vendredi 15 octobre 2010

Du tonnerre au théâtre...!

Voici comment le grand architecte de théâtre Nicola Sabbatini (1574-1654) propose de construire le tonnerre sur scène, dans son traité (malheureusement épuisé...) Pratique pour fabriquer scènes et machines de théâtre édité en 1637:

Le tonnerre, comment le simuler

Cette opération est des plus faciles, n'étant, pour cela, besoin d'autre chose que d'un long canal fait de planches ordinaires, lequel devra être si long que l'on voudra que dure le tonnerre. Ayant fait, donc, ce canal, on le posera au-dessus du ciel en sorte qu'il soit stable, ménageant en son dedans quelques degrés d'un demi-pied de hauteur selon que sera dit en la démonstration ci-dessous. Lorsqu'on voudra faire qu'il tonne, un homme, posté à cet effet, prendra deux ou trois boulets de fer ou de pierre, de trente livres environ, et il les laissera aller au-dedans du dit canal l'un après l'autre, selon son jugement, ayant eu soin que le canal n'ait été placé équidistant de l'horizon mais un peu incliné. Plus long sera le canal, plus le son rendu sera semblable au bruit naturel du tonnerre.

Cette dite simplicité - qui bien que charmante - ne me fera sûrement pas regretter les conceptions sonores modernes!

mercredi 13 octobre 2010

Tiens... tiens....


Un blogue pour le Théâtre La Rubrique? Un blogue sur le théâtre? Quelle bonne idée... ceci étant dit, malgré les apparences, avec sincérité! Parce que plus en contact avec les gens qu'avec un site web! On y tombe directement en cliquant sur ce lien.

La petite description promet beaucoup: La Rubrique est sur le point de se doter d’un nouvel outil de communication… Watch out, on s’en vient dans la blogosphère: primeurs, entrevues, nouvelles croquantes à propos des comédiens, extraits vidéos, photos, tout le nécessaire pour se rincer l’oeil. Et ce sera gratis. C’est-y pas beau.

À quand le début?

Des mets et des mots...



Le Théâtre 100 Masques en est à sa deuxième collaboration pour la mise en lecture du Festival des Mets et des Mots piloté par l'Association Professionnelle des Écrivains de la Sagamie. Pour l'édition 2010, la compagnie porte également le titre de coordonnateur principal.

Au menu donc, dans le cadre de Saguenay en bouffe, huit pays, huit restaurants, huit auteurs et huit comédiens pour un voyage par le ventre et par les mots, les jeudi, vendredi et samedi, 14, 15 et 16 octobre, entre 18h et 19h:

Caroline Tremblay lira André Girard
Gabrielle Noumeir-Gagnon lira Mylène Bouchard
Gabriel Fortin lira Daniel Castillo Durante
Simon-Pierre Sylvestre-Côté lira Marie-Christine Bernard
Marc-André Perrier lira Robert Dôle
Marie-Claude Brassard lira Joséphine Bacon
Erika Brisson lira Louise Desjardins
Émilie Jean lira Marjolaine Bouchard

D'ailleurs, on parle de nous dans le Quotidien de ce matin (voir en lien).

mardi 12 octobre 2010

«Filles de guerres lasses»

Ai assisté hier à la dernière présentation de Filles de guerres lasses de Dominik Parenteau-Lebeuf... projet de fin de maîtrise de Josée Laporte.

D'emblée, le projet est fascinant: une quarantaine de participants dans 4 lieux différents... et des textes magnifiques. Josée Laporte y trouve là une riche matière pour construire des ambiances et des atmosphères en lien direct avec les points de rencontre. Elle y contraint, dans un même petit espace et les spectateurs et les interprètes pour y modifier la perception du temps et du théâtre.

