dimanche 19 septembre 2010

Encore des ManiganSes... 9

Doctor Frankenstein du Théâtre Taptoe (Belgique)

D'après le best-seller de Mary Shelley, voici l'histoire profondément pessimiste d'un être répudié par son créateur. Le jeune et talentueux docteur Viktor Frankenstein parvient à insuffler la vie à la matière inerte et donne naissance à un être surhumain, mais hideux. Dès que le monstre prend vie, le docteur abandonne son œuvre, horrifié. Livrée à elle-même, la créature apprend seule à survivre, exclue de toutes formes d'affection et d'amour.

Ce résumé présenté dans le programme suffit à lui seul à attirer le spectateur vers le lieu de la représentation, l'église Saint-Georges, à Jonquière.

Rapidement, toutefois, devant l'inconfort de l'endroit, la mauvaise vision, l'écho qui absorbe le son, ce spectacle aux relents contemplatifs devient vite somnifère. L'histoire, difficile à suivre, ne supporte pas tant de détours vers les techniques mixtes que forment la projection, la musique, le son. Que se passe-t-il sur scène? On ressent plus qu'on comprend... si l'on demeure attentif.

Un spectacle qui aurait eu tout intérêt à prendre place dans un lieu plus intime...

samedi 18 septembre 2010

Encore des ManiganSes... 8


Cabaret Gainsbourg du Théâtre Pupulus Mordicus (Québec)... et voici leur site internet: www.pupulusmordicus.qc.ca.

Cette compagnie qui nous a donné, dernièrement (enfin, il y a peut-être un an ou deux) un fameux Jacques et son maître d'après Kundera, revient (avec encore une représentation ce soir, à 21h, à la salle Pierrette-Gaudreault) avec un spectacle fascinant: le Cabaret Gainsbourg.

Fumée de cigarette et vapeurs de bourbon nous plongent dans l’atmosphère des années 60,70 et aiguisent nos sens à l’arrivée fantasque de Serge Gainsbourg. Voilà que des marionnettes s’animent et tirent les fils d’un cabaret consacré à cet homme hors norme. Rêve et cauchemar, poésie et quotidien, charme et provocation composent la trame de ses chansons.

Chacune des chansons devient prétexte à créer des tableaux magnifiques, parfois touchants, souvent drôles et toujours poétiques. Une folie qui se déculple sous le plaisir manifeste des interprètes... dont la magnifique Valérie Laroche à la voix chaude et puissante, aux gestes doux et sensuels. Ces interprètes - qui passent du jeu à la musique à la manipulation de marionnettes - font preuve d'une polyvalence épatante, d'une rigueur flamboyante, d'une grande maîtrise de la scène et de bien d'autres choses qui se mériteraient également d'autres qualitatifs.

Des images saisissantes (comme le tableau qui se crée en temps réel ou celui des poissons et des méduses) et des saynètes rigolotes (comme celle des champignons musiciens et la chaude petite fille ou celle de la balade en voiture, les cheveux dans le vent) portées par la musique et les chansons de cet auteurs prolifique et iconoclaste qu'est Gainsbourg...

L'une des forces de ce spectacle est, selon moi, de ne pas jouer sur les grands tubes de celui-ci (par exemple, ses archi-connues chansons interprétées par BB) mais bien de se pencher et de se construire sur une période qui, à moins d'être un fan fini du chanteur à la cigarette, reste toujours un peu dans l'ombre d'une œuvre imposante.

Décidément, un spectacle fort... et bonne chance à ceux qui veulent y aller ce soir et qui n'ont toujours pas de billets!

vendredi 17 septembre 2010

D'autres ManiganSes... 7


Oz - Théâtre enchanté de la compagnie Vox Théâtre (Ontario)

C'est à une illustration pure et simple du Magicien d'OZ de L. Frank Baum que nous convient les deux principaux interprètes Marie-Thé Morin et Pier Rodier. Une adaptation scénique... disons de base, s'adressant à des enfants de 5 ans et plus.

