jeudi 24 mars 2011

Éléments d'analyse à retenir pour le théâtre

Voici une liste écrite par Odette Aslan dans L'acteur au XXième siècle (p.377) qui énumère une séries d'éléments qui doivent être pris en compte par l'interprète qui monte sur scène (ou en répétition). Cette liste semble pouvoir être prise en considération en tout temps... bien qu'elle soit conçue pour définir les formes traditionnelles orientales :

  • le corps donné à voir: silhouette, morphologie, costume ou nudité, artifices, maquillage.
  • la manière d'entrer en scène, de se présenter: allure générale, démarche, postures.
  • l'occupation de l'espace de jeu, le rapport avec celui du public.
  • la nature des sols: bois, dallage, sable, terre, eau.
  • le rapport avec le sol, les figures géométriques dessinées: symétries, asymétries, cercles, diagonales, décentrements.
  • les positions debout: orientation du corps, appuis, suspensions, équilibres, déséquilibres, chutes.
  • les groupements de personnages.
  • les déplacements, l'amplitude des mouvements.
  • les séquences gestuelles, les rythmes, les ralentis, les pauses.
  • l'obéissance à un code continu, la créativité, le style.
  • la part du masculin et du féminin chez un même interprète.
  • les regards.
  • l'implication émotionnelle.
  • l'impact sur le spectateur.
Voilà.

mercredi 23 mars 2011

Vers le premier «Forum sur le théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean»



Suite à l'idée lancée en décembre dernier sur la tenue d'états généraux sur notre théâtre (et ) un comité à été formé, à partir du groupe de compétence, pour élaborer un projet du même type mais demandant un peu moins d'énergie. Déjà, lors de la dernière rencontre au CRC (où une quinzaine de personnes participaient), des décisions ont été prises et il y eût adoption de principe (façon de parler) sur des thèmes et des sujets.

Ainsi, le milieu théâtral de la région (du haut du Lac au tréfonds du Saguenay!) sera convoqué, le dimanche 12 juin prochain, à la salle Pierrette-Gaudreault (à Jonquière), de 9h à 16h30, pour le premier Forum du théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une journée de réflexion et de discussion de grande ampleur...

Car notre milieu théâtral s’est, depuis une quinzaine d’années, considérablement développé, acquérant une vitalité et un dynamisme qui le caractérise désormais. Mais constitue-t-il pour autant une force capable de favoriser un développement efficace ? Qu'en est-il de notre engagement? Notre solidarité? Notre concertation? Devant cette question qui déborde le local pour frapper de plein fouet le national, il nous apparaît essentiel de prendre un temps d’arrêt conséquent pour réfléchir à notre milieu.

Deux grands axes sont proposés (et seront, généralement, débattu en plénières):

- en avant-midi ce sera Notre théâtre [portraits] qui se développera en sous-thèmes comme Les grands dossier nationaux (piloté par Lyne, pour informer sur ce qui se passe présentement au national), Portrait historique [de l’amateur au professionnel] (piloté par Michel Lemelin qui a une très grande connaissance du sujet), Portrait social [les interrelations], Portrait artistique [pratique et mode de fonctionnement], Relève [développement et intégration];

- en après-midi ce sera Concertation [perspectives et développements] qui se développera en sous-thèmes comme Inscription dans un milieu [engagement et solidarité] et Développement d’un milieu concerté [buts et moyens proposés].

Le comité organisateur chargé du contenu et de la logistique est composé, pour le moment, de Josée Laporte, Véronique Villeneuve, Blaise Gagnon, moi-même et Lyne L'Italien à titre de conseillère, consultante ou tout autre titre honorifique pour dire qu'elle participe sans être à temps plein avec nous. D'ici quelques temps, la liste des «travailleurs du théâtre» sera mise à jour (à partir de celle qui se trouve dans la colonne de gauche de ce blogue) et permettra de rejoindre directement chacun de ceux-ci pour informer sur l'avancée du projet, pour diffuser un genre de Cahier du participant (qui contiendra le déroulement et le fonctionnement de cette journée, les enjeux, buts et objectifs et contenu de chacun des thèmes), et pour solliciter la participation à cet événement important. Par ailleurs, nos partenaires seront dévoilés un peu plus tard, quand tout aura été ficelé...