Icône 1 : Vive la Canadienne !
Ce premier tableau se passe dans la forêt... enfin, dans une coulée derrière le Pavillon sportif de l'UQAC. Tous assis autour d'un feu, les spectateurs sont encerclés par des bruits étranges puis, par des soldats. Des proies. Et de dessus la colline apparaît une femme (excellente Vicky Côté) qui entreprend dans un même souffle une narration rhapsodique où elle règle ses comptes avec sa mère (Chantale-Éric Dumais) et décrit toute l'horreur d'une initiation perverse. Des voix s'élèvent également du public pour faire écho à ses paroles.

Retour ensuite vers ce qu'il est convenu d'appeler l'aquarium de la cafétéria de l'UQAC... petite salle vitrée.

Icône 2 : Vices cachés
Un endroit clos, immaculé. Des femmes frottent dans un mouvement déchaîné, pendant qu'une (Sara Moisan) s'immobilise sur la table, en proie à une fixation terrible de propreté... qui se mue en sécheresse. Une rupture puis une folie. Laver. Se nettoyer l'âme et pourtant, surprise, un rat. Un gigantesque rat déambule dans ce lieu javelisé. De ce huis-clos est exclus le public qui regarde par les fenêtre. Le tout sur fond sonore contrôlé par Janine Fortin (et j'y reviendrai).

Icône 3 : Nacre C
Le hall du Pavillon des arts transformé en galerie d'art érotico-contemporaine. Des tableaux. Arrive, chantonnant, une femme exquise (mon premier coup de coeur, Sara Létourneau, d'une justesse surprenante et d'une beauté sans pareille), muse d'un grand peintre. Cette marque de déférence envers elle se transforme rapidement en tyrannie de la beauté et de l'orgueil de l'homme. Pour se soustraire à ces sourires et ces poses, elle développe une maladie qui la fait disparaître: elle se couvre de nacre peu à peu. Malheureusement, ce problème accentue la pression sur elle. Un partition pour deux intense et troublant qui se termine par un grand fracas.

Icône 4 : Catwalk, sept voix pour sept voiles.
Un grand défilé de mode sis sur la frontière de la Palestine et d'Israël. Un grand défilé moderne au son d'une DJ excentrique (mon autre coup de coeur, Janine Fortin... avec une voix et une présence superbe) qui commente. Une jeune fille (Jessyka Maltais Jean) sur le catwalk... et une chute. Du public s'élève alors et la mère qui crache sa honte (Maude Côté) et le tailleur mégalomnae (Gabriel Fortin) et l'oncle troublé (Éric Laprise) et le juif heureux de cette gaffe (Pierre Turcotte).

Voici à quoi était convié le spectateur.

Quatre espace pour des réceptions différentes... qui bien que chacun offre un rapport au théâtre spécifique, demeurent somme toute construits sur le même schéma: réciprocité des uns et des autres en parlant des spectateurs avec des actants-spectateurs parmi eux. Construits sur le même schéma et pourtant divergents... dû à l'atmosphère? Peut-être. Du au lieu même? Assurément.

Une expérience fort intéressante qui me demande encore de la réflexion! Du théâtre stimulant.


lundi 11 octobre 2010

«Prière du comédien»

par le comte Robert de Montesquiou-Fezensac (1855-1921), poète français qui publia, en 1902, un recueil de poésie intitulé Prières de tous:

Robert de Montesquiou par Félix Valloton,1898

Le fard s'est épaissi sur ma joue et moi-même
À peine je connais mon visage: je suis
Celui qui dort le jour, et se réveille blême,
Pour devenir un autre au cours brûlant des nuits.

Travestissant mon sexe et déguisant mon âge
Je dois jouer un rôle aux soirs du plus grand deuil.
La grimace fait rire en mon triste visage
Et ce n'est pas pour moi qu'est le pleur de mon oeil.

J'ai lu la comédie - et j'ai vécu le drame;
Ce qui reste de moi, je ne le sais plus bien;
Vous seul pourrez, Seigneur, reconnaître mon âme
Dans tous ces corps d'emprunt qui se sont faits le mien.



dimanche 10 octobre 2010

... encore

Sortie bien sentie (et justifiée!) de Benoît Lagrandeur, dans la dernière édition du Progrès-Dimanche où il s'insurge qu'en ondes, il y a quelques semaines, on ait été jusqu'à dire qu'avec la disparition du Théâtre du Saguenay, l'offre théâtrale en avait pris un coup... alors que La Rubrique propose de plus en plus de productions de qualité.

