lundi 26 janvier 2009

La pièce de théâtre dans "Ding et Dong le film"...

Belle illustration (quasi réaliste!) de ce qui peut survenir en cours de représentation!!!



dimanche 25 janvier 2009

«Le Retour» de Pinter, force de frappe

Edward Hopper (1882 - 1967), Summer Interior, 1909,
oil on canvas. Whitney Museum of American Art, New York


Longtemps pièce du T.N.M n'avait eu une telle force de frappe (même si, plusieurs réserves majeures peuvent se manifester!)...

Avec la dramaturgie d'Harold Pinter, le théâtre est renvoyé à sa base élémentaire avec des dialogues qui basculent de manière inattendue et des pièces closes où les êtres sont livrés les uns aux autres et où le masque des convenances sociales tombe. Les personnages, fondamentalement imprévisibles, révèlent sans spectaculaire une faille ou une étrangeté dans leur identité, due à leur passé insaisissable. Le dramaturge situe presque toujours ses pièces dans des intérieurs minutieusement décrits mais saturés d'objets hétéroclites et dont l'inutilité n'a de cesse d'être souligné. (Wikipédia) Il en est de même avec Le Retour, oeuvre écrite et présentée pour la première fois en 1964, où règnent la suspicion et la menace, où les mots servent à exercer le pouvoir, où les mots s’avèrent même être une arme de destruction massive. [...] Décrite tantôt comme un panier de crabes, tantôt comme un noeud de vipères, la famille est là, dit-on, pour connaître nos secrets les plus intimes et nous trahir avec ! La famille, avec ses tabous et ses non-dits, ses conflits inexprimés et ses pots cassés, maladroitement dissimulés sous le tapis... (Programme du T.N.M.)

Si «la scène reflète la quintessence de la vie» selon les dires de Tcheckov, Pinter y puise dans la marge pour en concentrer le négatif. Ainsi, le déploiement dans les marges se manifeste-t-il par tout un jeu de de décalages, de distorsions, de contre-pied, d'attentes déçues, de surenchère rhétorique. La marge n'est toutefois pas la forme autre mais l'autre de la forme... (Corvin).

Ce texte - dont la traduction québécoise de René Gingras m'apparaît un peu faible - devient, des les premières répliques, un combat extrême et caustique où tous les coups (verbaux et physiques) sont permis entre ces frères jusqu'à l'arrivée de Ruth, la belle-fille. De là, les paroles acerbes et rongeantes deviennent le théâtre d'un enjeu mordant: la définition de la femme selon le point de vue de chacun des hommes présents - la déesse, l'épouse, la mère, la putain, la dominatrice, la soumise, etc.

Du théâtre comme on en voit rarement sur les scènes québécoises...

Pour mettre en scène cette pièce qui suinte la haine, la misogynie et la cruauté, le metteur en scène Yves Desgagné a privilégié une esthétique inspirée de Edward Hopper (ce dernier, considéré comme le «peintre de la solitude, de l'aliénation et de la mélancolie, figure notamment des personnages anonymes et archétypaux, dont le visage ne trahit aucune émotion, comme si le décor ou la situation le faisaient pour eux. Pourtant, de ses toiles se dégagent diverses impressions : le silence, la tension, l'exclusion, la mélancolie... recouvert d'un immobilisme malsain): un intérieur clos, tout en lignes droites pour créer différents plans, sombre et étouffant, confiné à représenter la désuétude de cette famille corrosive. Outre la patine un peu déficiente (mais peut-être est-ce voulu), l'effet d'asphyxie, d'étranglement, est particulièrement réussi... et pour une fois le T.N.M. donne un bel exemple d'une scénographie qui se veut le parfait miroir de ses habitants...

Le jeu des comédiens laissent toutefois entrevoir une faille importante due peut-être à la traduction et/ou la direction d'acteur. Une persistante impression de voir différents niveaux et de langage et de jeux sur la même scène dérange le spectateur (disons le spectateur professionnel...). Dune part, Marcel Sabourin profite de chacune de ses tirades pour exulter dans un jeu gestuel proche de La Ribouldingue alors que de l'autre, Patrice Robitaille et Noémie Godin-Vigneau jouent avec une austérité désarmante, que Jean-François Pichette se téléromanise et que Benoit Girard, tout aussi bon soit-il, passe comme une ombre...