Plus nous y serons nombreux, plus nous y brosserons un portrait complet et le plus nous pourrons nous donner collectivement des assises solides et efficaces.

Voilà. Dossier à suivre de très près!

La Visite [Carnet de mise en scène]

Alors qu'une première se passe (Antigone), une autre arrive à grands pas... Enfin, il ne reste plus qu'une toute petite semaine avant le début des représentations de La Visite.

Le dernier week-end s'est avéré plus ardu que prévu avec une comédienne en voyage (prévu) et une autre qui s'est vue dans l'obligation de s'absenter pour raison de santé. Par conséquent, il a fallu revoir l'idée de faire quatre enchaînements pour se consacrer plutôt à réviser certaines scènes et faire du travail de précision... en autant que faire se peut... parce que dans le contexte de cette pièce, avec deux comédiennes en moins (qui plus est c'est deux-là!), ça fait environ dix personnages sans porteur, dans environ vingt scènes, qui représentent les trois quart du spectacles.

Nous nous sommes tout de même astreints à l'exercice fastidieux de faire un enchaînement avec une doublure (de qualité!... en la personne de Joan Tremblay, mon assitante) pour faire tous les rôles manquants... Pour le rythme et la dynamique de l'ensemble, on repassera. Par contre, ça a permis de revoir le tout, de redonner les grandes lignes des changements de décor, dans l'attente de la prochaine fin de semaine.

Angoissé? Oui et non... Moins par le spectacle comme tel que par le besoin d'enthousiasme, de rigueur, de plaisir, de confiance et de hâte qu'il me faut de la part de toute l'équipe de production! Dans les faits, la mise en place est faite depuis un mois et demi. Le seul hic, c'est que nous ne sommes pas capables de faire les enchaînements requis. Mais il nous reste encore vendredi soir (pour révision en groupe), samedi toute la journée avec les intensités le soir, dimanche toute la journée... puis nous entrons déjà dans le cycle des générales lundi, mardi et mercredi soir. La première étant le 31 mars.

mardi 22 mars 2011

«Y a une belle écoute ce soir»



Voici une autre vérité* écrite dans un style direct qui dévoile des pans entiers de ce métier théâtral... Des vérités toutes aussi crues que drôles et savoureuses! Ce matin,

Y A UNE BELLE ÉCOUTE CE SOIR

Expression venant ponctuer les conversations en coulisse d'acteurs cherchant à se rassurer sur la qualité de la représentation en cours devant le silence obstiné de la salle.

C'est fou comme il est possible de reconnaître des situations, des personnes, une façon de faire universelle au fil de ces définitions! Et celle-ci a été entendu plus d'une fois... principalement lors de la présentation d'une comédie... alors que les rires demeurent absents!


* tirée du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, publié en 2009 aux éditions Stock.

Et d'une autre première!



J'aime ces laboratoires du Théâtre 100 Masques qui donnent l'occasion à certains de faire leurs premières armes, à d'autres d'expérimenter un genre, une écriture. Que ce soit sous forme de résidence intensive ou de répétitions conventionnelles, ceux-ci aboutissent à tout coup à une production présentée publiquement... pour quelques représentations.

Cette année, c'est dans ce cadre particulier que la tragédie s'invite dans les activités de la compagnie. Antigone, pièce écrite vers 441 avant Jésus-Christ par Sophocle a fait l'objet d'une réécriture (enfin, d'un collage de différentes versions), d'une analyse et d'une élaboration scénique par le Collectif N.A.T.A.S... et aujourd'hui, c'est jour de première! Donc, pour

François-Mathieu Hotte et Maude Cournoyer,
Guillaume Ouellet, Pierre-Luc Maltais, Carol Émond,
Mélanie Potvin, Éric Renald,
Keven Girard, Catherine Whittaker, Jessica Normandin,
Marie-Pascal Blackburn et Alexandra Imbault,


MERDE!

lundi 21 mars 2011

Un dixième anniversaire...