Ce problème décrié par Lagrandeur n'est, selon moi, qu'un symptôme d'un mal plus grand : la déliquescence de la couverture culturelle régionale qui se réduit comme une peau de chagrin, où les raccourcis par les «vedettes venues de la métropole», les «grandes institutions» et les «produits d'appel» tiennent le haut du pavé.

Où sont les informations? Les analyses? Les critiques? Les débats? Les enjeux? Où est l'espace pour de telles questions alors que la culture (bon, il y a quelques exceptions...) n'est plus abordée que par des chroniques au temps limité et des commentaires d'animateurs qui auraient parfois intérêt à lâcher les revues «people» et à se rendre dans les salles de spectacles, les librairies, les galeries d'art, les centres d'artistes pour voir ce qui s'y produit.

Au théâtre, cette semaine! (du 10 au 16 oct. 2010)

Loge du théâtre de la Huchette, Paris, où est présentée, chaque soir, La Cantatrice Chauve de Ionesco

Semaine conséquente dans l'univers théâtral au Saguenay:

Dimanche et lundi - 10 et 11 octobre 2010
Entrée Pavillon des arts (UQAC), 19h30

Présentations ultimes du projet de fin de maîtrise de Josée Laporte, Filles de guerres lasses de Dominik Parenteau-Lebeuf, un déambulatoire sur le terrain de l'UQAC (en ce sens, il faut se vêtir en conséquence et se munir d'une lampe de poche parce qu'une partie est extérieure!). Pour réserver, aller sur la page facebook de l'événement ou téléphoner au 418-548-0297. Ça promet!

Mardi - 12 octobre 2010
Petit théâtre (UQAC), 9h30

Conférence de presse annuelle des Têtes Heureuses pour annoncer et présenter leur prochaine production, Soudain l'été dernier de Tennessee Williams.

Jeudi - 14 octobre 2010
Auditorium d'Alma, 20h

L'Auditorium d'Alma présente Les palmes de M. Schutz... une comédie de Jean-Noël Fenwick dans une mise en scène de Michèle Deslauriers (avec Nathalie Gascon, Pierre Gendron, Robert Brouillette, Aubert Pallascio, Christine Lamer et Paul Dion): C’est une grande comédie inspirée de la vie de Pierre et Marie Curie qui raconte leurs travaux sur la radioactivité naturelle à l'École supérieure de physique de Paris au cours desquels ils ont découvert le radium et le polonium.

Samedi - 16 octobre 2010
Salle Pierrette-Gaudreault, 20h

(avec représentations scolaires la veille, vendredi, 15 octobre) Le Théâtre La Rubrique reçoit La Tortue Noire qui viendra y déposer sa carapace pour présenter son Kiwi (texte de Daniel Danis, mise en scène de Guylaine Rivard, avec Dany Lefrançois et Sara Moisan) qui se promène un peu partout dans le monde depuis sa création.

Voilà. Si j'oublie quelque chose, qu'on me le fasse savoir.

samedi 9 octobre 2010

Labiche par Labiche

Marcellin Desboutin: Eugène Labiche

Le prochain théâtre d'été du Théâtre 100 Masques - dont je me réserve la mise en scène à moins d'un changement majeur - sera L'Affaire de la rue Lourcine d'Eugène Labiche (1815-1888). Choix fait à partir de la représentation de cette même pièce que j'ai vue à Lyon, en 2006, au Théâtre des Célestins.

Une pièce drôle. Comique.

Je ne m'en cache pas, j'adore le vaudeville français, avec sa mécanique interne forte, son rythme soutenu et ses personnages esquissés à grands traits. J'aime aussi le cynisme, l'ironie, l'humour de ces textes qui sont, tant pour l'acteur que pour le metteur en scène, de véritables gymnastiques dramatiques. Et Labiche en est peut-être le plus grand maître... et sera suivi, par la suite, par les Courteline, Feydeau, Guitry...

