jeudi 23 avril 2009

Les Pleureuses... état d'un calvaire

Derrière: Maryse, Estelle, Catherine, Geneviève
Devant: Gabrielle, Isabelle, Sarah, Christopher
Photographie: Dario Larouche

Voici une photo de mon groupe Élite (mes adultes...) du Théâtre 100 Masques avec lequel je travaille présentement sur Les Pleureuses... et dont l'unique représentation aura lieu la semaine prochaine.

Unique représentation parce que c'est le résultat d'un atelier et non pas une production de la compagnie... Unique représentation aussi parce que ce projet s'est avéré être un véritable calvaire! Malgré le fait que chacune des personnes composant ce groupe est sympathique, l'ensemble fut d'une complexité inextricable: absences répétées, manque d'implication, manquement dans l'apprentissage du texte, déficit d'attention, de concentration... L'intérêt n'a pas su s'imposer... et le plaisir tarde à venir. En treize semaines (en raison de deux heures et demie par séance), que de temps perdus...

Le théâtre, c'est aussi ça... La difficulté d'être... l'impression que le résultat nous échappe et que des murs s'érigent à mesure que d'autres s'effondrent... Un projet qui, bien qu'en soit, le résultat peut être (peut-être!) intéressant, gruge l'énergie plus qu'il n'en donne. Un projet qui ne réussit pas à prendre un élan nécessaire. Un calvaire.

Ceci étant dit, elles sont très bonne et cet atelier offre véritablement de beaux moments! Et je crois fortement aux dernières heures de répétition qu'il nous reste. Une semaine au théâtre est une éternité!

mercredi 22 avril 2009

À tous les étudiants du BIA qui monteront aujourd'hui sur scène...

Pour cette première de l'Opérette Imaginaire de Novarina...

MERDE!


Et cela s'applique aussi à tous ceux qui gravitent autour:
le metteur en scène, les assistantes
et l'omniprésent Nadeau!


De quelques considérations théâtrales sur la politique


Quand la politique se donne en spectacle.

J'ai assisté, hier, avec un intérêt sans cesse grandissant, à une partie des travaux de l'Assemblée Nationale (que je mets en lien ici). J'étais assis exactement (ou presque!) là où, vu l'angle de vue, fut prise la photographie qui illustre ce billet.

Alors, la politique... du moins ce qu'on en voit avec cette activité étrange et hautement partisane appelée «période de questions et (simili) réponses orales»? Du théâtre... Un genre de Roméo et Juliette social... Theatrum mundi...

L'espace et le rituel...

Deux familles, deux groupes qui se détestent depuis toujours (en fait, il sont trois... mais passons) et qui se provoquent. L'enjeu: le consensus... ou le dialogue... ou le vide... La présence. Les bons et les méchants (la catégorisation de chacun des groupes est laissée ici à la bonne subjectivité du lecteur...). Une chambre fermée, surplombée par des parterres où s'entasse le public... bref, une arène. Une mise en place! Face à face. Le duel.

Puis entre le maître du jeu, le président de l'assemblée. Tous debout... C'est le règne du code, de la convention. Le jeu parlementaire.

Le combat peut commencer... Les chats sont lancés; les souris dansent...

Deux types d'humanité qui s'affrontent dans un simulacre de combat verbal.

Le personnage outré de l'opposition...

Son nom le définit: la colère et l'outrage sont ses repères. L'opposant (ou porte-parole... ou député) se revêt du ton qui sied bien à ce caractère. Bouillonnant, cinglant, hargneux, insistant, ironique... Se faire voir. Prendre la place. Mettre en boîte un ministre. Déclamation, répétition et déchirure de chemises sont les outils pour créer les effets.

Un personnage en surjeu constant...

Le cabotin du gouvernement...

Son vis-à-vis. Le clown de service dont le rôle consiste - outre gouverner - à faire rire ses camarades par des remarques déplacées et antédiluviennes sur les gouvernements passés... tout en se défilant par des pirouettes tout aussi vide de contenu qu'aussi lancinante dans la forme. La mesquinerie et l'outrecuidance. Le cynisme.

En improvisation, l'arbitre aurait beau jeu et jouerait allégrement de son gazou: cabotinage; confusion; jeu retardé; manque d'écoute; obstruction; refus de personnage.

La claque et la tape dans le dos...

La morale de cette histoire...