Bien que je souhaite souligner l'intérêt des reprises de chaque tableau où les comédiens tiennent une pose véritablement picturale pendant quelques secondes, je dois avouer que la mise en scène (meilleure, à mon avis, dans la seconde partie!) se perd quelques fois dans des numéros, si le terme peut s'accoler à ces moments, qui dénaturent un peu le propos. Je pense particulièrement à ces étranges déplacements à reculons qui rendent perplexes ou à ces cloches qui résonnent dès qu'une lumière s'allume...

Plus de retenue de la part du principal protagoniste (Sabourin) et de la mise en scène et une plus grande homogénéité du jeu aurait probablement donné une plus grande tension à ce chef-d'oeuvre de la littérature dramatique.


Une semaine de théâtre

Du théâtre il y en a toujours... faut dire que nous sommes particulièrement choyés sur notre territoire avec toutes les compagnies et diffuseurs qui s'y trouvent (voir d'ailleurs à ce propos l'article de Anne-Marie Gravel à la page 36 du Progrès-Dimanche, Le milieu théâtral en ébullition... relation du premier Rendez-vous théâtre de mercredi dernier...). Alors, pour les quelques jours qui viennent, quelques dates à ne pas manquer!

Mercredi, 28 janvier 2009, 19h30
Message de Guylaine Rivard: À tous ceux qui ont communiqué avec moi pour confirmer leur présence au premier CRI du Choeur (NDLR: rencontres-laboratoires sur le jeu choral...) du 28 janvier, c'est à dire pour assister à la première représentation de La Rubrique, je vous informe que j'ai donné la liste des nom à La Rubrique hier (vendredi 23 janvier). Si parfois vous avez oublié de me confirmer votre présence, je dois malheureusement vous informer qu'il est trop tard maintenant. J'espère que vous serez quand même parmi nous lors du prochain CRI du CHOEUR, mercredi le 4 février à 18h30 au CEGEP du Chicoutimi. Pour le 28 janvier, j'invite donc tous ceux qui ont confirmé leur présence, à arriver 30 minutes avant la représentation de 20h, afin que nous puissions ensemble préparer notre CHOEUR de Bravo!!! (cette rencontre se fera dans l'atelier de formation au 2ième étage). Notez que pour l'occasion, nous serons tous regroupés dans la salle Pierrette Gaudreault, tel un véritable CHOEUR.

De mercredi à samedi, du 28 au 31 janvier 2009, 20h
(en fait, la pièce joue jusqu'au 13 février...)
Pour fêter leur trentième anniversaire de fondation, le Théâtre La Rubrique lance sa toute dernière (co-)production, Une maison face au Nord... un texte de Jean-Rock Gaudreault mis en scène par Jacynthe Potvin.


Chicoutimi, 2005. Henri Simard et sa femme Anne-Marie ont élevé trois enfants. Ils ont bâti leur existence de leurs mains – au propre comme au figuré. En faisant l’inventaire de sa vie de col bleu et de son atelier, Henri se sent coincé comme au bout d’une impasse : le patrimoine qu’il a constitué et le pays dont il a rêvé perdent inexorablement leur sens et leur avenir. Entre un fils exilé à Boston et poursuivi pour fraude boursière, un jeune ouvrier Guatémaltèque et un vieux Polonais, il entreprend stoïquement de contempler l’effondrement de son monde sous le regard lucide de sa femme qui se rend compte qu’aucun de ses enfants ne lui donnera de descendance. Avec entres autres Louisette Dusseault, Guy Migneault, Éric Chalifour et Sara Simard.

samedi 24 janvier 2009

Déclaration théâtrale


Il ne faut pas être amoureux du théâtre...
il faut l'adorer. Ce n'est pas un métier,
le théâtre, c'est une passion!