Les 14, 15 et 16 mars 2001, je présentais ma première mise en scène à la Salle Murdock (qui venait, quelques semaines plus tôt, d'ouvrir ses portes), Ipso Facto - Courtepointe désamoureuse, qui marquait également mon entrée au sein du Théâtre 100 Masques.

Il y a donc déjà dix ans de passé. Ça passe vite... Dix ans... et 32 mises en scène...

Antigone



Juste une petite correction toutefois: ça ne devrait pas être «Le Théâtre 100 Masques et la Fondation TIMI présentent» mais plutôt «Le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques présentent».

La Fondation TIMI a octroyé une subvention au Collectif à qui nous avions donné (nous étant le TCM) l'engagement de fournir l'équivalent...


dimanche 20 mars 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 20 au 26 mars 2011)


Cette semaine, il y n'y a pas grand chose... mais le peu de chose qu'il y a vaut le coup (ceci étant dit en totale absence de recul et de modestie)!

Lundi et mercredi - 21 et 23 mars 2011
Le Ménestrel (Chic.), 19h30

Le Théâtre du Faux Coffre donne, en représentations scolaires (et à guichets fermés), le très couru solo qui ne demande plus de présentation, Les lectures de Diogène.

De mardi à vendredi - du 22 au 25 mars 2011
Auditorium du Lycée (Chic.), 20h
(et aussi en repr. spéciale le vendredi à 13h30)

Dans cette salle magnifique rose et turquoise construite en 1959 et fichtrement bien conservée (sise au dans la cour des Soeurs du Bon Conseil, au 700 rue Racine... où il faut laisser les voitures dans la rue ou dans le premier stationnement dans la côte), le Collectif N.A.T.A.S. présente, dans le cadre du laboratoire annuel du Théâtre 100 Masques, sa propre vision de la tragédie antique Antigone de Sophocle. Il en coûte 10$ pour tous.

Voilà. C'est ce qu'il y a à mon écran radar. Si j'oublie des trucs, qu'on me le fasse savoir!

samedi 19 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Le Visite lors de la création du Mic Mac, en 1984.
À noter que les deux comédiens du centre
(les troisième et quatrième de la ligne)
se retrouvent dans la production de 2011!

On entreprend, cette fin de semaine, le dernier quart de la création. Le dernier droit...

Période intense où tout est en place et attend l'étincelle magique... qui tarde parfois à surgir.

Dans les jours à venir (disons les dix prochains), ce sera maintenant au tour du son et de l'éclairage à faire leur entrée en scène. Des éléments qui serviront, en quelques sortes, de catalyseurs lorsqu'ils auront été mis en place. De même que les costumes (qui n'ont pas encore été vus sur une scène colorée...). De même que les maquillages (qui sont encore en chantier).

Donc, au menu, plusieurs enchaînements... à la recherche d'une dynamique et d'un rythme soutenu et en quête d'une consolidation de la ligne dramatique du couple principal qui a besoin de cette machine autour de lui pour se définir. Un travail de longue haleine fait dans un cadre de sprint.

Un projet qui, maintenant que la vue d'ensemble est possible, ne demande plus que le plaisir et l'enthousiasme pour croître et se développer. Et une rigueur toute particulière à la comédie: garder vivant ce qu'on ne ne trouve plus drôle de même que faire sans surfaire.

