mardi 13 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 10

Bon. J'ai perdu un peu le fil des billets... ce qui n'empêche pas que j'ai vu encore quelques spectacles et de très bons! J'y reviendrai sans doute. Pour l'instant, voici des photos prises en début de festival, par Christian Roberge, alors que nous nous installions...









dimanche 11 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 9

Autre journée bien remplie hier, au FITML... il est juste dommage, toutefois, que les productions soient présentées une seule fois... et qu'il y ait chaque fois deux productions en même temps (les représentations étant à 15h, 16h30, 18h30, 20h30). Il faut donc faire des choix... parfois difficiles.

La première pièce vue est Potestad, de La Granada. Il s'agit là d'un monologue d'une heure en espagnol (dont je me permets la retranscription du résumé dans le programme pour être certain de bien rendre cette histoire!): Pendant la dictature militaire en Argentine (1973-1983), il s'est commis les pires atrocités de l'histoire. Des hommes ont enlevé les enfants d'Argentins morts sous la torture; ces enfants considérés comme butins de guerre, ont été élevés par les bourreaux de leurs parents.


Seul en scène, dans un espace vide, l'acteur place une famille normale en scène dans une gestualité précise et d'une clarté surprenante malgré la barrière de la langue. Lui, sa femme, sa fille... qui n'est pas sa fille mais celle d'un homme qu'il a torturé alors qu'il était le bourreau. Vient alors le flashback (et la confusion pour le spectateur unilingue que je suis). Néanmoins, sa performance est frappante.

L'autre pièce, bien qu'en arabe, a fort bien passé étant donné que je connais bien le texte original. Il s'agissait là de La Leçon de Ionesco produit par la troupe Tawasol d'Égypte. L'expérience est intéressante: voir et tout comprendre en ne comprenant strictement rien. Étrangement, j'avais mes repères.


La mise en scène est assez traditionnelle... avec de fort bons comédiens!

Par la suite, nous nous sommes rendus au Gala des Arlequins organisé (enfin...) par la FQTA et pour lequel le Mic Mac avait trois nominations (pour La Défonce... belle coïncidence... d'ailleurs, nous avons reçu de bon commentaires tout au cours de la journée et encore ce matin). Les deux premières nous ont échappé (à savoir meilleur comédien et meilleure production) mais nous sommes repartis avec la dernière, Coup de coeur du jury.

La soirée s'est terminée tard... très tard... sous la tente du Festival dans une ambiance festive menée par les Brésiliens et suivie par nous, les Italiens, les Espagnols, les Français, les Israëliens, etc.

Décidément, c'est un fort beau festival... avec, jusqu'à présent, des productions de haut calibre. À l'époque, c'était un festival clairement identifié de théâtre amateur... mais je crois que maintenant (enfin, ça a été abandonné dans le nom!), c'est relativement ouvert à toutes les petites troupes...

samedi 10 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 8


Puis ce fut nous!

La représentation de La Défonce s'est faite (après que l'équipe ait fait, deux heures et demie avant la représentation, un filage rapide dans le décor avec la technique...) devant une centaine de spectateurs, dans une salle où, somme toute, nous avons su retrouver de belle façon l'ambiance et l'atmosphère que nous avions à la création.

Malgré la fébrilité, la nervosité, le stress, les comédiens ont offert là l'une de leur bonne performance. Et si le texte a manqué à certains moments, les rattrapages furent sans faille. Techniquement, tout y était.

Bien sûr, le jeu pourrait encore s'affiner (notamment si le spectacle était repris sur une longue période) alors que le mélodramatique plane parfois sur certaines scènes... mais pour le rythme, la tenue, les interrelations, la mise en place et la manipulation des objets (rideaux, caisses, lampes, pelle), nous avons quelque chose de solide, de bien assimilé et de fort... enfin, je crois.


Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 7

J'ai vu mes deux premiers spectacles dans le cadre du FITML. Le premier, Il était une fois (Hajet'lec) était donnée par une compagnie française (pour rester dans le large... parce qu'ils préféreraient sûrement que je précise la région!), Les Atelannes.

Pendant une heure et quelques, ces deux hommes offrent une belle et solide performance tant physique que dramaturgique. Dans un jargon où s'entretissent les accents de l'Hexagone et des accents maghrébins, les souvenirs fusent, les histoires se déploient... le tout entrecoupé de chansons diverses. Un beau moment (quoiqu'un peu long) passé devant la complicité manifeste qui unit les deux interprètes. (En les voyant, ça me faisait penser aux spectacles de Bruno Coppens et autres conteurs du genre...)

Le second spectacle était présenté par le Trastos Teatro, Cuatro Entremeses y un alma en pena... dont voici un extrait pigé sur Youtube.



Présenté en espagnol, ce spectacle m'est apparu fort long. L'esthétique n'aidait en rien alors que la technique était brute et que l'espace était réduit - contraintes de tournée peut-être. Et si les comédiens étaient intéressants dans leur jeu corporel (notamment le vieillard qui ouvre l'extrait vidéo), la mise en scène était assez pauvre...

vendredi 9 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 6

La journée avance...