Voici un petit bout d'un texte trouvé par hasard de Labiche qui parle de sa façon de construire ses oeuvres:

Je prends une main de papier blanc, du papier de fil, je ne trouve rien sur un autre, et j'écris sur la première page: Plan. J'entends par plan la succession développée scène par scène, de toute la pièce depuis son commencement jusqu'à la fin.

Tant qu'on n'a pas la fin de sa pièce, on n'en a ni le commencement, ni le milieu. Ce travail est évidemment le plus laborieux, c'est la création, l'accouchement.

Une fois mon plan fini, je le reprends, et je demande à chaque scène à quoi elle sert, si elle prépare ou développe un caractère, une situation, enfin si elle fait marcher l'action. Une pièce est une bête à mille pattes qui doit toujours être en route. Si elle se ralentit, le public baille, si elle s'arrête, il siffle.

3... 2... 1...


Pour Josée Laporte
et toute l'équipe (une quarantaine de personnes!)
de Filles de guerres lasses qui débute ce soir,

Merde!!!


vendredi 8 octobre 2010

Ces artisans du milieu théâtral régional

Tadeusz Makowski, Teatr dziecięcy, 1931

Parce que je pense sérieusement me lancer, pour ce blogue, dans l'ambitieux projets de faire des «entrevues» avec des gens du milieu théâtral saguenéen (et jeannois), j'ai tenté ici d'en faire l'inventaire: auteurs, metteurs en scène, concepteurs (dont l'action est principalement théâtrale), comédiens, professeurs.

Exercice difficile... fait en partie avec le répertoire du CAS et celui du CRC.

À partir de quand inclut-on quelqu'un dans celle-ci (qui compte près d'une centaine de noms!)? Reconnaissance professionnelle d'une part, formation minimale de premier cycle universitaire d'autre part et, enfin, expérience significative (j'entends là une dizaine de productions au moins...) pour les autres. S'y ajoute le personnel administratif (et dans cette section, il manque des noms!) qui vivent, finalement, grâce au théâtre. Une seule condition toutefois: habiter le territoire, d'où l'exclusion de certains noms. Voilà:

ARCAND Gervais (comédien Mic Mac)
BÉDARD Dominik (conc., mes)
BERGERON Hélène (dir. Têtes Heureuses, com.)
BERNARD Sara (dir. Th. Hors du Commun, anim.)
BERNIER Stéphane (conc. Amis de Chiffon)
BOIES Jonathan (comédien, danseur)
BOISVERT PINARD Jessica (animatrice)
BOIVIN Isabelle (comédienne, anim. La Rubrique)
BOUCHARD Réjean (dir. Côté-Cour, com.)
BOUCHARD Sébastien (comédien)
BOUDREAULT Jacynthe (com., anim.)
BOUDREAULT Jeannot (dir. art. Amis de Chiffon)
BRETON Dominique (auteure, mes, com.)
BRISSON Erika (com., anim.)
CARON Jean-François (communication La Rubrique)
CHALIFOUR Éric (dir. art. ManiganSes, com., mes)
CÔTÉ Maude (com., anim.)
CÔTÉ Michel (conc.)
CÔTÉ Vicky
(dir. À Bout Portant, mes, com.)
COURNOYER Maude (comédienne)
DALLAIRE Hélène
(dir. gén. Amis de Chiffon)
DALLAIRE Jacynthe (conc. costumes)
DESGAGNÉ Richard
(auteur, com.)
DOUCET Jimmy
(auteur, com., mes)
DUMAIS Chantal-Éric
(comédienne)
GAGNON Blaise (dir. gén. ManiganSes)

GAGNON Josée (dir. SOS Clown, com.)
GAGNON Martin
(comédien)
GAGNÉ Véronique (Atchoum le Clown, com.)
GAMACHE Denise (secrétaire, Amis de Chiffon)

