dimanche 3 mai 2020

Un cadavre tournant!


Encore une anecdote tirée de l'invraisemblable vie de Sarah Bernhardt... C'est qu'il y en a! Toutes plus étonnantes les unes que les autres! 

Celle de ce matin est tirée du Magasin littéraire, une revue française des années 1880-1890:



samedi 2 mai 2020

Quand le Cowboy solitaire fait du théâtre... encore!


Et oui, le confinement nous fait tomber sur de drôles de choses. Comme cette autre bande dessinée (au récit - ma foi! - plein de rebondissements) de Lucky Luke! Autre parce que j'ai écrit, il y a quelques jours, sur une autre de ses aventures qui se passait aux côtés d'une Sarah Bernhardt en tournée au Far West (ici)!

Dans cet album, Le cavalier blanc, paru en 1975, le justicier et son inséparable cheval croisent la route d'une troupe ambulante, celle de Whittaker Baltimore, rompue aux mélodrames:


Partout où elle passe, la malheur s'abat: pendant chacune des représentations, un vol est perpétré. Lucky Luke se met donc en quête de la vérité et va parcourir, lui aussi, ce coin de pays, sur la piste de ces comédiens, de vieilles granges en saloons. 

D'ailleurs, l'une des tenancières a, pour le théâtre et les gens qui s'y intéressent, bien peu de considération!




C'est donc là un album centré sur le théâtre, son mode de vie, ses conventions, ses illusions... et le cowboy devra aussi reprendre un rôle, à pied levé! Une histoire plutôt amusante, avec une intrigue (simpliste, oui) assez bien construite!

vendredi 1 mai 2020

Des superstitions chez les Anglais


Je pensais connaître pas mal les grandes superstitions du milieu théâtral (vous en trouverez plusieurs ici)... mais le Le Magasin Littéraire - revue illustrée, un truc publié  à la fin du XIXe siècle (et disponible via Google Books) m'en apporte de nouvelles:


mardi 28 avril 2020

Edward Gordon Craig et sa vision du théâtre


La modernité du théâtre commence à la fin du XIXe siècle (après ce que plusieurs nomment la crise du drame autour de 1880). Parmi les premiers réformateurs, les premiers grands théoriciens qui jetteront les bases de ce qui deviendra la mise en scène telle qu'on l'entends de nos jours, il y a le Britannique Edward Gordon Craig. 

C'est toujours stimulant de le (re)lire. Il a une vision du théâtre sans compromis, passionnée et fort audacieuse pour l'époque. Et il déploie parfois des sentences radicales qui font réfléchir:


Ce passage vient de Le théâtre en marche, publié originellement en 1921 et qui dresse, en quelques sorte. Je me demande ce qu'il dirait aujourd'hui... 

Mais Gordon Craig, c'est beaucoup plus que ces considérations. Dans son cas, il repense l'espace, la dynamique de celui-co, le jeu de lumière, le rapport de l'acteur aux volumes. Il est trop souvent réduit à l'une de ses notions: la sur-marionnette (l'humain étant trop instable, il lui faudrait atteindre les vertus de la marionnette plus facile à manipuler).

Voici un site web très bien fait - en anglais - consacré à son travail et à ses recherches avec de très nombreux croquis.

(Avis aux visiteurs de ce blogue: comme c'est là ma prochaine lecture en confinement, il est fort probable que le bouquin en question alimente quelques billets dans les prochains jours!)

lundi 27 avril 2020

L'union du milieu théâtral régional... une initiative complexe

L'histoire théâtrale régionale renferme une multitudes de noms (connus et moins connus, encore dans les mémoires - et en action! - ou oubliés), de troupes... et d'initiatives de rassemblement et de traçages d'un portrait des forces vives.

(Et il serait bon, d'ailleurs, de collecter les témoignages des gens qui y étaient!)

Parmi celles-ci, une est plus importante que les autres, il me semble, tant par sa présence dans les journaux que par ses démarches, ses objectifs, ses propositions: Promotion théâtre

Milieu des années '70. La scène régionale bouillonne, portée par la vague du théâtre amateur, du théâtre engagé, de la création collective. Une équipe de cinq personnes (dont le porte-parole sera Roger Malaison que j'ai connu alors qu'il dirigeait L'Atelier de théâtre L'Eau Vive) obtient du fédéral une subvention pour créer Promotion théâtre.

