mardi 28 septembre 2010

Changements!

Ça bouge dans le milieu culturel... De nouvelles nominations, des gens qui changent de postes... L'automne n'est manifestement pas qu'un changement de saison!

Sur Facebook, la nouvelle a eu l'effet d'une bombe: Jean-François Caron quitte le Voir pour d'autres cieux plus théâtraux... du côté de La Rubrique! Surprise! Félicitations à lui; bravo à eux!

Par ailleurs, Schème-Danse vient de publier un surprenant communiqué... Ainsi donc, on passe la main?

Saguenay, 27 septembre 2010 — Le conseil d’administration de Schème Danse et son président Georges-Nicolas Tremblay ont le plaisir d’annoncer la nomination de madame Julie Dubois-Gravel comme directrice générale et artistique de la compagnie. À ce titre, madame Dubois-Gravel aura comme mandat de mettre de l’avant le travail de chorégraphes, interprètes et créateurs originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean en plus de développer le public de la danse dans cette région.

Ayant acquis une solide formation en ballet classique, moderne et jazz à Montréal, au Saguenay et en Haïti, Julie Dubois-Gravel a participé à plus d’une vingtaine de productions comme danseuse : les Grands ballets d’Haïtï, Miss Saïgon, Les pirates de Penzance et L’auberge du cheval blanc (SALR), Do You Do You Paris (Productions Bravo), Idolia (Groupe Sékence). De plus, elle enseigne également la danse classique aux Farandoles et à l’Académie de ballet du Saguenay après s’être rendu à Montréal pour parfaire ses connaissances en enseignement de la danse à l’UQÀM. Julie terminait cet été sa 8e saison dans Ecce Mundo. Dernièrement, en plus d’agir en tant qu’agente de développement des publics en danse pour Objectif Scène, nous avons pu la voir dans une performance de Boran Richard intitulée Animer le corps. Julie Dubois-Gravel a dansé dans ébats, Sous observation et Osez 100% bleuet 1eédition, trois productions de Schème Danse.

L’intérêt que Julie Dubois-Gravel a désormais pour la danse contemporaine ainsi que son désir de développer son propre langage chorégraphique tout en multipliant les collaborations avec des artistes de différents horizons artistiques en font la candidate idéale pour poursuivre l’œuvre de la compagnie fondée en 2001.

Julie Dubois-Gravel saura aussi s’entourer de personnes compétentes, créatives et passionnées afin de mener à bien la mission de Schème Danse. Ainsi, les cofondateurs de la compagnie Georges-Nicolas Tremblay et Éric Potvin demeurent sur le conseil d’administration et serviront de mentors à la jeune directrice.

Les projets futurs de la compagnie : présenter des extraits de la dernière production de la compagnie Interdit de s’embrasser à Montréal, réaliser la deuxième édition d’Osez 100 % bleuet à l’été 2011 et créer la prochaine chorégraphie de la nouvelle directrice artistique. Nous souhaitons la meilleure des chances à Julie Dubois-Gravel dans son nouveau rôle.

lundi 27 septembre 2010

Le grotesque


Petite définition, en ce début de semaine, du grotesque... outil - si on peut dire - que je tente d'utiliser souvent - pour ne pas dire toujours - dans mes mises en scène. Petite définition donc, en ce petit lundi gris.

«Le contraste». Fait-on seulement appel au grotesque pour créer les contrastes, ou pour les accuser? Le grotesque n'apparaît-il pas comme une fin en soi? Comme le style gothique d'une cathédrale, par exemple. [...] De même que, dans le gothique, tout s'équilibre de manière frappante, l'affirmation et la négation, le céleste et le terrestre, le beau et le monstrueux, de même le grotesque, s'attachant à parer le monstruosité, empêche la beauté de tomber dans le sentimental (au sens schillérien du terme).

Le grotesque constitue une nouvelle approche du quotidien.


Le grotesque approfondit le quotidien au point qu'il cesse d'apparaître comme simplement naturel.


[...] Dans sa quête du supranaturel, le grotesque associe synthétiquement la quintessence des contraires, crée l'image du phénoménal, amène le spectateur à tenter de résoudre l'énigme de l'inconcevable.

