mercredi 25 novembre 2009

Juste avant le masque de fer...

À toute l'équipe du Faux Coffre - les Pascal, Martin, Éric, Patrice, Pierre et tous les autres qui tournent autour, dont Christian! - qui entame ce soir leur dernière (?) aventure des Clowns noirs à défaut du Merde habituel, je leur dit avec enthousiasme:


Du succès! Du plaisir! Beaucoup de monde! Et de bien bonnes critiques pour ce Clown noir au masque de fer! Et que le quinquet noir clownesque nous en mette encore plein la vue!

mardi 24 novembre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss

(en répétition... devant une bâche verte!!!)

Nous entrons dans le dernier droit.

Voici, en primeur, une petite vidéo datant de quelques jours d'un numéro du Singulier Noël de Mme Weiss, spectacle qui nous occupe pour le moment. (En lien ici ou en cliquant sur l'image). Bien entendu, il s'agit là d'un numéro sans costume, ni décor (outre celui patenté pour le tournage). Il ne dit rien de l'esprit scénique... mais donne tout de même un aperçu du ton...

La construction dramatique va bien. Nous rions beaucoup... aux actions de Mme Weiss... aux allures grotesques de l'immense petit pauvre et de la sécheresse irrascible de Beatrice... Encore une fois, nous espérons que ces rires se répercuteront dans l'assistance les soirs de représentations!

Et, nouvelle nouvelle: les spectateurs auront tous droit à une tasse de chocolat chaud accompagnée de biscuits pour regarder ce premier spectacle de Noël!


Fonctions du costume théâtral

Croquis d'un costume du Ballet Triadique, Oskar Schlemmer
Moma, NY, photographie: Dario Larouche

Il ne reste plus que quelques jours pour mettre un terme aux costumes du Singulier Noël de Mme Weiss... et, par ce travail (et par un grand ménage de mes papiers), je replonge avec plaisir dans mes notes sur le costume.

Car le costume, au théâtre, pour moi, revêt un caractère essentiel. Il n'est pas qu'un trait esthétique et doit être, comme l'affirmait Roland Barthes, un argument. Plus que la scénographie, ou l'éclairage, ou la vidéo, il marque le personnage (et l'acteur!) directement. Et loin d'être fortuit, il remplit, sur scène, plusieurs fonctions qui en constitueront le(s) sens (ces fonctions et les citations sont tirées d'un chapitre d'un ouvrage québécois dont la référence m'échappe pour le moment):

FONCTION ESTHÉTIQUE (naturellement!) - l'image créée par celui-ci, sa (ses) couleur(s), sa coupe, sa matière... bref, sa plasticité;

FONCTION MÉTALINGUISTIQUE - [...] s'ils laissent voir ainsi leur appartenance au monde du jeu, on dit qu'ils sont porteurs de cette fonction qui souligne la présence du code théâtral;

FONCTION LUDIQUE - pour ce qu'il peut apporter au comédien en action, son utilisation;
FONCTION SPATIALE - [...] un costume qui constituerait une entrave au jeu du comédien, par sa grosseur ou ses nombreux accessoires, influencerait ses déplacements et ses contacts avec les autres personnages (le meilleur exemple serait la robe de bois portée par Josée Laporte dans Parents et amis sont invités à y assister du Théâtre C.R.I.);

FONCTION SYNTAXIQUE - qui définit l'impression qu'a le spectateur du personnage en question, qui agit comme «adjectif» qualificatif;

FONCTION REPRÉSENTATIVE - qui donne les informations d'usage sur le personnage (sexe, âge, condition sociale, profession, etc.).

L'intérêt réel de ces quelques fonctions réside dans le fait qu'elles peuvent également s'appliquer à tout élément théâtral...

lundi 23 novembre 2009

Une culture en crise?


À voir le politique actuel, il est si facile de se dire que le milieu culturel est problématique. Quand il ne s'agit pas de coupures dans les fonds disponibles, ce sont les nouvelles salles qui blessent. Quand ce n'est pas le peu de considération des élites, c'est la désaffection de la population. Quand ce n'est pas le manque d'argent, c'est le manque d'effectif. Le milieu, le beau milieu, se promène de crise en crise. Ainsi, est-on en droit de ce constituer un idéal culturel?

