jeudi 1 avril 2010

En cette journée de première...



La jouissance artistique, esthétique, nous la recevons au théâtre de l'interprète, non de la pièce disait Valery Brioussov dans son manifeste Une vérité inutile paru en 1902. Pour lui, [les auteurs dramatiques] sont des artistes souverains que tant qu'on les lit; sur scène, leurs pièces ne sont que des formes dans lesquelles les acteurs instillent leur contenu. Donnez sa place à l'interprète, placez-le sur le piédestal de la scène pour qu'il règne sur elle en tant qu'artiste. Par sa création, il donnere un contenu à la représentation dramatique.
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À tous les comédiens de LA DÉFONCE
(Benoît, Charles, Jean-Sébastien, Joan et Réjean)
À toute l'équipe de conception
(Sonia, Christian, Alexandre, Ursule,
Francine et tous les autres)

MERDE! MERDE! MERDE!
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Paru ce matin, dans le Voir de la semaine, un article de Jean-François Caron, Audace et défonce qu'il est possible de lire ici.

mercredi 31 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]


Image tirée du blogue Blog.bassin-nature.com

La générale de La Défonce a eu lieu hier soir, à Roberval. Une bonne générale, à mon sens (avec juste bien assez de bémols).

Une dizaine de spectateurs ont pris place... et, par conséquent, pour la première fois, je délaissais (le mot est fort mais il image bien la situation) mon rôle de metteur en scène pour devenir spectateur. Enfin, disons plutôt que, pour la première fois, je regardais le spectacle avec les yeux d'autres personnes. C'était (comme toute générale) la soirée du détachement. Car bien que présent, en soutien, en observation (et avec la possibilité d'apporter par la suite des correctifs), l'heure et quart que dure le spectacle appartient désormais aux acteurs seuls.

Une bonne générale donc.

Encore une fois, quelques notes concernant certains ajustements de tons, de déplacements, de rythmes... Faire remarquer qu'une scène (4ième silence) tombe (dans le sens où tout semble perdre de l'éclat) et nuit aux trois suivantes... Chercher des solutions à des problèmes techniques mineurs... Corriger quelques entrées et sorties des lumières... Bref, voir l'ensemble et en pointer les forces et les faiblesses.

Par ailleurs, je dirais que ce fut une bonne générale malgré les comédiens eux-mêmes qui, malheureusement, se voient affliger d'un bon rhume, conséquence probable de l'intimité et de la proximité de certaines scènes! Voilà un obstacle un peu contraignant qui modifie quelque peu la donne scénique... Enfin, qu'ils se reposent aujourd'hui et demain dans la journée; ils le méritent amplement!

mardi 30 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Hier soir se tenait la première des deux générales successives de La Défonce au Théâtre Mic Mac. Le résultat était - malgré mes bémols (mais je suis peut-être trop exigeant!) - fort satisfaisant. Je suis bien fier du travail effectué par tous dans cette production. Pour donner un autre avant-goût de ce spectacle, voici quelques photos prises pendant cet exercice par Christian Roberge qui en signe tous les éléments esthétiques (j'imagine qu'en cliquant sur celles-ci, elles s'agrandiront).






Encore quelques ajustements à faire ( soit, même si ça ne dit rien aux non-initiés, la transition entre le 5ième cri et le 5ième silence, quelques durées de «cues» à revoir, etc.) mais l'ensemble me plaît bien. J'ai placé la barre haute pour les comédiens! Pauvres eux!

Histoire de fous...


Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie: l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
Enzo Cormann


lundi 29 mars 2010

Cette semaine, au théâtre (du 28 mars au 3 avril 2010)

Je suis un peu dans le jus... et par conséquent, un peu en retard sur les billets de ce blogue! Mais bon... Les activités se poursuivent même si je suis derrière elles, la langue à terre!