[...]

Maintenir en permanence chez le spectateur une attitude double à l'égard de l'action scénique qui se développe en mouvements contrastés, n'est-ce pas là le but du grotesque au théâtre?

Ce qui fonde le grotesque, c'est le désir constant du créateur de tirer le spectateur d'un plan qu'il vient de saisir pour le projeter dans un autre qu'il n'attendait pas.

[...]

L'art du grotesque est fondé sur la lutte de la forme et du fond.

Et de qui vient cette description du grotesque? Eh oui, Vsevolod Emilievitch Meyerhold... en page 191 du premier tome de ses écrits, dans l'édition de 2001.

dimanche 26 septembre 2010

Le Concertgebouw de Bruges

Dans la catégorie «Nous aurions dû avoir une nouvelle salle» dont je fus et suis toujours un ardent partisan, voici, après une salle en détritus présentée hier, un autre clin-d'oeil outre-atlantique qui mériterait une nouvelle catégorie «Eux ils l'ont l'affaire!»

Bruges, petite (et magnifique) ville belge de quelque 117 ooo habitants (enfin, probablement s'agit-il de la région...) - soit près de 30 000 habitants de moins qu'à Ville Saguenay - a choisi, juste avant d'obtenir le glorieux titre de - tenez vous bien! - Capitale culturelle de l'Europe, en 2002, de se construire une grandiose salle de concert en son centre, le Concertgebouw.

Le Concertgebouw de Bruges (photographie: moi-même!)

Pour voir d'autres photos plus parlantes, voir ce lien.

L'imposante salle de concert de Bruges (Concertgebouw) se dresse sur le Zand, la place centrale de la vieille ville, et écrase les édifices environnants. Malgré son volume et sa modernité angulaire, elle donne l'impression d'être là depuis des siècles. [...] Définie par sa géométrie simple mais puissante, la salle semble descendre depuis le haut de la place en une série de plans inclinés. Ces pentes - tout comme la teinte de terre-cuite qui recouvre sa surface - rappellent les toits de la ville. [...] Cette salle de concert évite le spectaculaire, mais possède une intensité et une précision qui marquent durablement le spectateur. (Les 1001 merveilles de l'architecture, éditions du Trécarré, 2009)

Une telle description donne à rêver à ce qu'il aurait pu être écrit sur une salle de spectacle toute de bois (c'est la mode!) sur la zone portuaire de Chicoutimi!

Au théâtre, cette semaine... (du 26 sept. au 2 oct. 2010)


Cette nouvelle semaine sera principalement marquée par la tenue du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Aujourd'hui - 26 septembre 2010
Auditorium d'Alma, 14h (et gratuit!)

Dans le cadre des Journées de la Culture, l'Auditorium d'Alma présente Renée Robitaille, une conteuse pour petits et grands: Chez les Gros Biscuit, rien ne va plus. Maman accouche au zoo et papa revient à la maison avec un bébé crocodile ! Pendant ce temps, Marilou, la casse-cou de la famille, escalade le frigo, la commode et pourquoi pas l’immense sapin du jardin ! Son frère Christophe, lui, fait manger ses biscuits en pâte à modeler à tout le monde, alors que Grand-père et Pascal font un concours de pipi et qu’Arthur, le petit dernier, se fait enterrer sous une montagne de chocolat ! Un spectacle inspiré de l'univers de Robert Munsch, l'auteur jeunesse le plus aimé et le plus lu au pays.

De jeudi à dimanche - du 30 sept. au 3 oct. 2010
Centre des congrès (Jonq.) - horaires variables

Tenue du Salon du Livre... Cette année, la présence de dramaturges est un peu effacée. Deux seront pourtant présents: Yanik Comeau (auteur pour enfant... qui vient toutefois présenter un roman!) et Stéphan E. Roy (qui vient présenter sa nouvelle pièce). Par ailleurs, dans ce même cadre:

Vendredi - 1er octobre 2010
Place Québecor (Centre des congrès de Jonq.), 11h45

Table ronde sur le théâtre... et plus précisément sur la prochaine création du C.R.I., Petites hitoires avec une mère et une fille dedans, écrite par l'auteure Marie-Christine Bernard.

