné sur scène; Martin Gagnon (avec cheveux!) soutenant un personnage engoncé dans les principes de vie sains, les corrections et la lourdeur de sa conjointe; Marie Villeneuve guidant avec assurance tant les numéros solos dans la voiture que la suite de l'histoire dès qu'elle est en scène; et enfin, la superbe Sara Simard dont la voix, le jeu, la présence et la beauté sont comme une lichée de Maple Spread... Tous campent solidement et avec une évidente aisance leur personnage (et une folie que j'imagine exutoire lors des flashs-backs... mélange de surjeu et d'échos de fous rires en répétition), quasi archétypes de la comédie humaine, présentant l'ambitieux qui rate sa vie, le raté qui réussit, la sûre d'elle-même déchue, la toujours «laissée pour compte» maîtresse de sa propre personne.

L'espace (signé par Serge Lapierre) est constitué principalement d'un intérieur de chalet typique des années 70-80, en préfinis bruns avec un hors-scène intérieur et un hors-scène extérieur dans lequel se retrouve également une voiture (et dans la voiture, un micro...). Le tout comporte des sections transparentes (grillage, «fenêtres», porte) qui donnent ainsi une marge de manoeuvre fort intéressante pour les éclairages d'Alexandre Nadeau qui s'en donne à coeur joie dans des effets dignes de The Twilight Zone. Ses passages au passé sont tout aussi intéressants...Bref, l'ensemble se tient et crée une atmosphère soutenue par une trame sonore toute des années 80 construite.

C'est un théâtre d'été bien conventionnel, divertissant bien qu'un peu long, qui plaira sans doute à beaucoup de gens. Je me permettrai une seule question en terminant concernant un élément de surprise dont j'ai dû manquer la source à quelque part: pourquoi Émilie Gilbert-Gagnon vient-elle saluer à la fin (je sais qu'elle était assistante à la mise en scène... ... ...)? Et après la question, la (bonne) surprise de taille... Je ne sais si les gens remarqueront, à la fin des remerciements du programme, cette petite phrase assassine que je restitue ici de mémoire qui prouve l'engagement de La Rubrique dans le milieu culturel: merci aux artistes et artisans qui compensent par leur générosité les compressions gouvernementales...


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Voici les critiques qui sont parues depuis la semaine dernière:
Bon bonbon (Jean-François Caron, Voir)
Une pièce rafraîchissante (Anne-Marie Gravel, Le Quotidien)

mercredi 13 août 2008

Conférence de presse mouvementée

Avec toute la verve qu'on leur connaît, les Clowns noirs ont présenté ce matin leur toute dernière création à la presse mondiale à défaut d'être locale... (notons toutefois la présence de Mesdames Gravel du Quotidien et Patry de CKTV... et de représentants des Paris-Match, Pravda et New-York Times!):

BARRABAS DANS LA PASSION
les origines du premier clown noir

Suite à une découverte fabuleuse dans leur sempiternel coffre, les manuscrits de Zachée - authentifiés par un spécialiste français et une datation à la manière de Carbone 14 -, cette troupe de sombres bouffons cyniques de la culture promettent rien de moins qu'un effondrement des croyances théâtrales en dévoilant, grâce aux bons soins de la traduction de Diogène, l'origine du tout premier clown noir.

Pour compléter leur distribution (Contrecoeur ayant été gardé en prison à la suite des représentations de l'an dernier), une nouveauté annoncée en grande pompe par le directeur général de la compagnie sous l'excitation contagieuse des noirs compagnons: une superstar (régionale) a été littéralement réquisitionnée et amenée ligotée sur un diable. En effet, pour attirer les foules qui accourent dès l'annonce d'un nom connu, ils ont mis le grappin sur Christian Ouellet, déjà fort connu de mes augustes lecteurs...


Crédit des 4 premières photos: Jean-François Caron... l'autre est de Moïra Scheffer-Pineault

Avec, en plus, l'arrivée d'un metteur en scène (!) français, Jérôme Sauvion, pour diriger la troupe dans cette aventure, les promesses se font donc nombreuses!

Alors, pour partir la semaine du bon pied (les premières représentations étant échelonnées du dimanche au mardi), il faut assister au spectacle du Faux Coffre!

Répéter c'est...

Watteau : L'amour au théâtre italien. Huile sur toile. Berlin, Gemäldegalerie.

Un autre extrait tiré de l'ouvrage dirigé par Georges Banu portant sur les répétitions, le processus de création:

En répétition, «il faut laisser venir les choses - dit Jacques Lasalle -, consentir à l'avènement de l'inattendu. Il faut savoir raisonner de manière intuitive; après, on peut trouver des explications rationnelles». Parfois, ce qu'on trouve (et qu'on fixe) s'avère être quelque chose d'imprévu. C'est justement ce que Pirandello, dans son essai sur l'humour, appelait la plus-value à venir des textes littéraires, et ce que Marcel Duchamp a défini comme le coefficient d'art personnel contenu dans une oeuvre. Il s'agit de la différence entre l'intention de l'artiste et sa réalisation, entre ce qu'il avait projeté de réaliser et ce qu'il a réalisé, entre ce qui est exprimé mais projeté et ce qui est exprimé intentionnellement.

Les Répétitions, p.328



Suite du billet précédent...

Voici les résultats (merci Vicky!) d'un sondage publié dans le Globe and mail hier, pour savoir comment la population canadienne réagit aux coupures actuelles dans le secteur culturel:

Do you agree with Ottawa's decision to cut funding for Canadian artists working abroad?

Yes

56% - 6142 votes
6142 votes

No

44% - 4899 votes

Encore une fois, il est angoissant de voir avec quelle facilité le gouvernement se permet de telles initiatives... et terrorisant de constater qu'il obtient, pour cela, l'appui d'une majorité de la population...

Voici la réaction de Marc Cassivi, journaliste (ou chroniqueur) de La Presse.

Mais ce n'est encore rien... Encore une fois, ce matin, dans l'exploration journalistique quotidienne, une petite nouvelle accroche un nouveau soupir de découragement:

La vague de compressions fédérales en culture se poursuit. C'est maintenant au tour de deux institutions québécoises, l'Institut national de l'image et du son (INIS) et la Société des arts technologiques (SAT) d'écoper lourdement.

Après PromArt, le gouvernement conservateur abolit deux autres programmes: le Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo (PNFSFV) et le Fonds des réseaux de recherche sur les nouveaux médias (FRRNM). Ils disparaîtront tous deux le 31 mars prochain.
(Paul Journet, La Presse, 13 août 2008)