Petit extrait d'un texte intéressant de Fernand Dumont (1927-1997), Le sort de la culture (1987), qui remet en perspective tous les problèmes du milieu culturel:

La culture est en crise? À feuilleter les manuels d'histoire, on conviendra qu'elle l'a toujours été. Et on admettra que cela tient à sa substance. Après tout, si nous rêvons, si nous pensons, si nous créons, c'est parce que nous ne sommes pas d'accord avec le monde. Pas de crise, pas de culture.

Ça vaut la peine d'y songer... La crise n'est pas conséquence mais essence! Il me semble que cela fait sens... du moins, jusqu'à la prochaine crise!

dimanche 22 novembre 2009

La semaine théâtrale (du 22 au 28 nov. 2009)

Il est tout de même intéressant de constater, au fil de ces calendriers, que chaque semaine comporte ses rendez-vous théâtraux... et que plus souvent qu'autrement, ces rendez-vous émergent des compagnies d'ici... Cette semaine, un événement de taille:

De mercredi à samedi (dim.) - du 25 au 28 (29) nov. 2009

Salle Murdock (Chicoutimi), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre présente son cinquième opus, le dernier (dernier dans le sens d'ultime... lire l'article du Quotidien du samedi 21 nov.) mettant en scène ses illustres vedettes, Le Clown noir au masque de fer... un texte de Martin Giguère... la plus grande aventure jamais vécue par le quintette clownesque noirci. Après avoir affronté et vaincu la redoutable Brigade anti-culture dans trois palpitants épisodes (La Farce de Maître Pierre Pathelin (2005), En attendant l’dégât d’eau (2006), Roméo et Juliette de William Shakespeare (2007)) et réactualiser l’Histoire Sainte (Barabbas dans la Passion (2008)), les Clowns noirs s’attaquent à un défi de taille : atteindre la célébrité (plus d'informations sur le site de la troupe). Dernière aventure? Coup de marketing? Pour le savoir, il faut le voir... et pour le voir, il faut réserver! 418-698-3000 poste 6561. Les places sont plus que limitées quand il s'agit de cette troupe.

Mercredi - 25 novembre 2009
Salle Pierrette-Gaudreault
Jeudi - 26 novembre 2009

Auditorium d'Alma, 20h

La Rubrique et l'Auditorium d'Alma présentent NU de la troupe Le fils d'Adrien danse. Un spectacle remarqué partout en province. Réglons tout de suite la question : dans NU, pas de danseur dans son plus simple appareil. C’est la vulnérabilité de l’être que le chorégraphe y expose. Avec une gestuelle hypersensible dont il a le secret, Harold Rhéaume livre une pièce très personnelle sur les relations humaines. Sa danse est comme elles : complexe, risquée et remplie de subtilités. Des assemblages charnels d’une grande tendresse destinés à prendre le chemin de votre cœur et vous faire oublier les guerres, les scandales en tous genres et le cynisme ambiant (voir les détails)




samedi 21 novembre 2009

Théâtralité: marque, manque et masque!


Je poursuis, depuis quelques jours, dans le cadre d'un exposé à prépare autour de la problématique de mon sujet de recherche au doctorat, une définition la plus claire et la plus simple possible de la théâtralité (abordée déjà, entres autres, ici ou ici)... de cette mystérieuse essence de l'art dramatique.

Peut-être la définition la plus simple revient-elle à Michel Corvin, auteur du désormais nécessaire Dictionnaire encyclopédique du Théâtre:

Tout d’abord la théâtralité naît dès qu’il y a adresse d’un émetteur à un récepteur ; système de communication gestuelle, verbale, auditive ou visuelle, il n’importe ; communication médiate (par personnages interposés) ou immédiate (au cabaret). De toute façon l’altérité (NDA : caractère de ce qui est autre) est à la base de la théâtralité, même si les spectateurs sont plus ou moins acteurs.

[…] La théâtralité suppose fiction, fabrication mentale d’une identité, d’une fable, d’un costume, d’une gestuelle qui creusent, par toutes leurs marques d’altérité, les distances qui sépare l’un (le récepteur) de l’autre (l’émetteur).

[…] Le théâtre est et n’est qu’un microcosme et, si ambitieusement qu’on y convoque le monde, il ne saurait être qu’un signe du macrocosme. Tout au théâtre, dès lors, n’est que substituts, déplacements, décalages, prélèvements, valant-pour, autrement dit, métaphores et métonymies : le personnage n’est qu’un acteur (et l’acteur n’est pas le personnage), la beauté n’est qu’un maquillage, la puissance n’est qu’un costume, les affects ne sont que des mots, les idées ne sont… des idées, et, du coup, il n’y aurait guère de mots qui, au théâtre, ne mentiraient pas si le théâtre n’était justement, par sa nature d’image du monde, inconsistant et trompeur. Tout au théâtre est figure, tout y fait signe.