Après quelque deux heures de ce spectacle somme toute grisant (après tout, je ne l'avais toujours vu qu'à la télé!) parce que s'y jouent comme ils peuvent les grands enjeux de notre nation, de notre société, je me suis surpris à admirer cette tradition parlementaire... et, en même temps, à déplorer la dégénérescence que subit cette foire d'empoigne aujourd'hui inutile... Une tradition devenue cliché... Une tradition vidée de son sens (d'ailleurs c'est la définition de cliché donné par Meyerhold...)

Je me suis aussi remémoré une phrase de ce toujours grand Shakespeare (bien que je ne sois pas un grand amateur): Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des puissants... Car les puissants ne travaillent qu'à marcher sur nos vies (dans Henri IV). Et les acteurs m'apparurent alors porter des personnages beaucoup trop grands pour eux...

Un peu cynique... mais bon.

mardi 21 avril 2009

Le XIXième siècle


S'il est une période théâtrale que j'affectionne particulièrement, c'est bien celle s'étirant entre la seconde moitié du XIXième et le début du XXième siècle (disons jusqu'en 1920)... Là où le théâtre occupe le haut du pavé...

C'est, en quelques mots, l'apogée de l'illusionnisme (avec tous ses défauts mais aussi tout son côté exubérant, exalté, construit). Le développement du vaudeville. Le règne des monstres sacrés - les Bernardht, Guitry (père et fils), Rachel, Lemaître - et des auteurs - Hugo, Scribe, Labiche, Feydeau, Courteline... L'émergence du Grand Guignol. Le classique dégénérescent... Là où le théâtre ne fait pas que se faire... il se surfait et se contrefait!

Cette décadence, cette excroissance scénique et dramatique qui sonne le glas d'une tradition se pose pourtant comme origine de notre théâtre...

Car cette période voit aussi poindre la révolte (toute aussi justifiée que radicale) de tous les -ismes - romantisme, symbolisme, naturalisme, expressionnisme, futurisme, constructivisme - drainant une suite d'auteurs importants - Ibsen, Tchekhov, Gogol, Strindberg, Jarry - qui aboutiront, en quelques sortes, à l'invention de la mise en scène... et au théâtre contemporain. Là où le théâtre se questionne, se regarde et se transforme!

C'est le ferment qui donnera les Stanislawski, Meyerhold, Antoine, Jouvet, Copeau et tous les autres... et qui nous reporte directement à nous-même.

lundi 20 avril 2009

I have a dream

À lire les parcimonieux comptes-rendus théâtraux actuels (peu importe le journal...), à entendre les sporadiques critiques dans les différents médias, il me prend parfois de rêver que l'on parle de théâtre (quand, bien sûr, on en parle...) comme à l'époque des XVIIième, XVIIIième et XIXième... avec amour - pour ne pas dire passion!


Jamais Mademoiselle Duchesnois ne fut si belle, si sublime... diction admirable, naturelle et soutenue; geste noble, aisé, toujours juste; organe enchanteur et dont la perfection étonne toujours; âme expansive, chaleur communicative, noblesse sans enflure, fierté sans arrogance, le talent d'exprimer tous les sentiments du coeur et de passer avec un art infini, mais en le cachant toujours, du ton de la colère ou du reproche à celui de la tendresse; en un mot, réunion au degré le plus parfait de toutes les qualités qui font l'actrice inimitable.
Clément Coutois

On est loin, dans ce cas, de la description du travail de l'acteur en un seul et expéditif qualificatif que nous donnent - par manque de place, je suppose... - nos médias...

dimanche 19 avril 2009

La semaine théâtrale

Quelques dates théâtrales...

Dimanche - 19 avril 2009
Collège d'Alma (Alma) - jusqu'à 15h

Clôture du Festival Intercollégial du Théâtre 2009. Peut-être y a-t-il encore quelques représentations ouvertes au public (voir le billet La semaine théâtrale précédent).

Du mercredi au samedi - du 22 au 25 avril 2009
Petit Théâtre (UQAC) - 20h

Dans le cadre de la fin de la session, les étudiants du BIA-Théâtre, dans une mise en scène de Jean-Paul Quéinnec, présentent L'Opérette imaginaire de Valère novarina. Selon les dires du metteur en scène, ce théâtre de la parole a produit chez ces artistes en formation un travail rigoureux, performatif et joyeux. Il aura aussi permis de développer un véritable champ de recherche sur la création sonore et la manipulation d’objets. Il n'y a que peu de places dans la salle... tenez-vous-le pour dit!