Dès le départ, le contexte est établi: ce sera un spectacle musical sur les pérégrinations de la Dorothée du conte à la recherche d'un moyen de retourner à son Kansas originel après une tornade qui l'a déracinée et transportée dans ce pays imaginaire. Et rapidement, elle prendra la route (et la laissera que peu de temps!!!) pour rejoindre celui qui sait tout, du moins, en apparence, le Magicien d'Oz. Les chansons viendront donc ponctuer (et souvent) cette histoire un peu longuette... Des chansons bien faites et bien rendues. De bien belles voix.

Dans ce contexte, la marionnette devient vite accessoire au profit du jeu... et il faut parfois chercher sa présence. Enfin... Peu de manipulation. Des costumes, oui. Des costumes qui font offices de personnages (quand il ne sont pas porter par l'acolyte de la comédienne). Mais de la manipulation? Peu. Très peu.

La mise en scène (si on enlève le talent des deux comédiens et leur engagement dans ce qu'ils font) est minimaliste si on considère que pendant trois quart d'heure, Dorothée fait mine de marcher, figurant son voyage, dans un espace de deux pieds par deux pieds. Peut-être est-ce une sous-exploitation de l'interprète qui semble capable de beaucoup plus et qui soutien et joue de belle façon ce rôle. Touchante.

Pourtant, encore une fois, ce qui me dérange le plus dans ce spectacle (et dans les spectacles jeunes public en général) est la nécessité d'avoir et d'inculquer une morale positive aux jeunes spectateurs, programme pédagogique oblige. Faut dire que l'histoire originelle est une fable plutôt appuyée sur le principe du «ensemble, tout est possible» et du «il faut dépasser nos premières limites pour vraiment découvrir qui nous sommes». Le cercle est vicieux.

Ce qui semble être, jusqu'ici, une opinion négative n'en est pas réellement une... Car de beaux moments m'ont fait sourire (et même rires), notamment quand surgit la vilaine sorcière... et l'important, je le concède, est que les enfants passent un bon moment, et je crois que, cet après-midi, c'est ce qui est arrivé.

D'autre Maniganses... 6


Beastie Queen présenté par le collectif aïe aïe aïe (France).

Petit théâtre de l'UQAC. Il fait froid. En entrant dans la salle, presque rien, sinon un réfrigérateur rose couché sur une femme qui, au sortir de dessous celui-ci, semble être un archétype de la princesse des contes de fées... mais rapidement, son caractère surgit et son ambition s'affirme: s'évader de ce château, devenir la pire des crapules en écrasant tout sur son passage, revenir prendre la couronne paternelle et régner en despote. La table est mise, c'est le cas de le dire, pour une odyssée méchante, pour rire de l'égoïsme, de la mort, de la violence et de tous les trucs qui énervent sans pouvoir s'en débarrasser.

L'anti-conte de fées

Le jeu de la comédienne (Charlotte Blin) est magnifique de désinvolture et de coquinerie devant le mal et d'une précision terriblement efficace notamment dans les scène de bagarre chorégraphiées à la manière des superhéros... L'humour, cette arme à deux tranchants, y est manipulé allégrement.

Pour l'accompagner sur scène, une multitude de personnages principalement incarnés par de la nourriture et des petits gobelets qui savent produire le rire. Ceux-ci deviennent vite que prétexte à la destruction... et d'un décor minimaliste (composé du frigo mentionné plus haut, de colonnes de son et de nombreuses marques blanches au sol), on passe rapidement à une succession de minuscules décors fantaisistes culinaires qui laissent, au fil de la représentation, un amas de miettes, de liquides et de textures de toute sorte sur le plancher.

Le ton est grinçant et parfois jouissif.

Par contre, le texte, bien que construit avec de multiples ruptures de ton amusantes, souffre malheureusement de longueurs...

Peut-être est-ce dû au fait qu'il n'y a pas ou peu de montée dramatique, qu'il n'y a pas ou peu d'avancement, le principe de détruire les méchants et finalement tout ce qui bouge devenant, à la longue, un peu redondant... Peut-être est-ce dû aussi en partie aux morales servies ponctuellement en cours de représentation qui vient, à la fin, nous faire poser une question un peu lancinant: pourquoi tout ça? Faut dire aussi que le propos se perd parfois un peu dans les gadgets...