Évidemment, mon événement marquant de cette semaine (et la seule activité théâtrale régionale que j'ai répertoriée!):

Jeu. à sam. - du 1er au 3 avril 2010
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h


Le Théâtre Mic Mac débute les représentations de sa toute nouvelle production, La Défonce de Pascal Chevarie dont je signe la mise en scène. Une forêt, la nuit. Les phares d'un camion allumés. Une vieille chanson lancinante, et l'écho d'un cri étouffé. Parmi les ombres que projette la lune, la silhouette confuse de trois jeunes hommes qui viennent de commettre l'irréparable et, dans le noir, celle d'un vieillard, qui a tout vu. À travers la reconstruction de cette nuit de défonce, ils tenteront de comprendre cette rage qui les habite et qui - sans qu'ils puissent vraiment la nommer - les a poussés trop loin.

Bon lundi!

jeudi 25 mars 2010

L'Approche biomécanique 2


Dès le départ, je gobe tout ce qui se dit dans la discussion. J'ai l'impression d'être baigné dans une matière que je connais fort bien mais qui résonne différemment maintenant que ça passe par la bouche d'un formateur (dans ce cas-ci, M. Reid) et par une mise en pratique concrète.

C'est dans cet état d'ouverture que s'est accrochée à mon oreille cette définition plutôt claire de la toujours difficile à cerner théâtralité. Ainsi, dans la philosophie meyerholdienne, nous pourrions définir la théâtralité comme étant la double présence, sur scène, de l'acteur et de son principal outil, lui-même. Par la maîtrise consciente de son corps, par sa conscience de divers paramètre, il devient générateur, émetteur et exécuteur de codes, de conventions. Car le théâtre de Meyerhold est d'abord et avant tout un théâtre de l'acteur.

La biomécanique doit être comprise comme étant un entraînement (où l'atelier mène vers la répétition qui elle mène vers une représentation putative) permettant de développer cette conscience, cette mémoire du corps, d'en connaître le fonctionnement, les capacités et surtout les limites. Meyerhold avait ce mot: sans auto-restriction, pas de maîtrise...

Ce sont là quelques sujets abordés ce matin en cours de formation.

Ce soir, chacun des muscles de mon outil souffre. Divers exercices (tournant principalement autour de la marche!) les ont mis à l'épreuve. Découvrir et prendre conscience de l'articulation des membres, comprendre les connections qui les relient, trouver les points d'équilibre et les transferts de poids s'avèrent, au final, fort douloureux.

Je sors donc endolori de cette formation mais fort stimulé... et si je m'écoutais, je tenterais de poursuivre le travail en groupe comme un entraînement continu...

L'approche biomécanique 1


C'est ce matin que débute la formation L'approche biomécanique avec Monsieur Robert Reid. Nous sommes huit biomécaniciens à s'y rencontrer... probablement chacun avec une vision toute personnelle de ce à quoi cela ressemblera!

mercredi 24 mars 2010

Le cas du CAS 2


Le Conseil des Arts de Saguenay ne donne toujours pas de nouvelles (j'en parlais déjà ici, il y a quelques jours). Et le temps passe encore et encore. Je peux comprendre leur(s) problème(s) de financement et les délais imposés. Je peux même les accepter... mais encore faut-il qu'il me les explique.

Peut-être est-ce là que le bât blesse: dans le silence du CAS. Pas une convocation. Pas une lettre. Pas un courriel. Rien. Que les rumeurs...

Conflit d'horaire

Aujourd'hui, je rencontre (en fait, je vais chercher, avec Guylaine Rivard) Monsieur Robert Reid de l'Université Concordia qui débarque au Saguenay pour offrir une formation en biomécanique... un principe d'entraînement de l'acteur mis en place par Meyerhold, en Russie, dans la seconde décennie du XXième siècle.

Il y a longtemps que je souhaite voir de près, tester, expérimenter (eh oui... je dois avoir une fibre comédienne en moi... sans commentaire pour ceux ou celui qui veut en rajouter!) cette biomécanique. Le temps est venu!

Malheureusement, par un conflit d'horaire, je n'en verrai qu'une partie. La formation s'étale sur quatre jours - de jeudi à dimanche - alors que je dois, ce week-end(à compter de vendredi en fin d'après-midi), retourner à Roberval pour un dernier bloc intensif de répétitions de La Défonce. Mon cœur tangue donc...

