dimanche 7 décembre 2008

La semaine théâtrale... 18

La période des Fêtes approche à grands pas... et d'ici là, le milieu théâtral saguenéen achève le tour de sa saison automnale.

Dimanche, 7 décembre 2008
Le Théâtre du Saguenay présente, à 14 h (dans cet Auditorium-Dufour qui attend désespérément ses rénovations qui tardent et qui coûtent pourtant de plus en plus chères!), Zorro, une production du Théâtre La Roulotte! Avant Spiderman, Batman, et Superman, il y a eu Zorro… Inspirée du roman de Johnston McCulley, cette pièce transportera petits et grands au début du XIXe siècle en Californie. Ils feront la connaissance de Don Diego de la Vega, qui, pour combattre l’injustice, devient Zorro, le célèbre héros maniant l’épée à la perfection. Avec ruse et courage, Zorro défendra son peuple et libérera la Californie du méchant gouverneur El Capitan Monasterio. Et il tentera aussi de conquérir le coeur de la belle Isabella!

Par ailleurs, c'est la dernière semaine (en fait, officiellement, ce mardi!) de cours pour le BIA...

C'est tout!

vendredi 5 décembre 2008

Retrouvailles momentanée

Ce billet pourrait être celui de demain (puisque je ne pourrai pas le faire...).

En ce premier samedi de décembre, je suis invité à aller donner un atelier de théâtre aux gens du Mic Mac... ces gens que je côtoie depuis 2004. C'est, en quelques sortes, un passage rapide dans un presque chez moi. Une pause saguenéenne. Un moment de félicité, de retrouvailles autour du théâtre que je prend avec hâte et enthousiasme... d'autant plus que cette année, je passerai mon hiver sans eux (merde à mon successeur!)...

Un atelier donc: six heures portant sur le jeu de l'acteur... plus précisément sur le principe de proposition du comédien, de l'imagination-créatrice de l'interprète. Il faut pour cela développer - ou plutôt, prendre conscience de! - cinq points précis: la coopération (l'esprit d'équipe), l'écoute, la précision, la spontanéité et l'imagination. Chacun de ceux-ci est relié à un ou deux exercices qui mèneront à la principale activité: travailler sur des textes blancs (ces textes qui n'ont aucune indication scénique).

Et du plaisir en perspective...

Pour une analyse exhaustive...

Acquis du défunt cours (pourtant l'un des plus intéressants!) du BIA, Analyse de spectacles, voici un outil d'analyse fort utile (et dont j'ai déjà parlé...) pour tout amateur de théâtre (et même pour le critique!) qui aime faire un retour sur une représentation pour la comprendre et l'apprécier. Il s'agit d'un questionnaire élaboré par Patrice Pavis, éminent sémiologue du théâtre, au cours des années 80... questionnaire qui se retrouve dans l'ouvrage (qu'à mon avis tous devraient avoir!) illusté plus bas, aux pages 37 et 38:

QUESTIONNAIRE PAVIS


1. Caractéristiques générales de la mise en scène
a. Ce qui tient les éléments du spectacle (rapports des systèmes scéniques).
b. Cohérence ou incohérence de la mise en scène: sur quoi se fonde-t-elle?
c. Place de la mise en scène dans le contexte culturel et esthétique.
d. Qu'est-ce qui vous dérange dans cette mise en scène: quels moments forts, faibles ou ennuyeux? Comment se situe-t-elle dans la production actuelle?

2. Scénographie
a. Formes de l'espace urbain, architectural, scénique, gestuel, etc.
b. Rapport entre espace du public et espace de jeu.
c. Principes de la structuration de l'espace:
1. Fonction dramaturgique de l'espace scénique et de son occupation.
2. Rapport du scénique et de l'extrascénique.
3. Lien entre l'espace utilisé et la fiction du texte dramatique mise en scène.
4. Rapport du montré et du caché.
5. Comment évolue la scénographie? À quoi correspondent ses transformations?
d. Systèmes des couleurs, des formes, des matières: leurs connotations.