Le 7 décembre 1975, le Progrès-Dimanche explique le projet:


Donc, trois objectifs sont poursuivis. Il y aura tout d'abord la création d'ateliers. Puis la mise en place d'une banque d'informations, d'un répertoire... de l'établissement d'un portrait. Enfin - et ce sera l'un des points importants du projet si on en croit le papier - la création d'un regroupement du milieu théâtral (dédié principalement à la promotion). 

C'est un projet intéressant. Qui aurait dû stimuler le milieu théâtral. Toutefois, il semble que cette initiative soit difficile à réaliser. On parle, dans l'article de quatre tentatives antérieures... et je sais qu'il y en aura une ou deux autres par après, au début des années '80.

Alors, à cette époque, qu'en pense-t-on? Le Progrès-Dimanche apporte une réponse, le 18 janvier 1976:


Les réticences sont manifestes. Pourquoi? Il n'y a pas vraiment de pistes données. Tensions dans le milieu? Possible. Projet trop ambitieux et trop dispersé? Peut-être. Craintes de voir un organisme prendre trop d'importance? Probable. 

Le 21 mars 1976, le Progrès-Dimanche publie un autre petit article sur Promotion Théâtre... mais cette fois, il y est question d'un festival et surtout de la collecte d'informations (qui sera la part la plus importante du projet finalement).


Qu'advient-il de l'idée de regroupement? L'idée germe-t-elle? Rien n'est moins sûr. Le 30 mai 1976, le Progrès-Dimanche publie un entrefilet plutôt équivoque:


Le temps avance et le projet PIL tire à sa fin (et entraînera la disparition de Promotion théâtre) et laissera, à défaut d'un regroupement, un portrait régional des différents secteurs du milieu théâtral tel que l'annonce le Progrès-Dimanche le 13 juin 1976:


Le 20 juin 1976, le journal fait un (sévère) retour sur la présentation du rapport du projet PIL. Mais surtout, il revient, en dernière partie de l'article sur le désintérêt du milieu théâtral pour un regroupement, avec, en filigranes, quelques hypothèses pour expliquer la chose.


Cette petite histoire est intéressante pour plusieurs points. D'abord, elle dresse quand même un portrait de milieu des années '70, de ses différentes dynamiques, de ses enjeux. Mais fondamentalement, elle pose la question du regroupement .

Aujourd'hui, en 2020, un projet de regroupement régionale, d'association, serait-il viable ou se ferait-il catalyseur de tensions diverses? Bien sûr, il y a le groupe de compétence en théâtre de Culture Saguenay... mais pourrait-il y avoir de l'espace pour une entité officielle, représentant politique, porte-parole et porte-étendard du milieu? 

dimanche 26 avril 2020

Que faire de la dépouille de Molière?


La mort de Molière, Pierre-Antoine-Augustin Vafflard, 1806

Comment, dans les récits mortuaires et les tribulations ecclésiastiques, passer à côté de ceux concernant Molière? Bien sûr, j'ai déjà fait un billet sur la description de sa mort par La Grange dans son fameux registre (ici). 

La Grange l'enterre rapidement et donne peu de détails. Pourtant, des détails, il y en a!

Mourant, Molière demande, semble-t-il, les derniers sacrements. Sa femme et ses amis vont chercher le curé de la paroisse Saint-Eustache... qui refuse. Après tout, il s'agit de l'auteur du Tartuffe! Quand ils finissent par en trouver un, trop tard: il est mort. Son corps ne pourra donc être enterré en terre chrétienne.

Voici, par diverses références (que j'ai trouvées dans le très intéressant bouquin Et Molière devint dieu de Claude Alberge paru en 2009) ce qui se passa...