GARNEAU Ursule
(comédienne Mic Mac)
GAUTHIER Madeleine
(comédienne)
GAUTHIER Réjean (dir. Valise Animée, conc., com., mes, Mic Mac)
GAUVIN Monique
(comédienne)
GIGUÈRE Martin
(fond. Faux Coffre, auteur, com.)
GILBERT-GAGNON Émilie
(mes, com., conc.)
GIRARD BOUDREAULT Dave
(comédien)
GIRARD Jean-Guy
(comédien RIA)
GRAVEL Marie-Ève
(comédienne)
GRENON Johanne
(comédienne)
JEAN Émilie
(comédienne)
JONCAS Francine (prés. Mic Mac, com., mes)
LAFLAMME Élyse
(prof. Cégep de Jonquière)
LAGRANDEUR Benoît
(dir. art. Rubrique, mes, com.)
LAPIERRE Serge (conc. Rubrique)
LAPOINTE Marie-Noëlle
(comédienne)
LAPORTE Josée (com., mes)
LAPRISE Éric
(fond. Faux Coffre, com.)
LAROUCHE Dario (dir. TCM, auteur, mes)
LAROUCHE Sophie (mes., com., anim.)
LAROUCHE Yves
(comédien)
LEBLANC Patrice
(fond. Faux Coffre, com., conc.)
LECLERC Denis
(com., anim.)
LEFRANÇOIS Dany (dir. Tortue Noire, com., mes., anim.)
LEGENDRE Pierre-Paul
(prof. retraité, Cégep Jonquière)
LEMIRE Marie-Ève
(com., anim.)
L'ITALIEN Lyne
(dir. gén. Rubrique)
MALTAIS-JEAN Jessyka (com., conc.)
MARTEL Anik (auteure, conc.)
MERCIER-BILODEAU Geneviève
(adjointe Têtes Heureuses)
MOISAN Sara
(dir. Tortue Noire, com., mes)
NADEAU Alexandre
(dir. tech. UQAC, conc.)
OUELLET Christian
(com., mes., chargé de cours UQAC)
OUELLET Guillaume
(comédien)
PEDNAULT Annick (prof. primaire)

PELLETIER Julie (technicienne, régisseure, assistante m.e.s.)

PERRIER Marc-André
(comédien)
POTVIN Mélanie
(comédien, conc. costumes)
POTVIN Serge
(conc.)
QUÉINNEC Jean-Paul
(auteur, mes, com., prof. UQAC)
RENALD Eric
(comédien)
RENAUD Louison
(comédienne, anim.)
RENAUD Marilyne (comédienne)
RIOUX Pascal
(comédien)
RIVARD Guylaine (dir. CRI, com., mes)
ROBERGE Christian
(conc. Mic Mac)
SAVARD Audrey (comédienne)
SAVARD Jean-Sébastien
(comédien)
SAVARD Mathieu
(comédien, mes)
SCHEFFER-PINEAULT Moïra (dir. SOS Clown)
SIMARD Marlène
(comédienne RIA)
SIMARD Nadia
(comédienne)
SIMARD Normand
(comédien RIA)
SIMARD Patrick (graphiste, com.)
SOUCY François
(com., prof.)
SOUCY Hélène
(conc.)
THIBAULT Nathalya (com., chanteuse)

TORRIS Sophie
(comédienne, prof.)
TREMBLAY Caroline
(com., chanteuse)
TREMBLAY Marilyne
(conc.)
TREMBLAY Patrice
(mes., com.)
TREMBLAY Pierre
(fond. Faux Coffre, com.)
TREMBLAY Sonia (comédienne Mic Mac)
TREMBLAY Valérie (comédienne)
VÉZINA Marjolaine
(prof. Cégep Chicoutimi)
VILLENEUVE Rodrigue
(dir. art. Têtes Heureuses, mes.)

Si j'en oublie, ou si d'autres noms devraient si retrouver, je peux les ajouter (en rouge). Merci!

jeudi 7 octobre 2010

Le théâtre, vivante chair de ma chair...