La gestion d'un agenda personnel s'avère parfois ardu quand le mode de vie choisi nous ballotte d'un côté à l'autre. Que de rencontres, que de productions, que d'activités, que de partys manqués au fil des différents projets... Bon. Il y a pire. Au moins je travaille!

mardi 23 mars 2010

Le paradoxe théâtral


Petite citation sortie et d'un essai plus que cité sur ce blogue, L'Éternel Éphémère de Daniel Mesguish et de mon tout premier blogue. Je la ressors parce qu'à quelques jours d'une première, j'aime m'arrêter pour réfléchir sur le type de réception que devrait avoir le spectateur... Qu'est-ce qu'il peut trouver au théâtre, dans mon travail... dans cette production particulièrement...

Sortant du théâtre, les spectateurs sont plus riches, non de plénitude, non de réponses, mais d'énigmes enfin entendues. Ils ont encore à l'oreille, comme dans les cils une larme encore alors que déjà l'on ne pleure plus, non la mémoire de ce qui s'est dit, mais celle de leur écoute. L'acteur n'est pas celui qui prend la parole, c'est celui qui donne l'écoute.

C'est une vue théâtral ambitieuse qui modifie le paradigme de la réception. C'est une vue ambitieuse qui me plaît terrriblement.

lundi 22 mars 2010

La Défonce [Carnet de notes]

En attendant la première, voici trois (magnifiques!) photographies prises au cours de la dernière fin de semaine par Christian Roberge qui signe et la scénographie et les costumes:



La Défonce [Carnet de notes]

Scénographie avant la mise en place de l'éclairage
Photographie: Dario Larouche (c'est donc dire moi!)

Fin de semaine intensive (comme toutes les autres, d'ailleurs!)... et avant-dernière rencontre de travail avant la première qui approche à grands pas. Une fin de semaine chargée en objectifs et en dossiers à régler, et pourtant, tout a bien été... alors que nous avons maintenu, au cours des trois jours, une large avance sur notre horaire.

Vendredi soir, après avoir décroché et fait un inventaire du matériel disponible (et après avoir vu la salle qui se pare de ses nouveaux atours!), Alexandre Nadeau m'a présenté sa conception d'éclairages tout en faisant un accrochage rapide. Aidé du jeune Émile Langlais (qui sera le régisseur tout au cours des représentations), il a même réussi à faire tout le filage des lampes (d'où l'avance du week-end).

Samedi matin de bonne heure, pendant que je discutais costumes et maquillages dans les coulisses, l'équipe lumineuse terminait le branchement et très tôt encore nous nous sommes lancés dans le focus des appareils. Ce fut le moment de prises de décisions, notamment en ce qui a trait à la couleur... et à l'utilisation de LED dans le concept.

Samedi, en milieu d'après-midi, accompagnés d'une partie de la distribution, nous avons réglé l'intensité des différents tableaux (pour obtenir, au total, 24 cues d'éclairages!). Dès le départ, nous avons privilégié l'ambiance, l'atmosphère à la fonction utilitaire de la lumière, ce qui donne un spectacle sombre, parfois glauque, parfois blafard... Rapidement aussi (enfin, avant même d'entrer dans la salle), il a été résolu de ne pas s'attarder sur les panneaux, de ne pas les mettre en valeur par l'éclairage mais de les laisser s'intégrer naturellement dans les faisceaux. Et je crois encore que ce fut un bon choix. Quant aux LEDS, il s'est avéré très difficile, voire même impossible de les utiliser... Pas encore...

Dimanche matin, c'était le test ultime. Les comédiens ont fait un enchaînement dans l'espace afin de placer, dans le jeu, en temps réel, les différents changements d'éclairages. Nous voulions également placer les effets sonores préparés durant la semaine (voir ici), mais la trame sonore continue ne fonctionnait pas... c'est-à-dire que lors du transfert de l'ordi vers le CD, un grichement incessant est apparu. Ce n'est que partie remise.

Pour terminer la journée (et la fin de semaine), nous avons consacré l'après-midi à un enchaînement sans arrêts. Ce fut un enchaînement convaincant. Du bon travail de la part des comédiens, des concepteurs. J'ai bien hâte de voir la réception de cette production!