Sinon, pour le reste, c'est assez calme... si ce n'est que vendredi est la date limite pour le dépôt des demandes de subventions au C.A.L.Q.


samedi 25 septembre 2010

«L'Origine de la tragédie antique»

Magnifique petite série (malheureusement dans une langue hispanique...) qui décrit l'origine de la tragédie grecque... Je mets ici ces trois vidéos parce que les images parlent d'elles-mêmes (si le langage ne peut le faire...).





Tout sur moi


Le second épisode de Tout sur moi vaut le détour (cliquer sur ce lien pour arriver sur le site de TouTV)... déjà qu' à mon avis, cette émission est celle qui met le plus souvent le théâtre en avant-plan! 21 minutes d'enchantement avec le premier trio (Macha Limonchik, Valérie Blais et Éric Bernier) aux prises avec un trio infernal issu des planches d'une salle de répétition déjantée composé des grandes figures théâtrales que sont Andrée Lachapelle, Monique Mercure et Monique Miller. Du bonbon.

Une nouvelle salle à moindre coût!

En lisant le Courrier International, j'ai peut-être trouvé une solution peu coûteuse pour construire une nouvelle salle de spectacle au Saguenay.

En page 56 du numéro 1037 de cette revue (fort intéressant, par ailleurs!) - soit celle du 16 au 22 septembre 2010 - il est question d'un théâtre éphémère, à Londres, conçu par un couple berlinois (Martin Kaltwasser et Folke Köbberling) et réalisé par une équipe de bénévoles à partir de matériaux recyclés... Le Théâtre Jellyfish (cliquer sur le lien pour plus d'informations)!


Le Jellyfish, qui a ouvert ses portes le 26 août dernier, a été construit avec des déchets de marchés, de parcs à bois et de chantiers de construction; avec du mobilier scolaire mis au rebut, des portes hors d'usage, des clous recyclés et tout ce que les habitants et commerces du quartier ont donné à la suite de l'appel lancé par la compagnie cinématographique et théâtrale Red Room. (The Guardian).

Et si les Saguenéens (les citoyens et non les joueurs de hockey!) faisaient preuve d'audace?

Avec toutes les églises désacralisées, les écoles de quartier qui se vident, les usines qui font faillite, le bois qui pourrit dans les cours des scieries, le papier journal qu'on ne peut plus vendre, le patrimoine encombrant qu'on cherche parfois à se débarrasser et l'amoncellement de Mr. Carton, à Laterrière, qui fait tant parler, ... avec tout ce que nous produisons comme rebut (et aussi,, bien sûr, avec le recyclage du matériel de l'Auditorium-Dufour!), quelle belle salle nous pourrions avoir!

À peu de frais.

Quelques heures de bénévolat par-ci... quelques heures de bénévolat par là... et une cathédrale spectaculaire pourrait sortir de terre (avec peut-être aussi un peu de difficulté à s'y ancrer!).

Bon... Ce pourrait être une salle un peu dysfonctionnelle sous nos latitudes... mais comme le dit le dicton, faute de pain, on mange de la galette!

vendredi 24 septembre 2010

Aurevoir

Encore une fois cette année, le milieu théâtral saguenéen est bouleversé par le décès d'un autre de ses commettants, Ricky Tremblay. Ce comédien-chanteur-metteur en scène (que je ne connaissais pas beaucoup, par ailleurs...) a fait les beaux jours des cabarets au Côté-Cour dans les années 90. Il a joué, entres autres choses, dans Les porteurs d'eau, à la Rubrique. Il a aussi mis en scène Citrouille vers 1999-2000 à l'Anse-St-Jean et, dernièrement (en 2006), Fleur d'Acier à Alma. Mes sympathies à sa famille et à tous ses amis culturels.