Petit détour, en ce matin automnal, par l'imposant recueil d'Odette Aslan, L'art du théâtre, pour y lire une définition morale du théâtre... écrite vers 1777-1785 par Johann-Wolfgang von Goethe dans La vocation théâtrale de Wilheim Meister:

Johann-Wolfgang von Goethe par Eugène Delacroix, 1827

Où trouve-t-on un meilleur abri contre l'ennui qu'au théâtre? Où fait-on plus agréablement connaissance? Les hommes sentent-ils jamais mieux leur fraternité que lorsque, suspendus aux lèvres d'un seul homme, ils sont enlevés, emportés par un sentiment commun? Qu'est-ce qu'un tableau, des statues, en comparaison de cette vivante chair de ma chair, de cet autre moi-même qui souffre, jouit et fait vibrer chacun de mes nerfs en sympathie avec les siens? Et où peut-on présumer qu'il se cache plus de vertu? Chez le bourgeois timoré qui amasse de quoi manger par un commerce sordide et répugnant, ou chez celui dont l'art, qui lui donne le pain, alimente en même temps les sentiments les plus nobles, les plus élevés que les hommes soient capables de concevoir, qui étudie et représente chaque jour la vertu et le vice dans leur nudité, et qui doit sentir la beauté et la laideur dans toute leur force avant de pouvoir les communiquer aux autres hommes avec une force équivalente?

D'icônes et d'espaces... (PARUTION VOIR 7-10-2010)

4ième icône, Catwalk sept voix pour sept voiles, présentée lors d’un laboratoire en 2009
Photographie: Annie Perron


Alors que sa carrière de comédienne est sur une bonne lancée (on se souviendra de ses rôles dans Parents et amis sont invités à y assister au CRI en 2008 et dans Charles et Berthin à La Rubrique en 2010), Josée Laporte, avec toute son intensité, poursuit au même moment des études universitaires de second cycle.

«Je souhaite définir une pratique de mise en espace du théâtre contemporain en mettant en place un certain nombre de concepts-clés: interdisciplinarité, théâtre performatif, théâtre du dispositif» dit celle qui entreprend, ces jours-ci, la dernière étape de son parcours. Filles de guerres lasses marque du coup un jalon important dans une démarche artistique construite également autour de l’altérité, du rapport à l’autre et s’apprête à aller à la rencontre d’un élément essentiel du théâtre, le public.

Pour mener à bien cet ultime projet, Laporte, récipiendaire d’une bourse du CÉLAT, a arrêté son choix sur cet opus de Dominik Parenteau-Lebeuf, auteure au féminisme engagé, composé, en réalité, de 4 icônes (désignation justifiée ainsi en préface : «Dans l’église de rite chrétien oriental, peinture sur bois. Ici, dans le monde occidental, fille peinturée dans un coin jusqu’à nouvel ordre») autonomes, chacune portant sur un aspect de la féminité. Le ton est donné. Mais qu’on se rassure, le tout, loin du manifeste, demeure léger et accessible.

Une quarantaine de collaborateurs ont été réunis pour ce projet, dont Janine Fortin au son, Hélène Soucy aux costumes et Chantale Boulianne comme plasticienne.

D’un espace à l’autre

Conçu et réalisé sous forme de déambulatoire sis sur le territoire de l’UQAC, Filles de guerres lasses propose donc 4 dispositifs distincts en 4 endroits choisis et promet aux spectateurs une expérience particulière : «C’est un processus à lequel j’ai envie de convier le spectateur… un processus dans des places ludiques et critiques tout à la fois. Cette formule me permet de mettre en place une succession d’événements éphémères qui créent, en bout de compte, à cause de ces espaces autres, de nouveaux rapports au temps et au théâtre.»

Pour les intéressés, il faut réserver en téléphonant au (418)548-0297 et se rendre, le soir indiqué, à 20h, à l’entrée du Pavillon des arts de l’UQAC, vêtu en conséquence et armé d’une lampe de poche! Fiche technique : 9, 10, 11 octobre 2010, 20h, entrée du Pavillon des arts de l’UQAC