Toutefois, j'entreprends ce week-end avec des craintes dues, entres autres choses, à des circonstances contrariantes: une comédienne absente, une autre qui arrive de Chine et qui risque de subir le décalage, une autre malade et sous antibiotique et d'autres qui doivent parfois se plier à des impondérables professionnels... Un beau projet qui nous aura fait vivre moult péripéties.

vendredi 18 mars 2011

Dans une salle près de chez vous

C'est ma découverte de l'année! J'en avais vaguement entendu parlé... L'ancien Lycée du Saguenay (propriété des Soeurs du Bon-Conseil) renferme un petit bijou d'architecture: un auditorium qui peut accueillir quelques centaines de personnes (en comptant la mezzanine, ce sont près de six cents sièges disponibles). Peu pratique? Peut-être... Vieillot et suranné? Assurément... Mais d'un charme fou avec son petit côté art déco, ses murs roses et turquoises et son état de conservation (et de propreté!) remarquable qui ferait rougir bien des lieux de travail sur le territoire. Un royaume de volutes et de rondeurs pour les arts de la scène. Les images suivantes ne donnent malheureusement pas une juste appréciation de l'ensemble...





La chose la plus fascinante de cet endroit est probablement sa régie technique pour l'éclairage (fixe, composé d'une série de lampes, au plafond, rouges, vertes, jaunes et bleues) activée par une rangée de manettes. On est loin, ici, de la console informatique! Au point où les changements de lumières et la fermeture automatique des rideaux (parce que oui, cette salle à de nombreux rideaux beiges et un rideau de scène orange) se font sur un grincement et un grondement venus d'un autre âge. Magnifique.



Voilà. C'est là que se jouera, après avoir loué cette salle, l'Antigone du Collectif N.A.T.A.S. en collaboration avec le Théâtre 100 Masques. Dommage que cette salle - vacante depuis quelques années - ne soit pas utilisée (et, à ce que j'ai compris, la communauté religieuse n'a pas l'intention de l'exploiter). Dommage, oui... mais en même temps, les commodités pour un travail rigoureux et plus contemporain sont inexistantes: pas de loges, pas de dégagement en arrière-scène, pas de système d'accrochage et, pire!, peu de prises de courant. Ça explique bien des choses...

jeudi 17 mars 2011

Un corps entre la tragédie et la comédie

Alors que je baigne présentement entre la tragédie (pour l'Antigone de Sophocle qui sera présentée sous peu par le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques) et la comédie (pour La Visite du Théâtre Mic Mac qui commencera dans deux petites semaines), je viens de tomber sur ce petit passage - enfin, une citation! - écrit par Henri-Louis Bergson (1859-1941), philosophe français dans son ouvrage Le Rire. Un petit passage qui donne à réfléchir. Dès que le souci du corps intervient, une infiltration comique est à craindre. C'est pourquoi les héros de tragédie ne boivent pas, ne mangent pas, ne se chauffent pas. Même, autant que possible, ils ne s'assoient pas. S'asseoir au milieu d'une tirade serait se rappeler qu'on a un corps. Napoléon, qui était psychologue à ses heures, avait remarqué qu'on passe de la tragédie à la comédie par le seul fait de s'asseoir. Voici comment il s'exprime à ce sujet dans le Journal inédit du baron Gourgaud (il s'agit d'une entrevue avec la reine de Prusse après Iéna): «Elle me reçut sur un ton tragique, comme Chimène: Sire, justice! justice! Magdebourg! Elle continuait sur ce ton qui m'embarrassait fort. Enfin, pour la faire changer, je la priai de s'asseoir. Rien ne coupe mieux une scène tragique; car, quand on est assis, cela devient comédie.» Ça reste à voir...

mercredi 16 mars 2011

De l'individu au groupe...


Une pièce de théâtre devrait être écrite, décorée,
costumée, accompagnée de musique, jouée, dansée
par une seul homme.
Cet athlète complet n'existe pas.
Il importe donc de remplacer l'individu
par ce qui ressemble le plus à un individu:
un groupe amical.
Préface aux Mariés de la tour Eiffel

Belle petite définition...