vendredi 8 janvier 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Dernière journée avant d'entreprendre la mise en scène de la prochaine production du Théâtre Mic Mac de Roberval. Dernière journée, donc, de lectures et de réflexions, assis devant la maquette du décor confectionnée par le concepteur Christian Roberge, à modeler une ébauche de travail, une proposition de base à offrir aux comédiens.

Pascal Chevarie (Photo: Maxime Côté), CEAD

Cette année, le texte choisi par la troupe est La Défonce de Pascal Chevarie. Une forêt, la nuit. Les phares d’un camion allumés. Une vieille chanson country, lancinante, et l’écho d’un cri étouffé. Parmi les ombres que projette la lune, la silhouette confuse de trois jeunes hommes qui viennent de commettre l’irréparable et, dans le noir, celle d’un vieillard, qui a tout vu. À travers la reconstruction de cette nuit de défonce, ils tenteront de comprendre cette rage qui les habite et qui – sans qu’ils puissent vraiment la nommer – les a poussés trop loin. Pour soutenir cette histoire, le texte se déconstruit, brise sa temporalité et se déploie en 15 tableaux se déclinant eux-mêmes en 4 modes de narration particuliers: cris, échos, murmures, silences. Une oeuvre formelle pour explorer la cruauté et l'horreur.

L'équipe est composée de 5 comédiens... dont 3 sont de nouvelles têtes pour moi. Ils joueront, et là se posera de grands défis, dans une aire de jeu centrale, avec des spectateurs sur les 4 côtés. Du moins, dans l'idéal.

Mais déjà, demain, nous serons fixés. Pour l'instant, je relis une nouvelle fois La Défonce, en tentant de comprendre le fonctionnement intérieur de ce texte, les liens entre les personnages, les dynamiques qui s'installent et se meuvent entre chaque scène.

jeudi 7 janvier 2010

Au suivant!


La saison des auditions pour les différentes écoles de théâtre au Québec (les collèges, les conservatoires et l'école nationale) s'ouvre bientôt. À tous ceux qui tenteront leur chance cette année (dont Simon L.-D. que je coache), bonne chance!

La première chose que doivent apprendre les jeunes élèves d'art dramatique, ce n'est pas l'ivresse du théâtre mais bien ses exigences.

Ingmar Bergman
cité dans le Petit dictionnaire du théâtre

Les auditions... L'exercice fastidieux... Le jeu de l'avenir en quelques minutes! C'est assurément difficile. Mais bon...

mardi 5 janvier 2010

Du sens et des sensations...


Il est toujours un peu ardu de définir le théâtre contemporain (notamment par le manque de recul évident de ses artisans) et d'en dégager des caractéristiques homogènes et/ou applicables à tous les styles disparates et éclatés qui le compose.

Pourtant, la chose est fondamentalement simple.

De tout temps, le théâtre (dans son expression la plus essentielle, soit un texte, un comédien et un public) s'est attaché à livrer un message, à exprimer une idée du monde, à le signifier... bref, à créer du SENS.

Avec l'avènement de ce que certains nomment le théâtre postdramatique (ou postmoderne... ou encore contemporain), il y a un important glissement dans ce paradigme: le théâtre n'a plus à créer du SENS mais plutôt - par la forme, la performance, les nouveaux médias, le texte comme tissus sonore - à édifier des SENSATIONS, à procurer aux spectateurs une expérience sensitive.

En soi, par ce glissement sensitif, il est soudainement plus facile d'aborder ces différentes productions qui peuvent sembler, de prime abord, hermétiques!


samedi 2 janvier 2010

De retour le 6 janvier 2010!

Un hiver à Chicoutimi (et ailleurs dans le monde...)


Maintenant que la (non-)dinde est passée, que le Jour de l'An ne reviendra pas avant 364 jours, je remets un peu d'ordre dans mon agenda...