Par ailleurs, tout au cours du spectacle, le texte explicite souvent ce qui se passe, ce qui va se passer... comme s'il y avait un manque de confiance: le spectateur comprendra-t-il ce que je fais, ce que je veux faire? Peut-être aurait-il avantage, parfois, à laisser la place à la scène qui se suffit parfois.

N'empêche que cette orgie de nourriture, ce désastre gastronomique, cette haine viscérale et complètement déjantée m'a tout de même plu.

Pour en savoir plus, voici le site web du collectif: www.aieaieaie.fr (le lien renvoie directement sur la page de ce spectacle).

jeudi 16 septembre 2010

D'autres ManiganSes... 5

L'offre est si abondante, pendant le FIAM, qu'il est vraiment difficile de tout voir... à moins que de n'avoir pris congé pour toute la durée de celui-ci! Encore aujourd'hui:

Le spectacle de l'arbre, 9h30, Côté-Cour, 10$

Doctor Frankenstein, 9h30, Église St-George, 12$

À la belle étoile, 13h30, Polyvalente Jonquière, 12$

Beastie Queen, 14h, Petit théâtre de l'UQAC, 22$

Conférence Isabelle Bertola, 17h, Pavillon Nikitoutagan, gratuit

Klug (l'automate), 18h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

La ménagerie fantastique, 19h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

All weather ballads, 19h, Côté-Cour, 22$

Punzelle, 19h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

(seconde représentation) Doctor Frankenstein, 19h, Église St-George, 12$

Un regard animé (courts métrages - programme familial), 19h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit


Bulles, 19h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

(seconde représentation) Beastie Queen, 20h, Petit théâtre de l'UQAC, 22$

Sans titre, 20h30, Côté-Cour, 22$

À fleur de pot, 20h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Êtes-vous né un jour de pluie?, 21h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

(seconde représentation) Un regard animé (courts métrages - programme adulte), 22h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Prêt pas prêt des gaines!, 22h30, Pavillon Nikitoutagan

Et aussi:

Exposition Théâtre Sans Fil - 40 ans sur la route, CNE
Maternité (de Pascal Picard) - Pavillon Nikitoutagan
Les Marionnettes font du lèche-vitrine, Jonquière

mercredi 15 septembre 2010

D'autres ManiganSes... 4


Sous la carapace de la Tortue Noire... il s'en passe de toutes sortes!

Une recherche axée sur l'objet versus le corps du manipulateur: qui (ou quoi) devient extension de qui (ou quoi)? Une constitution d'un vocabulaire exigeant et foutrement poétique.

Une recherche où le spectateur est convié à une monstration: Nous nous questionnons sur l'impulsion du mouvement au cours d'improvisations qui provoquent la rencontre des corps, des objets et de la matière. Nous nous appliquons, à travers des glissements de focus de corps à objet, à multiplier les images et le potentiel d’évocation de chaque objet, l’abordant tantôt comme... un partenaire de jeu, comme une extension du corps ou comme un moteur du mouvement écrivent-ils sur leur communiqué (enfin, sur Facebook, alors c'est tout comme...). Voir, donc, non pas un spectacle mais les jalons d'une nouvelle (et potentielle) écriture scénique.

Les images se construisent au gré des mouvements. Monsieur Jean-Pierre Vidal, animateur de la discussion post-présentation (que j'ai dû quitter), parlait de rébus. Des formes évocatrices. Des moments marqués d'une part par la rigueur des manipulateurs (chapeau aux Lefrançois, Moisan et Rivard) et, d'autres parts, par la puissance et/ou la magnificience et/ou la situation qui se crée sous les yeux ébahis. Des ébauches étonnantes qui donnent le goût de voir un nouveau spectacle de ce trio (et autres collaborateurs!).

Bien sûr, une telle recherche peut aussi donner lieu à des interrogations du type «Que cherchent-ils?» mais ces mêmes questionnements deviennent aussitôt riche matière à réflexion. L'interprétation du spectateur ne pouvant être prise à défaut, chacun y trouve alors son compte!

