mardi 1 décembre 2009

Improvisation politique

Match d'impro politique... photographie: Dario Larouche

Hier soir avait lieu, au Côté-Cour de Jonquière, un match d'improvisation politique organisé par Alexandre Banville et l’Association Générale des Étudiantes et Étudiants du Cégep de Jonquière (AGEECJ) Politique car, parmi les joueurs habituels de la Ligue d'Improvisation Étudiante de Jonquière (LIEJ), quatre invités de marque: Sylvain Gaudreault (député de Jonquière), Julien Gagnon (président de la commission jeunesse libérale), Xavier Lefebvre Boucher (président de la Fédération Étudiante Collégiale du Québec) et Alexandre Thériault-Marois (président du Comité national jeune du Parti Québécois).

Sous la surveillance de l'arbitre bien connu dans le milieu de l'improvisation jonquiérois, François Jean (frère d'Émilie Jean), les thèmes se sont succédés au fil de la soirée: Où sont mes 100 millions?, Pour ou contre la langue française, Un train entre Windsor et St-Jean-Eudes... etc.

Bien que cette formule joyeuse (et un peu marquée par le ton estudiantin) offre un cadre intéressant et prometteur, la ligne politique et les débats sont plus souvent qu'autrement relégués au second rang... après l'humour et les farces qui émaillent chacune des improvisations. Il faut dire que les joueurs habituels ne sont pas nécessairement politisés... alors que les politiciens, habiles dans les discours, se retrouvent quelques fois comme des opossums en plein centre du désert lorsqu'ils entrent en scène!

Peu d'échanges, en fait... Mais beaucoup de rires et de plaisir! Et en ce sens, en réussissant le coup de placer des politiciens en vue, impliqués, de divers horizons parmi une cohorte d'étudiants - près d'eux! - les organisateurs peuvent assurément se féliciter.Malgré tout, malgré quelques décrochages, quelques piétinements, quelques cafouillages, quelques retards de jeu, la soirée à permis de montrer la politique sous un autre jour!



lundi 30 novembre 2009

Prochain Rendez-Vous Théâtre


Nous - le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques - sommes à mettre sur pied le troisième* Rendez-vous Théâtre (le premier de la saison 2009-2010) qui se tiendrait bientôt... soit mardi, le 15 décembre 2009, à 19h.

Je rappelle que ces rencontres ont pour but de réunir les gens du milieu théâtral (les artistes, les concepteurs, les professionnels tout autour... et les spectateurs!) autour de problématiques propre à l'art dramatique... sous forme de conférences, de tables rondes, de visionnement de films, de laboratoires.

Nous - le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques - avons choisi de construire ce prochain Rendez-vous sur un sujet délicat: AUTOUR ET AU TOUR DE LA CRITIQUE. Comment définir la critique? Qu'est-ce qu'une critique? Quel est son rôle ou quel rôle devrait-elle jouer? Qui peut prendre le titre de critique? Quel place lui fait-on et quelle importance lui accorde-t-on? Comment peut-il agir avec le milieu? Et enfin, le milieu peut-il seulement se prêter au jeu? Voilà quelques questions à la base de cette réflexion. Plusieurs invités (la confirmation des noms se fera bientôt) débattront sous l'oeil de nombreux auditeurs... j'espère!

* Le premier présentait les différentes directions artistiques de la région et le second avait pour base la projection du film Le comédien de Sacha Guitry.

dimanche 29 novembre 2009

La semaine théâtrale (du 29 nov. au 5 déc. 2009)


Semaine théâtrale peut-être simple... mais qui m'occupera pourtant beaucoup...

Du mercredi au dimanche - du 2 au 6 décembre 2009
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h

Deuxième et dernière série de représentations du Clown noir au masque de fer du Théâtre du Faux Coffre... Dernière chance? Seul l'avenir nous le dira... Il faut assurément réserver pour avoir une place: 418-698-3000 poste 6561. En attendant, on peut lire la critique de Christiane Laforge sur son blogue, Orage sur Océan.

Du jeudi au samedi - du 3 au 5 décembre 2009
Salle Marguerite-Tellier (Chicoutimi), 19h

Le Théâtre 100 Masques (avec le soutien de la Caisse Desjardins de Chicoutimi) présente Le Singulier Noël de Mme Weiss - Quand viennent les boules et les grelots. Ce spectacle orné d'ironie et de causticité, de rires et de misères (dans la même veine que le spectacle de l'an dernier), est d'une durée maximale de 55 minutes et est présenté juste avant le spectacle des Clowns noirs... À la porte, chocolat chaud et biscuits pour tous! Il faut aussi réserver parce que les places sont limitées (et c'est déjà complet pour le samedi soir...): 418-698-3895.

S'il y a autres choses, qu'on me le fasse savoir!

Bonne semaine!

vendredi 27 novembre 2009

J'ai passé l'après-midi avec M.L. a discuter du Théâtre 100 Masques... une entrevue effectuée dans le cadre de sa recherche de la maîtrise.

Exercice long mais éclairant... qui fait le tour de mes propres conceptions de ce que devrait être un organisme stable et bien développé...

jeudi 26 novembre 2009

Ébullition théâtrale...


Il est assez remarquable que le théâtre saguenéen se donne ainsi en spectacle depuis septembre... quand coup sur coup, ManiGanses, les Têtes Heureuses, le C.R.I., le Faux Coffre, le 100 Masques, les Amis de Chiffon et la Rubrique enchaînent (jusqu'à janvier) les différentes productions... En tout, ce seront (en exluant l'Entre-Deux de Maniganses qui emploient beaucoup trop de gens pour cette comptabilité) près d'une trentaine d'artistes différents (dont plusieurs participent à plusieurs projets) qui auront été en activité... pour près d'une soixantaine de représentations.

Je me pose pourtant la question: cette ébullition théâtrale se poursuivra-t-elle indéfiniment? Le milieu peut-il le permettre sans coup férir? Le principe de l'offre et de la demande n'est-il pas faussé? Peut-être que non... mais...




mercredi 25 novembre 2009

Juste avant le masque de fer...

À toute l'équipe du Faux Coffre - les Pascal, Martin, Éric, Patrice, Pierre et tous les autres qui tournent autour, dont Christian! - qui entame ce soir leur dernière (?) aventure des Clowns noirs à défaut du Merde habituel, je leur dit avec enthousiasme:


Du succès! Du plaisir! Beaucoup de monde! Et de bien bonnes critiques pour ce Clown noir au masque de fer! Et que le quinquet noir clownesque nous en mette encore plein la vue!

mardi 24 novembre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss

(en répétition... devant une bâche verte!!!)

Nous entrons dans le dernier droit.

Voici, en primeur, une petite vidéo datant de quelques jours d'un numéro du Singulier Noël de Mme Weiss, spectacle qui nous occupe pour le moment. (En lien ici ou en cliquant sur l'image). Bien entendu, il s'agit là d'un numéro sans costume, ni décor (outre celui patenté pour le tournage). Il ne dit rien de l'esprit scénique... mais donne tout de même un aperçu du ton...

La construction dramatique va bien. Nous rions beaucoup... aux actions de Mme Weiss... aux allures grotesques de l'immense petit pauvre et de la sécheresse irrascible de Beatrice... Encore une fois, nous espérons que ces rires se répercuteront dans l'assistance les soirs de représentations!

Et, nouvelle nouvelle: les spectateurs auront tous droit à une tasse de chocolat chaud accompagnée de biscuits pour regarder ce premier spectacle de Noël!


Fonctions du costume théâtral

Croquis d'un costume du Ballet Triadique, Oskar Schlemmer
Moma, NY, photographie: Dario Larouche

Il ne reste plus que quelques jours pour mettre un terme aux costumes du Singulier Noël de Mme Weiss... et, par ce travail (et par un grand ménage de mes papiers), je replonge avec plaisir dans mes notes sur le costume.

Car le costume, au théâtre, pour moi, revêt un caractère essentiel. Il n'est pas qu'un trait esthétique et doit être, comme l'affirmait Roland Barthes, un argument. Plus que la scénographie, ou l'éclairage, ou la vidéo, il marque le personnage (et l'acteur!) directement. Et loin d'être fortuit, il remplit, sur scène, plusieurs fonctions qui en constitueront le(s) sens (ces fonctions et les citations sont tirées d'un chapitre d'un ouvrage québécois dont la référence m'échappe pour le moment):

FONCTION ESTHÉTIQUE (naturellement!) - l'image créée par celui-ci, sa (ses) couleur(s), sa coupe, sa matière... bref, sa plasticité;

FONCTION MÉTALINGUISTIQUE - [...] s'ils laissent voir ainsi leur appartenance au monde du jeu, on dit qu'ils sont porteurs de cette fonction qui souligne la présence du code théâtral;

FONCTION LUDIQUE - pour ce qu'il peut apporter au comédien en action, son utilisation;
FONCTION SPATIALE - [...] un costume qui constituerait une entrave au jeu du comédien, par sa grosseur ou ses nombreux accessoires, influencerait ses déplacements et ses contacts avec les autres personnages (le meilleur exemple serait la robe de bois portée par Josée Laporte dans Parents et amis sont invités à y assister du Théâtre C.R.I.);

FONCTION SYNTAXIQUE - qui définit l'impression qu'a le spectateur du personnage en question, qui agit comme «adjectif» qualificatif;

FONCTION REPRÉSENTATIVE - qui donne les informations d'usage sur le personnage (sexe, âge, condition sociale, profession, etc.).

L'intérêt réel de ces quelques fonctions réside dans le fait qu'elles peuvent également s'appliquer à tout élément théâtral...

lundi 23 novembre 2009

Une culture en crise?


À voir le politique actuel, il est si facile de se dire que le milieu culturel est problématique. Quand il ne s'agit pas de coupures dans les fonds disponibles, ce sont les nouvelles salles qui blessent. Quand ce n'est pas le peu de considération des élites, c'est la désaffection de la population. Quand ce n'est pas le manque d'argent, c'est le manque d'effectif. Le milieu, le beau milieu, se promène de crise en crise. Ainsi, est-on en droit de ce constituer un idéal culturel?

Petit extrait d'un texte intéressant de Fernand Dumont (1927-1997), Le sort de la culture (1987), qui remet en perspective tous les problèmes du milieu culturel:

La culture est en crise? À feuilleter les manuels d'histoire, on conviendra qu'elle l'a toujours été. Et on admettra que cela tient à sa substance. Après tout, si nous rêvons, si nous pensons, si nous créons, c'est parce que nous ne sommes pas d'accord avec le monde. Pas de crise, pas de culture.

Ça vaut la peine d'y songer... La crise n'est pas conséquence mais essence! Il me semble que cela fait sens... du moins, jusqu'à la prochaine crise!

dimanche 22 novembre 2009

La semaine théâtrale (du 22 au 28 nov. 2009)

Il est tout de même intéressant de constater, au fil de ces calendriers, que chaque semaine comporte ses rendez-vous théâtraux... et que plus souvent qu'autrement, ces rendez-vous émergent des compagnies d'ici... Cette semaine, un événement de taille:

De mercredi à samedi (dim.) - du 25 au 28 (29) nov. 2009

Salle Murdock (Chicoutimi), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre présente son cinquième opus, le dernier (dernier dans le sens d'ultime... lire l'article du Quotidien du samedi 21 nov.) mettant en scène ses illustres vedettes, Le Clown noir au masque de fer... un texte de Martin Giguère... la plus grande aventure jamais vécue par le quintette clownesque noirci. Après avoir affronté et vaincu la redoutable Brigade anti-culture dans trois palpitants épisodes (La Farce de Maître Pierre Pathelin (2005), En attendant l’dégât d’eau (2006), Roméo et Juliette de William Shakespeare (2007)) et réactualiser l’Histoire Sainte (Barabbas dans la Passion (2008)), les Clowns noirs s’attaquent à un défi de taille : atteindre la célébrité (plus d'informations sur le site de la troupe). Dernière aventure? Coup de marketing? Pour le savoir, il faut le voir... et pour le voir, il faut réserver! 418-698-3000 poste 6561. Les places sont plus que limitées quand il s'agit de cette troupe.

Mercredi - 25 novembre 2009
Salle Pierrette-Gaudreault
Jeudi - 26 novembre 2009

Auditorium d'Alma, 20h

La Rubrique et l'Auditorium d'Alma présentent NU de la troupe Le fils d'Adrien danse. Un spectacle remarqué partout en province. Réglons tout de suite la question : dans NU, pas de danseur dans son plus simple appareil. C’est la vulnérabilité de l’être que le chorégraphe y expose. Avec une gestuelle hypersensible dont il a le secret, Harold Rhéaume livre une pièce très personnelle sur les relations humaines. Sa danse est comme elles : complexe, risquée et remplie de subtilités. Des assemblages charnels d’une grande tendresse destinés à prendre le chemin de votre cœur et vous faire oublier les guerres, les scandales en tous genres et le cynisme ambiant (voir les détails)




samedi 21 novembre 2009

Théâtralité: marque, manque et masque!


Je poursuis, depuis quelques jours, dans le cadre d'un exposé à prépare autour de la problématique de mon sujet de recherche au doctorat, une définition la plus claire et la plus simple possible de la théâtralité (abordée déjà, entres autres, ici ou ici)... de cette mystérieuse essence de l'art dramatique.

Peut-être la définition la plus simple revient-elle à Michel Corvin, auteur du désormais nécessaire Dictionnaire encyclopédique du Théâtre:

Tout d’abord la théâtralité naît dès qu’il y a adresse d’un émetteur à un récepteur ; système de communication gestuelle, verbale, auditive ou visuelle, il n’importe ; communication médiate (par personnages interposés) ou immédiate (au cabaret). De toute façon l’altérité (NDA : caractère de ce qui est autre) est à la base de la théâtralité, même si les spectateurs sont plus ou moins acteurs.

[…] La théâtralité suppose fiction, fabrication mentale d’une identité, d’une fable, d’un costume, d’une gestuelle qui creusent, par toutes leurs marques d’altérité, les distances qui sépare l’un (le récepteur) de l’autre (l’émetteur).

[…] Le théâtre est et n’est qu’un microcosme et, si ambitieusement qu’on y convoque le monde, il ne saurait être qu’un signe du macrocosme. Tout au théâtre, dès lors, n’est que substituts, déplacements, décalages, prélèvements, valant-pour, autrement dit, métaphores et métonymies : le personnage n’est qu’un acteur (et l’acteur n’est pas le personnage), la beauté n’est qu’un maquillage, la puissance n’est qu’un costume, les affects ne sont que des mots, les idées ne sont… des idées, et, du coup, il n’y aurait guère de mots qui, au théâtre, ne mentiraient pas si le théâtre n’était justement, par sa nature d’image du monde, inconsistant et trompeur. Tout au théâtre est figure, tout y fait signe.

À ce compte la théâtralité se définit par trois traits : elle est présente (l’adresse) ; elle ne vit que d’absence (ce qu’elle figure n’existe pas) ; et pourtant elle fait en sorte que cette absence soit présence ; elle est à la fois une marque, un manque et un masque.

Finalement, plus simplement encore, le mot de la fin dans cette recherche de concision de la théâtralité reviendrait à Patrice Chéreau (du moins, je crois...) qui définissait la théâtralité comme étant le théâtre comme quand on était enfant.


vendredi 20 novembre 2009

Tableau comparatif entre le théâtre dramatique et le théâtre contemporain


Voici une ébauche, une tentative de schématiser les différences marquées entre le théâtre tel que la plupart des gens l'entendent et le théâtre contemporain:

_____________________________
Théâtre dramatique

Textocentrisme | Auteur absent
Fiction | Personnage | Exposition du drame
Dialogues
Linéarité | Sucessivité | Cohérence
Du commencement vers la catastrophe
Création de sens
Théâtre: lieu où l'on regarde | Illusion
Techniques artisanales
Théâtralité
_______________________________________________

Théâtre contemporain
(que certains nomment postdramatique)

Déhiérarchisation des éléments
Présence de l'auteur (point de vue)
Réel | Figure | État d'être
Monologues | Polyphonie | Conversation
Fragmentation | Rhapsodie | Hybridation
De la catastrophe à l'origine
Création de sensation
Théâtre: lieu où l'on montre | Vrai
Technologies de pointe
Performativité
______________________________

Peut-être certains termes demandent-ils à être précisés. J'en conviens. Peut-être aussi peut-on comparer d'autres points. Je le ferai un de ces jours. Mais voilà, en gros, ce qui distingue les différentes façons d'aborder le théâtre.