Vendredi - 24 avril 2009
Auditorium-Dufour (Chicoutimi) - 20h


Le Théâtre du Saguenay reçoit le Don Juan du Ballet-théâtre atlantique du Canada (voir ici leur site web). Séducteur sans principes ou incorrigible romantique ? Le ballet contemporain d’Igor Dobrovolskiy jette un regard nouveau, à la fois léger et plein d’esprit, sur la légende d’un personnage parmi les plus flamboyants de l’histoire. Des décors ingénieux, un éclairage exquis, une brillante chorégraphie sur la musique de George Gershwin, en une fusion éblouissante qui met bien en valeur la virtuosité et l’athlétisme des danseurs et danseuses . Les costumes conçus par Denis Lavoie, créateur de la garde-robe de Mick Jagger pour son spectacle Voodoo Lounge, rendent tout à fait le caractère extravagant et enjoué de cette farce résolument théâtrale. Une création mondiale. Conception et chorégraphie par Igor Dobrovolskiy. Musique par George Gershwin. Conception des costumes par Denis Lavoie. Conception de l’éclairage par Pierre Lavoie. Dramaturge : Sharon Pollock.

Samedi et dimanche - 25 et 26 avril 2009
Centre culturel du Mont-Jacob (Jonquière), journée


Selon toute vraisemblance, le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques tiennent le troisième Rendez-vous Théâtre de la saison... Cette prochaine rencontre se fait sous forme de laboratoire (avec participants invités) pour explorer la bio-mécanique...

samedi 18 avril 2009

Mouvement de masse!




Aujourd'hui, une forte délégation du milieu théâtral professionnel saguenéen se déplace vers Alma, dans le cadre du Festival Intercollégial de Théâtre, pour animer cette journée de formation (25 ateliers différents... chacun ayant une durée de cinq heures) offerte à ces quelques cinq cents participants d'un peu partout en province...

Un coup d'oeil sur la liste suivante peut donner un bon aperçu et des divers sujets abordés, et des nombreuses personnes d'ici impliquées:

Kaléidoscope de textes dramatiques par Josée Laporte
Texte Blanc, l’imagination créatrice de l’acteur par Dario Larouche
L'écriture du dramaticule par Hervé Bouchard
Théâtre image par Normand Simard,
Exploration du jeu avec la marionnette par Jeannot Boudreault
Théâtre chanté : les comédies musicales par Caroline Tremblay
Installation et théâtre-performance par Dominique Breton
Initiation au théâtre forum par Jean-Guy Girard
Jeu masqué par Pascal Rioux
Jeu théâtral et cinématographique par Patrice Leblanc
Exploration des références émotives par Monique Bouchard
Provocation, l’art de la mise en scène par Véronique Bouchard
Le clown par Josée Gagnon
L’écoute et les chœurs par Sophie Larouche
Improvisation : la création spontanée par Moira Sheffer Pineault
Techniques vocales par Annie Larouche
Initiation à la danse-théâtre par Chantal-Éric Dumais
Rythmique par Robert Pelletier
La scénographie par Marielle Dionne
Processus de création du costume de scène par Vicky Tremblay
Le maquillage de scène par Émilie Gilbert-Gagnon
Les auditions par Sara Moisan
Jouer pour la caméra par Guillaume Langlois
Initiation aux techniques en son et éclairage par Alexandre Nadeau
Initiation à l’animation théâtrale par Isabelle Boivin

Bonne journée tout le monde!


vendredi 17 avril 2009

10ième Carrefour de théâtre de Québec

Des compagnies théâtrales de partout dans le monde se donnent rendez-vous à Québec (aussi bien dire, à côté de chez nous!), du 26 mai au 13 juin 2009, dans le cadre de la dixième édition du Carrefour International de Théâtre.

Des dizaines de représentations, de chantiers, de lectures publiques, d'ateliers seront offerts dans divers lieux de la capitale.

Les spectacles:
La Tragédie Comique (La Fabrique imaginaire), Bruxelles
The Sound Of Silence (The New RIGA Theater), Lettonie
Où tu vas quand tu dors en marchant? (Carrefour Internation de Québec), Québec... une mise en scène de Frédéric Dubois
Rearview (La Troupe du Jour), Saskatoon
Voyage, premier épisode (La Fabrique imaginaire), Bruxelles
Vu d'ici
(Le Théâtre Péril), Québec... une adaptation et mise en scène de Christian Lapointe
Éonnagata (Festival TransAmérique / Spielzeit'europa-Berliner Festspielle), Québec/Londres... une mise en scène de Robert Lepage
Douleur exquise (Sibylinnes/Théâtre de Quat'sous), Montréal
Les Marchands, Paris... une mise en scène de Joël Pommerat

Pour plus de détails sur les spectacles et les autres activités, une petite virée sur le site web du Carrefour International de Québec s'impose!


jeudi 16 avril 2009

Un classique en atelier...