TREMBLAY (M. Ricky) Le 21 septembre 2010 est décédé paisiblement à son domicile, à l'âge de 48 ans et 5 mois, M. Ricky Tremblay, demeurant à St-Ambroise. Il était le fils de Mme Julienne Dallaire et de feu M. Cyrille Tremblay. La famille accueillera les parents et ami(e)s le samedi 25 septembre 2010 de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h à l'Alliance funéraire du Royaume Résidence St-Ambroise 560, rue Simard, St-Ambroise Il a été incinéré au crématorium de l'Alliance funéraire du Royaume et les cendres seront inhumées au cimetière de Bégin. Outre sa mère dame Julienne Dallaire (feu Cyrille Tremblay), le défunt laisse dans le deuil ses frères: Grégory Tremblay (Séphanie Gagnon), Nicolas (Lisa Guay) et Jean-Sébastien (Michel Bruno); son neveu Simon Tremblay et sa mère Mme Diane Desbiens; sa nièce Sandrine Tremblay (Michaël Brassard) et sa mère Mme Jeannine Bouchard. Il laisse également dans le deuil de nombreux oncles et tantes, cousins et cousines, parents et ami(e)s, ainsi que plusieurs membres de la communauté artistique du Saguenay-Lac St-Jean, de Montréal et de Sherbrooke. Pour les personnes désireuses d'offrir des dons, une personne bénévole de la Société canadienne du cancer, sera présente au salon afin de les recueillir. Pour information: bureau: 418-545-ANGE (2643), pour vos messages de sympathie: télécopieur: 418-543-9409, courriel: ange@afdr.info - www.afdr.info Direction funéraire: Alliance funéraire du Royaume (Regroupement de la Coopérative Funéraire de Chicoutimi et la Corporation des cimetières catholiques de Chicoutimi).

Ces comédiens qui ont toujours quelque chose à dire!


Voici, parce que je n'ai rien d'autres à dire ce matin, un autre extrait tiré du délicieux Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton... cette fois, concernant les fameuses notes du metteur en scène. Encore une fois, à la lecture de ce petit passage, je me revois et serais capable de donner bien des noms!

Il s'agit là (tant à propos de l'extrait que de l'ouvrage en entier!) d'une belle petite illustration des dessous du théâtre. À croire que c'est partout pareil... que ce soit ici au Saguenay, ou au Québec, ou en Europe!

N comme Notes - Analyse d'un filage avec le metteur en scène qui a beaucoup de mal à se relire car, en général, les notes sont écrites dans le noir, d'une main énervée sans que les yeux quittent le comédien fautif. Elles peuvent être «à chaud», c'est-à-dire tout de suite après le filage, ou le lendemain en début de répétition mais on ne dit pas «à froid» pour autant. Courtes ou longues, voire très longues, les «notes» sont toujours des moments où l'acteur prononce des phrases rituelles, comme par exemple:

«Ben oui, mais hier tu m'as dit de faire comme ça.»
«Bah faudrait savoir. Parce que moi...»
«Oui mais là, ce que j'ai voulu faire, c'est...»
«Je suis d'accord avec toi mais
j'le sens pas là
«Non ne me dis rien, je sais, c'était nul, je sais.»
«Ah bon pourtant j'ai eu du
plaisir quand je l'ai fait.»
«T'es sûr que tu le veux comme ça?»
«Oui mais Jean-Luc m'a coupé.»
«On peut se voir après la répétition? Juste nous deux? Pour parler?»
«C'est ce putain de col de chemise qui m'empêche de tourner la tête.»
«Oui mais si Pierre
ne me regarde pas, je ne peux pas m'asseoir

La liste est longue. En fait, il y a souvent un coup du sort, une faute à pas de chance, qui empêche l'acteur de faire bien.

Certains se découvrent soudain trois milliards de choses à faire pendant la séance de notes. Ils s'habillent, se démaquillent, rallument leurs portables, écoutent leurs messages, enfilent leurs manteaux, tout en se dirigeant vers la sortie sans donner l'impression qu'ils s'en foutent.

[...]

Il faut faire et non pas dire, disait Molière. Cette phrase, j'en suis sûr, lui est venue pendant une séance de notes.

Et revlan!


jeudi 23 septembre 2010

De critiques en critiques...