Outre les ateliers réguliers du Théâtre 100 Masques qui débuteront le 18 janvier et la gestion courante de l'organisme (inscriptions, administration, demandes de subventions, campagne de financement, direction artistique), la compagnie présentera également, en mars, un laboratoire portant, cette fois, sur l'improvisation longue durée: chaque jour (du 2 au 5 mars), un cadre imposé par un metteur en scène, une équipe de comédiens, et quelques heures pour présenter, le soir même, un spectacle durant une heure et demie. Le titre de ce laboratoire sera Les Impromptus Scéniques. Quelques activités devraient également s'ajouter en cours de saison, dont un nouveau Rendez-Vous Théâtre et une formation sur la biomécanique.

Au même moment, je serai en pleine répétition avec le Théâtre Mic Mac de Roberval pour leur prochaine production, La Défonce, présentée tout au cours du mois d'avril.

Cette blanche saison sera, par ailleurs, consacrée à l'écriture et au dépôt de mon sujet de thèse pour mon doctorat. Je constituerai également la troupe permanente qui sera mon principal objet de recherche pour les trois prochaines années.

D'ici le début du travail, je prends une pause de tout... y compris de ce blog.

vendredi 1 janvier 2010

Pour nos scènes (et notre milieu!) en 2010!



S'attacher à faire le bilan d'une année écoulée (comme l'exercice entrerpris depuis les deux derniers billets), amène tout naturellement à souhaiter quelques voeux pour l'année qui débute!
Ainsi donc...

aux Amis de Chiffon... des marionnettes à succès pour leur nouvelle création et un calendrier de tournée chargé!
à La Rubrique... également une nouvelle création à succès sous les auspices de Molière et du XVIIième siècle, des salles pleines et de nouveaux projets!
aux Têtes Heureuses... des projets stimulants et une bonne évaluation du CALQ, une restructuration efficace et dynamique!
au C.R.I.... des projets, des projets, des projets... et un financement à la mesure de ses ambitions!
au Théâtre 100 Masques... une poursuite dans la lancée de l'an dernier avec des projets créatifs, des ateliers courus et une structure consolidée avec les moyens financiers attenants!
au Mic Mac... du plaisir dans la prochaine production (le metteur en scène s'en imprègne déjà!) et du public (venu également en masse du Saguenay!)!
au Théâtre du Faux Coffre... une nouvelle renaissance post-clown noir aussi dynamique et courue!
à la Tortue Noire... de nouveaux projets, de nouvelles reconnaissances... et de bonnes valises pour poursuivre cette époustouflante existence!
au Théâtre à Bout Portant et Vicky Côté... d'autres créations et du public à la hauteur de celles-ci!

à tous les metteurs en scène... des textes, des projets stimulants, créatifs, risqués... et des idées et des rêves réalisés grâce à un financement adéquat!
à tous les comédiens... de nombreux contrats, des metteurs en scènes agréables et du plaisir!
à tous les concepteurs... de nombreux contrats, des metteurs en scènes agréables qui savent où ils vont et du plaisir!
à Michel Lemelin... du succès dans sa maîtrise (et sa nécessaire recherche sur le théâtre qui se fait ici)!
aux étudiants du B.I.A... de la curiosité, de la rigueur, et de l'ouverture vers le milieu professionnel (et vice-versa pour le milieu professionnel)!
à Jean-Paul Quéinnec... de la patience, des projets, du plaisir avec les étudiants!
aux journalistes et chroniqueurs culturels... de l'espace, des lecteus et/ou des auditeurs, du sens critique et de bons dialgues avec les artisans du milieu!
aux blogueurs... quasi idem à la note précédente!
aux subventionneurs... l'accroissement de leur(s) enveloppe(s) budgétaire(s)!
à Ville Saguenay... la reconnaissance (véritable...) de sa vitalité culturelle, une réelle application (et une pérennisation) de son titre de capitale culturelle 2010, une salle de spectacle (enfin, des engagements...)!
à moi-même... le maintien de son intérêt pour le théâtre, de la rigueur teintée de satisfaction pour la recherche et les études, de nombreux projets (et la capacité d'en refuser!)!
enfin, à tous:

BONNE ANNÉE 2010!!!
(et de l'argent tout plein pour les projets!!!)



jeudi 31 décembre 2009

Sur nos scènes (et dans le milieu!) en 2009!