Sacha Guitry
Le comédien
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Le comédien raconte la vie du grand comédien Lucien Guitry. Depuis son enfance jusqu'à sa fin, sur scène, le soir de la répétition générale de L'amour masqué, une opérette de Sacha... A travers une évocation des souvenirs de Sacha à propos de son père et de la pièce Le comédien, le film est aussi une réflexion sur la grandeur et la servitude du métier d'auteur. (http://www.geocities.com/Hollywood/Set/8100/frcomed.html)

vendredi 23 janvier 2009

Un zeste d'acidité


Il y a parfois certaines discussions qui laissent un goût amer... ou qui, pour faire plus juste, procure une montée d'acidité incontrôlée... une déception intense.

Comme lorsqu'un praticien (ou un artisan) de talent aspire à autre chose, à un autre ciel... Ambitions justifiables, certes. Ambitions à encourager, certainement. Ambitions ambitieuses? Tant mieux!

Toutefois, là où le bât blesse (et me fait grincer des dents), c'est lorsque celles-ci se font en réaction à un déni de la professionnalisation théâtrale saguenéenne, à son questionnement (que j'appuie pourtant généralement...) jusqu'à son dénigrement, à un abandon de la lutte pour une reconnaissance, un renoncement dans l'avancement de la pratique sur le territoire.

La réaction est épidermique, je sais... hystérique peut-être... mais bon. Tant pis. Je l'assume et refuse de laisser toute la place à l'indifférence.

Non pas que le milieu théâtral d'ici soit sanctifié et intouchable. Loin de là! Il mérite encore quelques bons coups de pieds, quelques bons coups de gueules! Rien n'est parfait et beaucoup reste à faire. Mais il faut y croire.

Que de l'extérieur on doute est une chose... que de l'intérieur on trouve le combat inutile est autre chose...

jeudi 22 janvier 2009

"Je ne suis pas Parisienne"

Petite vidéo d'une chanteuse que j'aime bien - Marie-Paule Belle - qui chante, en 1977, année de ma naissance, La Parisienne, dans une émission de variété... et qui dit variété dit aussi chorégraphie, mise en scène, costumes et décors... et interprétation! Petits sourires du jeudi soir.

Grandeur et misère d'un petit milieu


Le premier Rendez-vous théâtre a été des plus stimulants!

Que résulte-t-il de la rencontre d'hier soir - où, je le souligne, tout le milieu théâtral institutionnel était assis à la même table - à laquelle ont assisté une 60aine de personnes? Outre la présentation (nécessaire) de chacune des compagnies (et de l'auto-congratulation inhérente à ce genre d'exercice...), de quoi fût-il question?

De la diversité et des causes de celle-ci... Y fût salué le travail des défricheurs, des pionniers comme Ghyslain Bouchard, Rodrigue Villeneuve, Pauline Tremblay de même que tous les autres acteurs des années 50, 60 et 70 qui ont dynamisé l'art de la scène et qui ont ouvert les portes à une plus grande professionnalisation. Y fût également mentionné le travail de tous ceux qui font le théâtre et qui s'activent depuis une 15aine d'années. La contribution de l'UQAC, passage effectué par la plupart des nouveaux venus (depuis plusieurs années) dans la pérennité de cette dite professionnalisation a été souligné.

De la relève... Des étudiants, serait plus juste. Ces étudiants ont été d'ailleurs sollicités par plus d'un... cette relève composée d'une multitude d'étudiants que l'on dit parfois absents, parfois paresseux, parfois désintéressés... et quelque fois, curieux!

Du peu de diffusion des spectacles... que ce soit hors de la région ou, plus scandaleux encore, dans la région elle-même! Bon. La lourdeur des structures ne permet pas ce genre de voyage... d'accord. Toutefois, en ce qui a trait aux personnes (régionales!) elle-même, il est inconcevable qu'il y est si peu de spectateurs qui se déplacent, par exemple, de Chicoutimi à Roberval, de Jonquière à Chicoutimi et vice versa...

La reconnaissance des grands centres... Saguenay parent pauvre? Peut-être. Mais pas dans la qualité des projets présentés... Gêne? Peut-être... par manque de techniques, de visibilité, etc...