Un travail qui fait envie pour le metteur en scène que je suis. Prendre le temps de faire, d'essayer, de tenter le coup.

D'autres ManiganSes... 3


Aujourd'hui encore, le Festival International des arts de la marionnette battra son plein. À preuve, cette liste exhaustive (ou presque!) des rendez-vous quotidiens:

Le spectacle de l'arbre
, 9h30, Côté-Cour, 10$

Le Voyage, 9h30, École Polyvalente Jonquière, 12$

Klug (l'automate), 18h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

(seconde représentation) Le Voyage, 18h30, École Polyvalente Jonquière, 12$

Rafales, 19h, Salle Pierrette-Gaudreault, 22$

La ménagerie fantastique, 19h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

All weather ballads, 19h, Côté-Cour, 22$

À fleur de pot, 19h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit
Sous la carapace de la Tortue Noire, 19h30, Salle Murdock, gratuit

(seconde représentation) Klug (l'automate), 19h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Bulles, 19h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Beastie Queen, 20h, Petit théâtre de l'UQAC, 22$

Punzelle, 20h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Et aussi:

Exposition Théâtre Sans Fil - 40 ans sur la route, CNE
Maternité (de Pascal Picard) - Pavillon Nikitoutagan
Les Marionnettes font du lèche-vitrine, Jonquière

mardi 14 septembre 2010

D'autres ManiganSes... 2


Ce soir la vasque veillera au Pavillon Nikitoutagan.

Une vasque aux dimensions olympiques allumée par le président de l'UNIMA (Union International de la Marionnette... merci Christophe!), Jacques Trudeau à la suite d'une présentation des compagnies présentes sur le territoire pendant le festival. Une vasque qui fera office de servante (voir le billet suivant) tout au long de l'événement.

Une belle entrée en matière.

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Cette ouverture du Festival international des arts de la marionnette était aussi l'occasion de la mise en chantier de l'activité Prêt pas prêt, dégaine! où 5 équipes de deux comédiens ont 48 heures pour refaire une scène de film (secrète) de genre qui leur a été distribuée. Cet extrait devra aussi comporter une contrainte émanant du public.

Ces équipes (et ces contraintes!) sont, de mémoire:

Christian Ouellet et Émilie Gilbert-Gagnon - mention de la fée du Trou de la fée

Marie-Noëlle Lapointe et Émilie Jean - bout dans une autre langue sauf l'anglais et le français
Guillaume Ouellet et Dominic Rondeau (?) - théâtre de papier

Martin Gagnon et Marc-André Perrier - chanté à la manière des Parapluies de Cherbourg

Maude Côté et Marilyne Renaud (?) - bout en ombre chinoise

Rendez-vous donc ce jeudi-ci, à la place Nikitoutagan transformée en cabaret Hydro-Québec, en fin de soirée, pour voir le résultat de leurs commandes!

Quelques ManiganSes... 1

C'est aujourd'hui le grand jour. Il ne sera pas possible de tout voir. Il y aura des choix à faire... et l'offre est alléchante. En salle ou à l'extérieur, ça s'animera de partout.

Avec le Festival International des Arts de la Marionnette qui débute, c'est aussi le marathon qui commence. Et si la semaine dernière était dédiée au spectateurs, elle est résolument, cette semaine, tournée vers la chose marionnettique!

AUJOURD'HUI:

Le spectacle de l'arbre, 9h30, Côté-Cour, 10$

Rafales, 13h30, Salle Pierrette-Gaudreault, 22$

Le Voyage, 13h30, École Polyvalente Jonquière, 12$

Soirée d'ouverture, à compter de 18h, Parc de la Rivière-aux-sables: tapis rouge et spectacle de Yann Perreau

Klug (Aïe Aïe Aïe), 18h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

La ménagerie fantastique, 19h, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

À fleur de pot, 19h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Bulles, 19h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Punzelle, 20h30, Parc de la Rivière-au-sable, gratuit

Et aussi:

Exposition Théâtre Sans Fil - 40 ans sur la route, CNE
Maternité (de Pascal Picard) - Pavillon Nikitoutagan
Les Marionnettes font du lèche-vitrine, Jonquière

lundi 13 septembre 2010

De la mauvaise foi...