3. Système des éclairages
Nature, lien à la fiction, à la représentation, à l'acteur.
Effets sur la réception du spectacle.

4. Objets
Nature, fonction, matière, rapport à l'espace et au corps, système de leur emploi.

5. Costumes, maquillages, masques
Fonction, système, rapport au corps.

6. Performance des acteurs
a. Description physique des acteurs (gestuelle, mimique, maquillage); changements dans leur apparence.
b. Kinesthésie présumée des acteurs; kinesthésie induite chez l'observateur.
c. Construction des personnages; acteur/rôle.
d. Rapport de l'acteur et du groupe: déplacements, rapports d'ensemble, trajectoire.
e. Rapport texte/corps.
f. Voix: qualités, effets produits, rapport à la diction et au chant.
g. Statut du comédien: son passé, sa situation dans la profession, etc.

7. Fonction de la musique, du bruit, du silence
a. Nature et caractéristiques: rapport à la fable, à la diction.
b. À quels moments interviennent-ils? Conséquences sur le reste de la représentation.

8. Rythme du spectacle
a. Rythme de quelques systèmes signifiants (échanges des dialogues, éclairages, costumes, gestualité, etc.). Lien entre durée réelle et durée vécue.
b. Le rythme global du spectacle: rythme continu ou discontinu, changements de régime, lien avec la mise en scène.

9. Lecture de la fable par cette mise en scène
a. Quelle histoire est racontée? Résumez-la. La mise en scène raconte-t-elle la même histoire que le texte?
b. Quels choix dramaturgiques? Cohérence ou incohérence de la lecture?
c. Quelles ambiguïtés dans le texte, quels éclaircissements dans la mise en scène?
d. Quelle organisation de la fable?
e. Comment la fable est-elle construite par l'acteur et la scène?
f. Quel est le genre du texte dramatique selon cette mise en scène?
g. Autres options de mise en scène possibles.

10. Le texte dans la mise en scène
a. Choix de la version scénique: quelles modifications?
b. Caractéristiques de la traduction (le cas échéant). Traduction, adaptation, réécriture ou écriture originale?
c. Quelle place la mise en scène accorde-t-elle au texte dramatique?
d. Rapports du texte et de l'image, de l'oreille et de l'oeil.

11. Le spectateur
a. À l'intérieur de quelle institution théâtrale se situe cette mise en scène?
b. Quelles attentes aviez-vous de ce spectacle (texte, metteur en scène, acteurs)?
c. Quels présupposés sont nécessaires pour apprécier ce spectacle?
d. Comment a réagi le public?
e. Rôle du spectateur dans la production du sens. La lecture encouragée est-elle univoque ou plurielle?
f. Quelles images, quelles scènes, quels thèmes vous interpellent et vous restent?
g. Comment l'attention du spectateur est-elle manipulée par la mise en scène?

12. Les traces
Comment noter (photographier ou filmer) ce spectacle?
Comment en conserver la mémoire?

13. Ce qui n'est pas sémiotisable
a. Ce qui dans votre lecture de la mise en scène n'a pas pris de sens.
b. Ce qui n'est pas réductible au signe et au sens (et pourquoi).

14. Bilan
a. Quels problèmes particuliers à examiner?
b. Autres remarques, autres catégories pour cette mise en scène et pour le questionnaire.

jeudi 4 décembre 2008

Ouche!

Alors que je suis douloureux et sanguinolent avec une dent en moins, voici une citation de Craig que j'avais retenue naguère et qui réconforte:


L'Art vit encore...
marchant dans l'ombre
il traverse indemne les bouillonnements
et les tourments
brassés dans le gouffre de la vie...
brassés dans les chaudrons matérialistes.
L'Art vit encore comme il fleurit un jour...
chez les idéalistes.
Dans un âge ancien,
c'étaient eux qui faisaient la Vie
paraître et sonner
comme elle fut et sera toujours...
Belle.

