jeudi 2 août 2012

Le règne de la rature et du crayon à mine


Je suis présentement en écriture. Un long monologue manifeste qui devrait, selon toute vraisemblance, trouver son aboutissement scénique quelque part au printemps 2013... Je dis écriture, mais réécriture serait plus juste. Et plus que réécriture, travail de minutie!

Car si l'ensemble est déjà couché sur papier (sur une quarantaine de pages) depuis mars dernier (un travail entrepris en janvier 2010), j'attaque ce qui est peut-être la partie que je préfère: la révision. Pas tant pour les fautes d'orthographe (que je tente de réduire le plus possible) mais pour les ajustements syntaxiques à la recherche du rythme, les arrangements lexicaux pour la sonorité et la précision de l'idée, l'harmonisation de la langue et la fluidité du phrasé.  Rendre vivante cette parole (parce que le but ultime est d'en être une) tout en alignant chacune des ficelles du texte vers un point de fuite qui lui donnera tout son sens.

Je n'ai pas l'écriture facile... En fait, ce n'est pas vrai. Il serait plus approprié de dire que je n'ai pas l'écriture disciplinée. C'est toujours un travail qui s'étale sur une période toujours trop (pour moi) longue... mais voilà, j'entrevois maintenant une échéance...

mercredi 1 août 2012

Le grand théâtre démocratique

Les six principaux partis sur la ligne de départ

Nous y voilà. Le Québec vivra, pour le prochain mois - jusqu'au 4 septembre 2012 - au rythme d'une campagne électorale nationale (déclenchée d'ici le dîner)... sous le chaud soleil d'août.

Déjà, les partis sont campés. Les scénarios sont écrits. Les rôles sont distribués: d'un côté les vertueux et détenteurs de la vérité... de l'autre, les méchants des uns qui seront aussi les méchants des autres.  Les punchs fuseront de tout bord tout côté. Les performances (tant esthétiques qu'orales et gestuelles) seront soumises à l'appréciation des critiques, des commentateurs, des spectateurs.

Que le spectacle commence.

Dramatique. Avec des envolées catastrophistes. Des portraits sombres dressés avec verve et fougue («Texte, émotion» comme dirait l'autre...). Des discours qui feront vibrer différentes fibres selon le public cible... parce que le Québécois sera ça: une cible.

Burlesque. Avec des clowns. Avec des squelettes sortis de placards pour créer des sketchs médiatiques. Des retournements de situations. Des deus ex machina improbables. Des circonvolutions de l'esprit et de la langue pour contourner des obstacles.

Grotesque. Avec des mises en scène électoralistes... Un tel avec des aînés. Un tel avec des ouvriers d'usine. Un tel avec des enfants. Un tel avec des animaux. Un tel dans tel contexte somme toute étrange. Forcé. Surjoué.

Théâtral. Avec de grands rassemblements son et lumière. De grands événements de masse qui se voudront cathartiques.

Mais aussi et surtout, nécessaire. Parce qu'au travers ces éléments qui appartiennent plus à notre domaine qu'au leur, derrière cette façade spectaculaire, il y aura aussi (et peut-être plus cette fois-ci que les précédentes) la présentation de différentes visions de ce que nous sommes, de ce que nous pourrions être, devrions devenir. Nécessaire parce que le choix est important et met la table pour les prochaines années. Nécessaire parce que collectif.

En attendant maintenant de voir les propositions des uns et des autres en matière de culture, une chose est sûre: le 4 septembre, je vais voter.

mardi 31 juillet 2012

«La Marmite» - Bilan



Photo prise par Joannie Harvey, journaliste au journal Le Courrier du Saguenay, juin 2012
De gauche à droite: Elaine Juteau (metteure en scène), Isabelle Boivin et Andrée-Anne Giguère (comédiennes) puis moi.


Hier, Julie Bernier et moi (avec l'aide d'Alex, Alexandre, Alexandre et Sophie que je remercie) avons réussi à mettre toute la scénographie de La Marmite dans un container... levant, au passage, un grand nuage de poussière... laissant, à l'occasion, quelques gouttes de sang. Et c'en était fait.

La production estivale 2012 du Théâtre 100 Masques est maintenant chose du passé.