D'abord une note de l'Épître VII de Boileau:


Allons dans le détail... Voici la requête qui fut déposée à l'Archevêque de Paris, François Harlay de Champvallon (petite biographie ici) après qu'Armande fut allée voir le Roi:


Et voici, suite à cette requête, l'ordonnance de l'Archevêque:


Le 21 février 1673 (Molière est mort le 17), on peut donc l'enterrer. Voici maintenant une lettre d'un auteur inconnu qui donne d'autres informations sur le déroulement de cet événement (pris dans les Considérations historiques et artistiques des monnaies de France):


Je termine ce long billet par un extrait de l'Épitre VII (mentionné plus haut) de Boileau, destiné à Racine, qui y fait, en quelques sortes, un éloge mortuaire:


(Il est possible, aujourd'hui, de voir les tombes de Molière et de Lafontaine au Père-Lachaise... mais ça, c'est une autre histoire.)

samedi 25 avril 2020

Crime contre les moeurs!

Le journal La Croix - le titre a lui seul (et les quelques articles rapidement survolés) laisse présager une publication plutôt conservatrice sur fond d'antisémitisme... - publie, le 9 février 1924, une chronique (ou est-ce une lettre ouverte?) d'un certain Jean Dollard, contre les crimes contre les moeurs perpétrés par les théâtres (bon, ici, une petite mise au point s'impose: dans les années 20-30, par théâtre, on doit comprendre tant les salles de spectacles que les cinémas), dont le maléfique Théâtre Gayety.


L'auteur (j'ai beau cherché, je ne retrouve pas sa trace ailleurs...) a l'indignation persistante. (Le maire de Montréal dont il est question serait, selon les dates, Médéric Martin.)

Le Gayety mérite qu'on s'y attarde un peu. C'est un endroit célèbre, dans le night life de Montréal, dans la première moitié du XXe siècle, par les spectacles qu'il donne. Après une époque tumultueuse de partage entre une vocation théâtrale et une entreprise cinématographique, sa scène se voit (de 1944 à 1951) magnifiée par une effeuilleuse qui passera à l'histoire: Lily St-Cyr (une petite histoire ici).



Mais ce n'est pas tout... parce qu'en 1953, le grand Jean Grimaldi, père des grandes tournées burlesques à travers le Québec, achète le lieu pour en faire le Radio City qui présentera du burlesque... avant que de n'être acheté, en 1956, par Gratien Gélinas qui en fera la Comédie Canadienne où seront créées de nombreuses pièces, spectacles (dont l'Ostid'show qui y sera repris en 1968) et où se produiront de nombreux artistes... avant que de ne devenir, en 1972, le toit permanent du Théâtre du Nouveau-Monde

Il y en a, de l'histoire, entre ces murs!!

vendredi 24 avril 2020

Ma conception du théâtre... retour dans le temps?

Ce blogue a longtemps servi de lieu de réflexions sur la pratique théâtrale, notamment dans cette période  (2009-2013) où, de façon chaotique et non-continue, j'étais inscrit au Doctorat en littérature et arts de la scène et de l'écran à l'Université Laval... (Et non, je n'ai pas été au bout de cette expérience, par manque de temps et de motivation.)


En faisant le ménage de mon bureau pour occuper mon temps de confinement, je suis tombé sur ce document qui donne, un aperçu de mes références d'alors, de mes pistes et intentions de recherches... et, en quelques sortes, de mes présupposés théâtraux. 

Le temps passe. Ceux-ci sont-ils caducs? 

Oui et non. Oui parce qu'avec les années, des points s'affinent au gré des mises en scène et des lectures. Non parce que fondamentalement, ma pratique (et ma vision théâtrale) est pétrie par ces éléments.

Le tout pourrait s'énoncer en trois volets - le rapport au texte (et à la littérarité), le rapport au corps (et à la performativité de celui-ci), le rapport à la scène (et à la théâtralité) - supportés par une conviction: le théâtre, comme médium et discours, est une construction formelle dynamique et de la forme (et de sa dynamique) viendra la force de son contenu.
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C'est ce que raconte le document plus haut. Il dit ceci, dans la radicalité de la brièveté qui demanderait assurément plus de développement:

RAPPORT AU TEXTE: Le texte est une forme. Il y a les mots. Il y a la sonorité de ceux-ci. Puis il y a les phrases qui, avec la ponctuation (ou la disposition sur la phrase), construit une rythmique portée par la voix, qui elle aussi, est une forme: débit, hauteur du ton, volume. 