Edward Gordon Craig, 1912

mercredi 3 décembre 2008

La Noël de Gruntilda II [quelques notes]


La générale de La Noël de Gruntilda s'est faite devant 6 personnes... et si le spectacle a bien commencé - c'est-à-dire dans le rire, le plaisir et la magie théâtrale -, son souffle s'est éteint peu à peu pour finir sur un rythme un peu asthmatique et lancinant.

Non pas que les comédiens soient mauvais... juste que, je le redis, c'est un spectacle fragile qui exige beaucoup de ses interprètes (particulièrement d'Alexandre), dans un dialogue (et une complicité!) avec le spectateur qui ne doit pas tomber! Il ne faut pas que les personnages soient exécutés dans une bulle théâtrale... Tout dans ce spectacle - le ton, le discours, les moqueries, la mise en scène - est destiné à de gens hors scène!

Mais bon. Mauvaise générale... etc.

Cet exercice a au moins le mérite de donner un bon aperçu des failles et de écueils, des manques et des temps morts.

Donc, aujourd'hui (sans oublier hier, tout de suite après les représentations), j'ai pris beaucoup de notes (et en prends toujours!) pour apporter des correctifs et des améliorations.

Au plaisir de vous voir ce soir! Et demain! Et après-demain!

R.I.P. A.Q.T.

Ça y est... c'est consommé.

L'AQT, l'Académie Québécoise du Théâtre, fera désormais partie de l'histoire. Après quelques années de déficit, de manque à gagner, de problèmes financiers (et d'une gestion peut-être un peu lâche), cette organisation ferme les livres et cesse toutes ses activités.

Fondée en 1993, cette Académie devait - et là était sa principale mission! - promouvoir le théâtre partout au Québec... et son médium privilégié: le défunt Gala des Masques...
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Voici l'Article paru sur le site de Radio-Canada:

L'Académie québécoise du théâtre (AQT), qui organisait chaque année la soirée des Masques, doit cesser définitivement ses activités, faute de financement.

« Sans commanditaire majeur depuis deux ans, appuyée uniquement par le Conseil des arts et des lettres du Québec et sans aucun soutien de la part des autres paliers de gouvernement (on connaît l'insensibilité du fédéral en la matière), l'Académie ne peut dorénavant poursuivre son mandat », indique le communiqué de l'AQT.

La perte sera énorme pour les petites compagnies et celles qui oeuvrent en région, estime le président de l'AQT, Vincent Bilodeau, joint par téléphone. « La Licorne, grâce à des Masques, a pu faire des reprises avec un succès assuré », dit-il, ajoutant que la notoriété que procurait un Masque pouvait faire toute la différence pour une compagnie à l'occasion d'une demande de subvention.

Déjà, les gens du milieu avaient été déçus que le traditionnel gala n'ait pas lieu en 2008, car les retombées étaient beaucoup plus importantes que les cotes d'écoute, considérées faibles.

L'AQT fonctionnait avec un budget annuel de 85 000 $ depuis quatre ans et comptait sur le bénévolat des membres de son conseil d'administration, qui lui consacraient plus d'une dizaine d'heures par semaine.

Ainsi, après avoir perdu le soutien de Patrimoine canadien, la commandite de Loto-Québec, qui a préféré associer son nom à des festivals, et celle d'Esso, dont le siège social est déménagé dans l'Ouest, à des kilomètres de la culture québécoise, l'AQT ne pouvait plus réduire davantage ses dépenses. « Pas une entreprise privée ne nous arriverait à la cheville en termes de rationalisation », assure Vincent Bilodeau.

Il explique que Québec lui a demandé d'être patient, et d'attendre après les élections. Or, l'AQT fait part de ses demandes pressantes au gouvernement depuis le printemps et n'a pas pu payer sa directrice générale depuis deux mois.

Le Conseil québécois du théâtre choqué

« Les difficultés financières vécues par l'Académie illustrent les limites et le caractère aléatoire du soutien privé dans le domaine artistique, cela démontre l'importance d'un soutien financier continu par l'État, a fait valoir par communiqué le président du CQT, Martin Faucher. Ce malheureux événement est un exemple éloquent de la précarité qu'engendre l'absence d'un soutien adéquat de l'État. »

Beauté mécanique


Quelques mots brefs sur le projet d'Émilie Gilbert-Gagnon, Beauté mécanique, qui conclue brillament ses études à la Maîtrise en arts de l'UQAC.

Construit à partir de l'album du même titre de Plywood ¾, ce spectacle raconte l'histoire d'un homme qui, reclus dans son garage, se construit, au détriment de son épouse qui sombre inéluctablement vers la déchéance, une poupée duquel il tombera amoureux.

Chapeau, soit dit en passant, à Sabrina Bélanger et à Patrice Leblanc qui tiennent la note tout au long de la représentation et qui interprètent avec brio ces compositions. Une performance remarquable (dans une mise en scène efficace qui flirte toutefois, à quelques reprises, avec l'illustrativité)...

Outre la musique omniprésente (véritable personnage principal), ce qui frappe le plus, c'est l'esthétique Tim Burtonien de ce spectacle (espace et costumes), proche du grotesque... et dans laquelle je me suis bien reconnu. L'outrance du maquillage et du jeu, la surcharge des objets et leur utilisation, la présence des entités tout autour, les couleurs dominantes (noir et blanc), participent à ce néo-gothisme.

Il s'agit donc ici d'une (forte) théâtralisation d'un objet (la musique) extra-scénique...

Tous ces éléments créent-ils, pourtant, chez le spectateur, émerveillement et fascination théâtrale?
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Cette question est au centre des réflexions et des recherches de la metteure en scène et conceptrice générale.

Il serait probablement fort intéressant de pouvoir lire, pour apprécier davantage le travail, l'essai qui accompagnera cette oeuvre, de comprendre ce qu'elle veut dire par émerveillement et par fascination, et comment elle articule ces notions dans cette mise en scène, dans le dialogue scène-salle...

Car je l'avoue, je me suis posé la question, par la suite, à savoir en quoi ce spectacle peut répondre, tel qu'il est indiqué dans le programme, à un besoin d'émerveillement...

mardi 2 décembre 2008

Un Noël pour le Théâtre 100 Masques!


Le Théâtre 100 Masques lance les festivités de Décembre en présentant, comme événement bénéfice, la seconde édition de son spectacle de Noël, La Noël de Gruntilda!

Pour l'occasion, voyez la grandiloquente Gruntilda (Alexandre Larouche) - accompagnée de sa Lutine (Isabelle Boivin), de Madame Weiss (Marilyne Renaud) et de son Pépa de la Noël (Marc-André Perrier) - prendre à bras-le-corps (à l'instar des instances commerciales qui nous inondent depuis déjà plusieurs semaines!) les traditions et les cantiques du Temps des Fêtes pour les répandre avec toute la candeur de la causticité.
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Programme de la soirée

(La Fête de la Nativité)
1. Ouverture et présentation des acolytes
2. Dans cette étable
3. Joyeux Noël
(La Fête de l'abondance)
4. La recette de Bubie
5. Noël c'est la bouffe
(La Fête de la misère)
6. La Charlotte prie Notre Dame (1ère partie)
(La Fête des traditions et du commercial)
7. La bûche de Noël
8. La plus belle nuit du monde
(La Fête de la nostalgie)
9. Noël au camp (Tex Lecor)
10. La Charlotte prie Notre Dame (2ième partie)
(La Fête du plaisir)
11. Les pots pourris de Noël
(La Fête du Père-Noël)
12. Le bricolage de Noël
13. Le pedigree de Pépa de la Noël
14. The Night before Christmas (Clement Clark Moore)
15. Maman embrasse le Père-Noël
(La Fête de la solitude)
16. La Charlotte prie Notre Dame (3ième partie)
17. Noël seule
18. Minuit chrétien
19. Finale
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Mieux vaut réserver... le nombre de places est très limité!


lundi 1 décembre 2008

En attendant


Ce que nous attendons tous du théâtre, c'est la révélation de cet autre qui gît au plus profond de nous-mêmes, plus nous-mêmes que nous-mêmes et cependant inconnu. Et c'est cet inconnu qui veut sans cesse dépasser ses frontières personnelles, crever l'opacité de cette carapace qui nous sépare du monde. Si le théâtre se tient tout aussi éloigné de la facilité, de la démagogie ou de l'imposture intellectuelle, il peut être une passerelle dans cette coupure originelle entre le sujet et le monde, entre le monde et nous-mêmes...

dimanche 30 novembre 2008

Théâtre de propagande


En bon citoyen (et souverainiste de surcroît...), j'ai assisté hier, pour la première fois et par curiosité (entres autres choses pour voir Pauline Marois en chair et en os), à une assemblée publique - celle destinée à mousser la candidature d'André Michaud du Parti Québécois qui se tenait dans Dubuc. Une grande messe politique. Un rituel quasi initiatique. Une mise en scène (puisqu'au fond, il ne s'agit que de cela) réglée au quart de tour parce que représentée pour la énième fois.

Bien que dans l'ensemble assez convenu, il n'en demeure pas moins que ce type de spectacle fonctionne franchement bien et qu'il permet la symbiose de centaines de personnes!

Entre les entrées au son d'une musique (entraînante... selon les organisateurs), les présentations enflammées, les discours patriotiques, les performances des acteurs, les rappels (encore!) des grands Lévesque et Leclerc (qu'il ferait bon, bientôt de remiser pour travailler avec les gens d'aujourd'hui au lieu d'avec des fantômes idolâtrés!) et les tonnerres d'applaudissements ou assis ou debout, il m'est apparu soudainement que le théâtre des années 20 - le théâtre de propagande - ne pouvait ressembler qu'à cela. Le théâtre politique (épique) entreprend de retrouver et de souligner l'intervention d'un narrateur, c'est-à-dire d'un point de vue sur la fable et sur la mise en scène. Pour cela, il fait appel aux talents du compositeur, du dramaturge, du fabuleur, du metteur en scène, de l'acteur bâtissant son rôle, discours après discours, geste après geste. (Aurore FALSE)

Le théâtre au service de la démocratie et des citoyens comme au temps des Grecs Anciens résonne encore dans ces assemblées partisanes. Piscator, metteur en scène allemand de la première moitié du XXième siècle qui a voué sa carrière au théâtre politique, n'aurait su faire mieux... quoique ç'aurait été définitivement plus artistique: il s'agit pour lui d'ouvrir le théâtre à l'histoire en marche, d'en tirer des leçons propres à nourrir la conviction et à stimuler l'engagement (même référence).

Bon. Probablement est-ce la même chose pour les assemblées libérales et/ou adéquistes... N'empêche que le théâtre comme vecteur de message, comme agitateur de foule, comme média de masse, n'existe-il, au Québec, qu'en temps d'élections?

P.S.: Le 8 décembre, il faut voter!

La semaine théâtrale... 17

En cette semaine qui verra (demain!) Décembre entrer en scène, quelques rendez-vous théâtraux apparaissent déjà au calendrier (probablement les derniers avant la pause des Fêtes...):

Dimanche, 30 novembre 2008, 14h

C'est la dernière représentation de Beauté Mécanique, projet de fin d'études d'Émilie Gilbert-Gagnon, au Petit Théâtre de l'UQAC.

(Mercredi, 3 décembre 2008, heure à déterminer)

Bien que n'ayant encore aucune confirmation, cette semaine étant en quelques sortes la dernière de la session, il devrait y avoir la présentation des ateliers du cours Techniques de jeu théâtral sous la direction de Jean-Paul Quéinnec.

De mercredi à vendredi, du 3 au 5 décembre 2008, 20h

Après plus d'un an d'attente (et pour le bénéfice du Théâtre 100 Masques) voyez enfin se déployer sous vos yeux toute l'émotion, toute la grandiloquence, toute la chaleur humaine de La Noël de Gruntilda II - La Nativité! Cette animation théâtrale - plus proche de la formule cabaret que du spectacle littéraire - redonne, avec ironie et causticité, toutes les traditions de ces Festivités. Le tout se passe dans la Salle Marguerite-Tellier (Centre des Arts et de la Culture) et les places sont limitées. Prière de réserver au 418-698-3000 # 6562.

Vendredi et samedi, 5 et 6 décembre 2008, 20h

Marie-Josée Paradis présente, à la Salle Pierrette-Gaudreault, Chester, fou de la Reine, une oeuvre danse-théâtre d'inspiration médiévale avec, entres autres comme comédiens-danseurs vicky Côté, Sophie Larouche, Christian Ouellet et Pierre Tremblay.

C'est tout, je crois... du moins, à ma connaissance...

vendredi 28 novembre 2008

Retour sur «Parents et amis...»

Synthèse non-exhaustive de ce qui a été dit sur le web sur cette production:


La mère Manchée (Josée Laporte) dans sa robe en bois
Photographie: Sylvain Dufour, Le Quotidien


Après un prompt rétablissement dentaire, après plusieurs heures de réflexions, je tiens à revenir sur cette production du Théâtre CRI. Pour clarifier mon dernier billet qui en a laissé plus d'un perplexes. Pour poser plus clairement certaines questions... par respect pour le travail de Guylaine, pour la mission de sa compagnie et par simple passion du théâtre. Notre théâtre mérite qu'on s'y attarde avec sincérité et intégrité.

Esthétiquement, je trouve cette production un peu drabe... que ce soit par la mise en espace de objets ou par la nature de ceux-ci (exception faite de la robe en bois); par les éclairages et leurs effets divers qui ne sémiotisent pas si facilement; par l'ensemble des costumes qui manquent un peu d'unité... D'accord, on reconnaît là une certaine esthétique du CRI... qui nous a habitué toutefois à plus de rigueur esthétique justement... Par ailleurs, malgré toutes les lectures faites sur ce spectacle et ce qui s'en dit, j'ignore en quoi cette disposition générale - somme toute assez conventionnelle, soit à l'italienne - participe à un rapprochement entre spectateur et comédien, intègre le public à l'aire de jeu. Intimité? Je n'en suis pas si sûr...

La mise en scène (astucieuse en soit) donne parfois l'impression d'être une suite de numéros (slam, exploration des matelas, récitations en choeur, travail des personnages, etc.) retenus en atelier de création qui manquent, pour le spectateur aridement sollicité, de liant. Car oui, le lien entre les différents tableaux (chacun, pourtant avec ses forces scéniques indéniables) est parfois difficile à suivre. Peut-être est-ce dû à des confusions simples du type: Josée Laporte (dont j'ai beaucoup apprécié la performance) joue-t-elle un seul ou deux personnages? la femme au bizarre capuchon est-elle cette femme emprisonnée dans son objet vestimentaire? le personnage à demi-dévêtu de Dany Lefrançois (intéressant en soit) s'inscrit comment dans cet univers? les tantes (magnifiques d'étrangeté) fonctionnent manifestement sur un type de jeu différent du groupe des fils... pourquoi?

Enfin... Ce sont ces questions (et peut-être aussi mon état de réceptivité peu élevé de cette soirée théâtrale) qui obstruent mon adhésion à l'enthousiasme général.

C'est un spectacle qui - quoique long et dense, comme le mentionne Daniel Côté dans le Quotidien - demeure, malgré ces quelques réserves, fort stimulant. Et là est la raison d'être du Théâtre CRI. Peut-être est-ce un spectacle - pour reprendre des notions arts visuels - non pas expressif (ou figuratif) mais plutôt abstrait et impressif... ce qui me ramène à cette affirmation: on ressent plus qu'on comprend... Peut-être...