Une production qui m'a plu... même si, comme toute production théâtrale, elle n'a pas fait l'unanimité (avec des moments plus dérangeant... comme indiqué dans ce billet!)... Avec une metteure en scène dynamique et impliquée. Avec de bonnes comédiennes (une mention honorable à Isabelle Boivin qui a créé un Euclion tout à fait charmant). Un texte surprenant (quoiqu'avec quelques longueurs) qui  pose de réels défis (le répertoire antique est loin de se donner avec facilité). Une belle esthétique générale...

Mes réserves - la metteure en scène les connaît - sont principalement de deux ordres depuis le début: les longueurs de certaines scènes/tableaux (j'en ai ciblé trois) et l'intégration des chansons grivoises. Bien qu'intéressants, ces deux points ralentissaient un peu, à mon sens, le développement scénique...

Points somme toute assez mineurs... parce que dans l'ensemble, je suis bien satisfait de tout ce travail.

Mais le sujet de ce billet est ailleurs... 

Je revu La Marmite samedi, quasi en entier, pour la première fois depuis la première... et j'ai été surpris par un truc: l'enflure de certaines scènes par l'improvisation, l'ajout de jeux scéniques au fil des soirs. 

Et j'ai compris... 

Au départ, ce spectacle durait une heure trente minutes. Avec le Panégyrique qui durait douze minutes (ce passage obligé que nous nous fixions depuis cinq ans - mais dont, je l'annonce, c'est la dernière édition), tout était fini vers 21h45. 

Or... Lors du passage des Français, la semaine dernière, nous avons enlevé cette introduction pour gagner du temps mais - ô surprise! - la représentation a quand même terminé à la même heure.

Un quart d'heure donc, d'ajouts. C'est assez «consistant». Tous heureux? Hmm. 

L'aisance des comédiennes et le plaisir y sont pour quelque chose. Il y là pourtant un risque véritable: faire dévier la mise en scène, l'affadir au lieu de la relever. Personnellement, je ne suis pas amateur de ces moments priorisant plutôt l'inverse pour dynamiser une scène: retrancher le plus possible pour atteindre l'efficacité dramatique. 

Le théâtre est un art vivant, oui... Évolutif? D'une certaine façon... Il y a là tout un travail à faire avec, en tête, l'incessante question: est-ce que cet ajout amène quelque chose de nouveau, de mieux... et surtout, d'efficace? Souligne-t-il trop une action, un sous-texte?

Voilà.

Bref, artistiquement, je suis, comme directeur de la compagnie, content de cette autre incursion dans le théâtre antique. Je déplore (comme beaucoup de compagnies depuis quelques temps) cependant la faible assistance que nous avons eu. Avec 421 spectateurs seulement, il s'agit d'une baisse significative par rapport aux chiffres des années antérieures. Le plus dommage, c'est que ce 421 ne s'est pas étalé également sur les 12 soirs: des jeudis presque complet, des vendredis moyens et des samedis bien rachitiques! Faudra y remédier...

Mais c'est fait.

À tous les artistes de cette création - Elaine, Isabelle, Marilyne, Valérie, Cynthia, Émilie, Andrée-Anne, Carol, Julie, Sophie, Alexandre - je souhaite un bon repos.

dimanche 29 juillet 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 29 juillet au 4 août 2012)

CINQUIÈME SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
Mardi et mercredi - 31 juillet et 1er août 2012, 20h30
Bâtiment 1912 (Pulperie de Chicoutimi)
Jimmy Doucet - auteur, metteur en scène et comédien - présente Le Divan en compagnie des Marc-André Perrier, Carolyne Tremblay et Émilie Jean... et d'un divan, élément central de cette production... que je n'ai pas encore vue.
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
De mercredi à samedi - du 1er au 4 août 2012, 20h30
Côté-Cour (Jonquière)
Et ça se poursuit, pour le Oh! Cabaret avec sa douzaine de numéros déjantés qui mettent en valeur le talent des trois comédiennes, Guylaine Rivard, Vicky Côté et Maud Côté... de même que du musicien Michel Otis.
 
PREMIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
De jeudi à samedi - du 2 au 4 août 2012, 20h
Salle Murdock (Centre des arts et de la culture de Chicoutimi)

Le Théâtre du Faux Coffre présente le second épisode de Une parade avec Gille... second épisode titré La Flûte... Une autre incursion dans ce type de théâtre particulier où la vulgarité fait foi de tout. Cette fois, le couple au centre de l'histoire sera incarné (le principe veut que chaque épisode soit tenu par de nouveaux comédiens) par Sophie Larouche et Martin Giguère.
 