Ce sont là les outils d'élaboration des personnages, de création des dynamiques et de tensions pour chacun d'eux, entre eux, entre eux et les objets, entre eux et la scène, entre eux et le public.

L'émotion (ou plutôt l'impression, pour le spectateur, d'une impression juste) viendra de la maîtrise de ceux-ci.

RAPPORT AU CORPS: Le jeu de l'acteur est une forme. Il y a la présence. Il y a le geste. Il y a le déplacement. La vérité recherchée du comédien n'est pas dans la vie psychologique du personnage mais dans son action concrète sur la scène. 

Le personnage est construit (bien sûr par ce qu'il dit et le texte) par le contrôle du mouvement, de la posture... éléments essentiels dans la création des dynamiques et des tensions pour chacun d'eux, entre eux, entre eux et les objets, entre eux et la scène, entre eux et le public.

La maîtrise du rapport au corps mènera nécessairement au personnage.

RAPPORT À LA SCÈNE: La scène est une forme. Il y a la superficie. Il y a les volumes. Il y a les objets et les accessoires. Il y a la lumière. 

Avant même de servir l'évocation ou la représentation d'un lieu (l'esthétique), la scène est donc, elle aussi, une composante dynamique qui impose rythme, déploiement dans l'espace, travail vocal, relation au public.

Le comédien doit alors posséder cet espace, le comprendre, l'expérimenter pour le maîtriser.

Un grand principe sous-tend l'ensemble: celui de l'action-réaction. Par ce rapport au texte, au corps et à la scène, c'est tout un jeu de stimulis, de causes à effet, qui est mis en place. Comme un engrenage théâtral.
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C'était il y a quelques années. C'était hier. C'est aujourd'hui.

Tout ça reste une vision dans l'absolu... parce qu'en salle de répétitions, il faut parfois faire des ajustements. La mise en scène est parfois un travail de négociation entre différentes conceptions théâtrales!

jeudi 23 avril 2020

Du rapport au répertoire et aux classiques...


Les grands ''classiques''. Les grands phares de la culture, que d'aucuns voudraient liquider. Pour moi, ils sont la continuité de la pensée humaine et de la problématique de l'homme qu'il faut à chaque fois et sans trêve redécouvrir, avec des mots d'aujourd'hui pour des hommes d'aujourd'hui. Je réserve le terme de ''classiques'' aux auteurs qui, à travers le temps, continuent à être présents parmi nous comme porteurs de ''nouveau'', qui sont en situation de ''contemporanéité permanente''. Les classiques n'existent qu'en tant qu'ils sont lus et vus par nous [...]. Si le classique n'est que glorification, triomphe de l'immuable et de l'inchangé, du codifié, du stratifié, alors il est inutile, il est mort. Autrement, non. L'extrême difficulté est de mettre à jour ce rapport nouveau et de le vivre, de le représenter dans sa réalité, [...] de retrouver à travers le temps sa charge d'aujourd'hui, son potentiel de transformation du monde, aujourd'hui. Par conséquent je dis oui à Shakespeare, à Lope, Schiller, Goethe, Tcheckhov. Goldoni et tant d'autres. Classiques lointains et proches.
Un théâtre pour la vie, Giorgio Strehler

C'est là une belle profession de foi envers le théâtre dit de répertoire. Un théâtre que j'affectionne particulièrement. Parce qu'à côté de la création (exaltante, il est vrai, par son actualité), il y a aussi des siècles d'échos venus d'époques lointaines, de formes anciennes, d'auteurs parfois oubliés. Tous ces mots et ces écrits tracent les contours d'une humanité toujours en quête d'elle-même.

Et le théâtre permet cette étrange situation où on peut se reconnaître dans Gogol... tout comme il est possible de se retrouver dans Aristophane, dans Feydeau, dans de Lorde, dans Plaute, dans ces auteurs anonymes des farces médiévales, dans Euripide, dans Maïakovski, dans etc.

mardi 21 avril 2020

La mort de Mlle Déjazet

C'est un des beaux sujets que j'aborde de temps en temps sur ce blogue (ici, ici, ici et ici): la disparition des grandes actrices... mais surtout, le traitement qu'on fait à leur mort, elles qu'on a adulées de leur vivant  avant de leur faire subir la vengeance de l'Église. 