Honoré Daumier, Le critique d'art

S'il est un sujet qui m'enthousiasme et me désespère tout à la fois, c'est bien l'état de la critique, ici, au Saguenay (et dans le reste du monde...), son rôle (celui qu'elle prend et celui qu'elle devrait prendre), son action, sa valeur.

Voici deux citations qui recoupent assez bien mes visées et que j'endosse avec assez peu de nuances. La première étant de Bonnie Marranca, critique américaine, en 1981:

Si les praticiens du théâtre perçoivent la critique théâtrale [...] uniquement comme un outil de relations publiques (en d'autres termes, comme une manière d'améliorer leur image et par conséquent leur valeur marchande), c'est qu'ils ont perdu la vraie valeur d'un dialogue public sérieux sur leur art. [...]

D'autres parts, voici un autre extrait de l'ouvrage de Schechner (duquel est sortie également la première citation) sur le même sujet:

Personne, à ma connaissance, ne désire d'éloge immérité [...]. Personne ne croit à ces critiques, et les éloges inconsidérés ne servent à rien. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un véritable dialogue, d'un débat sur la définition du théâtre, le rôle des praticiens, d'un affrontement de plusieurs points de vue, c'est-à-dire d'une dialectique, d'une polémique que l'écriture est à même de prendre en charge.

C'est peut-être sur ce sujet que j'aurais dû faire un doctorat! Ce sera donc pour le prochain...

mercredi 22 septembre 2010

De recherches et d'autres...


Je viens d'assister, dans le cadre des Midis-causerie du CÉLAT (Centre interuniversitaire des Études sur les Lettres, les Arts et les Traditions), à l'Université Laval, à une communication de Jean-Paul Quéinnec portant d'une part sur la toute nouvelle chaire en théâtre (Pour une nouvelle dramaturgie sonore en théâtre) dont il est le maître d'oeuvre et, d'autres parts, sur sa recherche-création qu'est le vaste chantier Dragage.

L'hypothèse de départ... enfin, la source de cette recherche-création pourrait venir de cette assertion (malheureusement, je ne peux retrouver la source de cette citation): si la présence du son au théâtre a évolué, elle tient encore à une valorisation de l'action dramatique. Voilà contre quoi, si on peut dire, Quéinnec et son équipe s'attaque pour développer une véritable écriture sonore pour que celle-ci ouvre les perceptions des spectateurs, ouvre le sens.

Son théâtre performatif (ou de dispositif) se compose essentiellement de deux éléments (définis à partir d'un article de Josette Féral), soit de l'évènementialité et de la mise en échec de la représentation.

C'est donc à partir d'extraits vidéos et de photographies pris essentiellement à partir du laboratoire présenté la semaine dernière à la Pulperie que ce sont développés ses arguments.

Une recherche qui pose beaucoup de questions.

To be or not to be

J'ai reçu, hier, des mains de ma directrice de thèse, un ouvrage paru à la suite colloque Figures du monologue théâtral tenu en 2005 et qui, sous ce même titre, renferme une série d'articles sur le sujet de divers praticiens/théoriciens... notamment les Caroline Garand, Robert Gurik, Dominique Lafon, Irène Roy et Larry Tremblay.

En prélude à cette lecture, voici, dans sa langue d'origine, l'un des monologues théâtraux les plus célèbres dans la dramaturgie universelle... Il vient du Hamlet de Will Shakespeare, à la scène 1 de l'acte 3:

To be, or not to be: that is the question:
Whether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache and the thousand natural shocks
That flesh is heir to, 'tis a consummation
Devoutly to be wish'd. To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream: ay, there's the rub;
For in that sleep of death what dreams may come
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause: there's the respect
That makes calamity of so long life;
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor's wrong, the proud man's contumely,
The pangs of despised love, the law's delay,
The insolence of office and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover'd country from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?
Thus conscience does make cowards of us all;
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o'er with the pale cast of thought,
And enterprises of great pith and moment
With this regard their currents turn awry,
And lose the name of action. - Soft you now!
The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons
Be all my sins remember'd.

Pour bien saisir la musicalité de ces vers, voici un petit vidéo datant de 1964 et mettant en vedette, dans ce rôle archi-connu, Richard Burton: