mercredi 3 juin 2009

Départs


Évolution oblige (ou érosion d'un dynamisme culturel qui arrive à la fin d'un cycle?)...

Le milieu théâtral verra partir, sous peu de bons éléments... des éléments forts... des éléments qui ont été assez présents au cours des dernières années.

Après une décennie de travail acharné et de dynamisme - dix ans de productions, d'activités, de participation à la construction d'un professionnalisme saguenéen -, un recul brutal (lucide dirait l'autre) semble devoir être pris. Un bilan s'impose pour tous: Quelles aspirations? Quelles ambitions? Quels sacrifices? Quel avenir?

Les regards bifurquent alors vers la cour du voisin...

Pour la première fois depuis longtemps, c'est une réelle vague de comédiens qui partiront, d'ici quelques mois, vers les métropoles... Combien seront-ils enfin? Deux? Trois? Quatre? Plus?

Le monde théâtral d'ici entre-t-il en hibernation? En fait, non... je ne pense pas. Disons qu'il étire ses racines pour poursuivre sa croissance...

Bonne chance à ceux qui partent... et à ceux qui restent!

Tripatouillages politico-législatifs


Alors que la session intensive bat son plein à l'Assemblée Nationale, un projet de loi fait son chemin pour se retrouver sur la sellette cette semaine: le projet de loi numéro 32... projet qui crée des remous dans le milieu culturel et, à proprement parlé, dans le milieu théâtral.

Car en effet, cette Loi modifiant la Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma et d’autres dispositions législatives présentée par l'inconstante ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, propose trois modifications majeures : « redéfinir les secteurs de négociation et la portée des reconnaissances syndicales dans l’industrie des productions audiovisuelles, étendre le champ d’application de la Loi sur le statut de l’artiste pour en faire bénéficier les techniciens et artisans qui participent aux productions audiovisuelles, et abolir la Commission de reconnaissance des associations d’artistes et des associations de producteurs (CRAAAP) et transférer à la Commission des relations du travail (CRT) ses principales fonctions » (communiqué publié par le gouvernement du Québec).

Et c'est la levée de bouclier des diverses associations qui craignent que, par celle-ci, s'installe un joyeux capharnaüm dans les structures administratives...
Ce projet remplace le Projet de Loi 90, déposé en mai 2008, qui avait soulevé l’ire de plusieurs intervenants culturels, notamment de l’ACT, l’ADISQ, l’APC, l’APFTQ, l’APTP, FEQ, RIDEAU, TAI et TUEJ. La nouvelle mouture ne suscite guère plus l’unanimité.

Au moment où ces lignes sont écrites, l’ADISQ et plusieurs autres associations ayant une expertise dans l’application de la Loi sont à compléter leur analyse des effets de ce projet sur le milieu culturel. Toutes ont demandé à être entendues en Commission parlementaire afin d’éclairer le gouvernement sur la situation d’extrême confusion que les modifications envisagées sont à même de créer dans le milieu.

L’ADISQ constate quant à elle que de nombreux problèmes subsistent encore dans le projet et que de nouveaux viennent d’y apparaître. Ces problèmes concernent notamment les catégories de productions audiovisuelles visées par l’élargissement de la Loi à d’autres personnes que des « artistes », de nouvelles reconnaissances envisagées au profit de l’AQTIS, l’inclusion de salariés à la Loi, une seconde définition de « producteur » et la manière dont seraient transférés les fonctions et pouvoirs de la CRAAAP à la CRT (communiqué publié par l'ADISQ).

En clair, ce n'est pas si clair... Il s'agit d'une loi complexe qui modifie, dans les faits, six lois différentes. Les tenants et aboutissants d'un tel exercice ne sont pas évidents pour les non-initiés (car le charabia légal est quelque peu hermétique)... Il faut veiller au grain!

mardi 2 juin 2009

Quand le Diable chausse les brodequins aux comédiens...


De tout temps - du moins en ce qui concerne l'ère chrétienne! -, le théâtre a été malmené et décrié par l'Église et les églises (et ce, jusqu'à la seconde moitié du XXième siècle)... que ce soit pour la vie dissolue des ses comédiens, pour la dépravation de la scène, pour le principe de revêtir l'autre.