La Gazette de Joliette du 14 janvier 1876 publie un article sur la mort chrétienne d'une autre grande actrice française (qui donnera son talent au vaudeville): Mlle Déjazet (1798-1876) dont une courte biographie Wikipédia vous la présentera mieux que je ne saurais le faire. Cette fois, c'est l'inverse! On loue sa conversion et on vilipende les autres journaux qui ont passé sous silence ce fait! 


En voilà une de sauvée peut-on presque lire en filigrane de ce papier...





dimanche 19 avril 2020

Quand Sarah Bernhardt s'impose... dans Lucky Luke!

Il y a quelques jours à peine (ici), j'écrivais un billet à propos d'une bande dessinée qui vient tout juste de sortir et qui raconte une partie de la vie de Sarah Bernhardt. (Ceci étant dit, cet ouvrage ne m'a pas particulièrement marqué...)

Mais voici que par hasard me tombe entre les mains une autre bande dessinée portant sur l'artiste... mais cette fois, dans la série des Lucky Luke! Eh oui, la Voix d'or est partout dans l'imaginaire collectif et s'invite même auprès du cowboy solitaire.


C'est en 1982 que paraît cet album. A-t-il eu du succès? Je l'ignore. Il porte sur la première visite de Sarah Bernhardt en Amérique, sur l'invitation de l'impresario Jarret. 


Tout y est (bien sûr, très caricaturé): la bataille de la moralité, la montée de la publicité, l'adulation, la visite des coins les plus reculés, la rencontre avec les autochtones, le capitalisme sauvage. Pendant ce temps, le héros (qui occupe dans cette histoire un rôle de figurant plutôt effacé) est chargé, par le président lui-même, de la surveillance de cette grande tournée. 

Et la voici qui arrive.


Comme un running gag, Sarah Bernhardt interprète toujours, peu importe les conditions qui lui échoient, le même morceau poétique. (C'est celui qu'elle déclame à la descente de bateau.) Il s'agit d'un poème de René-François Sully Prudhomme:


Cette strophe, elle l'a dira en train, au-dessus des chutes du Niagara, dans un saloon, dans un tipi... et même sous l'influence de l'alcool


Mais tout ira bien. Toutes les tentatives d'entraver la tournée seront déjouées... sans que Lucky Luke ne soit vraiment impliqué d'ailleurs... et à la page 46, tradition oblige, le solitaire s'en retourne vers le couchant sans qu'il n'y ait eu d'idylle entre les deux.


samedi 18 avril 2020

Un argument brûlant...

Le journal L'Étoile du Nord, présente, le 25 février 1904, un lourd plaidoyer contre le théâtre, gouffre de vices pour toute vie chrétienne. 


Outre la rhétorique habituelle et les nombreux rappels  des récriminations des Pères de l'Église, ce qui m'a surtout intéressé, c'est l'anecdote - dans toute son horreur - du début. 


Voici une photo de l'Iroquois Theatre. Le 30 décembre 1903, en après-midi, un terrible incendie éclate alors que la salle est remplie de  femmes et d'enfants qui profitent des vacances des Fêtes pour assiter à une représentation de Mr. Bluebeard (l'affiche qu'on voit d'ailleurs... l'image ayant été prise quelques jours avant le feu). Au début du second acte, vers 15h15, des étincelles venues d'une lampe embrasent les rideaux. Il y aura des centaines de morts.

Pour plus de détails, voici un article - en anglais - du Smithsonian Magazine qui raconte les faits, ... et l'article Wikipédia qui donne d'autres informations (notamment sur les suites de cet incendie). Sinon voici un petit montage Youtube qui présentent, principalement en images, toute cette histoire:


Il est quand même étonnant que l'auteur de l'article de L'Étoile du Nord utilise cette histoire d'horreur quelques semaines à peine après le cataclysme afin de démontrer sa thèse que le théâtre n'est pas compatible avec la vie chrétienne... occultant, par son jugement manifeste et sans appel envers les victimes, une des principales vertus, me semble-t-il, de cette même vie chrétienne qu'il proclame: la charité.