À ce compte la théâtralité se définit par trois traits : elle est présente (l’adresse) ; elle ne vit que d’absence (ce qu’elle figure n’existe pas) ; et pourtant elle fait en sorte que cette absence soit présence ; elle est à la fois une marque, un manque et un masque.

Finalement, plus simplement encore, le mot de la fin dans cette recherche de concision de la théâtralité reviendrait à Patrice Chéreau (du moins, je crois...) qui définissait la théâtralité comme étant le théâtre comme quand on était enfant.


vendredi 20 novembre 2009

Tableau comparatif entre le théâtre dramatique et le théâtre contemporain


Voici une ébauche, une tentative de schématiser les différences marquées entre le théâtre tel que la plupart des gens l'entendent et le théâtre contemporain:

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Théâtre dramatique

Textocentrisme | Auteur absent
Fiction | Personnage | Exposition du drame
Dialogues
Linéarité | Sucessivité | Cohérence
Du commencement vers la catastrophe
Création de sens
Théâtre: lieu où l'on regarde | Illusion
Techniques artisanales
Théâtralité
_______________________________________________

Théâtre contemporain
(que certains nomment postdramatique)

Déhiérarchisation des éléments
Présence de l'auteur (point de vue)
Réel | Figure | État d'être
Monologues | Polyphonie | Conversation
Fragmentation | Rhapsodie | Hybridation
De la catastrophe à l'origine
Création de sensation
Théâtre: lieu où l'on montre | Vrai
Technologies de pointe
Performativité
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Peut-être certains termes demandent-ils à être précisés. J'en conviens. Peut-être aussi peut-on comparer d'autres points. Je le ferai un de ces jours. Mais voilà, en gros, ce qui distingue les différentes façons d'aborder le théâtre.

jeudi 19 novembre 2009

Le Noël d'Orangine

À l'approche de la période des Fêtes, les choses font que je retourne dans le passé... au début des années 80... avec la sortie d'Orangine des boîtes d'archives du Théâtre 100 Masques.

Orangine est une marionnette qui a connu ses heures de gloire à l'époque citée plus haut, alors que le Théâtre Frou-Frou (dont le 100 Masques relève, en quelques sortes, pour son volet formation) a animé, pendant quelques années, une émission de télévision (sur CJPM 6-10!) la mettant en vedette de même qu'un clan de minou (dont Sonia Perron, maintenant réalisatrice à CBJ).

Le Noël d'Orangine était un moment déterminant de la période des Fêtes... un Ciné-Cadeau régional!.

Les circonstance font que près de trente ans plus tard, le Théâtre 100 Masques que je dirige est propriétaire de cette vedette théâtrale du passé (depuis la reprise des activités de L'Atelier de théâtre l'Eau Vive... nouvelle dénomination sociale du Frou-Frou à partir de 1998).


mercredi 18 novembre 2009

Ballet ou balai?



Un peu étrange de lire dans un rapport émanant d'une firme réputée une confusion entre le ballet... et le balai. C'est pourtant ce que fait le rapport de la firme Go Multimédia pour la nouvelle salle de spectacle à Saguenay (il faut le voir pour le croire... p.6-10) ... Bon... Un peu inquiétant... et ça donne même un peu froid dans le dos.

Un peu plus, et on pourrait y voir un message caché: balayer les idées de construction nouvelle!

Quant au français utilisé...

Personnellement, j'ai tellement de questions sur ces deux projets et le flou qui les entoure malgré ce qu'on en dit que je ne sais guère quoi en penser.


mardi 17 novembre 2009

Autres commentaires à propos de Catatonie II

Honoré Daumier

Voici un autre (bon) commentaire à propos de Catatonie II du Théâtre C.R.I.... commentaire élaboré après la même représentation à laquelle j'ai assisté vendredi dernier (mon commentaire ici). Il s'agit de celui de Michel Lemelin sur son blogue Les ruminants ont plusieurs estomacs, Spectateur séquestré.
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Voici celui paru sous la plume de Jean-François Caron dans la dernière édition du Voir, Tousse au théâtre (Catatonie et Ubu).
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AJOUT: Voici celui paru sur le blogue Spécial du jour, Catatonie: salutaire inconfort.


dimanche 15 novembre 2009

La semaine théâtrale (du 15 au 21 novembre 2009)


L'activité du milieu théâtral saguenéen se poursuit cette semaine avec, à l'agenda:

Dimanche - 15 novembre 2009
Petit Théâtre (UQAC), 14h


Dernière représentation de l'Ubu roi des Têtes Heureuses. Pour lire quelques commentaires sur cette production, se référer à la liste publiée sur le blogue Spécial du jour.