Pour poursuivre dans la même veine que le billet d'hier, voici, en différents points (sans qu'ils soient ni en ordre chronologique, ni en ordre d'importance!), les éléments qui me semblent marquants pour cette année théâtrale qui prendra fin dans quelques heures. Le choix de ceux-ci me sont donc fort subjectifs... et n'hésitez pas à en ajouter dans les commentaires si j'en oublie!

2009 c'est... une année dynamique. Encore de nombreuses productions (bien que moins nombreuses que l'an dernier...) prouvant la vitalité (réelle?) du milieu. Il semble y avoir, pour la plupart des compagnies, une véritable augmentation des assistances... De ces productions, on peut remarquer l'émergence de quelques comédiennes et conceptrices - notamment lesVicky Côté, Émilie Gilbert-Gagnon, Jessyka Maltais-Jean - qui font de plus en plus leur place.

2009 c'est... la mise en place de véritables actions de concertation entre les différentes compagnies professionnelles (les Rendez-Vous Théâtre, le feuillet promotionnel offrant aux spectateurs 10% sur toute entrée, un projet de publicité conjointe) qui augurera une mise en place d'une véritable structure de concertation? À voir...

2009 c'est... l'augmentation des sorties extra-régionales de plusieurs compagnies qui diffusent le travail aux quatres coins du Québec (La Rubrique, Les Amis de Chiffon) et, chose remarquable, aux quatres coins du monde (La Tortue Noire).

2009 c'est... la dernière production des Clowns noirs? Ces cinq personnages colorés ont réussi un tour de force: s'inscrire (selon le mot de Michel Lemelin) dans l'imaginaire collectif de la population. La fin des Clowns noirs (du moins, leur remisage de la forme théâtrale) ne marque pas pour autant la fin du Théâtre du Faux Coffre...

2009 c'est... l'année de la salle de spectacle à Chicoutimi: sera-t-elle? ne sera-t-elle pas? signera-t-on? ne signera-t-on pas? étudiera-t-on? n'étudiera-t-on pas? Cette saga s'est échelonnée... au point où, à quelques semaines du début de la réfection de l'Auditorium, on revient au point zéro (dans un mouvement de contestation orchestré par des jeunes du Conservatoire de musique) alors que le maire, dans sa grande mansuétude, commande à la firme MultiGo une étude de faisabilité. Dans celle-ci, on y apprend qu'outre le fait d'être propice aux balais (sic), la nouvelle salle coûtera quelques 32 millions de dollars (plus les frais d'entretien). Devant le tollé provoqué, une nouvelle étude indépendante devra faire un rapport au début de la nouvelle année... Pendant ce temps, le Théâtre du Saguenay devient itinérant (l'Auditorium étant devenu dangereux!) et met de côté son volet théâtre et joue, en quelque sorte, son avenir.

2009 c'est... la désignation de Saguenay, capitale culturelle 2010! À quoi se servira cet honneur? Les mois à venir nous le diront.

2009 c'est... l'année des adieux à deux pionniers du théâtre au Saguenay: Stan d'Haese et Ghislain Bouchard, deux hommes aux multiples et ambitieux projets. Dans une perspective plus internationale, ce sont aussi les adieux à deux monuments: Roger Planchon (metteur en scène français) et Pina Bausch.

2009 c'est... aussi le départ (massif!) de camarades, acteurs de leur état, vers d'autres projets, d'autres défis, dans d'autres lieux: Marie Villeneuve, Patrice Leblanc, Jérémie Desbiens et Alexandre Larouche. Dans un autre ordre d'idée, c'est aussi le départ à la retraite de Mesdames Christiane Laforge (du Quotidien) et de France Dallaire (agente culturelle au Centre des Arts et de la culture de Chicoutimi).