L'un des premiers à avoir vitupéré contre cet art, Quintus Septimus Florens Tertullianus, dit Tertullien, y va, dans son traité de morale Contre les spectacles rédigé entre 197 et 202 (rapporté ici dans une traduction moderne trouvé dans le recueil d'Odette Aslan, L'art du théâtre), d'une charge à fond de train qui fait beau à voir de nos jours:

Un Chrétien doit avoir de l'éloignement pour les Spectacles, parce qu'ils sont contraires à la vraie piété, au culte sincère que nous devons à Dieu et à la promesse solennelle faite dans le Baptême de renoncer au Diable, à ses pompes et à ses oeuvres. Les spectacles sont une partie de l'idolâtrie et des pompes du Démon, auxquelles les Chrétiens renoncent dans leur Baptême. Outre cette principale raison, qui est l'idolâtrie, il y en a une autre: c'est que Dieu a commandé de conserver par la tranquillité et la paix le Saint-Esprit, tendre et délicat de sa nature, et de ne le pas inquiéter par la colère et les criminelles douceurs. Comment donc peut-il s'accorder avec les Spectacles, qui ne sont point sans agitation de l'esprit ou du coeur? Il n'y a point de plaisir sans passion: la passion entraîne l'émulation, la colère, la fureur, et toutes ces suites ne conviennent pas à notre discipline. Si quelqu'un vient au Spectacle sans passion et y demeure sans être touché, il n'y a point de plaisir, et il est coupable au moins de l'inutilité, qui ne nous convient point.

Un autre motif est l'impudicité du Théâtre, où l'on produit en public toutes les infamies qu'ailleurs on cache avec le plus de soin. C'est une absurdité de rechercher avec empressement, dans les Spectacles, ce qui, dans tout le reste de la vie, donnerait de la honte ou de l'horreur. On ne doit point aimer les images de ce que l'on ne doit point faire. Or le Théâtre ne représente que des actions criminelles, de fureur dans la Tragédie, de débauche dans la Comédie. Il est absurde d'estimer un Art, quand on méprise ceux qui l'exercent, jusqu'à les noter dans l'infamie.

La loi de Dieu a prononcé la malédiction contre les Masques, surtout contre les hommes qui prennent des habits de femmes. Ces assemblées sont pleines de périls. Les hommes et les femmes n'y vont, les uns que pour voir, et les autres que pour être vus, et avec une parure extraordinaire. Une femme ayant été au Théâtre, en revint possédée du Démon; et comme, dans l'exorcisme, on reprochait à l'Esprit immonde d'avoir osé attaquer une Fidèle, il répondit hardiment: j'ai eu raison, je l'ai trouvée chez moi.

Quel plaisir pour un Chrétien, que le mépris du monde, la vraie liberté, la pureté de conscience, que de se contenter de peu, et de ne point craindre la mort! Vous foulez aux pieds les Dieux des Gentils, vous chassez les Démons, vous guérissez les maladies, vous vivez à Dieu: voilà les plaisirs, voilà les Spectacles des Chrétiens.


Et après Tertullien vint les autres Pères de l'Église, Bossuet et tous les prêtres en chaires... et le théâtre!


lundi 1 juin 2009

Retour vers le futur II

Suite du billet du 28 mai dernier...

C'est fou comme le temps passe et comme les choses se mettent en place d'elles-mêmes parfois...

Il y a un an (un peu plus, en fait...), l'avenir s'annonçait sombre pour le Théâtre 100 Masques qui a occupé la majeure partie de mon temps depuis 2007. Malgré toute la bonne volonté et les efforts soutenus de l'équipe en place, il n'y avait aucun moyen de reprendre un élan bénéfique et nécessaire pour nous remettre en train... au point où la mesure la plus simple était la fermeture immédiate de la compagnie... au point où j'ai moi-même prédit que la production estivale de l'époque, Nono, serait notre chant du cygne...

Mais depuis...

Faudra-t-il croire à l'alignement des astres? Toujours est-il que depuis ce temps - et avec une restructuration majeure -, les projets s'enchaînent (sessions de formations, camps, productions) et les perspectives de développement peuvent désormais reprendre une place qu'elles auraient dû toujours avoir. Il y a encore peut-être du travail à faire... mais les signes sont encourageants.

Alors que Le Médecin malgré lui va bon train, que les camps de théâtre s'annoncent fort stimulants, que le fonctionnement de l'entreprise se stabilise, que la programmation 2009-2010 est en voie d'être complétée, nous entreprenons avec espoir notre onzième année d'existence.

Il est parfois de ces événements qui sont surprenants lorsque revus avec le recul...

Théâtres d'été


La saison estivale qui approche à grands pas verra le retour de divers théâtres d'été à Saguenay...

Le premier en date sera à Jonquière... au Café-Théâtre Le Côté Cour... un cabaret... les détails viendront bientôt, j'imagine.