Nous avons trouvé nos barres de dix-huit pieds. Notre décor a été accroché, validé. Tout fonctionne. L'éclairage est monté, focussé (je me suis improvisé éclairagiste...) et les intensités sont faites. Bon. Sur ce point, nous pourrions souhaité mieux - contraintes de tournée oblige. Avoir plus de temps, nous aurions pu faire autrement... comme dans n'importe quoi. Bref, tout est là, prêt... et les spectateurs de ce soir aurons un spectacle assez proche de ce que nous avons fait en avril 2010.

Nous avons dîné sur la place du Festival où toutes les troupes se réunissent. Les contacts commencent à se faire et l'ambiance de fête s'installe. Les Israëliens sont fort sympathiques. Tout comme la troupe de la France que nous verrons à 15h... suivie de la troupe de l'Espagne à 16h30.

Après, nous.

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 5

C'est le moment décisif à partir duquel il ne sera plus possible de reculer.

Nous entrons, dans quelques minutes, dans le Bloc G pour une intense séance d'éclairages (focus, intensités)... juste après avoir réglé les problèmes de la scénographie.

La première chose à faire est d'aller chez Métal Gosselin, une ferronnerie, pour y quérir trois grandes tiges de métal de dix-huit pieds chacune. Pendant ce temps, dans la salle, une équipe s'attardera à monter le plancher de planche.

Le pire dans tout ça, c'est qu'il faudra faire vite, pour tout enlever avant le dîner pour laisser la place à la troupe qui jouera à 16h30...

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 4

Numéro de fermeture alors que le chanteur Antoine Mainville entonne Les comédiens d'Aznavour,
entouré de toutes les troupes.


Et c'est parti.

C'était ce soir le gala d'ouverture du FITML. Après une première partie protocolaire (toujours un peu longue bien qu'essentielle), chacune des troupes avait deux minutes pour se présenter et présenter leur spectacle, qui avec un extrait, qui avec une chanson, qui avec une danse. Le hic, c'est que nous avons su le concept une heure avant le dit gala.

Mais qu'à cela ne tienne, nous sommes montés sur scène... les premiers, pour casser la glace. Rien de moins. Nous avons eu le temps, cependant, de concocter une petite présentation conceptuelle avec une série de phrases «La Défonce c'est...». Ça s'est bien passé... malgré la fatigue de tous.

De ces présentations, quelques troupes sont ressorties: les Polonais dont j'ai bien hâte de voir le travail; la troupe Les Dieselles composé de deux Françaises; l'une des deux troupes italiennes qui s'amène avec un spectacle cirquesque qui semble fort amusant. J'ai une semaine pour vérifier tout ça.

jeudi 8 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 3

Ce soir, à 20h, ce sera le Gala d'ouverture de 5ième édition du FITML. Théoriquement, nous serons les premiers présentés (avec un 2 minutes de présentation).

Dans quelques minutes (vers 16h), une partie de l'équipe devrait arriver. Pendant ce temps, je cogite à notre installation.

À ce que j'ai compris, les gens de la Mongolie ne se sont pas présentés... et il semble que les gens du Togo n'y soient pas non plus.

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 2

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 1


J'arrive à l'instant du Bloc G où nous jouerons La Défonce demain soir. Je suis arrivé alors que les techniciens là-bas installent présentement notre éclairage. Bel adon... parce que j'ai pu répondre à leurs questions et faire des ajustements sur le plan...

Tout au cours de la journée arriverons les autres personnes de l'équipe.

Tout semble bien aller jusqu'à présent. J'ai croisé les Slovaques... et les Italiens.

À voir maintenant... pour la suite des choses... sous la présidence d'honneur de Francine Grimaldi.

mercredi 7 septembre 2011

Les dessous des sorties théâtrales...

Le Petit Journal illustré du 9 juillet 1911

À quelques heures du départ pour Mont-Laurier (d'où j'écrirai pour la prochaine semaine dans une longue variation sur le même thème...) - pour la première des sorties de La Défonce - je propose ici la définition caustique d'une «Tournée» par Philippe Torreton dans son Petit lexique amoureux du théâtre:

Tournée: [...] C'est là que se vérifie l'harmonie d'une troupe, car c'est en tournée que finalement les acteurs se rencontrent et se révèlent véritablement.

Prendre le train ensemble.
Prendre l'avion ensemble.
Dîner ensemble.
Rentrer à l'hôtel ensemble.
Petit-déjeuner ensemble.

C'est là que l'on constate qu'Untel n'a jamais offert un verre, ni quoi que ce soit d'autre à quelqu'un, et, pour le coup, vous comprenez mieux son autarcie scénique, que tel autre n'est jamais content de sa chambre, qu'un autre tel est toujours malade, que, bizarrement on attend toujours la même personne quels que soient l'heure du jour et de la nuit, l'endroit où l'on se trouve.