Enfin, d'un point de vue personnel, 2009 c'est... l'année de la consolidation du Théâtre 100 Masques, ma première année comme salarié de cette compagnie, la poursuite de nombreuses activités et mon début au doctorat.

Si j'en oublie...

mercredi 30 décembre 2009

Sur nos scènes en 2009...



La fin d'une année ramène inéluctablement l'exercice fastidieux des bilans, de ce regard par-dessus notre épaule pour voir le chemin parcouru, les détours pris... Je profite donc de l'occasion pour m'inscrire dans la tradition et faire la recension (la plus exhaustive possible) de toutes les productions régionales (à caractère professionnelles... et j'inclus ici les productions universitaires qui sont, en quelques sortes le prélude à bien des démarches) qui ont jalonné l'année écoulée.

Pour marquer d'un simple regard les différentes catégories qui émaillent cette liste, je propose donc cette petite légende: les productions professionnelles et recherches, les productions de loisirs et autres événements, les productions académiques.

Les productions «en résidence» (incluant les reprises)

Dragage 00 (de Jean-Paul Quéinnec)
Une maison face au Nord (Théâtre La Rubrique)
Rage (Vicky Côté/Théâtre À bout portant)
Barabbas dans la Passion (Théâtre du Faux Coffre)
L'Ordre du monde (Théâtre 100 Masques)
Pas moi (Collectif Texentrique)
Christophe au grand coeur (Cindy Gauthier/UQAC)
Memoria (Jessica B. Pinard/UQAC)
Ce qui meurt en dernier (Erika Brisson/UQAC)
(Théâtre Mic Mac)
La Vie Parisienne (Société d'arts lyriques du Royaume)
L'Opérette imaginaire (UQAC)
J'ai mon voyage (Théâtre de la Dam-en-terre)
À tour d'rôles (Vicky Côté, Maud Côté, Guylaine Rivard)
Les Rois Chasseurs (Jimmy Doucet)
Les aventures d'un Flo (Théâtre du Palais-Municipal)
Le Médecin Malgré lui (Théâtre 100 Masques)
L'Assassinat d'Andrew Jackson (Théâtre La Rubrique)
Dragage 01 (Jean-Paul Quéinnec/Maniganses)
The Kingdom of Saguenay (Théâtre du Palais Municipal)
Ubu Roi (Les Têtes Heureuses)
Catatonie II (C.R.I.)
Le Clown au masque de fer (Théâtre du Faux Coffre)
Le Singulier Noël de Mme Weiss (Théâtre 100 Masques)
Les trois cheveux d'or (Les Amis de chiffon)
J'ai toujours voulu être une fille hirondelle (Johanna Lochon/UQAC)

Les productions «sur la route»

Kiwi (La Tortue noire)
I Testimoni (La Tortue noire)
Le grand oeuvre (La Tortue noire)
Le petit chaperon rouge en 8 minutes ralenties (La Tortue noire)
Les immondes (Vicky Côté)
Je ne pensais pas que c'était sucré (Théâtre La Rubrique)
Une maison face au nord (Théâtre la Rubrique)
Les trois cheveux d'or (Les Amis de chiffon)
Une histoire dont le héros est un chameau... (Les Amis de Chiffon)

Comme quoi, les artisans de la scène saguenéenne n'ont pas chômé en 2009...

mardi 29 décembre 2009

Faisons chéri-chéri!



Les artisans du milieu théâtral (en général... pas seulement que le nôtre...) sont reconnus pour leur(s) effusion(s) de bons sentiments - parfois affectés! - lorsqu'ils se rencontrent. Ainsi, on assiste souvent aux grandes ouvertures de bras accompagnés de petits cris, aux embrassades aussi sonores que le timbre de voix pris, à l'exultation de ces rencontres pas nécessairement inopinées!

Et bien, le Dictionnaire de la langue du Théâtre - Mots et mœurs du théâtre relève pour ce trait caractéristique une toute jolie expression: faire chéri chéri!