La Pulperie de Chicoutimi prendra le relais en présentant, à compter du 7 juillet 2009 (et jusqu'au 26 août), la suite du succès de l'an passé (Les Rois Pêcheurs), Les Rois Chasseurs de Jimmy Doucet. Quelques mois après l’ouverture de leur agence de rencontre en forêt, nos deux comparses accueillent une inspectrice du gouvernement qui vient enquêter sur la nouvelle entreprise... Le rideau s'ouvrira donc sur ces aventures, tous les mardis et mercredis soirs à 20h30.

Viendra ensuite la nouvelle production estivale du Théâtre 100 Masques, du 9 au 26 juillet 2009... Le Médecin malgré lui sera en scène du jeudi au dimanche.

Le Théâtre La Rubrique fermera le bal en présentant, du 29 juillet au 22 août 2009, L'Assassinat d'Andrews Jackson, une production d’Hôtel-Motel et d’À Tour de Rôle. 1880. Jack, faux-monnayeur, ex-détenu et amoureux de musique zaricot, saute dans un train de la Nouvelle-Orléans à Vegas, pour régler son compte au chasseur de primes Jim Crow. Ce Crow a gagné au poker, la main de Bunny Belle, pourtant promise à Jack. Il fait chaud et le bourbon coule à flots. Ce portrait glauque des États-Unis file, comme le train, entre de fausses bibles et de vrais complots. Il est ponctué de hold-up, d’élixirs et de dollars percés, depuis les bayous louisianais jusqu'à Las Vegas, ce mirage construit au cœur même d’un désert américain. Mais Andrew Jackson, septième président des États-Unis, incarnation même du rêve américain, que vient-il faire dans tout ça?

Voilà en gros ce qui nous attend (et je ne parle pas ici du spectacle de la Dam-En-Terre à Alma et des productions présentées dans le haut du Lac!)...

dimanche 31 mai 2009

Vie spectrale au Monument National


Petite anecdote qu'on m'a racontée et qui tient lieu au Monument National, érigé à la fin du XIXième siècle à Montréal...

Un soir, alors que tous les artistes et artisans quittent le théâtre, deux techniciens s'installent et commencent leur travail... seuls. Dans cette immense salle vide. Ils discutent de tout et de rien, entre les lampes, les fils et les décors.

Pourtant, à mesure que la soirée avance, ils ressentent un malaise. Un malaise provoqué par un souffle venu de nulle part... par sentiment d'oppression et des vrombissements tout d'abord quasi imperceptibles. Pour se donner de l'assurance, ils se parlent de plus en plus fort... avec la désagréable impression qu'ils s'entendent de moins en moins bien!

Au bout d'un moment de silence, ils se rendent comptent que ce qu'ils entendent - et ce qui augmente leur émoi- ressemble au froissements de tissus, aux bruits de pas, de chuchottements et aux grincements des bancs... comme si on entrait... comme si une foule invisible prenait peu à peu place dans la salle dans l'attente d'un spectacle...

Malheureusement, l'anecdote s'arrête ici... sans que l'on puisse savoir quel spectacle s'est joué sur la scène après les trois coups spectraux: les techniciens ont fui.
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J'aime penser que les théâtres, lieux par excellence des émotions, des vibrations humaines, des grandes tragédies et des rires, se chargent d'une énergie telle que l'on continue de les fréquenter même après le trépas...

La semaine théâtrale


Zzzzz.... Zzzzz... Zzzzz....

À ma connaissance, il n'y a pas de rendez-vous théâtral cette semaine... mais peut-être me trompe-je...

Pas de rendez-vous ne signifie pas pour autant que le milieu théâtral est au neutre! Il y a de l'effervescence du côté de Jonquière et du côté de mes locaux au 100 Masques...

Si des gens ont des nouvelles, faites-le moi savoir!

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Pour ceux qui veulent voir du théâtre, je rappelle que le Carrefour International de Québec bat son plein présentement (encore pour deux semaines, je crois...)...

vendredi 29 mai 2009

Où tu vas quand tu dors en marchant...?


J'ai participé, hier soir, à la première représentation du nouveau spectacle déambulatoire du dixième Carrefour International de Théâtre, dans les rues de Québec la magnifique.

Sous le titre évocateur de Où tu vas quand tu dors en marchant...? (et sous la gouverne générale de Frédéric Dubois), les spectateurs plongent, dans six stations, dans un monde onirique, un monde nocturne fait de secrets, de confidences, de folies, de cauchemars, un voyage vers l'envers du jour.

Chacune des stations de cette promenade (qui se fait en quelque deux heures...) est autonome. Six lieux, six créateurs, six sphères d'activités artistiques, près de 200 artistes, artisans et figurants! Un spectacle fort intriguant...