Voici deux vidéos d'un exercice de théâtre pratiqué assez souvent par les formateurs: la machine théâtrale (ou machine infernale, ou exercice choral)... Il permet d'illustrer, d'expérimenter l'esprit d'équipe (la symbiose), l'écoute, la concentration et la rigueur, éléments nécessaires sur scène, en cours de création. L'effet final de cette activité est parfois surprenant (lorsque bien exécuté...).

Un premier joueur vient sur le devant de la scène et exécute un geste simple et répétitif (mécanique) accompagné d'un son. Puis les autres viennent un par un se rajouter à la machine en faisant chacun un geste et un son, avec comme contrainte de toucher au moins un des autres joueurs. Il faut être en rythme et à l'écoute des autres pour donner une machine cohérente. Ensuite l'animateur lance une phrase pour commander la machine. Les joueurs doivent alors exécuter en rythme et avec émotion le changement. (Le Grimoire du théâtre)




Aphorisme

Quel est, ultimement, le rôle du metteur en scène dans la création d'un spectacle? Vers quoi tendent ses actions? Qui est son premier et véritable interlocuteur (on s'entend qu'il s'agit ici du metteur en scène - disons... absolu)? Voici quelques mots d'Oscar Wilde (p.232 de sa biographie, par Richard Ellman, Galimard, 1988) qui pourrait en constituer une définition valable:

Oscar Wilde

Au public d'être réceptif.
Il est le violon
dont doit jouer le maître.


Alors... le metteur en scène comme régisseur des réaction des spectateurs? L'image est, en soit, intéressante...

mercredi 15 avril 2009

Dix ans


Mine de rien, les années passent...

Il y a exactement dix ans aujourd'hui, en fait foi l'image de l'affiche illustrant ce billet, à la Salle Marguerite-Tellier, le Théâtre de la Castonade (petite compagnie fondée avec Dany Lefrançois) présentait Chut ou les soliloques forcés... dont je signais le texte. Ma première manifestation publique non académique... Un texte qui remettait en cause, en quelques sortes, la parole théâtrale:

Le texte dramatique est un univers fermé qui contient toute l'existence de ses personnages...
Le texte est comme le vieux bateau qui a trop servi: quand on l'utilise, c'est à ses risques et périls. Un bateau, un trou, un fond...

Un texte qui, étrangement, après 10 ans, me semble fort proche de mon travail actuel comme metteur en scène (et parfois, comme auteur)... Comme quoi bien que le temps passe, rien ne change vraiment... Là est l'évolution.

mardi 14 avril 2009

Le Médecin malgré lui [quelques notes]


C'est ce soir que s'enclenche la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, Le Médecin malgré lui de Molière, une farce (et c'est là-dessus que je mise...) écrite - ou du moins présentée pour la première fois! - en 1666.

Pour la première fois depuis mon retour à la tête de la compagnie (depuis 2007), le travail se fera sous la supervision d'un autre metteur en scène, Christian Ouellet. Mon rôle principal sera, pour ce coup-ci, véritablement directeur artistique. En gros, cela consiste à donner le cadre de réalisation (la mission de la compagnie; les attentes et les grandes lignes du projet; donner et garder, en quelques sortes, l'âme du Théâtre 100 Masques) et de soutenir la création du mieux que je peux. Il faut cependant faire attention que ce rôle ne devienne la méchante belle-mère qui nuit et qui prend trop de place.

Je disais donc que c'est ce soir que débute le travail par la rencontre de toute l'équipe pour une première lecture, le premier contact avec l'oeuvre. (Pour lire ou relire l'intégral de cette oeuvre, cliquer sur ce lien.)

À l'occasion de cette création qui coïncide avec notre dixième anniversaire, j'ai voulu (en accord avec le metteur en scène!), pour boucler une certaine boucle, réunir les premiers comédiens de nos théâtres d'été qui sautaient à pieds joints dans les projets (Pierre Tremblay, Martin Giguère et Mélanie Potvin) et les comédiens des dernières années qui m'ont suivi malgré la précarité de notre situation à mon retour (Alexandre Larouche, Jérémie Desbiens et Émilie Jean). À eux s'ajoute Marc-André Perrier. Une équipe de comédiens chevronnés... et surtout, agréables à travailler!

Alors, pour ce soir, je frappe les trois coups annonciateur du commencement!

LE MÉDECIN MALGRÉ LUI
de Molière
Une production du Théâtre 100 Masques
Salle Murdock (Centre des arts et de la Culture)
du 9 au 26 juillet 2009 (du jeudi au dimanche)