TROISIÈME SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
De jeudi à samedi - du 2 au 4 août 2012, 20h
Centre touristique de Vauvert (Péribonka)
Le Centre touristique de Vauvert présente Parents un jour! Parents toujours!, une création de Mathieu Savard. Cette comédie raconte les péripéties d'un couple, sur une période de vingt-cinq ans,qui cherche à éduquer leur enfant avec des pratiques, des capacités et des valeurs souvent discordantes.
  
Pendant ce temps, La Route des milles et une histoire, l'immense projet de Jimmy Doucet dans le haut du Lac Saint-Jean, bat maintenant son plein, avec La marche des Trappistes, Les secrets du vieux moulin, L'Aventure de nuit, La caravane en panne, L'Île fantastique, À la rencontre des fantômes de Péribonka. Vu le nombre élevé de productions dans ce cadre, je ne renverrai donc qu'à son site qui sera mieux détaillé.
Pour les amateurs du genre, il y a aussi La Fabuleuse histoire d'un royaume, au Palais municipal de La Baie, qui continue sa 25ième édition.
Si j'oublie des trucs, il est possible de me les faire ajouter par le biais d'un commentaire.

samedi 28 juillet 2012

Moderne ou postmoderne?

Je propose, dans ce billet (plus théorique que ceux des dernières semaines... car il faut bien y revenir un jour ou l'autre!), un extrait du bouquin (p.283) Performance - Expérimentation et théorie du théâtre aux USA de Richard Schechner. 

Je choisis précisément cet extrait parce qu'il me semble tracer une ligne claire (mais peut-elle vraiment l'être?) entre le théâtre moderne et le théâtre postmoderne. 

En fait, sans donner dans la classification figée - «tel théâtre est moderne, tel autre ne l'est pas» - il ouvre là une perspective intéressante sur l'évolution du théâtre depuis, disons, les années 60-70...

[...] L'idéal de la plupart des performances modernes tend à l'union des différentes parties de la représentation. L'essentiel de la théorie théâtrale moderne traite du paradoxe du théâtre comme «dérivé composite» des autres arts (peinture, jeu, danse, architecture), mais filtré par le travail d'un metteur en scène qui «réalise» les intentions de l'écrivain, permettant à la performance «elle-même» d'accéder à l'unité de l’œuvre d'art. L'autre tendance moderne (représentée par Artaud et Grotowski) recherche l'«essence» du théâtre, ce que le théâtre devient lorsqu'il est dépouillé de tout ce qui n'affecte pas son identité: un théâtre pauvre dans un espace vide. Ces deux approches, l’œuvre d'art unifiée, sont modernes et s'opposent à l'approche postmoderne.

Le postmoderne ne ressent pas le besoin d'unifier. L'unité est inhérente aux informations qui sous-tendent l'expérience; l'unité peut très bien être indéfinie. Les signaux émis simultanément et par plusieurs canaux, il est facile de passer d'un canal à l'autre. L'impulsion est transformée, passant du mouvement à la parole, puis aux médias et à l'espace, etc. Il est possible de commander chaque canal individuellement. Les artistes jouent à augmenter l'intensité d'un canal tout en baissant celle d'un autre. 

Bon. L'extrait est bref, mais il me semble bien pertinent pour poursuivre une réflexion plus poussée.

«La Marmite» [Carnet de production]


Ça y est. Ce soir sera le dernier tour de piste des Euclion, Staphyla, Phaedra, Mégadore, Eunomie, Lyconide, Strobile, Congrion, Anthrax et les autres. Après les saluts, à la fin de la représentation, La Marmite du Théâtre 100 Masques aura vécue.

Une dernière, c'est une dernière... comme Philippe Torreton (l'auteur du Petit lexique amoureux du théâtre) le dit: La dernière est l'ultime représentation d'un spectacle, elle peut être souhaitée dans certaines circonstances où l'ambiance entre acteurs est exécrable ou que la qualité du spectacle n'est pas totalement au rendez-vous mais, la plupart du temps, c'est avec beaucoup d'émotion et de fébrilité que l'on aborde la dernière représentation. Il n'est pas rare de ressentir alors un trac particulier ressemblant à s'y méprendre au trac des premières. C'est la fin d'un projet qui a canalisé les énergies de toute une équipe de créateurs (metteure en scène, concepteurs, régisseure, comédiennes) depuis déjà plusieurs mois...