L'avenir. Quelle est la relève? Y a-t-il trop d'offres? Reste-t-il de la place pour les nouveaux venus qui, plutôt que de s'intégrer à des structures déjà existantes, préfèrent partir leur propre compagnie? D'aucuns disent oui. Pourtant, quel public nous partageons-nous? Y a-t-il des publics ou un seul public? L'avenir existe-t-il?

Bref, la rencontre a abordé principalement le théâtre régional en général et non dans ses spécificités. De la perception que l'on porte (nous et les autres) sur ce dernier. De l'argent et/ou plutôt de sa rareté. De la persévérance. De nos aspirations... Pour faire suite, il faudrait une nouvelle rencontr de ce type pour se lancer dans de véritables débats sur les choix artistiques, les diverses façon de faire, etc...

Parce que oui, si de prime abord ce type de rencontre donne une solide impression d'unité et de meilleur des mondes, restent que cette façade cache de nombreux problèmes dont la gravité varient en fonction de la grosseur de la compagnie, de ceux qui la dirigent, de ses missions, des demandes de plus en plus exigentes des subventionnaires, de l'indifférence parfois crasse du milieu des affaires, de la difficulté de vivre d'un art qui demande un profond engagement personnel.

mercredi 21 janvier 2009

Les directions artistiques au théâtre


Qu'est-ce qu'une direction artistique au théâtre? Qu'est-ce que ça signifie? Qu'est-ce que ça implique?

Tout d'abord, réglons une chose tout de suite, ce qu'on appelle direction artistique au cinéma prend, pour équivalence dans le monde de la scène les noms de scénographe, d'accessoiriste ou de costumier...

Au théâtre la direction artistique est tenue par un artiste (souvent un metteur en scène d’expérience) dont la vision et la démarche sont au cœur d’une compagnie ou d’un théâtre. C’est lui qui insuffle une direction et qui propose la programmation du théâtre. Il coordonne les différentes productions, engage les metteurs en scène, participe au choix des interprètes et des concepteurs et veille à ce que le projet artistique se réalise dans les meilleures conditions possibles. En collaboration avec le directeur administratif, il travaille au développement du public, à la campagne d’abonnements et aux levées de fond. Il agit comme porte-parole de la compagnie auprès des médias, du milieu artistique et du public. (artsvivants.ca)

Bref, la direction artistique d'une compagnie de théâtre est, en quelques sortes, son âme, sa ligne de pensée, sa façon de concevoir le théâtre. Tous les choix faits par l'équipe en place (pièces au programme, metteurs en scène, activités, ateliers, demandes de subventions, etc.) répondent généralement (pour ne pas dire exclusivement!) à celle-ci.

C'est pour démêler les différentes directions artistiques des différentes compagnies de la région et pour en brosser le portrait quasi exhaustif que le premier Rendez-vous théâtre convie les spectateurs ce soir, 19h, au Petit Théâtre de l'UQAC.

mardi 20 janvier 2009

«En direct du bout du monde» (M. Bélair, Le Devoir, 20 janvier 2009)

Je me permets de retranscrire dans son intégralité la chronique Théâtre signée par Michel Bélair (parue aujourd'hui dans Le Devoir) puisque celle-ci est, en quelques sortes, une réponse à tout le milieu théâtral (et culturel!) de la région qui se voit boudé (si je puis dire!) par les médias des grands centres.

On parle, on parle, comme ça tous les mardis, et il y a de gens qui écrivent et qui commentent les commentaires souvent pas du tout «objectifs» que je me permets de claironner chaque semaine du haut de ma tribune. Même quand ça ne veut pas l'être, c'est toujours plaisant. «Ça fait chaud au coeur», comme on disait à une autre époque. C'est un peu comme l'occasion de mettre une bûche dans le poêle quand un marcheur, dans le blanc du rang, s'enligne pour s'arrêter chez vous prendre des nouvelles...

