jeudi 15 avril 2010

Le prochain Carrefour International de Théâtre (Québec)


Les programmes du prochain Carrefour International de Québec (tenu du 25 mai au 12 juin 2010) viennent de traverser le parc pour venir titiller la fibre théâtrale des Saguenéens.

Cette 11ième édition présentera, en rafale:
Belles-Soeurs le musical à partir de l'oeuvre de Michel Tremblay;
Où tu vas quand tu dors en marchant (que j'ai vu l'an dernier, voir ici), un déambulatoire dans la Ville, un concept de Frédéric Dubois;
Ciels de Wajdi Mouawad;
La Montagne Rouge (Sang), une mise en scène de F. Dubois;
Éloge du poil de la Compagnie Bal... peut-être le spectacle le plus intriguant;
Yukie de Daniel Danis;
Tragédies romaines, trois pièces de Shakespeare (Coriolan, Jules César et Antoine et Cléopâtre) en néerlandais surtitrées en français par la Toneelgroep Amsterdam;
L'effet de Serge de Vivaium Studio (France);
Rouge gueule, une production du PàP;
Elephant wake, un spectacle saskatchewanais;
et la trilogie de Mouawad, Littoral-Incendies-Forêts...

Et, pour compléter cette programmation, il y a des tables rondes, des chantiers, des projections de film, des lectures publiques, des rencontres avec les artistes, etc. Pour plus de détails sur les dates, les heures et les lieux, voir le site du Carrefour. Pour ma part, j'y reviendrai sûrement si le temps me permet de m'y rendre.

mercredi 14 avril 2010

Pour ceux que ça inquiète...


Eh oui, je suis toujours au doctorat... à temps plein qui plus est... si tant est que je puisse faire une véritable session à temps plein! Dans quelques jours, je vais déposer mon sujet de thèse qui fera l'objet d'une étude par le comité doctoral (ou une instance du genre) et qui, s'il est accepté, lancera concrètement ma recherche. D'ici là, j'attends les corrections de ma directrice de thèse pour améliorer mon texte (je bloguerai fort probablement la version finale) et mes vues sur ce qui m'attend dans les prochaines années.


De projets en programmation


L'année qui vient (2010-2011) sera (si les astres financiers s'alignent comme prévu), pour le Théâtre 100 Masques, fort occupée.

J'en suis à peaufiner la programmation des activités qui doivent répondre à deux grands axes de travail: mettre en valeur le travail de la relève théâtrale professionnelle et explorer diverses conceptions scéniques et formes de théâtralité. Sur la table reposent plusieurs projets dont la plupart sont déjà enclenchés: création d'un audio-guide, mise en lecture du FMM, petite forme théâtral pour Noël, un ou deux Impromptus scéniques, laboratoire intensif de la Relâche, production estivale et projet pilote d'ateliers de théâtre pour les aînés... et tous les ateliers de la compagnie (ateliers réguliers, ateliers scolaires, ateliers spécifiques, camps de théâtre thématiques).

Bref, j'entre dans une période intense de lectures de pièces à la recherche du texte stimulant, de montages financiers divers, de définition de projets, de constitution d'équipes de travail. Comment seront liés tous ces projets? Quelle sera la ligne directrice de l'année? Y en aura-t-il qu'une seule? Comment ces projets justifieront et la mission artistique de l'organisme et sa place dans (et voici mon expression vide favorite!) l'écologie de la pratique saguenéenne? Voilà les questions qui me hantent...

Et pendant ce temps, alors que la réponse du CAS se fait toujours attendre, nous entamons la production de L'Assemblée des femmes tout en mettant en place le cadre pour la tenue de nos prochains camps de théâtre thématiques!

lundi 12 avril 2010

Du théâtre utilitaire


Petite citation de Sacha Guitry, peut-être mon auteur favori de tous les auteurs dramatiques que je connaisse et qui me séduit par son esprit, son ironie, à chaque fois que j'ouvre l'un de ses ouvrages... qui derrière le couvert de la légèreté touche tout de même l'essence même du théâtre. La citation suivante est tirée de sa magnifique pièce Le comédien (écrite en 1921 mais qui a fait aussi l'objet d'un film en 1948) qui rend hommage à son père, le grand acteur Lucien Guitry, mais surtout, au théâtre, à la scène, au rapport intime entre l'acteur et son public:

J'en suis à me demander si nous avons le droit de retenir chaque soir pendant trois heures l'attention de mille personnes sans en profiter davantage et plus utilement. Sous prétexte de se distraire et de se délasser, savez-vous ce qu'ils vous apportent tous les soirs, ces gens-là? Ils vous apportent, sans l'avoir jamais formulé, le désir permanent qu'ils ont d'améliorer leur existence quotidienne. Eh bien, il ne faudrait pas se contenter de leur faire oublier leurs ennuis de la veille, il faudrait pouvoir les préparer à supporter, à éviter leurs ennuis du lendemain, sans qu'ils s'en aperçoivent.

Je trouve cette définition du rôle du théâtre charmante... et j'aime cette idée du devoir qui incombe aux artisans (d'ailleurs, un jour, je devrai revenir sur cette dénomination d'artisans que j'aime bien mais qui fait friser les oreilles d'autres artisans!) du théâtre: auteurs, metteurs en scène, concepteurs, acteurs...

La présence d'un spectateur à une représentation n'est pas un dû mais bien un privilège.


dimanche 11 avril 2010

Le comédien: de l'humilité au séduisisme!


Le Saguenay, dernière scène pour artistes près de la fin?

Roger Blackburn, journaliste du Quotidien/Progrès-Dimanche, y va d'un petit coup de gueule, ce matin (dans le Progrès-Dimanche) dans un petit encadré (Le Scoop) de sa page La Blanche à Black (p.:20):

Le Saguenay, dernière scène pour artistes près de la fin ?

Un collègue me faisait remarquer récemment que le Saguenay ressemble à un mouroir pour artistes. Quand ils sont périmés et qu’ils ne peuvent plus aller jouer ailleurs, on les produit ici. Il faisait référence évidemment aux Gipsy Kings et les Beach Boys qui seront ici cet été et les spectacles de Denis de Young, Roger Hogson, Aznavour, Compagnie créole et autres vieux chanteurs qui ont été présentés ici ces dernières années. Il appartiendrait peut-être à de jeunes promoteurs de faire ce qu’il faut pour produire des artistes internationaux de leur temps. Vous attendez quoi pour vous bouger les fesses?

Et bientôt, si le marasme se poursuit, ce ne seront pourtant plus que ces artistes qui animeront les scènes d'ici, la relève (et les institutions) locale(s) n'ayant ni la chance de percer ni l'espoir de persévérer...

Au théâtre, cette semaine! (du 11 au 17 avril 2010)


Mercredi - 14 avril 2010
Salle 1 (Centre des Arts, Chic.), 16h

Les dirigeants des 6 compagnies de théâtre oeuvrant principalement sur le territoire de Saguenay (à savoir le TAC, les TH, la Rubrique, le C.R.I., le 100 Masques et le Faux Coffre) sont conviés à une rencontre pour discuter du projet de publicité conjointe présentée par M. Claude Bérubé.

Jeudi et vendredi - 15 et 16 avril 2010
Salle de répet. (Centre cult. Jonq.), 20h

La Rubrique reçoit le très remarqué Morceau de peur , une production du Magnifique Théâtre. Écrit par Michel Lavoie - qui agit également à titre de metteur en scène (en compagnie de Julien Schmutz) et de comédien - Morceau de peur est inspiré de son combat contre le cancer. Avec humour, poésie et sincérité, il raconte son histoire qui, loin d'être une complainte déchirante, aborde le sujet de nos angoisses les plus profondes. (N.B.: Pour chaque billet vendu, 5$ ira à la Société Canadienne du Cancer.)

Jeudi à samedi - du 15 au 17 avril 2010
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h

Le Théâtre Mic-Mac entame sa troisième série de représentations de La Défonce de Pascal Chevarie dont je signe la mise en scène. Pour plus de détails, cliquer sur La Défonce dans la colonne de gauche de ce blogue, dans la section Libellés.

Samedi - 17 avril 2010
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 13h30

Le Théâtre La Rubrique reçoit (et peut-être y a-t-il des rendez-vous scolaires dans les jours précédents cette représentation?) Baobab, une production du Théâtre Motus en coproduction avec la troupe . Dans cette région d'Afrique, où une sécheresse sévit depuis très longtemps, se dresse un baobab millénaire. Voilà qu'un jour, de ce baobab naît un oeuf et, de cet oeuf, un petit garçon. Les villageois découvre qu'il est le seul capable de libérer la source d'eau. Débute alors une grande quête où seul le courage d'un enfant peut changer le monde.