Maintenant place au repos... demain!

vendredi 27 juillet 2012

Du savoir-vivre au théâtre

Je n'y étais pas... mais ce genre de truc circule plutôt rapidement dans un petit milieu comme le nôtre... J'enrage.

La représentation de La Marmite d'hier soir a été houleuse semble-t-il... Houleuse parce qu'un petit groupe de spectatrices (elles étaient quatre) n'ont visiblement pas apprécié le spectacle. C'est possible. On ne peut pas plaire à tout le monde.

Le hic, c'est quand leur manque d'intérêt pour ce qui est présenté devant elles (doit-on rappeler que le théâtre est aussi un «art vivant» et que les comédiennes qui sont sur scène ne sont pas dénuées de sentiments?) se transforme en une mesquinerie et une mauvaise foi contaminant et les actrices et le reste du public. Des commentaires désobligeants. Du bruit parasite.  Des chuchotements malveillants.

Qu'on n'aime pas est une chose. Qu'on manque de respect à toute une salle (artistes et spectateurs compris) en est une autre.

Pendant ce temps, en coulisse, le moral tombe sous zéro... et demande une énergie un peu forcée pour retourner faire face à l'adversité.


jeudi 26 juillet 2012

Le temps du silence


L'une des choses que je trouve difficile à mettre en scène, c'est le silence... ce moment suspendu qui doit rester accrocher à l'ensemble. C'est là un réel problème quant à sa durée. Pour l'interprète, c'est le faire «trop» ou «pas assez». Les techniques pour avoir un silence constant sont nombreuses... mais jamais tout à fait efficaces (comme compter dans sa tête, se fier à l'ampleur d'un geste, d'un déplacement, etc.). Il faudrait presque, au théâtre, avoir une notation comme celle ayant cours en musique (et illustrant ce billet)...

Voici, sur le même thème, ce qu'en dit Philippe Torreton dans son délicieux Petit lexique amoureux du théâtre paru en 2009 chez Stock:

S comme Silence

C'est ce que l'on craint le plus lorsque l'on débute au théâtre, un feu de plancher en guise de talent. Plus tard, il deviendra un rendez-vous, un partenaire indispensable, un autre texte.

Il faut laisser du silence au silence.

[...] Tourner sept fois son envie d'en découdre dans le noir de la salle avant de répondre à votre partenaire, oser réfléchir, écouter totalement ce que l'on vous dit et faire confiance, différer certains mots, toutes ces choses que l'on fait naturellement dans la vie et que l'on met toute un vie à retrouver sur scène.

Le silence a une durée de vie exacte, et c'est cette durée qu'il s'agit de retrouver exactement.

Elle s'inscrit entre la fébrilité et la complaisance.

Il y a donc du vide de chaque côté du silence.

Je l'ai déjà dit mais je le réitère: c'est un petit bouquin qu'il fait bon lire... Ce Torreton écrit sur le théâtre avec une telle intimité (il est comédien-français) qu'on ne peut que s'y reconnaître à chacune de ses phrases...

mercredi 25 juillet 2012

Derrière la façade...

Plongé dans Le Revizor de Gogol pour les motifs indiqués dans le billet précédent, j'y trouve de longues tirades qui se prêteraient bien à différents contextes municipaux (et nationaux) un peu partout au Québec comme celle-ci, du Gouverneur, après qu'il eût appris qu'un inspecteur arrivait dans sa ville et qu'il donne des ordres pour camoufler le piètre état de sa gestion:

LE GOUVERNEUR: Écoutez-moi, voilà ce que vous allez faire ! L'agent Pougovitsyne… c'est un grand gaillard, alors, pour le bon ordre, qu'il se tienne sur le pont. Qu'on me démolisse au plus vite la vieille palissade près du cordonnier et qu'on y plante des jalons en osier pour que cela ait l'air d'un nivellement. Plus il y a de démolitions, plus l'activité de la municipalité paraît grande. Ah ! mon Dieu ! Je l'ai complètement oublié, il y a un tel amoncellement d'ordures près de cette palissade qu'avec quarante charretées on n'en viendrait pas à bout. Quelle sale ville ! Qu'on élève un monument ou qu'on mette simplement une palissade, on peut être sûr qu'ils viendront y déposer un tas de saletés. (Il soupire.) Ah ! Et si ce fonctionnaire demande : « Êtes-vous contents du service ? »… qu'on lui réponde : « Nous sommes contents de tout, Excellence ! »… Et celui qui ne sera pas content, je me charge de lui ménager plus tard un de ces mécontentements !… Ah ! mon Dieu ! fais seulement que je me tire de là au plus vite, et je te mettrai un cierge à l'église comme jamais encore personne n'en a mis. Allons, partons, Pierre Ivanovitch. Et si l'on demande pourquoi n'est pas encore construite l'église de l'hostie, celle pour laquelle il y a cinq ans nous avons reçu les fonds, il faut répondre qu'on avait commencé à construire, mais qu'ensuite tout a brûlé. J'ai même fait un rapport à ce sujet. Il ne manquerait plus que quelqu'un aille dire par bêtise qu'elle n'avait jamais été commencée. Il faut aussi dire à Dierjimorda de ne pas trop jouer des poings ; pour le bon ordre il poche les yeux à tout le monde, aux coupables comme aux innocents. Allons, partons, Pierre Ivanovitch. (Il sort et revient aussitôt.) Et qu'on ne laisse pas sortir les soldats dans la rue autrement qu'en tenue. Cette ignoble race met juste sa capote par-dessus la chemise, et le reste est à l’air. 

Ça donne, je crois, une assez bonne idée du ton de la pièce qui se déroule sur fond de magouilles, de pots-de-vins, de cachotteries, d'hypocrisies, de délations. C'est cynique à souhait.

mardi 24 juillet 2012

Entre les deux, mon coeur balance...


Avec la présente saison estivale et sa très faible assistance, je réfléchis sérieusement au prochain théâtre d'été du Théâtre 100 Masques...Une réflexion entreprise depuis plusieurs semaines déjà...

Tout d'abord, il faut savoir qu'une première ébauche de projet avait été développé: une création d'Anick Martel dans un style grandguignolesque (du théâtre d'«horreur» de série Z où l'hémoglobine est le personnage principal)... toutefois, la situation actuelle (grise plutôt que noire...) m'amène à revoir les plans.

Un bon théâtre d'été (financièrement parlant) remplit la salle soir après soir et permet, pendant deux, trois voire même quatre ans de surfer sur ce succès et de présenter des choses plus audacieuses. Un bon théâtre d'été, ce sont près de 850 spectateurs qui sont drainés vers la salle de représentation... Un coup de publicité efficace et dynamique qui ramènera, l'année suivante, au moins le ¾ de ce public...

Chercher ce bon théâtre d'été signifie quasi obligatoirement de revenir à une valeur sûre, une valeur refuge. Offrir un spectacle qui sera incontournable, que tous voudront voir et qui me donnera les moyens nécessaires, par la suite, d'établir une programmation plus éclectique. Du coup, l'été 2013 en sera un de compromis... enfin, presque. Choisir et programmer en protégeant du mieux possible l'aventure artistique de la contingence administrative...

Maintenant, mon cœur balance entre deux projets.

Le premier, qui peut avoir l'air racoleur, serait un projet moliéresque (ça va de soi!) quand même stimulant (et sûr)... à savoir la mise en scène (ma première de cet auteur!) de deux ou trois de ses farces moins connues, toutes aussi vives qu'amusantes. Elles sont sélectionnées depuis un moment: Le mariage forcé, La jalousie du barbouillé et Le Médecin volant.

Le second - qui me parle encore plus par forme, son origine, sa nécessité et son propos fort d'actualité - consisterait en une réinterprétation de la pièce emblématique de Nicolas Gogol, Le Revizor... qui raconte les tribulations d'une petite ville corrompue où tout ne fonctionne que par pots-de-vin, mensonges, cachotteries. Une pièce très drôle en plus d'être d'un répertoire qu'on n'a pas ou peu abordé et qui serait en droite ligne avec les choix des années antérieures.

Gogol n'est pas Molière, c'est un fait... mais sa pièce s'inscrirait à tel point dans le contexte socio-politique actuel qu'il pourrait avoir une très belle portée.

Donc répertoire russe ou classique français? Mon coeur balance même si, en apparence, mon choix est fait.



lundi 23 juillet 2012

«L'obscur pressentiment» de Peter Brook


Quand je commence à travailler sur une pièce, je pars d'un pressentiment obscur et profond, semblable à une odeur, à un couleur ou une ombre. [...] Cet obscur pressentiment, c'est ma relation avec la pièce. J'ai la conviction que cette pièce doit être montée aujourd'hui. [...] Je ne dispose d'aucun système pour monter une pièce, car c'est à partir de ce sentiment sommaire et informel que je commence à préparer.

Préparer signifie cheminer vers cette idée. Je commence à fabriquer un décor, je le casse, je le fabrique, je le casse, j'y réfléchis. Quel genre de costumes? Quelles couleurs? Tout cela constitue un langage qui sert à concrétiser quelque peu ce pressentiment. Jusqu'à ce que, petit à petit, en sorte la forme, une forme destinée à être modifiée, mise à l'épreuve, mais néanmoins une forme. Pas une forme figée, car il s'agit seulement du décor, et je dis «seulement du décor» parce que le décor n'est qu'une base, une plate-forme. Le travail commence avec les comédiens.

[...] Mis en présence de cette masse de matériau, l'obscur pressentiment se révèle le facteur prédominant face auquel certaines idées ne tiennent pas la route. Tout commence à se clarifier.

Voilà une belle définition du travail du metteur en scène glanée dans Points de suspension, de Peter Brook, publié en 1992 aux éditions du Seuil. 

dimanche 22 juillet 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 22 au 28 juillet 2012)

 
DERNIÈRE CHANCE
Ce soir - 22 juillet 2012, 20h
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval)

C'est la dernière chance pour assister à l'ultime représentation de Histoires de pauv'filles et drôles de dames donnée dans la région par le duo français Les Dieselles (après un court séjour à Chicoutimi à l'invitation du Théâtre 100 Masques): des femmes, de l'autodérision, et un plaisir de se moquer des hommes! À ma connaissance, il reste quelques billets. À voir.

QUATRIÈME SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
Mardi et mercredi - 24 et 25 juillet 2012, 20h30
Bâtiment 1912 (Pulperie de Chicoutimi)

Jimmy Doucet - auteur, metteur en scène et comédien - présente Le Divan en compagnie des Marc-André Perrier, Carolyne Tremblay et Émilie Jean... et d'un divan, élément central de cette production... que je n'ai pas encore vue.

TROISIÈME SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
De mercredi à samedi - du 25 au 28 juillet 2012, 20h30
Côté-Cour (Jonquière)

Et ça se poursuit, pour le Oh! Cabaret avec sa douzaine de numéros déjantés qui mettent en valeur le talent des trois comédiennes, Guylaine Rivard, Vicky Côté et Maud Côté... de même que du musicien Michel Otis.

DERNIÈRE SÉRIE DE REPRÉSENTATIONS!
De jeudi à samedi - du 26 au 28 juillet 2012, 20h
Salle Murdock (Centre des arts et de la culture de Chicoutimi)

C'est la dernière semaine pour La Marmite, cette treizième production estivale du Théâtre 100 Masques qui quittera bientôt l'affiche pour laisser la place à d'autres spectacles. Pour voir cette mise en scène d'Elaine Juteau qui raconte les tribulations d'une marmite pleine d'or et qui présente de nombreux personnages interprétés avec folie par six jeunes comédiennes professionnelles, il est primordial de réserver (les dernières représentations sont très courues... malheureusement!) soit par Facebook, soit par téléphone, au 418-698-3895.

SECONDE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
De jeudi à samedi - du 26 au 28 juillet 2012, 20h
Centre touristique de Vauvert (Péribonka)

Le Centre touristique de Vauvert présente Parents un jour! Parents toujours!, une création de Mathieu Savard. Cette comédie raconte les péripéties d'un couple, sur une période de vingt-cinq ans,qui cherche à éduquer leur enfant avec des pratiques, des capacités et des valeurs souvent discordantes.

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Pendant ce temps, La Route des milles et une histoire, l'immense projet de Jimmy Doucet dans le haut du Lac Saint-Jean, bat maintenant son plein, avec La marche des Trappistes, Les secrets du vieux moulin, L'Aventure de nuit, La caravane en panne, L'Île fantastique, À la rencontre des fantômes de Péribonka. Vu le nombre élevé de productions dans ce cadre, je ne renverrai donc qu'à son site qui sera mieux détaillé.

Pour les amateurs du genre, il y a aussi La Fabuleuse histoire d'un royaume, au Palais municipal de La Baie, qui continue sa 25ième édition.

Si j'oublie des trucs, il est possible de me les faire ajouter par le biais d'un commentaire.