Le courriel vient de «la région» comme disent les gens de là-bas, directement de Chicoutimi, pardon Saguenay. Il commente sur le mode ironique l'attitude «
indécrottable» des médias montréalais par rapport aux régions à la suite de la chronique de la semaine dernière, alors que les gens du Petit théâtre de Sherbrooke racontaient leur travail dans leur région à eux. Le signataire, que je connais bien mais qui souhaite garder l'anonymat, se moque gentiment. Il m'invite à «monter à Jonquière» pour la création d'un tout nouveau texte «pour adulte» de Jean-Rock Gaudreault, en présumant, évidemment, que le jamais Le Devoir - ni personne d'ici! - n'enverra quelqu'un là-bas... sous prétexte que l'on n'a pas les moyens de couvrir un spectacle présenté au bout du monde, c'est-à-dire plus loin que le Théâtre Denise-Pelletier.

C'est vrai et ce ne l'est pas. Et il faut voir pourquoi.

C'est vrai dans la mesure où la taille et surtout les budgets de fonctionnement des médias de Montréal ne leur permettent pas vraiment de dépêcher un journaliste au Saguenay pour la première d'un spectacle, fût-il même signé par le maire Lâlâ ou par Réjean Tremblay. C'était tout aussi vrai quand je faisais pousser des moutons sur les collines derrière Matane, et le vrai problème tient plutôt au fait que, contrairement à ce qui se passe du côté de Chicoutimi, pardon Saguenay, l'offre culturelle n'est toujours pas particulièrement riche ou même seulement présente à l'extérieur de grands centres.

N'empêche que l'on passe dans «la région» que durant les campagnes électorales ou pour couvrir les catastrophes naturelles et les fermetures d'usine. Point. C'est comme ça. À la seule exception d'un événement - comme ManiGanses, par exemple. le festival international de marionnettes qui revient tout les deux ans - quand il est devenu important. Une fois ou deux, pas plus. Même tout frais payés.

Parce que, contrairement à ce qui se passe ailleurs, la vie culturelle est bien ancrée dans le quotidien de «la région» qui est de mieux en mieux équipée depuis l'ouverture des magnifiques salles du Mont-Jacob où le Théâtre de la Rubrique, une compagnie de création, joue aussi le rôle de diffuseur. Mais cela, c'est surtout le rôle des médias régionaux d'en témoigner, pas d'abord nous; même nos abonnés du coin ne pourront s'empêcher d'être d'accord là-dessus.

On peut toujours souhaiter plus et mieux, évidemment, mais la vie culturelle est riche là, là, on le sait: il y a de lunes que les métropoles s'abreuvent des talents qui fleurissent sur les rives du Saguenay. À un point tel qu'il y a plus de bleuets dans le milieu culturel de Montréal et de Québec qu'il y en a rue Racine, mais ça, c'est une tout autre question reliée directement à la démographie et à la densité de l'offre et de la demande artistique... Sans quoi il faut ménager les susceptibilités et ne surtout pas avoir l'air de dire aux gens quoi penser, comment faire ou comment évaluer la portée de tel ou tel événement culturel. Tsé.

Donc non. On ne sera pas là la semaine prochaine à la Rubrique pour la création d'Une maison face au Nord, de Jean-Rock Gaudreault. Et c'est bien triste. Il faudra attendre que la production circule à l'extérieur... de «la région».

D'un autre temps

Voici un document vidéo où, si je ne m'abuse, on voit, en ouverture, des images de l'acteur Garine jouer dans Le Revizor de Gogol, LE chef d'oeuvre de Vsevolod Meyerhold! Si je ne me trompe pas (les images, les acteurs, l'espace me confirment presque mes impressions!), ce sont les premières et seules images mouvantes que j'ai vues de ce spectacle qu'il me semble connaître pourtant parfaitement! À la trente-et-unième seconde, Meyerhold lui-même... s'ensuit des exercices, des démonstrations de biomécanique... Entre 2:00 et 6:40, j'ignore de quoi il s'agit... un autre metteur en scène, sans doute... Puis la section suivante nous présente, je crois, Constantin Stanislawski, quelques temps avant sa mort...

lundi 19 janvier 2009

Une semaine de théâtre

Quelques activités théâtrales ponctueront cette digne semaine théâtrale. Ça va, en quelques sortes, comme suit (tout ajout sera le bienvenu!):

Lundi, mardi et mercredi (19 au 21 janvier), 18h30
Centre des arts et de la culture
Début des ateliers réguliers de l'hiver 2009 du Théâtre 100 Masques. Les enfants et les ados se pencheront pendant 13 semaines sur l'improvisation (telle que pratiquée par la L.N.I., tandis que les adultes seront en production à partir de l'un de mes textes, Les Pleureuses.