Du mercredi au samedi - 18 au 21 novembre 2009
Salle de répétition (Mont-Jacob), 20h


Dernière semaine de représentations de Catatonie II du Théâtre C.R.I. (voir mon commentaire faisant l'objet du billet précédent).

samedi 14 novembre 2009

L'expérience catatonique du C.R.I.

Photographie extraite du site de la compagnie.

Pendant la représentation de Catatonie II présentée par le Théâtre C.R.I., m'est revenu en mémoire un article paru dans l'Annuaire théâtral (no.37) portant sur le travail de Castelluci, l'un des porte-étendards (Italien) du théâtre contemporain et titré Le théâtre ou l'exhibition du monstre. La mise en scène des corps stigmatisés [...] (rédigé par Bénédicte Boisson).

Dans cet article, on y mentionne que le travaille de ce praticien passe par une remise en question radicale de la représentation du corps; une remise en question du jeu de l'acteur; une remise en question de sa présence scénique et une volonté de créer une «commotion sensorielle». En d'autres termes, son travail de metteur en scène passe par une réduction de l'acteur à un élément de composition d'un tableau.

Le travaille de Guylaine Rivard dans la production actuelle du C.R.I. procède de ces mêmes préoccupations, plaçant trois de ses quatre comédiens dans un état catatonique remarquable qui opère une véritable désindividualisation qui réussit, à de nombreuses reprises, à créer un malaise pour le spectateur qui les observe.

Une oeuvre où le corps n'est donc plus là pour imiter une réalité extérieure au théâtre, le contenu du texte n'est pas représenté, c'est sa structure essentielle qui est imagée à travers les corps.

Dans ce petit réduit construit par Stéphan Bernier (et proche des considérations esthétiques de la compagnie), on assiste d'emblée à l'emprisonnement dans un fade quotidien du personnage principal, Grâce, incarné par Émilie Gilbert-Gagnon... un personnage au corps lui aussi stigmatisé par la lourdeur de la solitude, de l'abrutissement, de l'absence de l'autre, d'une déficience de stimulation. Un personnage délimité par des gestes réalistes et un texte réduit à quelques mots... et ce personnage qui vient dire ces mots et qui se montre («monstrare» en latin) pour les dire quitte forcément le régime de la normalité (Tackels, 1999).

Et ici débute le paradoxe sur lequel se construira l'action: pour combler ce vide, elle séquestre trois êtres catatoniques, trois coquilles vidées de leur substance. Ces corps monstrueux (par leur statut particulier et leur état de non-conformité) vraisemblables (habités de façon spectaculaire par Dany Lefrançois, Martin Gagnon et Vicky Côté) créent une imposante présence par l'absence de présence. Pour l'acteur, il ne s'agit plus alors de jouer mais d'être en scène, de vivre la contrainte de la scène et de s'exhiber. [...] Le théâtre est un lieu d'exhibition et plus il exploite cette réalité, plus il a de chances de proposer aux spectateurs une véritable expérience. Expérience violente, et parfois douloureuse, où les corps deviennent théâtre en puissance. Et nous revoilà proche aussi des préoccupations du C.R.I. dans la manipulation de l'objet, de la marionnette. Car oui, les trois catatoniques de ce spectacle pourraient porter le titre de marionnettes.

Outre ces considérations d'ordre théoriques, Catatonie II demeure un spectacle exigeant pour le spectateur... un spectacle troublant sur l'impuissance, sur le corps inutile, sur le silence comme parole. Une production dense qui n'a, de confrontation(s), que la limite et la tolérance du spectateur.
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La représentation d'hier soir a donné lieu à un moment particulièrement curieux... Bouleversement? Choc? Gêne? Timidité? Malaise? Toujours est-il qu'à la toute fin de ce spectacle, après le black final, la dizine de spectateurs que nous étions sommes restés dans le noir, immobiles, silencieux... de longues secondes (bien que je serais porté à le croire, je n'ose écrire minutes). Un moment de communion forcé déstabilisant...