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Première station: Jardins secrets
(Véronique Côté, comédienne et metteur en scène)

Un tête-à-tête sous les étoiles, dans un lit, avec un comédien qui nous livre un secret (secrets qui furent recueillis auprès de la population...) sur une musique de berceuses et dans la lumière blafarde d'un ballon... Un conte avant de se faire border.

Cette zone de chuchotements agit, en quelques sortes, comme porte d'entrée pour un univers déjanté...

Seconde station: Apparitions
(Claudie Gagnon, artiste multidisciplinaire)

Sous le couvert d'un boisé au centre de la ville, des tableaux vivants s'illuminent tout-à-coup et s'animent!

L'artiste, visiblement inspirée par les contes jeunesse (et probablement beaucoup d'Alice au pays des merveilles), construit un monde déformé et déformant, grossissement étrange et inquiétant d'une société où règnent les péchés capitaux... On s'y promène avec curiosité et malgré quelques longueurs techniques, on y passe un moment enchanteur.

Troisième station: Dormance mécanique
(Pascal Robitaille, musicien et concepteur sonore)

Peut-être la station la plus curieuse... la plus éblouissante... la plus magique...

Présenté comme un alchimiste musical, Robitaille y va d'une installation majeure composée de différentes machines reproduisant les ronflements, les respirations du sommeil, les grillons et les grenouilles qui chantent au crépuscule... On y traverse les étapes de l'endormissement les yeux ouverts et l'oreille éveillée (réf.: programme du Carrefour) pour aboutir devant un petit orchestre aux accents polonais qui chante la nuit.

Quatrième station: Avancez en arrière
(Frédéric Dubois, metteur en scène)

L'action se passe dans un autobus... On y monte et c'est un départ pour un tour de la ville, un tour de la vie commentée par un guide... Tout au long du chemin, de chaque côté de la rue surgissent des êtres grotesques et cauchemardesques qui assaillent la quiétude intérieure du véhicule. Des images de la vie... d'une vie qui peut toujours mal tourner...

Quel est le véritable sens de notre passage sur terre? Telle serait la principale question de ce tour.

Frédéric Dubois démontre une nouvelle fois, avec cette mise en scène, une ingéniosité et un pouvoir d'évocation efficace et instantané...

Cinquième station:Noctambleu
(Sébastien Dionne, scénographe)

Une rue complète de vient théâtre... enfin, les commerces de cette rue...

Un peu à l'instar d'Excès de vitrine qui s'est tenu pendant quelques années sur la rue Racine à Chicoutimi, la rue Saint-Joseph donne à voir aux spectateur des vitrines devenues tableaux vivants insolites en lien avec l'activité commerciale du lieu où ils se tiennent...

Malheureusement, la pluie s'est mise de la partie à ce point du parcours...

Sixième station: La Noce
(Harold Rhéaume, chorégraphe)

Cette partie a été annulée...

Il s'agit, selon ma compréhension du programme, d'un grand bal sur le parvis de l'église Saint-Roch... avec de danseurs, de la musique...

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Ce spectacle, qui peut aussi se voir de façon aléatoire, vaut le détour! Il ne reste toutefois plus que deux représentations ce soir et demain, de 21h à 23h (notez, par ailleurs, que pendant ces deux heures, toutes les stations sont animées en continu)... et c'est gratuit!!!

jeudi 28 mai 2009

Loïe, Isadora et Joséphine

Voici trois petites vidéos sorties d'un passé pourtant pas si lointain et qui, en même temps, remonte au début d'une véritable réforme de la scène dramatique européenne...

La première serait une série d'images captées en 1896 (par Edison?) et met en vedette Loïe Fuller (1862-1928) dansant la serpentine... Par ses danses hypnotiques, ses jeux de voiles et de lumières, elle devint l’égérie des symbolistes. Elle fascina Toulouse-Lautrec, Nadar, Méliès, Rodin, Mallarmé ou les frères Lumière. Cette Aladine occidentale, adulée aux quatre coins du monde, fut aussi une féministe avant l’heure. Elle afficha son homosexualité tout en revendiquant pleinement son rôle d’artiste. Dirigeant son propre théâtre, productrice, imprésario, elle fit venir en France les premières troupes d’acteurs japonais, écrivit des ballets et des tragédies et s’essaya comme réalisatrice au cinématographe. Mais surtout, sa danse Serpentine, en jouant sur la lumière, la couleur, la forme abstraite et le merveilleux, a fondé tout un pan de la danse contemporaine. (Réf.)



La seconde, Isadora Duncan (1877-1927), inspire les plus grands artistes peintres fascinés par son art du mouvement. Féministe, provocatrice inspirée, adulée ou critiquée, elle s'inspire du modèle des figures de la Grèce antique pour façonner l'expressivité particulière des danseurs qui se traduit dans une grande liberté d'expression, spontanéité et naturel du corps. L'artiste n'hésite pas à ne se couvrir que d'un voile et à danser nus pieds pour se rapprocher de la mode grecque ; elle pose ainsi les bases de la danse contemporaine. (Réf.)
Cette grande artiste a connu une fin tragique: alors qu'elle roulait sur une route de la France (elle était, par ailleurs, américaine...), son châle se prit dans la roue de son carosse et elle mourut étranglée...



La dernière, Joséphine Baker (1906-1975) devient l'égérie des cubistes qui vénèrent son style et ses formes, et suscite l'enthousiasme des Parisiens pour le jazz et les musiques noires. Elle fait figure aujourd'hui de « grande dame » et d'exemple de tolérance et d'intégration. (Réf.)


Retour vers le futur


Tiens, c'est drôle.

L'an dernier, à la même date, je projetais de partir en Saskatchewan pour un an... et le projet fut même assez sérieux pour que je fasse une entrevue téléphonique...

Au lieu de cela, je suis resté ici... pour d'autres projets!

mercredi 27 mai 2009

Hors d'Hakim, point de salut...


Le débat qui fait rage sur les résultats de la signature des registres de la semaine dernière - où 2249 personnes (moins une... avec explications plus bas!) se sont opposées au règlement d'emprunt de la ville pour la rénovation de l'Auditorium-Dufour (j'espère qu'elles le savaient toutes!)- donne lieu à de véritables petites perles...

La palme revient, à mon avis, au tandem Sirois-Hakim (respectivement directrice générale du Cégep de Chicoutimi et directeur général du Théâtre du Saguenay) qui pour l'une, l'Auditorium est devenu extrêmement dangereux et plus rien ne s'y tiendra... qui pour l'autre, il n'y aura plus de spectacles professionnels à Chicoutimi pendant deux, trois, cinq voire huit ans!!! Très peu d'ouverture pour un débat sain... Très peu de vision culturelle pour l'ensemble du Royaume...

Oui, ce diffuseur est majeur. Je le concède volontiers! N'empêche que les commentaires de son dirigeant, culturellement impliqué (dans ses propres projets...), surprennent. Tout ce qui se fait hors «ses» murs serait amateur?

Autre matière d'étrangeté (et un comble...), un billet d'opinion dans le Quotidien de ce matin fait sourire ou plutôt, rend encore plus amer la gorgée de café! Une dame écrit (si au moins il s'agissait d'ironie!): ll fait beau sur la Racine. Des jeunes m'interpellent pour les encourager, disent-ils. Ils veulent une salle de concert... [Et la dame de signer...] Je n'étais pas trop au courant du dossier. C'est mon erreur et maintenant mon problème. [...] Jamais on ne m'a dit que je signais contre la rénovation de l'Auditorium-Dufour. [...] Je m'excuse sincèrement d'avoir signé. Mais où était-elle ces derniers jours?????? Et depuis quand se presse-t-on à signer aveuglément un document?????

Il y a des jours comme ça où Ville Saguenay - son administration, ses citoyens et sa culture - me désespère...

L'embourgeoisement de l'acteur

Évolution d'un métier... d'une vocation... soumis aux contingences quotidiennes où les besoins financiers se comblent dans une vie mieux rangée!



Gautier par Roubaud

Les acteurs ne se souciaient guère, autrefois, d'être bourgeois ou citoyens; ce n'étaient même pas des hommes. L'un était Scapin, l'autre Léandre, l'autre Cassandre ou Colombine, et ils avaient si peur d'être pris pour des êtres réels, que même descendus de leurs planches, ils s'appelaient de noms de guerre tout à fait impossibles et fabuleux: Bellerose, de la Rancune, Floridor, et autres sobriquets romanesques. Ces messieurs ne répondent plus à présent qu'à leurs noms de famille. Ils se marient, font des enfants légitimes, paient leurs dettes, montent leurs gardes, achètent du trois pour cent; ils sont bons citoyens, bons époux, bons pères et craignent les rôles qui ne sont pas sympathiques: cela porterait atteinte à la considération dont ils jouissent chez leurs concierges. Célimène spécule sur les mobiliers. Alceste intrigue pour être sergent dans la compagnie. Marton vient au théâtre avec un parapluie; elle est d'une vertu ignoble et monstrueuse: c'est une vestale...

Théophile Gautier, cité par Sarcey, 1886