Vous constaterez la solitude de certains, les vieux problèmes d'alcool d'un autre, la difficulté de vie [...]. Ceux qui ne vont pas au restaurant, ou rarement, se contentent de boire une bière en regardant les autres dévorer leurs défraiements sauce moutarde. Les problèmes de garde d'enfants. [...]

[...] La tournée vous transforme en inspecteur d'un guide Michelin spécial théâtre où l'Art de recevoir la troupe, la qualité du public, le confort des loges, la circulation en coulisse, le rapport scène-salle, le pot après la représentation, le petit mot du directeur, tout cela et bien d'autres choses encore se retrouvent consignés dans vos pages fines, étoilées ou non.

[...] Ce n'est pas une question de chocolats dans les loges, ni de fleurs, cela commence par votre équipe technique qui, en général, arrive avant vous dans les lieux pour monter le décor. Ce sont eux qui étrennent la qualité de l'accueil. Lorsque nous arrivons la fleur au fusil dans l'après-midi, si leurs visages sont tendus, nerveux, fatigués, nous pouvons penser que tout n'a pas été fait pour leur faciliter la tâche: manque de personnel qualifié, pas de possibilité de se restaurer sur place, équipement défaillant du plateau, et qu'il en sera certainement de même pour nous. La représentation ne commence par à 20h30, mais quand la troupe investit le théâtre.


Il faudra voir, dans notre cas, ce que nous réserve cette 5ième édition du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier...

mardi 6 septembre 2011

D'un autre âge!

Petit extrait trouvé par Benoît Lagrandeur (et mis sur Facebook à mon attention) sur Dailymotion (il faut donc se taper les 15 premières secondes en publicité...). S'il faut en croire l'annonce du début de l'extrait, ce Cyrano aurait été tournée en 1900 (la voix, sur cylindre de cire ayant été rajouté par la suite) , soit trois ans après sa création, et mettrait en vedette Coquelin l'Aîné (créateur de ce rôle qui a, selon le Dictionnaire encyclopédique du théâtre de Corvin, été écrit pour lui), comédien le plus puissant de l'époque.

Voici ce qu'il est écrit encore: Cherchant à impressionner le public, que le nez simplement bourbonien du vrai Cyrano n'aurait pas fait rire, il essaie jusqu'à cinquante faux nez, dits «en pied de marmite», et en choisit un réellement grotesque, repris par tous les comédiens du monde; le rôle écrasant de Cyrano, le plus long de notre théâtre, et qui comporte 1200 vers sur 2570 que contient cette pièce en cinq actes, Coquelin le tient jusqu'à sa mort 950 fois; il exigeait de lui une virtuosité extraordinaire, un visage constamment mobile, une voix claironnante et il y fit preuve d'un talent étincelant, comme, d'ailleurs, dans toutes ses créations.



Voici le même extrait tiré du texte, acte I, scène 4 (suivant de peu la fameuse «tirade du nez»)... ça peut aider à comprendre ce qui se dit:

CYRANO
Déclamant
"Ballade du duel qu’en l’hôtel bourguignon
Monsieur de Bergerac eut avec un bélître ! "

LE VICOMTE
Qu’est-ce c'est que ça, s’il vous plaît ?

CYRANO
C’est le titre.

LA SALLE
surexcitée au plus haut point

Place ! - Très amusant ! - Rangez-vous ! - Pas de bruits !

Tableau. Cercle de curieux au parterre, les marquis et les officiers mêlés aux bourgeois et aux gens du peuple ; les pages grimpés sur des épaules pour mieux voir. Toutes les femmes debout dans les loges. À droite, De Guiche et ses gentilshommes. À gauche, Le Bret, Ragueneau, Cuigy, etc.

CYRANO
fermant une seconde les yeux

Attendez ! ... je choisis mes rimes... Là, j’y suis.
Il fait ce qu’il dit, à mesure.
Je jette avec grâce mon feutre,
Je fais lentement l’abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon,
Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmydon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche !
Premiers engagements de fer.

Vous auriez bien dû rester neutre ;
Où vais-je vous larder, dindon ? ...
Dans le flanc, sous votre maheutre ? ...
Au cœur, sous votre bleu cordon ? ...
– Les coquilles tintent, ding-don !
Ma pointe voltige : une mouche !
Décidément... c’est au bedon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche.

Il me manque une rime en eutre...
Vous rompez, plus blanc qu’amidon ?
C’est pour me fournir le mot pleutre !
– Tac ! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don : -
J’ouvre la ligne,– je la bouche...
Tiens bien ta broche, Laridon !
À la fin de l’envoi, je touche
Il annonce solennellement
ENVOI
Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j’escarmouche,
je coupe, je feinte...
Se fendant.
Hé ! là donc
Le vicomte chancelle ; Cyrano salue.
À la fin de l’envoi, je touche.