Voilà ce que je sais. Si j'oublie des trucs, qu'on me le fasse savoir...

samedi 10 avril 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Voici un compte-rendu de Laura Lévesque (dans Le Quotidien de ce matin) à propos de La Défonce de Pascal Chevarie dont je signe la mise en scène au Théâtre Mic-Mac de Roberval. Mme Lévesque a assisté à la première représentation, le 1er avril dernier.


Troublante 60e production du Théâtre Mic-Mac de Roberval

«La Défonce» transpire la violence



(LAURA LÉVESQUE)

ROBERVAL - Troublante, la 60e production du Théâtre Mic-Mac de Roberval dévoile les côtés sombres de l'être humain. Encore plus troublante lorsqu'on sait que «La Défonce» de Pascal Chevarie s'inspire d'un fait vécu.

Comme le dit si bien le metteur en scène de cette nouvelle production, Dario Larouche, «­"La Défonce" se rapproche du véritable sens de la tragédie, d'une tragédie aux accents contemporains.»

Une forêt, la nuit, les phares d'un camion allumés, une vieille chanson et l'écho d'un cri étouffé, trois jeunes hommes viennent de commettre l'irréparable. Un acte qui se dévoile graduellement, gardant du coup le spectateur en alerte.

Pascal Chevarie s'est inspiré du meurtre d'Aylin Otano-Garcia, survenu le 12 juin 2000 à Chatham, près de Lachute, pour écrire une de ses première «vraies» pièces. Une histoire sordide qui a fait les manchettes à cette époque.

La jeune adolescente d'origine cubaine avait suivi un camarade de classe dans un bois. Un autre adolescent de 15 ans les attendait. Ce dernier a battu à mort la jeune femme à l'aide d'un bâton de baseball. Le crime a été qualifié de haineux.

Et la haine, on la sent dans «La Défonce». La délinquance des trois jeunes hommes, interprétés bénévolement, faut-il le rappeler, par Benoît Brassard, Jean-Sébastien Montpetit et Charles Rousseau-Dubé, rappelle celle des personnages du film de Stanley Kubrick «Orange Mécanique», une bande obsédée par la violence et la drogue.

Têtes rasées, manteaux de style militaire et imposante bottes, les trois amis dans «La Défonce» sont «frères». Xénophobes, ils se réunissent en forêt pour se «défoncer».

Pénélope, surnommée «la vache» par les hommes, se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Interprétée avec audace par Joan Tremblay, Penn veut montrer à tout prix qu'elle est une femme forte.

Et dans toute cette jeunesse, un ermite, campé par Réjean Gauthier, fait un passage bref, mais remarqué. Hanté par son passé, le vieil homme se sent envahi dans «sa» forêt.

«Cette pièce ne s'inscrit pas dans le genre de divertissement que certains spectateurs auraient souhaité, mais chose certaine, "La Défonce" ne laissera personne indifférent», souligne avec raison la présidente du Mic-Mac, Francine Joncas.

En effet, la 60e production de la troupe bouleverse. Aucun rire ne se fait retentir pendant «La Défonce».

La mise en scène, brillamment réalisée par Dario Larouche, également directeur général du Théâtre des 100 Masques à Chicoutimi, renforce par ailleurs le texte cru de Chevarie.

Dès l'entrée en salle, le spectateur fait face à une mystérieuse scène centrale. Plates-formes de bois industrielles et rideaux de plastiques comme on en voit dans les abattoirs, le décor accentue la tension dramatique.

Présentée en première québécoise, «La Défonce» se poursuit jusqu'au 1er mai prochain à la salle Lionel-Villeneuve de Roberval, tous les jeudis, vendredis et samedis.


Voilà. Petite note: ce texte d Chevarie sera «officiellement» créé dans quelques semaines (si je ne m'abuse) à Bruxelles.

L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]

Voici la maquette préliminaire de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques (préliminaire dans le sens où les moyens financiers dicteront les choix et préliminaire dans la mesure où celle-ci n'est pas à l'échelle et, par conséquent, ne donne peut-être pas une vision juste de la réalité):

vendredi 9 avril 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Ai assisté, hier soir, à la reprise des représentations de La Défonce à Roberval après une semaine de relâche. Voici, pour ceux qui ont vu la production en même temps que moi ce que j'en ai pensé globalement (et ce sont les notes que recevront ce soir les comédiens):

Tout d'abord, laissez-moi vous féliciter pour la soirée d'hier. Je trouve que vous vous en sortez très bien. Vous êtes généralement assez précis et assez juste... et ça donne un spectacle vraiment intéressant à regarder... mais bon, étant le metteur en scène, je ne suis peut-être pas objectif (quoique mes trois amis d'hier soir on beaucoup aimé et m'ont fait beaucoup de commentaires positifs sur la route qui, soit dit en passant, était fort mauvaise jusqu'à Desbiens!).

Ce qui ne m'empêche pas de voir quelques trucs à vous faire remarquer...

La première chose! Bien que je trouve que vous atteignez une belle précision de gestes, je trouve toutefois que vous en reperdez dans le placement, dans vos positions des uns par rapport aux autres. Certains de vos déplacements manquent d'intentions, manquent de fluidité, de grâce, manquent de d'ancrage au sol (certains déplacements, surtout Benoît, semblent flous). Par ailleurs, ça piétine un peu (et ça paraît quand vous tentez de vous replacer comme il le faut après un déplacement manqué).

Même chose pour le ton. Vous avez tous fort bien travaillé... mais attention de ne pas pousser le jeu... notamment lors des reprises. L'intensité de votre présence ne se manifestera pas par un jeu vocal forcé. Parler plus fort, plus vite, avec plus de «sentiments» (haine, rage, peine, etc.) fausse plus l'ensemble que ça ne l'améliore. La simplicité dans l'exécution de votre partition (telle qu'on l'a vue) sera toujours plus efficace.

Encore une fois, ne précipitez rien; l'urgence n'est pas dans le rythme mais dans le tonus et la tension. Vous devez rester à l'écoute des autres en tout temps. Plus les représentations avancent, plus vous serez à l'aise et le plus vous devrez vous le rappeler. Attention de ne pas embarquer dans un cycle d'automatismes qui perdent contact avec le récit, avec le partenaire, avec la scène et, ultimement, avec le public. Demeurez alertes.

Mais enfin, je le redis, c'était quand même une bonne reprise... tant technique que scénique. Si ce ne sont ces quelques notes en rafales:


Et ici, je poursuis en détails qui alourdiraient le commentaire...

jeudi 8 avril 2010

De la p'tite musique dans les oreilles...



Un peu écœuré de la mode théâtrale actuelle, sous-produit venu tout droit du sud de notre frontière, de Broadway:

Belles-soeurs en comédie musicale (je dois être plus conservateur que je ne le crois!);
Les filles de Caleb en comédie musicale (ici, c'est un non-sens et quasiment un sacrilège!);
Le Blues d'la métropole, comédie musicale! (un concept appauvri par le n'importe-quoi-isme!);

et tous les autres ABBA, Dracula, Notre-Dame de Paris, Les 10 commandements, Le petit Prince, Roméo et Juliette, Don Juan et j'en passe!

Des trames narratives pauvres, textes mièvres, trop souvent des chanteurs qui ne savent pas jouer... Bon, c'est un coup de gueule un peu gratuit, mais il fait du bien.

mercredi 7 avril 2010

L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]



Le projet est enclenché.

Nous avons fait hier soir la première lecture de L'Assemblée des femmes d'Aristophane (dans la nouvelle version établie par moi-même). Il est bon d'entendre un texte de la bouche même de celles qui joueront. Ça colore les personnages différemment. Un metteur en scène (dont le nom ne me revient pas) disait de cet exercice qu'au moins, ça assurait que tout le monde avait lu le texte en entier au moins une fois!

Après les commentaires d'usage (à savoir ce qui m'intéressait dans ce texte) et les questions d'ordre historico-politico-morales qui ne manqueront pas d'intervenir tout au cours du travail, nous avons donc passé au travers des quelques 50 pages qui devraient, à mon avis, donner un spectacle d'environ une heure et vingt minutes.

Le début des répétitions est pour le 22 avril.