Mercredi (21 janvier), 19h
Petit Théâtre de l'UQAC
Les premiers Rendez-vous théâtre - une initiative du Théâtre C.R.I. et du Théâtre 100 Masques - réunissent les directeurs artistiques de toutes les compagnies de théâtre reconnues de la région pour une rencontre avec le public sous forme de table ronde animée par Jean-Paul Quéinnec.

Samedi (24 janvier), 20h
Auditorium-Dufour
Le T.N.M. débarque avec Le Retour d'Harold Pinter (prix nobel de littérature décédé il y a quelques semaines à peine) mis en scène par Yves Desgagné.

Terrible huis clos dans lequel s'agitent des personnages et des sentiments ambigus, dans lequel la vérité et le mensonge sont indissociables et indiscernables, la plus célèbre pièce d'Harold Pinter est une oeuvre où règnent la suspicion et la menace, où les mots s'avèrent à exercer le pouvoir, où les mots s'avèrent même être une arme de destruction massive. Nous sommes dans le Londres du milieu des années 1960. À l'époque des Beatles, des premiers films de Jane Birkin, de Twiggy et du Blow-Up d'Antonioni. Max, un ancien boucher agressif et harcelant, vit avec ses deux fils, Lenny et Joey, et avec son frère Sam, chauffeur de taxi. Un soir, alors que tout le monde dort, le troisième fils, Teddy, revient en catimini.
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Petit rappel à tous ceux qui ont vu Dragage 00 de Jean-Paul Quéinnec la semaine dernière: il est attendu, de la part des spectateurs, que ces-derniers fournissent des commentaires, des questions aux concepteurs de cet exercice...

vendredi 16 janvier 2009

LES PLEUREUSES mélopée pour huit femmes et un malaise identitaire

Cette session-ci, le Théâtre 100 Masques propose aux adultes de participer à une production de plus grande envergure que les ateliers habituels. Huit femmes ont répondu à l'offre.

En tant qu'animateur (et metteur en scène), il me fallait dès lors trouver un texte pour tant de personnes du même sexe... Après plusieurs nuits blanches à me creuser la tête, j'ai choisi de ressortir un de mes vieux texte, Les Pleureuses (texte écrit à partir d'une pièce antérieure datant de 1996), que j'ai déjà présenté dans le cadre des Cartes Blanches des Têtes Heureuses en octobre 2001.

À l'époque, je n'avais que trois personnages. Du coup, les derniers jours, je me suis remis à l'écriture, éclatant la distribution, corrigeant, affinant, rajoutant, révisant ces lignes rythmiques (parce que ce texte est écrit en vers irréguliers) pour en faire une nouvelle partition pour huit interprètes, avec un titre nouveau: Les Pleureuses [mélopée pour huit femmes et un malaise identitaire].

C'est un travail stimulant et créatif... C'est reprendre un texte que l'on connaît intimement... tout en redécouvrant cette écriture qui date tout de même de huit ans... pour ne pas dire de 13 ans! Ce qui, à l'époque, se butait sur la rhétorique, le style, l'insistance pour boucler la boucle recouvre une pleine et entière liberté. Ce texte - qui fut joué en tant qu'oeuvre complète - devient, finalement, un canevas sur lequel se déploie une nouvelle création qui, j'ose l'espérer, sera encore plus forte que la précédente!

Le principe de base en est le choeur, la parole multiple de huit femmes, huit soeurs, huit solitudes qui cherchent un sens à leur union.

Les ateliers débutent mercredi prochain, le 21 janvier 2009.