Les comédiens italiens, par Watteau, 1720

Petit regard amusé, ce matin, dans le charmant recueil Petit lexique amoureux du théâtre par Philippe Torreton, publié aux éditions Stock en 2009... pour y trouver une description du comédien, enfin, de sa mauvaise foi avec toute l'ironie (et pourtant l'amour!) qu'il porte envers le milieu. (Pour le bien de la cause, je rappelle que ce monsieur est sociétaire à la Comédie-Française... ou l'a été...?). À la lecture, il est possible de se reconnaître à chaque phrase... ou pire! de reconnaître des camarades! À croire que le comédien (dommage qu'il n'y ait pas d'article sur les agissements du metteur en scène!) est partout pareil...

M comme Mauvaise foi

La mauvaise foi est totalement absente chez les acteurs car ils arrivent toujours à l'heure, ils savent toujours leurs textes, sont toujours satisfaits de la loge qu'on leur a attribuée, les horaires de répétition leur conviennent toujours et ils n'ont jamais de rendez-vous importants pendant celles-ci. Les acteurs sont toujours en pleine forme pour travailler car ils prévoient toujours de se coucher tôt en vue des répétitions du lendemain. Les acteurs cherchent toujours à bien comprendre ce que leur demande le metteur en scène et s'échinent à le faire rapidement et bien. Les acteurs sont toujours satisfaits de la traduction ou de l'adaptation choisie par le metteur en scène, ils ne vont jamais voir ailleurs si c'est mieux. Les acteurs trouvent leurs costumes superbes et s'en trouvent très contents dès les premiers essayages. Ils écoutent toujours les notes du metteur en scène et prennent acte de ce qu'on leur dit sans faire de commentaires... Pourquoi dans ces conditions chercheraient-ils des excuses, feraient-ils preuve de mauvaise foi?

Et toc!

dimanche 12 septembre 2010

Questions à 1000$

À trop lire Schechner, par les temps qui courent, j'en viens à me poser de nombreuses questions sur le théâtre... en particulier sur le nôtre.

Quelle est l'identité du théâtre saguenéen? En a-t-il une? Est-il possible de tracer son portrait? Oui, sans aucun doute. Mais est-il possible de tracer les liens qui l'unit à son creuset. Et ce dernier a-t-il une influence quelconque sur l'esthétique (si tant est qu'il y en a une!), le jeu, la façon de voir cet art éphémère?

Notre théâtre est-il vivant ou n'est-il pas entrain de se scléroser? Une tradition est vivante lorsque ses racines et ses branches touchent le peuple. On peut l'étudier à l'université, mais c'est dans la rue seulement qu'on peut la maintenir en vie.

Question encore pire: quel est l'utilité de notre théâtre? Nous pourrions presque reprendre mot pour mot cette autre sentence de Schechner: La scène théâtrale n'a plus l'importance qu'elle avait: quand il s'agit de repenser la société, elle n'est ni impliquée ni convoquée.

Lire Schechner, c'est se poser de sérieuses questions sur l'intérêt de poursuivre.

Le Facteur culturel

Photo prise sur le blogue du Voir tenu par Jean-François Caron

Ça y est, cette fois. Les efforts de Guylaine Rivard portent fruit.

Il semble bien - du moins, c'est dans le journal et quand c'est dans le journal, c'est dans la poche! - que la salle de répétition du Centre culturel du Mont-Jacob portera désormais le nom de Salle du facteur culturel en hommage à Henri-Louis Renaud, facteur de métier à la retraite... et spectateur assidu pour toutes manifestations culturelles, dont le théâtre.

Qui ne l'a pas déjà vu?

Ces fameuses salles de répétitions (j'y inclus ici celle du Pavillon des arts de l'UQAC) qui reçoivent beaucoup de petits spectacles, souffrent de ces dénominations de seconde classe (d'ailleurs, personnellement, pour l'UQAC, je préfère parler de Studio-théâtre)... et dans l'imaginaire collectif, un spectacle qui s'y tient ne peut qu'être expérimental ou moins intéressant.