Faire chéri chéri: expression qui désigne, avec une légère - et tendre - ironie, le comportement spécifique aux gens de théâtre, à leurs embrassades et à leurs retrouvailles expansives. Le théâtre est un lieu où l'on s'embrasse beaucoup, où l'on se donne du «bonjour, ma chérie!», où l'affectif est à fleur de peau.

Voilà. La prochaine fois que je rencontrerai quelqu'un du milieu, je lui ferai chéri chéri!

lundi 28 décembre 2009

De réduction en dépouillement...


Le farceur médecin soutire de l'urine pour son diagnostic.
Recueil de chants religieux et profanes, 1642
(Peinture attribuée au Cambrésien Louis de Caullery).


Réduire le spectacle à sa plus simple et difficile expression, qui est le jeu scénique ou plus exactement le jeu des acteurs. Et donc, éviter de faire du plateau un carrefour où se rencontrent tous les arts majeurs et mineurs (peinture, architecture, électromanie, musicomanie, machinerie, etc...).

Remettre le décorateur à son rang qui est de résoudre le problème des découvertes, des frises et de réaliser la construction des éléments scéniques (meubles ou accessoires) strictement indispensables au jeu des acteurs, sa tâche principale étant de trouver la teinte unique du décor, si décor il faut.

Laisser au music-hall et au cirque l'utilisation immodérée des projecteurs, des casseroles et du mercure.

Donner à la partie musicale le seul rôle d'ouverture ou de liaison entre deux tableaux. Ne l'utiliser qu'aux seuls endroits où le texte indique formellement l'intervention d'une musique lointaine ou proche, d'une chanson, d'un divertissement musical.

En résumé, éliminer tous les moyens d'expression qui sont extérieurs aux lois pures et spartiates de la scène et réduire le spectacle à l'expression du corps et de l'âme de l'acteur.


Ces quelques mots écrits en 1945 par Jean Vilar (parus dans De la tradition théâtrale, L'Arche, Paris, 1955) résonnent bien avec ma propre conception du théâtre, de ma propre recherche de pureté scénique - texte générateur de théâtralité, acteur comme principal émetteur de celle-ci qui se déploie dans la performativité, scène comme support dynamique - qui sous-tend tout mon actuel (et pour les trois ans à venir!) travail doctoral.

Après la transgression des genres, l'éclatement des frontières entre les différents art, la décomposition et reconstruction du texte et des personnages, l'interdisciplinarité et la tentaculaire arrivée des nouveaux médias, c'est un focus radical sur les trois éléments fondamentaux: texte (texto-centrisme), acteur (acteurocentrisme), public. Artaud a, dans toute sa troublante écriture, défini le mieux ce fait: il faut faire parler à la scène le langage qui lui est propre...




dimanche 27 décembre 2009

La semaine théâtrale (du 27 décembre 2009 au 2 janvier 2010)



Pour maintenir le rythme et ne pas perdre l'habitude, voici la dernière semaine théâtrale de l'année 2009. Il faut noter toutefois que le milieu théâtral fait relâche pour laisser la place à d'autres vedettes: les dindes, les tourtières, les cadeaux, les festivités... le temps de reprendre des forces pour relancer une toute nouvelle saison!

De la scène au dispositif...

Une chose m'intéresse particulièrement dans un certain type de théâtre contemporain, soit le glissement de ce paradigme (défini par Castelluci, metteur en scène d'avant-garde italien): le théâtre n'est plus (étymologiquement parlant!) le lieu où l'on regarde mais est plutôt devenu le lieu où l'on montre (caractéristique qui me semble être omniprésente et qui change quelque peu la nature publique du théâtre). Du coup, la scène n'est plus une ouverture sur le monde, n'est plus espace d'illusion ou espace de fiction plus ou moins mimétique. Non. La scène devient dispositif... un dispositif muséo-scénique, en quelques sortes. Un objet vide, neutre et sans signification donnée. Le dispositif est un support (idéalement dynamique). J'y reviendrai dans un billet subséquent...